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Arnaud de Cervole dit l’Archiprêtre

mercredi 14 octobre 2020 (Date de rédaction antérieure : 3 août 2012).

Arnaud de Cervole dit l’Archiprêtre

Blason de Arnaud de Cervole dit l'ArchiprêtreCélèbre chef mercenaire dans les grandes compagnies [1] au 14ème siècle, fils cadet de la famille des seigneurs de Cervole [2]. Il avait pour seul patrimoine, les revenus d’une cure Périgourdine appelée l’archiprêtré [3] de Velines [4]. Il y gagna son sobriquet “l’archiprêtre”.

Il commence alors une carrière de brigandage dans la région de Bordeaux.

Il se battit bien en Périgord [5] et fut grassement récompensé de ses services, grâce à son puissant protecteur et connétable de France [6] Charles d’Espagne. En 1354, le roi de Navarre [7] fit assassiné Charles d’Espagne, alors Arnaud s’empara de 3 châteaux du connétable. Il en chassa les garnisons et mis à la place ses propres soldats qui écumèrent le pays en y faisant régner la terreur. Sommé de rendre les places, il refusa. Le roi pensant que l’Archiprêtre était près à tout sauf à passer du coté Navarrais choisi de traiter et lui donna la seigneurie et le château de Châteauneuf-sur-Charente [8], le nomma capitaine de Beaumont-le-Roger [9] et chambellan [10] de France.

Dès 1355, il est chevalier, vassal du roi et toucha une pension en échange de certaines besogne secrète. Il participa en 1356 à la bataille de Poitiers [11] ou il fut fait prisonnier et discrètement libéré. L’année suivante, le conseil du roi lui confia la garde du Berry [12].

Arnaud de Cervole, se maria avec Jeanne de Châteauvillain [13], veuve d’Hugues de Vienne et devint administrateur de la baronnie de Graçay [14], seigneur de Levroux [15]

Au début de 1366, il s’enrôla dans la croisade qu’organisait Amédée VI comte de Savoie . Il rassembla ses gens et se mit en route. Le 25 mai 1366, avant de passer la Saône [16] alors que son armé campait près de Macon [17], il fut tué par un de ses soldats.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Eric Percy-Marinier, Histoire et généalogie de la Maison de Regnauld de La Soudière, P.S.R. Éditions, La Roche-Rigault, Loudun,1995

Notes

[1] Les compagnies de mercenaires recrutées du 12ème siècle au 14ème siècle, privées d’employeurs pendant les périodes de paix, se regroupaient en bandes appelées grandes compagnies, et vivaient au détriment des populations. Ces mercenaires étaient alors désignés comme « routiers » car appartenant à une route (troupe en français de l’époque).

[2] dans l’actuel Lot-et-Garonne

[3] Un archiprêtré est une division territoriale de l’Église catholique. Vers le 9ème siècle, alors que l’implantation rurale de l’église était déjà bien développée, l’archiprêtre, qui était une sorte de lieutenant de l’évêque, se voyait confier des missions territoriales de contrôle (sur la récolte des bénéfices ecclésiastiques) et d’évaluation du comportement des prêtres et de la protection des fidèles les plus humbles. À partir du 12ème siècle, ces missions se sont organisées en réelles circonscriptions territoriales qui ont pris le nom de la paroisse où l’archiprêtre résidait. La référence à cet échelon territorial a persisté jusqu’à la Révolution, notamment dans les inventaires de biens d’églises

[4] Vélines est une commune française située dans le département de la Dordogne, Vélines fut le siège d’un archiprêtré à partir du 13ème siècle. Il se composait de trente paroisses, et portait auparavant le nom de Montrevel.

[5] Le Périgord est un ancien comté qui recouvrait approximativement l’actuel département français de la Dordogne. Le Périgord est apparue sous Charlemagne. Le comté était la base des divisions territoriales réalisées pour délimiter un « pagus », dont l’administration civile était confiée à un comte nommé par l’empereur. Ce vassal avait délégation de pouvoir pour administrer une cité et tous les « pagi » qui s’y rattachaient. Le premier d’entre eux nommé par Charlemagne, pour le Périgord, fut Wildbade en 778. En 1360, le Périgord passe sous souveraineté anglaise par le traité de Brétigny. Charles d’Orléans, comte de Périgord est fait prisonnier à l’issue de la bataille d’Azincourt, en 1415. Il reste prisonnier en Angleterre jusqu’en 1440. Le 14 décembre 1430, Charles d’Orléans donne à son frère naturel Jean, bâtard d’Orléans, futur comte de Dunois, le comté de Périgord en échange de celui de Porcien. Mais cette donation était peut-être fictive. Finalement, le 4 mars 1438, pour se procurer les fonds nécessaires à sa rançon, Charles d’Orléans vend le comté à Jean de Châtillon dit Jean de L’Aigle, fils de Jean 1er de Châtillon, seigneur de Laigle, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, moyennant la somme de 16 000 réaux d’or et 10 000 florins qui étaient dus par feu Louis d’Orléans à Olivier de Clisson, dont Jean de Bretagne était héritier.

[6] Tirant son nom de son origine de “comte de l’étable”, le connétable a, au Moyen Âge, la charge de l’écurie et de l’organisation des voyages du roi. Au 14ème siècle, sa fonction évolue vers le commandement de l’armée en temps de guerre et le conseil militaire du roi en temps de paix. Du Guesclin, Clisson, Bourbon… font partie des grands connétables de France. Supprimée en 1627, la charge de connétable est rétablie par Napoléon 1er en 1804 pour son frère Louis.

[7] Le royaume de Navarre est un royaume médiéval fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d’une lignée de seize rois basques qui régneront sur le Royaume jusqu’en 1234. Attaquée depuis trois siècles au nord des Pyrénées, dans le duché de Vasconie par les Francs, et au sud par les Wisigoths, puis les Omeyyades (musulmans), la Vasconie est réduite au petit Royaume de Pampelune, terres ancestrales du Saltus Vasconum. La Haute-Navarre fut conquise en 1512 par le royaume d’Aragon et fut intégrée en 1516 dans l’actuel royaume d’Espagne et l’autre partie (Basse-Navarre), restée indépendante, fut unie à la couronne de France à partir de 1589 d’où le titre de « roi de France et de Navarre » que portait Henri IV.

[8] Châteauneuf-sur-Charente est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente. Elle est avec Cognac et Jarnac, l’une des trois villes situées au cœur du vignoble charentais, Le premier château, sur l’île de la Fuie (appelée aussi Calais), une île de la Charente, existait déjà probablement du temps de Clovis et fut incendié vers 1081. Sa situation lui permettait de contrôler la navigation sur le fleuve et probablement son franchissement par un gué ou peut-être un premier pont. Il s’agissait certainement d’un fortin primitif, en bois, du type de la motte castrale. Après l’incendie, un nouveau château fut construit, en pierre, sur le coteau voisin en rive gauche de la Charente, dominant le site initial, d’où le nom de « chasteau neuf » Le traité de Brétigny, signé en 1360, rétrocéda Châteauneuf aux Anglais comme tout l’Angoumois. Ils l’occupèrent pendant 20 ans. Les Anglais privilégiaient cette place à cause de son pont. En 1376 le duc de Berry, après avoir pris Merpins, vint assiéger Châteauneuf qui se défendit vigoureusement avec l’appui de la garnison anglaise du château de Bouteville. Le siège dura 4 ans, le roi Charles V vint diriger les opérations en personne et Châteauneuf dut capituler.

[9] Beaumont-le-Roger est une commune française située dans le département de l’Eure en région Normandie. Elle se limite à la commune de Beaumontel. Beaumont-le-Roger est une commune du pays d’Ouche située au cœur de la vallée de la Risle. Beaumont faisait d’abord partie du domaine des ducs de Normandie et en fut détaché en 1008 au profit de l’épouse de Richard II, Judith de Bretagne, qui en fit don à l’abbaye de Bernay. Domaine royal jusqu’en 1310, quand Philippe IV le Bel, roi de France érigea Beaumont en comté-pairie et le donna en apanage à Robert III d’Artois, arrière-petit-fils de Robert Ier d’Artois, frère du roi Louis IX, connu sous le nom de saint Louis.

[10] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[11] La bataille de Poitiers a été livrée au cours de la guerre de Cent Ans le 19 septembre 1356 à Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers en Aquitaine. Le roi de France Jean II le Bon cherche à intercepter l’armée anglaise conduite par Édouard de Woodstock, prince de Galles, qui est en train de mener une chevauchée dévastatrice. Par une tactique irréfléchie, Jean II conduit ses troupes, quoique numériquement très supérieures, au désastre et se fait prendre, ainsi que son fils Philippe et de nombreux membres éminents de la chevalerie française. Les conséquences de la défaite française sont catastrophiques pour la couronne des Valois. Le pays est nominalement dirigé par l’héritier du trône, le dauphin Charles. Celui-ci doit affronter la Grande Jacquerie en 1358, qui conteste les privilèges de la noblesse, celle-ci ayant perdu de son prestige à Poitiers. La première phase de la guerre de Cent Ans s’achève par une indéniable victoire anglaise, qui est confirmée par la signature du traité de Brétigny en 1360.

[12] Le Berry est une province historique de la France de l’Ancien Régime, ayant pour capitale Bourges, mais dont toute structure administrative disparaît définitivement avec la Révolution française. Le Berry est érigé en duché en 1360, que le roi de France Jean II le Bon confie en apanage à son fils Jean 1er de Berry (1340-1416). Le duché de Berry revient dans le domaine royal à la mort du Duc Jean, en 1416, avant de passer entre les mains de deux fils du roi Charles VI : d’abord à Jean puis à Charles, le futur Charles VII. Le duché de Berry est de nouveau concédé à Jeanne de France, fille de Louis XI en 1498. Le titre de duc de Berry sera ensuite épisodiquement donné à plusieurs princes de la famille royale, dont les plus célèbres sont Charles de France (1686-1714), cadet des petit-fils de Louis XIV, le futur Louis XVI et le second fils du roi Charles X. Le 31 décembre 1661, Philippe de Clérembault, comte de Palluau fut nommé gouverneur du Berry.

[13] Châteauvillain est une commune française située dans le département de la Haute-Marne. Ancien village fortifié à proximité de Chaumont, Châteauvillain s’est installé autour d’un castrum antique, le Castrum Villanum, poste fortifié au 11ème siècle. L’histoire de cette ville est également liée à la Maison de Châtillon. Il est fait mention de la construction d’un château par Hugues III de Broyes, seigneur de Broyes et de Châteauvillain, en 1160. Un donjon et une enceinte enfermant le château furent donc édifiés en 1160, autour du quartier des Crées.

[14] Graçay est une commune française située à la pointe centre-ouest du département du Cher, en limite de l’Indre. Au Moyen Âge, Graçay était une importante seigneurie. Selon La Thaumassière, les seigneurs princes de Graçay devaient l’hommage à l’abbaye de Massay

[15] Levroux est une commune située dans le département de l’Indre

[16] La Saône est une rivière de l’Est de la France, principal affluent de la rive droite du Rhône. Avec une longueur de près de 480 kilomètres, c’est le neuvième cours d’eau le plus long de France. Depuis 3 000 ans, des bateaux naviguent sur la Saône. Une pirogue datant de l’âge du bronze a été découverte à Saint-Marcel. Datant de l’âge du fer une pirogue a été découverte à Thorey. La Saône a joué le rôle de frontière naturelle par le passé. Notamment, son franchissement par les Helvètes en 58 av. jc marque l’un des éléments déclencheurs de la Guerre des Gaules. À Chalon-sur-Saône, deux épaves de l’époque romaine ont été découvertes. Sur la Saône, la navigation s’effectuait essentiellement à la descente. Dirigés à l’aide de grands rame-gouvernails, les bateaux chargés profitaient d’une pointe d’eau pour se laisser glisser sur la rivière. La remonte, ordinairement à vide, s’effectuait en convois halés par 2 ou 4 chevaux

[17] Le comté de Mâcon rattaché à la ville de Mâcon en Saône-et-Loire (Mâconnais) dans la partie sud-est de la Bourgogne au Moyen Âge. À l’époque carolingienne, le pagus devient un comté. Sans postérité, le dernier comte, Jean de Dreux et de Braine, et sa veuve, Alix, comtesse de Mâcon et de Vienne, vendent le comté au roi de France, Saint Louis, qui l’incorpore au domaine royal, tandis que le titre de comte de Vienne reste aux oncles d’Alix. Rendu au duché de Bourgogne en 1435 dans le cadre du traité d’Arras, le comté de Mâcon est définitivement annexé au royaume avec l’ensemble de la Bourgogne après 1477, année de la défaite et de la mort du duc Charles le Téméraire vaincu par Louis XI. Jusqu’à la Révolution française, le Mâconnais, rattaché à la Bourgogne avec le statut de comté adjacent, disposait de ses propres États : les États particuliers du Mâconnais.