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L’histoire pour le plaisir

Cao Cao

lundi 7 mars 2022, par lucien jallamion

Cao Cao (155-220)

Seigneur de guerre, écrivain et poète de la fin de la dynastie Han

Premier ministre du dernier empereur de la dynastie Han [1], Han Xiandi, il se rendit maître de tout le nord de la Chine et établit les fondations du royaume de Wei [2] dont il recevra à titre posthume le nom d’Empereur Wu. Surnommé le Héros du chaos, il était l’auteur de nombreux livres portant sur la stratégie et la tactique militaire et est l’un des commentateurs traditionnels de L’Art de la guerre [3] de Sun Tzu dit Sun Zi . En tant que poète, il est avec ses fils Cao Pi et Cao Zhi la figure de proue du style dit jian’an [4] ; ils sont surnommés les 3 Cao.

Cao Cao naît à Qiao dans le district de Pei [5]. Fils de Cao Song , officier de la Cour impériale des Han, lequel était le fils adoptif de Cao Teng , un des eunuques [6] favoris de l’empereur Han Huandi .

Selon certaines sources historiques, dont la Biographie de Cao le Fourbe, Cao Song aurait eu pour nom de famille Xiahou, ce qui aurait fait de Cao Cao le cousin de Xiahou Dun et Xiahou Yuan qui avait comme cousin éloigné Cao Ren. C’est également cette généalogie qui est reprise dans le roman Les Trois Royaumes [7].

Lors de son enfance, Cao Cao se montre brillant. Il est cependant plus connu pour sa roublardise et sa débauche que pour ses talents politiques et littéraires. Selon la Biographie de Cao le Fourbe, également repris dans le roman Les Trois Royaumes, Cao Cao se complaît dans la chasse et la musique en compagnie de Yuan Shao . Cette situation déplait à son oncle qui reproche régulièrement à Cao Song son indulgence envers son fils.

Un jour, Cao Cao fait semblant d’avoir une attaque devant son oncle, lequel se précipite pour en informer Cao Song. Lorsque celui-ci vient voir son fils, il le trouve en parfaite santé et s’en étonne. À la suite de cet épisode, Cao Song cesse de prêter attention à tout ce que l’oncle puisse lui dire, et Cao Cao se fait de plus en plus téméraire.

En raison de son comportement débauché, peu de personnes s’intéressent vraiment au talent de Cao Cao, en dehors du commandant Qiao Xuan, réputé d’après les Annales des Han de Zhang Fan pour son impartialité et par le Livre du Wei pour évaluer correctement le potentiel des gens. Qiao Xuan assoit la réputation de Cao Cao en reconnaissant ne jamais avoir vu un tel talent, et lui conseille de faire partie du cercle des connaissances de Xu Zijiang [8] afin de faire connaître son nom.

À vingt ans, Cao Cao est cité pour sa piété filiale et son incorruptibilité. Il est fait mandarin [9] et reçoit la magistrature du district nord de Luoyang [10], alors la capitale. Selon la Biographie de Cao le Fourbe, Cao Cao n’hésite pas à faire fouetter à mort tous ceux qui ne respectent pas le couvre-feu, indépendamment de son rang ou de sa richesse. Jian Shuo, eunuque favori de l’empereur Lingdi viole le couvre-feu et est exécuté. Cao Cao accumule alors les rancunes d’autres mandarins qui le recommandent pour qu’il soit muté hors de la capitale, dans le district de Dunqiu [11].

Cao Cao est ensuite promu à Yilang. Selon le Livre du Wei, vers cette époque, le grand général Dou Wu et le grand tuteur Chen Fan tentent de s’en prendre aux eunuques. Mais ces derniers les font tomber en disgrâce. Cao Cao écrit alors un mémoire à l’empereur dans lequel il fait l’apologie de la probité de Dou Wu et Chen Fan, et se montre extrêmement critique envers le climat de traîtrise et d’iniquité qui règne à la Cour. L’empereur Lingdi s’en fâche et fait publier un édit déclarant que quiconque présente un mémoire critiquant l’inefficacité du gouvernement dans les affaires locales et régionales se verra considéré comme un semeur de rumeurs et sera démis de ses fonctions. Cao Cao envoie néanmoins un nouveau mémoire qui expose les failles des Trois Ministères qui dans leurs édits se dérobent à leur devoir afin d’éviter tout conflit avec la noblesse. L’empereur, cette fois sensible aux arguments de Cao Cao, pense résoudre le problème par la dissolution des Trois Ministères, mais cette action ne fait qu’empirer la situation politique. Pensant la résolution de ces problèmes impossible, Cao Cao ne dit plus rien.

En 184 éclate la révolte des Turbans Jaunes [12]. Cao Cao est promu commandant de la cavalerie et est envoyé combattre les bandits du fleuve Yin. Il reçoit ensuite la chancellerie du pays de Ji’nan [13], lequel englobait alors 10 districts. Selon le Livre du Wei, les mandarins recevaient alors de nombreux pots-de-vin et la corruption rendait toute administration efficace impossible. En outre, les bourgeois de la région au fil des siècles avaient fait construire de nombreux temples à leur nom. En prenant la direction de Ji’nan, Cao Cao écrit un mémoire pour faire déposer huit fonctionnaires corrompus et ce faisant, faciliter l’administration du pays. Il fait également interdire les sacrifices, fait démolir de nombreux temples et en fait exorciser les fantômes.

Cao Cao est ensuite rappelé pour être nommé Grand Administrateur du district de Dong mais il refuse cette promotion, et se fait passer malade pour rentrer dans son village natal. Selon le Livre du Wei, il craint alors que sa région natale n’ait à souffrir de ses critiques du pouvoir, et préfère être sur place pour la garder. Il fait construire une cabane en dehors des murs de la ville et s’en sert comme base pour étudier les classiques durant le printemps et l’été, et pour chasser à l’arc durant l’automne et l’hiver.

Peu après, l’inspecteur de Jizhou, Wang Fen, ainsi que Xu You de Nanyang et Zhou Jing de Peiguo montent un complot pour déposer l’empereur Lingdi et établir à sa place le marquis de Hefei. Ils tentent d’associer Cao Cao à leur entreprise mais ce dernier refuse, et le complot finit par échouer.

Cette même année, à Jincheng, deux hommes, Bian Zhang et Han Sui , assassinent l’inspecteur de la région et montent une rébellion à laquelle se joignent plus de 100 000 personnes. Cao Cao reçoit la charge de colonel qui s’occupe de l’armée

En 189, l’empereur Lingdi meurt et son fils aîné, Bian l’Empereur Shaod, lui succède

La mère du nouvel empereur, l’impératrice douairière He, assure la régence. À cette époque, le frère de cette dernière, le maréchal He Jin , complote avec Yuan Shao contre les eunuques. Toutefois, ceux-ci bénéficient du soutien de l’impératrice, qui refuse de le leur retirer. He Jin décide donc d’appeler Dong Zhuo à la cour, avec l’intention d’utiliser ses troupes militaires pour faire pression sur sa sœur. Mais avant que Dong Zhuo n’atteigne Luoyang, He Jin se fait assassiner par les eunuques. Lorsque Dong Zhuo arrive dans la capitale, il dépose l’empereur Shaodi pour faire monter sur le trône le jeune frère de ce dernier, Han Xiandi, qu’il estime plus apte à régner. Puis, Dong Zhuo nomme Cao Cao colonel de la cavalerie vaillante dans l’intention de s’associer ses talents de stratège. Néanmoins, Cao Cao préfère fuir la capitale et retourner vers son village natal, à l’est, en suivant les petites routes sous un nom d’emprunt.

Dong Zhuo lance un mandat d’arrêt contre Cao Cao et, tandis qu’il traverse Zhongmou, celui-ci est arrêté par des gardes suspicieux. Il est reconnu par un des habitants de la ville qui se porte garant pour lui et le fait libérer. En arrivant à Qiao, il vend toutes ses possessions familiales afin de monter vers janvier 190 une armée contre Dong Zhuo. Selon l’Histoire du monde, Wei Zi de Chenliu lui vient en aide financièrement, ce qui lui permet d’ajouter 5 000 hommes à ses troupes.

Vers février-mars 190, Cao Cao rejoint l’alliance de Yuan Shu, Han Fu , Kong Zhou, Liu Dai, Wang Kuang, Yuan Shao, Zhang Miao, Qiao Mao, Yuan Yi et Bao Xin . Yuan Shao est élu chef de l’alliance et Cao Cao prend la fonction de général vigoureux. En avril, Dong Zhuo découvre la levée de l’armée rebelle. Il décide de transférer la capitale à Chang’an [14] (aujourd’hui Xi’an) et d’y déménager l’empereur tandis que lui-même demeure en garnison à Luoyang et boute le feu au palais. Yuan Shao avait alors posté ses troupes à Henei, Miao, Dai, Mao, Yuan Yi à Suanzao, Yuan Shu à Nanyang, Kong Zhou à Yingzhuan et Han Fu à Ye [15]. L’armée de Dong Zhuo jouit de la supériorité numérique et aucun seigneur de l’alliance n’ose être le premier à l’attaquer.

En conséquence, Cao Cao mène son armée vers l’ouest pour capturer Changgao. Zhang Miao le fait accompagner par Wei Zi et sa troupe. Une fois arrivé au fleuve Bian à Xingyang [16], Cao Cao affronte l’armée du général Xu Rong et subit une lourde défaite [17]. Au cours de la bataille, Cao Cao reçoit une flèche dans l’épaule et son cheval est blessé. Son cousin Cao Hong lui offre son cheval pour qu’il puisse prendre la fuite à la faveur de la nuit. Xu Rong pense venir rapidement à bout de l’armée de Cao Cao, en infériorité numérique, mais est surpris par sa longue résistance et finit par battre en retraite.

Une fois arrivé à Suanzao, Cao Cao remarque que bien que la coalition réunisse plus de 100 000 hommes, leurs dirigeants préfèrent passer leur temps à boire plutôt qu’à planifier leur avance. Cao Cao les sermonne

L’armée de Cao Cao est faible. Il s’associe donc à Xiahou Dun pour se rendre à Yangzhou, afin de recruter des hommes. L’inspecteur de la région, Chen Wen, et le grand administrateur de Danyang leur offrent plus de 4 000 hommes. Lors d’un voyage à Longkang, la plupart des soldats se rebellent : selon le Livre du Wei, plusieurs d’entre eux mettent le feu à la tente de Cao Cao et il est forcé d’en occire une dizaine de son épée avant de les mettre en fuite. Il ne lui reste plus que 500 hommes. Une fois à Jiangping, dans le district de Zhi, il recrute à nouveau des troupes et ajoute plus d’un millier d’hommes à son armée, avant de se mettre en garnison à Henei.

Liu Dai et Qiao Mao s’entendent mal. Liu Dai finit par tuer Qiao Mao. De leur côté, Yuan Shao et Han Fu complotent pour établir Liu Yu, le gouverneur de Youzhou, en tant qu’empereur. Cao Cao s’y oppose.   Yuan Shu entre alors en possession du sceau de jade impérial, et, assis à côté de Cao Cao, il nargue ce dernier en lui faisant tapoter le sceau sur son épaule. Cao Cao rit de dérision et garde de la rancune envers Yuan Shu.

Au printemps 191, Yuan Shao et Han Fu continuent à comploter pour faire monter Liu Yu sur le trône, mais ce dernier se rétracte, n’osant pas endosser un tel rôle. Au mois d’avril, Dong Zhuo se rend à Chang’an et, en juillet, Yuan Shao oblige Han Fu à le laisser prendre le contrôle de Jizhou.

Les bandits de Heishan [18], menés par Yu Du, Bai Rao et Sui Gu sont forts de 100 000 hommes. Ils pillent les cantons de Wei et Dong. Wang Dong est incapable de leur résister et Cao Cao dirige bientôt ses troupes sur Dong, où il défait Bai Rao à Puyang. Yuan Shao recommande alors Cao Cao au rang de grand administrateur de Dong, le même poste que Cao Cao avait refusé naguère.

Au printemps 192, tandis que l’armée de Cao Cao est stationnée à Dunqiu, Yu Du et ses compagnons assiègent Wuyang [19]. Cao Cao, plutôt que d’aller à la rescousse de Wuyang, préfère faire marcher ses troupes vers l’ouest, à travers les collines, afin d’assiéger directement le campement de Yu Du.

Lorsqu’il a vent des mouvements de Cao Cao, Yu Du lève le siège pour défendre son propre campement. Cao Cao assaille alors Sui Gu, puis Yufulo, le chef des Xiongnu [20] du sud, à Neihuang et les bat à plate couture.

En mai 192, le ministre Wang Yun s’associe avec Lü Bu et ce dernier assassine Dong Zhuo. Les généraux de Dong Zhuo, Li Jue et Guo Si , tuent Wang Yun et assiègent Lü Bu. Battu, ce dernier se replie à travers le défilé de Wu tandis que Li Jue et ses compagnons prennent le pouvoir à la Cour.

Entre-temps, la révolte des Turbans Jaunes atteint son paroxysme et les rebelles se comptent par millions. Ils entrent dans la province du Yan, tuent Zheng Sui, le chancelier de Rencheng, puis envahissent Dongping. Liu Dai lance une attaque ouverte contre eux malgré une mise en garde de Bao Xin, et se fait tuer, laissant le Yan sans gouverneur. Selon l’Histoire du monde, c’est Chen Gong qui recommande Cao Cao comme nouveau gouverneur. Bao Xin, accompagné des mandarins du Yan se rendent dans le district de Dong pour offrir à Cao Cao la charge de gouverneur de Yan.

Cao Cao et Bao Xin s’unissent pour attaquer les Turbans Jaunes à l’est de Shouzhang, mais Bao Xin est tué lors d’une bataille. Cao Cao fait organiser des fouilles pour retrouver le corps mais sans succès. Il fait tailler une statue de bois à son effigie pour remplacer son corps lors des funérailles.

Selon le Livre du Wei, Cao Cao déploie un millier de cavaliers et de fantassins pour inspecter le champ de bataille, mais doit se battre dans des conditions défavorables et perd plusieurs centaines d’hommes. Il ne reste à Cao Cao que peu de vétérans, les nouvelles recrues étant inexpérimentées. Afin de maintenir la discipline, il participe en personne aux rondes, en armure et en heaume, et fait clairement comprendre les récompenses ou punitions que les soldats peuvent espérer tirer de leur comportement.

Lors de l’hiver 192/193, l’armée de Cao Cao parvient à faire reculer les Turbans Jaunes jusqu’à Jibei. Cao Cao reçoit la reddition de 300 000 soldats, ainsi que celle de plus d’un million de femmes, enfants et vieillards. Il fusionne son armée avec celle des Turbans Jaunes vaincus pour former une troupe d’élite baptisée l’armée de Quingzhou.

Au printemps 193, Cao Cao stationne ses troupes à Juancheng. Liu Biao, alors gouverneur de la province de Jing, coupe l’approvisionnement de Yuan Shu et ce dernier envoie son armée à Chenliu pour la mettre en garnison à Fengqiu où les bandits de Heishan et de Yufuluo l’attaquent. Yuan Shu envoie le général Liu Xiang à Kuangting, et Cao Cao attaque ce dernier, obligeant Yuan Shu à lui venir en aide. Yuan Shu subit une défaite sévère et doit se replier pour défendre Fengqiu. Cao Cao commence le siège de cette dernière et, avant que les préparations du siège ne soient complètes, Yuan Shu s’enfuit vers Xiangyi, poursuivi par Cao Cao, qui fait détourner les eaux du fleuve Qu’ pour inonder Xiangyi. Yuan Shu s’enfuit vers Ningling, mais est encore pris en chasse par Cao Cao et doit poursuivre vers Jiujiang. Lors de l’été 193, Cao Cao replie ses troupes sur Dingtao.

À Xiapei, Que Xuan assemble quelques milliers de partisans et se proclame empereur. Tao Qian, alors gouverneur du Xu [21], lève une armée pour lui assurer son soutien. Il capture les villes de Hua et Fei de la préfecture de Taishan avant de piller Rencheng. Lors de l’automne 193, Cao Cao attaque Tao Qian et capture plus d’une dizaine de villes, mais sans parvenir à déloger ce dernier.

Au printemps 194, Cao Cao se rend en personne à Xu. En effet, son père Cao Song avait été assassiné par Tao Qian à l’époque de la lutte contre Dong Zhuo, et Cao Cao avait juré vengeance.

Tao Qian envoya alors quelques milliers de cavaliers et Cao Song, croyant qu’il s’agissait de l’escorte de Ling Shao, ne prépara aucune défense. Lorsque les soldats de Tao Qian arrivèrent, ils tuèrent Cao De, le petit frère de Cao Cao. Cao Song tenta de s’enfuir à cheval, mais sa concubine lui bloqua le passage. Cao Song tente alors de fuir par les toilettes mais est rattrapé et assassiné avec sa concubine et sa famille. Ling Shao, terrorisé de devoir subir la vengeance de Cao Cao pour son manquement à ses obligations, abandonna son poste et se réfugia auprès de Yuan Shao. Plus tard, quand Cao Cao arriva pour prendre le contrôle de la province de Ji, Ling Shao sera déjà mort.

Lors de l’été 194, Cao Cao déploie Xun Yu et Cheng Yu pour garder Juancheng, puis envoie une nouvelle expédition contre Tao Qian, capturant 5 villes fortifiées et pousse son armée jusqu’à la mer de Chine orientale [22]. Il marche sur Tan, et Tao Qian envoie Cao Bao et Liu Bei à l’est pour faire pression. Cao Cao attaque ces derniers et les défait, puis capture Xiangben. Ses troupes dévastent tout sur leur passage et font de nombreuses victimes.

Entre-temps, Chen Gong trahit Cao Cao et s’unit à Lü Bu. Plusieurs districts se joignent à eux. Xun Yu et Cheng Yu défendent Juancheng, Fan et Dong’e. Cao Cao doit abandonner sa campagne contre Tao Qian pour défendre ses terres. Lü Bu tente d’assiéger Juancheng sans succès et s’établit à Puyang.

 Lü Bu lui envoie sa cavalerie et parvient à disperser les troupes de Cao Cao. Lors de la confusion, Cao Cao tombe de cheval et se brûle la paume gauche dans un incendie. Il est sauvé par Sima Lou qui le prend sur son cheval.

Les généraux de Cao Cao, ayant perdu de vue ce dernier au cours de la fuite de leur armée, s’inquiètent. Lorsqu’il rejoint les restes de son armée dispersée, Cao Cao sonne lui-même la levée des troupes pour montrer à tous qu’il est bien en vie, et donne l’ordre de construire rapidement des armes de sièges. Son armée affronte celle de Lü Bu durant plus de 100 jours. Cette année-là, une grande famine avait eu lieu en raison d’une invasion de sauterelle, et Lü Bu se trouve bientôt sans provisions, ni fourrage pour ses chevaux. Les deux armées doivent alors se replier.

En octobre 194, Cao Cao rentre à Juancheng. Lü Bu se replie sur Chengshi mais est défait par Li Jin et doit fuir vers l’est et s’établir à Shanyang. Yuan Shao envoie un émissaire auprès de Cao Cao pour proposer une alliance, et ce dernier, qui venait de perdre le Yan et à bout de provisions, pense accepter. Cependant Cheng Yu s’y oppose et Cao Cao suit ses conseils. En novembre 194, Cao Cao se rend à Deng’e.

Au printemps195, Cao Cao attaque Dingtao. En été, Xue Lan et Li Feng , deux généraux de Lü Bu, occupent Juye. Cao Cao assiège cette dernière et Lü Bu vient pour renforcer Xue Lan mais ces derniers sont battus et Lü Bu doit fuir. Cao Cao fait exécuter Xue Lan et Lü Bu retourne à Dongmin avec Chen Gong pour lever une armée de plus de 10 000 hommes. Cao Cao ayant une armée très faible en nombre, il décide de tendre une embuscade. Il campe son armée plus de dix li au sud [23]. Le lendemain, alors qu’il manœuvre, Cao Cao, qui avait ses troupes cachées dans la digue, envoie la moitié hors de celles-ci pour appâter Lü Bu. Ce dernier presse son avancée et donne l’ordre d’attaquer. Lorsqu’il joint le combat, Cao Cao envoie la deuxième moitié de son armée hors de sa cachette et inflige une sévère défaite à Lü Bu, capture son tambour et le poursuit jusqu’à son camp avant de se replier.

Cao Cao capture alors Dingtao, puis disperse ses troupes pour pacifier les districts environnants. Lü Bu se rallie à Liu Bei et Zhang Liao le rejoint, envoyant son jeune frère Zhang Chao pour défendre Yongqiu. En octobre 195, Cao Cao assiège Yongqiu. En novembre de la même année, l’empereur nomme Cao Cao protecteur du Yan. Entre janvier et février, Yongqiu tombe, Zhang Chao se suicide, et le clan Zhang de la ville est exterminé sur trois générations. Cao Cao pacifie le Yan puis attaque le Chen à l’est.

Cette année-là, des troubles agitent Chang’an et l’empereur doit fuir vers l’est. Son escorte est vaincue à Caoyang et il doit traverser le fleuve Jaune [24] pour se réfugier à Anyi [25].

Au printemps 196, Cao Cao arrive à Wuping [26], et Yuan Si, qui avait été affecté là par Yuan Shu en tant que gouverneur, se rend. Cao Cao se prépare à accueillir l’empereur, mais certains de ses généraux ont des réserves. Conseillé par Xun Yu et Cheng Yu, il envoie Cao Hong à l’ouest pour escorter l’empereur, mais Dong Cheng ainsi que Chang Nu, un général de Yuan Shu, l’empêchent d’avancer.

Entre-temps, une nouvelle rébellion des Turbans Jaunes se prépare, menée par He Yi, Liu Bi, Huang Shao , et He Man, chacun menant plusieurs dizaines de milliers d’hommes. Entre mars et avril 196, Cao Cao lève une armée pour les mater, fait exécuter Liu Bi et Huang Shao, et reçoit la soumission de He Yi. L’empereur nomme Cao Cao général qui établit la vertu.

À la mort de Zhang Ji , son neveu Zhang Xiu prend le contrôle de son armée. Au printemps 197, Cao Cao arrive à Wan. Zhang Xiu se soumet dans un premier temps, puis se rebelle à nouveau, furieux que Cao Cao ait choisi sa tante, Zhou Ji, comme concubine. Cao Cao l’affronte, mais son armée se fait battre.

Il est lui-même atteint par une flèche, et son fils aîné Cao Ang et son neveu Cao Anmin sont tués, ainsi que son garde du corps Dian Wei .

Cao Cao replie ses troupes à Wuyin, et tandis que Zhang Xiu préparait une expédition, Cao Cao l’attaque et lui inflige une défaite, forçant Zhang Xiu à s’enfuir à Rang auprès de Liu Biao.

En automne 197, Yuan Shu envahit Chen, et Cao Cao envoie ses troupes pour l’attaquer. Ayant vent de son approche, Yuan Shu se retire pour traverser le Huai, en laissant ses généraux Qiao Rui, Li Feng, Liang Gang et Yue Jiu assurer sa retraite. Cao Cao bat ces derniers et les fait exécuter avant de retourner à Xu. Les districts de Nanyang et Zhangling se soulèvent sous la bannière de Zhang Xiu et Cao Cao envoie Cao Hong pour les mater, mais ce dernier est battu. Cao Hong doit se retirer à Ye où il est harcelé en permanence par les armées de Zhang Xiu et Liu Biao. En novembre, Cao Cao fait campagne au sud à Wan et attaque Huyang, alors occupée par Deng Ji, un général de Liu Biao. Cao Cao capture Deng Ji et occupe Huyang, puis assiège et occupe Wuyin.

En février 198, Cao Cao se replie sur Xu et institue pour la première fois la charge de responsable des sacrifices militaires. En mai, il encercle Zhang Xiu à Rang. En juillet, Liu Biao envoie des renforts à Zhang Xiu et coupe la retraite des troupes de Cao Cao. Selon les Annales de l’empereur Xiandi, Cao Cao est averti par Yuan Shao d’un complot de Tian Feng visant l’empereur et décide de rentrer à la capitale. Il est pris en chasse par les troupes de Zhang Xiu et ses troupes ne peuvent pas manœuvrer efficacement. Arrivé à Anzhong, il se rend compte que les points stratégiques sont tenus par Zhang Xiu et Liu Biao et son armée est prise en tenaille. À la faveur de la nuit, il fait creuser un tunnel dans les cols et y fait passer ses fournitures militaires tandis qu’il prépare ses soldats pour une embuscade. Le lendemain, les troupes de Zhang Xiu et de Liu Biao pensent que Cao Cao s’est enfui et lui donnent chasse mais tombent dans l’embuscade de ce dernier.

Lü Bu se joint à nouveau à Yuan Shu et envoie Gao Shun pour assiéger Liu Bei. Cao Cao envoie Xiahou Dun pour venir en aide à Liu Bei, mais les efforts de ce dernier sont infructueux et Liu Bei est battu par Gao Shun. En octobre-novembre, Cao Cao dirige son armée à l’est pour affronter Lü Bu et en octobre pille Pencheng et capture son gouverneur, Hou Xie. Il se rend alors à Xiapei et Lü Bu en personne et sa cavalerie l’affrontent. L’armée de Cao Cao le défait complètement, et lors de la bataille capture le général Cheng Lian . Les troupes de Cao Cao s’introduisent dans la ville et Lü Bu panique et pense se rendre, mais Chen Gong et ses autres conseillers s’y opposent, conseillant de continuer le combat et de demander des renforts à Yuan Shu. Lü Bu est à nouveau battu et bat en retraite.

Entre-temps, les soldats de Cao Cao, fatigués, pensent eux aussi battre en retraite. Pour finir la bataille, sur les conseils de Xun Yu et Guo Jia , Cao Cao décide de détourner le cours des fleuves Si et Xin pour inonder la ville. Plus tard, ce même mois, les généraux Song Xian et Wei Xu trahissent Lü Bu et offrent la ville à Cao Cao. Lü Bu et Cheng Gong sont capturés et exécutés. Zang Ba, Sun Guan, Wu Guo, Yin Li, Chang Xi de Taishan, qui avaient offerts leurs services à Lü Bu lorsque ce dernier avait battu Liu Bei, sont traités généreusement par Cao Cao qui leur offre des postes dans son gouvernement.

Cao Cao capture également Bi Chen : celui-ci était autrefois au service de Cao Cao à l’époque où il était gouverneur du Yan mais l’avait quitté pour rejoindre Zhang Liao, ce dernier ayant pris sa mère et sa famille en otage. Plutôt que de l’exécuter pour sa trahison, Cao Cao le nomme gouverneur du Lu. Cao Cao redessine les frontières des districts de Langya, Donghai et Beihai pour former les nouveaux districts de Chengyang, Licheng et Changlu.

En mars-avril 199, Cao Cao replie son armée sur Changyi, puis entre mai et juin ordonne à Cao Ren et Shi Huan de traverser le fleuve Jaune et d’attaquer Gui Gu, qui venait de rejoindre Yuan Shao et s’était posté en garnison à Shequan. Gui Gu laisse Xue Hong et Miao Shang diriger Shequan pendant qu’il part au nord chercher de l’aide auprès de Yuan Shao, mais il rencontre les troupes de Cao Ren et Shi Huan à Quancheng et est tué au cours de la bataille qui s’ensuit. Cao Cao et son armée traversent alors le fleuve Jaune pour assiéger Shequan. Xue Hong et Miu Shang se rendent et Cao Cao leur offre le titre de marquis puis se replie sur Aocang et nomme Wei Zhong grand administrateur de Henei et lui donne le contrôle des terres au nord du fleuve He.

En septembre, Cao Cao déploie ses troupes vers Liyang [27], ordonne à Zhang Ba d’avancer vers Qingzhou [28] pour assiéger Qi, Beihai et Dongan, et laisse Yu Jin garder le fleuve Jaune. Au mois de septembre, il revient à Xu et prépare des troupes pour sécuriser Guandu [29]. En décembre, Zhang Xiu fait sa soumission et Cao Cao le nomme marquis. En janvier 200, Cao Cao se rend avec son armée à Guandu.

Depuis sa défaite à Chen, Yuan Shu tombe malade et Yuan Tan est envoyé à ses côtés depuis le Qing pour l’assister. Yuan Shu pense se rendre au nord pour traverser Xiapi. Cao Cao envoie Liu Bei et Zhu Ling pour le capturer, mais Yuan Shu meurt de maladie. Lorsque Cheng Yu et Guo Jia apprennent que Cao Cao a envoyé Liu Bei, ils le mettent en garde. Ayant changé d’avis, Cao Cao envoie des hommes pour lui donner la chasse, mais ceux-ci ne parviennent pas à le rattraper : Liu Bei s’est entendu avec Dong Cheng pour s’émanciper de Cao Cao. Une fois à Xiapi, il tue Che Zhou , l’inspecteur de Xuzhou, et poste son armée en garnison à Pei. Cao Cao envoie Liu Dai et Wang Zhong pour l’attaquer, mais sans succès. Entre-temps Liu Xun, le grand administrateur de Lujiang, fait sa soumission à Cao Cao et reçoit le titre de marquis.

En février 200, un complot de Dong Cheng pour assassiner Cao Cao est révélé et tous les conjurateurs sont exécutés. Cao Cao se prépare à attaquer Liu Bei, mais ses généraux le mettent en garde contre la menace que représente Yuan Shao. Guo Jia soutient son opinion et Cao Cao parvient à infliger une défaite à Liu Bei, et à capturer un de ses généraux, Xiahou Bo. Liu Bei se réfugie auprès de Yuan Shao et Cao Cao capture ses femmes. Liu Bei envoie Guan Yu pour garder Xiapi, mais ce dernier, assiégé par Cao Cao, doit se rendre. Chang Xi se soulève à son tour en soutien à Liu Bei mais est lui aussi vaincu par Cao Cao. Cao Cao revient alors à Guandu pour affronter Yuan Shao, mais ce dernier ne se manifeste alors pas.

En mars, Yuan Shao envoie Guo Tu , Chunyu Qiong et Yan Liang assiéger Liu Yan à Baima, et part pour Liyang où il se prépare à traverser le Fleuve Jaune. En avril, Cao Cao envoie des renforts à Liu Yan, et, sur les conseils de Xun You, fait mine d’aller à Yanjin pour traverser le Fleuve Jaune, comme pour prendre à revers l’armée de Yuan Shao. Ce dernier réagit en dirigeant ses troupes à l’ouest, mais Cao Cao se dirige en fait vers Baima*, et envoie Zhang Liao et Guan Yu affronter Yan Liang. Ceux-ci le tuent et mettent son armée en déroute. Cao Cao défait alors le siège de Baima et en déménage les habitants à l’ouest du Fleuve Jaune.

Yuan Shao traverse à son tour le Fleuve Jaune pour poursuivre Cao Cao et arrive au sud de Yanjin. Les soldats de Cao Cao rapportent à celui-ci que l’armée de Yuan Shao est trop nombreuse pour être comptée et Cao Cao leur ordonne d’abandonner chevaux et selles. Les caravanes de rationnement de Baima sont alors renversées sur le chemin et les généraux de Cao Cao lui conseillent de vite les mettre à l’abri tandis que Xu You conseille plutôt d’en faire un appât pour les troupes adverses. Yuan Shao envoie Wen Chou et Liu Bei poursuivre Cao Cao et leur donne 600 cavaliers. Lorsque ceux-ci arrivent, les généraux conseillent à Cao Cao de prendre les chevaux et de s’enfuir, mais Cao Cao s’y refuse, et donne l’ordre d’attaquer au moment où les troupes ennemies ont mis pied à terre pour prendre possession des provisions et des chevaux abandonnés par Cao Cao. Les troupes de Cao Cao gagnent le combat et Wen Chou est tué dans la bataille. Cao Cao se replie alors sur Guandu, tandis qu’Yuan Shao part défendre Yangwu, et Guan Yu quitte Cao Cao pour rejoindre Liu Bei.

Au mois de septembre, Yuan Shao établit son camp en face de celui de Cao Cao, et fait construire des dunes sur dix li [30] d’Est en Ouest pour le renforcer. Cao Cao fait également construire des fortifications en réponse.

Cao Cao a alors moins de 10 000 soldats et un sur cinq étaient blessés, tandis que selon les Chroniques des origines, Yuan Shao a plus de cent mille hommes. Yuan Shao approche Guandu et commence à creuser des fortifications et des tranchées, imité par Cao Cao. Yuan Shao attaque les soldats de Cao Cao avec ses archers par-dessus les fortifications et ces derniers doivent se déplacer à travers le camp en se couvrant de leurs boucliers. En outre, Cao Cao souffre de problèmes de ravitaillement et écrit à Xun Yu en lui manifestant son intention de retourner à Xu. Dans sa réponse, Xun Yu lui conseille de continuer le combat.

Entre-temps, Sun Ce apprend que Cao Cao est occupé à combattre Yuan Shao et entreprend de monter une armée pour attaquer Xu, mais est assassiné avant de pouvoir mettre son plan à exécution. À Runan, sur la demande de Yuan Shao, Liu Pi , un ancien commandant des Turbans Jaunes, pille Xu. Yuan Shao envoie Liu Bei pour l’assister tandis que Cao Cao envoie Cao Ren pour attaquer Liu Pi. Liu Bei s’enfuit et Cao Ren détruit le campement de Liu Pi.

Yuan Shao fait transporter à son camp plusieurs milliers de wagons de ravitaillement. Cao Cao, sur une idée de Xun You, envoie Xu Huang et Shi Huan pour intercepter la caravane et en brûler tous les charriots.

En octobre, Yuan Shao fait escorter ses chariots de ravitaillement par plus de 10 000 hommes, placés sous les ordres de Chunyu Qiong et 5 autres généraux, pour les entreposer dans une réserve à 20 km au nord. Entre-temps, Xu You, furieux de voir Yuan Shao faire peu cas de ses conseils, finit par le déserter, se placer sous les ordres de Cao Cao, et soumet à ce dernier l’idée d’attaquer Chunyu Qiong.

Selon la Biographie de Cao le Fourbe, lorsque Cao Cao apprend que Xu You vient le rejoindre, il va l’accueillir en personne et pieds nus.

La plupart de ses subordonnés hésitent d’exécuter ce plan, mais Xun You et Jia Yi approuvent, et Cao Cao ordonne donc à Cao Hong de défendre le camp tandis qu’il part de nuit en personne avec 5 000 hommes et atteint l’entrepôt de Yuan Shao à l’aurore. Chunyu Qiong, en voyant l’armée de Cao Cao approcher, estime celle-ci faible et décide de l’attaquer en dehors des remparts. Mais son armée et désorganisée et c’est Cao Cao qui attaque le premier, forçant Chunyu Qiong à se replier. Cao Cao fait alors le siège de la réserve, mais Yuan Shao dépêche des cavaliers pour venir en aide à Chunyu Qiong.

Quelques généraux de Cao Cao lui proposent de se concentrer sur ces cavaliers, mais Cao Cao leur annonce que l’objectif premier est le siège. Les hommes de Cao Cao, pris en tenaille sont forcés combattre avec l’énergie du désespoir, et finissent par envahir la réserve et battre Chunyu Qiong qui sera exécuté avec les autres généraux de Yuan Shao.

Lorsque Yuan Shao apprend le sort de Chunyu Qiong et de son ravitaillement, il décide de profiter de l’absence de Cao Cao pour attaquer son camp principal et envoie Zhang He et Gao Lan pour assiéger Cao Hong. Mais lorsque ceux-ci apprirent la défaite de Chunyu Qiong, ils se rendent. Yuan Shao et Yuan Tan battent en retraite et traversent le Fleuve Jaune.

Cao Cao lui donne chasse sans succès, mais prend possession de toutes les affaires abandonnées par l’armée de Yuan Shao : bibliothèque, et trésors, et fait de nombreux prisonniers. Parmi les papiers capturés, se trouvent des documents prouvant que des officiers de Cao Cao avaient traité avec Yuan Shao. Cao Cao décide de les faire brûler sans punir quiconque.

Avec cette victoire, Cao Cao se rend maître de toute la province de Ji*, mettant ainsi une bonne partie du nord de la Chine sous sa direction. Malgré sa défaite à Guandu, Yuan Shao est encore actif. Vers mai-juin 201, Cao Cao dirige une expédition du côté du Fleuve Jaune, attaque les troupes de Yuan Shao à Cangting et les défait. Il profite du retrait de Yuan Shao pour pacifier les districts en révolte puis en septembre, rentre à la capitale. Yuan Shao donne à Liu Bei la mission de piller Runan, accompagné du rebelle Gong Du. Cao Cao envoie Cai Yang pour s’opposer à Gong Du, mais cette expédition se solde par une défaite. Cao Cao monte alors une expédition contre Liu Bei, mais ce dernier, apprenant que Cao Cao en personne vient l’affronter, se réfugie auprès de Liu Biao tandis que l’armée de Gong Du se démantèle.

Vers février-mars 202, Cao Cao se rend avec son armée à Qiao et fait émettre un décret. Il se dirige alors à Junyi pour faire réparer les canaux d’irrigation de Suiyang et organise un sacrifice en mémoire de Qiao Xuan. Il dépêche ensuite son armée en direction de Guandu.

En avril 203, Cao Cao fait assiéger de nombreuses villes aux alentours de Liyang, et défait Yuan Tan et Yuan Shang qui doivent fuir à faveur de la nuit. Au mois de mai, il avance sur le district de Ye [31] puis au mois de juin retourne à la capitale, confiant la ville de Liyang à Jia Xu .

Le 22 juin 203, Cao Cao émet un décret par lequel tout général ayant perdu une campagne sera jugé, relevé de ses fonctions et privé de ses titres de noblesse.

En septembre, il émet un nouveau décret imposant l’étude de littérature afin d’éduquer les habitants. Des professeurs sont envoyés dans les villes de plus de 500 habitants pour trouver des nouveaux talents et les instruire.

En octobre, Cao Cao attaque Liu Biao et met son armée en garnison à Xiping. Alors qu’il mène son expédition au sud, les frères Yuan Tan et Yuan Shang se disputent la direction de la province de Ji. Yuan Tan doit battre en retraite à Pingyuan et Yuan Shang monte un siège. En désespoir de cause, Yuan Tan envoie Xin Pi auprès de Cao Cao pour faire sa soumission en espérant que celui-ci vienne à son aide.

Conseillé par Xun You, Cao Cao accepte cette reddition et abandonne en conséquence sa campagne contre Liu Biao. Selon le Livre du Wei, il justifie cette décision par le fait que d’une part Liu Biao n’a jamais pu saisir les opportunités de l’attaquer quand il fallait et qu’il était toujours possible de mener campagne contre lui plus tard, et d’autre part qu’il était primordial de profiter de la discorde entre Yuan Shang et Yuan Tan et de se servir de Yuan Tan pour vaincre Yuan Shang.

En octobre, en arrivant à Liyang, il prépare le mariage d’une de ses filles avec Yuan Tan. Apprenant que Cao Cao se dirigeait vers le nord, Yuan Shang abandonne le siège de Pingyuan et se réfugie à Ye. Les frères Lü Kuang et Lü Xiang de Dongping trahissent alors Yuan Shang, et s’établissent à Yangping puis se soumettent à Cao Cao qui offre à chacun le titre de marquis.

Vers février/mars 204, Cao Cao traverse le Fleuve Jaune et fait détourner les eaux de la rivière Qi vers le barrage de Bai afin de faciliter la logistique et le ravitaillement. Vers mars/avril, Yuan Shang assiège à nouveau Yuan Tan, laissant la garde de Ye à Su You et Shen Pei. L’armée de Cao Cao avance sur la rivière Huan et attaque Ye avec une stratégie faisant intervenir des collines artificielles et la construction de tunnels. Entre mai et juin, Cao Cao confie à Cao Hong le siège de Ye pour attaquer Yin Kai, le chef de Wu’an, qui venait de s’établir à Maocheng, lieu duquel il pouvait contrôler le passage du ravitaillement venant de Shangdang. Cao Cao parvient à vaincre Yin Kai, puis attaque Handa*, gardée par Ju Jiu, un général de Yuan Shang, et capture la ville. Han Fan, le protecteur de Yiyang, et Liang Qi, le chef de She, font également leur soumission et reçoivent en récompense le titre de marquis.

Vers juin/juillet, Cao Cao fait détruire les collines artificielles et les tunnels et fait construire un canal encerclant Ye pour détourner les eaux de la rivière Zhang et inonder la ville. La moitié des habitants meurent de la famine qui en résulte. Vers août/septembre, Yuan Shang revient pour assister Ye et les généraux de Cao Cao conseillent à ce dernier d’éviter de l’affronter, car des soldats luttant pour eux-mêmes et leur ville natale sont redoutables.

Yuan Shang arrive par les collines de l’ouest et fait stationner son armée sur les rives de la rivière Fu puis attaque Cao Cao de nuit pour tenter de briser le siège mais sans succès. Cao Cao met son armée en déroute et encercle son campement. Paniqué, Yuan Shang tente d’envoyer Chen Ling et Yin Kui, l’inspecteur du Yu, afin de se soumettre, mais Cao Cao refuse sa reddition. Yuan Shang tente de fuir à la faveur de la nuit pour se réfugier dans les collines de Qi, mais Cao Cao le rattrape et l’attaque. Avant le début de la bataille, les généraux Ma Yan et Zhang Yi se rendent. Yuan Shang subit une défaite écrasante et part se réfugier à Zhongshan en laissant toutes ses possessions sur place, y compris son sceau et sa hache de cérémonie. Cao Cao fait exposer les soldats capturés à leurs familles à Ye afin d’accentuer le désespoir des assiégés. Vers septembre/octobre, Shen Rong, un neveu de Shen Pei, fait ouvrir la porte pour que l’armée de Cao Cao puisse s’introduire dans la ville. Shen Pei tente d’affronter cette dernière mais se fait capturer et exécuter. Cao Cao prend le contrôle de Ye, puis offre un sacrifice sur la tombe de Yuan Shao en pleurant, présente ses condoléances à sa veuve, rend à la famille Yuan toutes leurs possessions et leur fait don de soieries, et de vivres.

En octobre, Cao Cao fait émettre un décret exonérant d’impôt les habitants du Hebei, durement touchés par la guerre, et fait décréter de nouvelles lois populaires limitant sévèrement le pouvoir des dirigeants locaux. L’empereur nomme Cao Cao protecteur du Ji, mais celui-ci refuse, préférant la province du Yan.

Alors que Cao Cao menait le siège de Ye, Yuan Tan avait capturé les villes de Ganling, Anping, Bohai et Hejian et lorsque Yuan Shang se réfugia à Zhongshan après sa défaite contre Cao Cao, Yuan Tan l’assiégea, le forçant à fuir à Gu’an. Cao Cao envoie une lettre à Yuan Tan dans laquelle il lui reproche d’avoir violé leur arrangement, et annule la proposition de mariage, puis dirige son armée pour attaquer Yuan Tan. Ce dernier abandonne Pingyuan pour défendre Nanpi, et en janvier 205, Cao Cao capture Pingyuan.

En février 205, Cao Cao assiège Yuan Tan. Comme des paysans tentent de se dérober de la corvée de briser la glace en fuyant chez l’ennemi, Cao Cao leur interdit de se rendre.

Cao Cao finit par défaire Yuan Tan, et le fait exécuter avec toute sa famille, se rendant maître de la province de Ji. Il offre par décret le pardon aux personnes ayant travaillé pour le clan Yuan, mais interdit toute vengeance personnelle ou l’organisation de funérailles extravagantes.

Ce même mois, Jiao Chu et Zhang Nan, deux généraux en chef de Yuan Xi , trahissent ce dernier et l’assiègent avec Yuan Shang. Yuan Xi et Yuan Shang fuient se réfugier auprès des Wuhuan des trois districts. Jiao Chu et Zhang Nan offrent la reddition de leurs districts à Cao Cao qui offre à chacun le titre de marquis.

Au mois de mai, Zhang Yan se soumet à son tour avec ses 100 000 hommes à Cao Cao et reçoit également le titre de marquis. Zhao Du de Gu’an et Huo Nu assassinent l’inspecteur du You et le grand administrateur de Zhuojun tandis que les Wuhuan des trois districts assiègent le district de Xianyu à Guangping. En septembre, Cao Cao les attaquent, fait exécuter Zhao Du et ses hommes, puis traverse le fleuve Lu pour aider Guangping, forçant les Wuhuan à fuir au-delà de la frontière.

En octobre, Cao Cao fait passer un décret visant à corriger les mœurs de la province de Ji, notamment l’éclatement familial, les luttes fratricides et parricides et l’inceste, puis en novembre se rend à Ye.

Tandis que Cao Cao affrontait les Wuhuan, Gao Gan , un neveu de Yuan Shao qui avait fait sa soumission à Cao Cao après la capture de Ye, se rebelle, capture le grand administrateur de Shangdang, et ordonne à ses soldats de sécuriser le col de Hu. Cao Cao envoie Yue Jin et Li Dian pour l’attaquer et Gao Gan doit battre en retraite et se réfugier à Huguan. En février 206, Cao Cao dirige une campagne contre Gao Gan. Ce dernier, apprenant qu’une expédition est lancée contre lui, confie la ville à ses généraux et part demander de l’aide au Chanyu [32] des Huns Xiongnu [33] mais celui-ci refuse. Cao Cao assiège Huguan durant 3 mois et la capture, forçant Gao Gan à fuir dans la province de Jing où Wang Yan, le commandant en chef de Shangluo, l’arrête et le fait exécuter.

Vers septembre/octobre, Cao Cao part à l’est en campagne contre le pirate Guan Cheng. Une fois à Chunyu, il confie l’attaque à Le Jin et Li Dian, forçant Guan Cheng à se réfugier sur une île. Cao Cao ôte à Donghai les trois districts de Rangben, Tan et Qi, qu’il ajoute à Langya, puis réduit la taille du district de Changlü.

Les Wuhuan des trois districts font alors de nombreuses excursions à travers la Grande Muraille [34] et pillent la province de You. Comme Yuan Shao de son vivant avait passé des alliances avec eux, et bien traité Tadun, le puissant chanyu de Liaoxi, Yuan Xi et Yuan Shang partent les rejoindre. Cao Cao mène une campagne contre eux et commence le creusement d’un canal, qu’il baptisera canal de Pinglu, visant à détourner les eaux du Hutuan dans la rivière Gu, ainsi que d’un second canal, qu’il baptisera canal de Quanzhou, visant à détourner les eaux de l’embouchure de la rivière Ju dans la rivière Lu. Ces canaux offrent ainsi à Cao Cao un passage vers la mer.

En mars 207, Cao Cao quitte Chunyu pour rentrer à Ye. Le 21 mars, il fait émettre un décret reconnaissant à ses subordonnées leurs mérites dans ses victoires. Il offre à 20 hommes au service exceptionnel le titre de marquis et récompense tous ses autres subordonnés proportionnellement à leur mérite. Il exonère également de l’impôt les orphelins des mandarins décédés au combat de la conscription.

Vers juin/juillet, Cao Cao arrive à Wuzhong avec son armée. Au mois d’août, des inondations rendent les routes costales impraticables et Tian Chou propose à Cao Cao de le guider à travers les campagnes et le mène jusqu’à la garnison de Lulong, mais le chemin était obstrué. Cao Cao ordonne la creusement sur plus de cinq cents li [35] dans les vallées afin de frayer un passage passant à travers Baitan et Pinggang, puis dans le territoire des Xianbei, et vers l’est en direction de Liucheng. Alors qu’il leur reste deux cents li à parcourir [36], Yuan Shang et Yuan Xi sont prévenus de son approche et se préparent à l’attaquer avec Tadun, Louban le chanyu de Liaoxi et Nengchendizhi le chanyu de Youbeiping.

En septembre, Cao Cao entreprend l’ascension du mont Bailang et est surpris par l’armée ennemie. Comme les équipements étaient restés à l’arrière de l’expédition, peu de soldats étaient en armure. Cependant, Cao Cao se rend compte que l’armée adverse est mal organisée et décide de quand même donner la charge et confie cette opération à Zhang Liao. Les Wuhuan sont battus, Tadun est exécuté et plus de 200 000 soldats font leur soumission. Supuwan, le chanyu de Liaodong, s’enfuit en abandonnant ses hommes, accompagné de Yuan Shang et Yuan Xi et se réfugient à Liaodong. Malgré cette défaite, Yuan Shang a encore plusieurs milliers de cavaliers à sa disposition.

Les généraux de Cao Cao pressent ce dernier d’attaquer Gongsun Kang , le grand administrateur de Liaodong afin de pouvoir capturer les frères Yuan mais Cao Cao refuse. En octobre, Cao Cao quitte Liucheng avec son armée. Gongsun Kang fait exécuter Yuan Shang, Yuan Xi et Supuwan et expose leurs têtes.

En décembre, il atteint la rivière Yi où Pufulu et Nalou, les chanyu des districts de Dai et Shang, viennent lui offrir leurs félicitations.

En février 208, Cao Cao retourne à Ye et entreprend l’entraînement d’une armée sur le lac Xuanwu pour la familiariser avec les manœuvres maritimes. En juillet, il fait abolir l’institution des Trois ducs [37], pour restaurer en leur place les postes de Premier ministre et de grand tuteur. Le 9 juillet, Cao Cao se fait proclamer Premier ministre.

En août, Cao Cao part en campagne contre Liu Biao, mais celui-ci meurt de maladie au mois de septembre. Son fils Liu Zong lui succède et s’établit à Xiangyang tandis que Liu Bei se met en garnison à Fan. En octobre, Cao Cao arrive à Xinye, Liu Zong se soumet, et Liu Bei fuit à Xiakou. Cao Cao avance alors son armée à Jiangling, offre par décret le pardon aux mandarins de la province de Jing, puis les récompensent, offrant à 15 d’entre eux le titre de marquis et Wen Pin, un général de Liu Biao, reçoit la charge de grand administrateur de Jiangxia. Cao Cao fusionne les soldats du Jing à sa propre armée et se rattache les services de Han Song et de Deng Yi . Cao Cao force également Liu Zhang , le protecteur de Yi, à lever des troupes pour les intégrer à son armée. Le 26 novembre, Cao Cao ordonne l’exécution du mandarin Kong Rong et de tout son clan, ce dernier ayant dit du mal de Cao Cao à un émissaire de Sun Quan.

En janvier 209, Sun Quan, venant en aide à Liu Bei, attaque Hefei. Cao Cao part alors en campagne contre Liu Bei, et une fois à Baqiu, envoie Zhang Xi pour venir en renfort à Hefei. Apprenant l’arrivée de Zhang Xi, Sun Quan abandonne le siège. Cao Cao arrive alors à Chibi où il affronte la coalition formée par Sun Quan et Liu Bei. L’armée de Cao Cao souffre alors d’une épidémie, Cao Cao perd de nombreux soldats et officiers et doit battre en retraite.

En mai 209, Cao Cao arrive à Qiao et fait construire des embarcations pour entraîner son armée au combat maritime. Vers août/septembre, il arrive à la rivière Guo via la rivière Huai, traverse la rivière Fei et établit son campement à Hefei. Le 10 octobre, il émet un décret par lequel le gouvernement offre de la nourriture aux familles ne pouvant subvenir à leurs besoins. Vers janvier/février 210, il rentre à Qiao.

Au printemps 210, Cao Cao, en quête de nouveaux talents, émet un décret par lequel il demande à ses mandarins de ne pas hésiter à lui recommander des subalternes sur la base de leurs aptitudes. En hiver, la construction du pavillon du moineau de bronze est achevée, et selon l’Histoire de l’empereur Wu du Wei, le 1er janvier 211, Cao Cao déclare qu’il diminue la taille de son propre fief des trois districts de Yangxia, Zhe et Ku, et d’une partie de Wuping, au total plus de 30 000 foyers, pour réduire ses propres responsabilités et diminuer les critiques faites à son encontre. Cependant, selon le livre du Wei, le 11 février 211, l’empereur Xiandi offre en échange par décret impérial à trois des fils de Cao Cao un fief de 5 000 foyers et un titre de noblesse : Cao Zhi est fait marquis de Pingyuan, Cao Ju marquis de Fanyang, et Cao Biao marquis de Raoyang. L’empereur nomme également Cao Pi général des gentilshommes et des cinq mandarins et l’instaure comme vice-Premier ministre.

À Daling, Shang Yao de Taiyuan montre une rébellion et Cao Cao envoie Xiahou Yuan et Xu Huang pour l’affronter. Ceux-ci triomphent mais entre-temps, Zhang Lu capture la ville de Hanzhong [38], et au mois d’avril, Cao Cao envoie Zhong Yao en expédition punitive. Il ordonne également à Xiahou Yuan de traverser le Hedong pour joindre ses forces avec celles de Zhong Yao.

Croyant que Zhong Yao allait les attaquer, Ma Chao, Han Sui , Yang Qiu, Li Kan et Cheng Yi se soulèvent, et Cao Cao doit envoyer Cao Ren pour les affronter. Ma Chao établit son armée au col de Tong*, et Cao Cao, estimant sa position trop solide et l’armée adverse trop expérimentée recommande à ses généraux de ne pas l’attaquer. Au mois d’août, Cao Cao part en campagne contre Ma Chao et prend l’armée de ce dernier en tenaille en occupant les positions de part et d’autre du col. Voulant en finir vite, Cao Cao envoie secrètement Xu Huang et Zhu Ling de nuit pour traverser Puban*, occuper le banc ouest du Fleuve Jaune et y établir leur campement.

Cao Cao traverse en personne le Fleuve Jaune au col de Tong, mais ses bateaux sont attaqués par Ma Chao. Cependant, le colonel Ding Fei libère le bétail et les chevaux, causant le désordre dans les rangs ennemis, permettant à Cao Cao de débarquer en toute quiétude et d’assurer ses positions sur la rive sud du Fleuve Jaune. Ma Chao se replie sur l’embouchure de la rivière Wei [39]. Cao Cao fait alors construire des mannequins pour que les troupes de Ma Chao ne se rende pas compte qu’il envoie une escouade construire un pont avec des navires. Cao Cao lance l’attaque de nuit, prenant Ma Chao complètement par surprise. Ce dernier doit se replier au sud de la rivière Wei et envoie un émissaire auprès de Cao Cao, proposant de lui offrir les terres de l’ouest du Fleuve Jaune en échange de la paix, mais Cao Cao refuse.

En novembre, Cao Cao traverse la rivière Wei avec son armée, et Ma Chao tente de le défier au combat à plusieurs reprises, mais Cao Cao refuse. Ma Chao et ses compagnons proposent alors de lui céder des terres et d’envoyer leurs fils en otage. Sur les conseils de Jia Xu, Cao Cao fait semblant d’accepter. Han Sui demande audience auprès de Cao Cao, sur prétexte que ce dernier avait été recommandé auprès de la Cour pour sa piété filiale et son incorruptibilité la même année que son père. Cao Cao accepte l’audience mais ne fait part à aucun moment d’affaires militaires, se contentant de parler de leur jeunesse à la capitale et d’avoir une conversation plaisante.

Quelques jours plus tard, Cao Cao envoie à Han Sui une lettre, mais dans laquelle il avait volontairement rayé et inséré de nombreux passages, donnant l’impression à Ma Chao que Han Sui avait fait lui-même ces modifications et augmentant la tension entre les deux alliés. Cao Cao décide alors de passer à l’offensive et envoie ses troupes légères attaquer de front, puis prend l’armée adverse en pincette en envoyant sa cavalerie sur les deux flancs. Au cours de la bataille, Cheng Yi et Li Kan trouvent la mort, tandis que Han Sui et Ma Chao fuient vers la province de Liang et Yang Qiu vers Anding*. Victorieux, Cao Cao s’empare du Guanzhong.

En décembre, Cao Cao part en campagne contre Yang Qiu et monte le siège de Anding. Yang Qiu finit par se soumettre et Cao Cao lui rend son ancien titre de noblesse de marquis de Linying, et lui donne la mission de s’occuper des affaires locales. Vers janvier/février 212, Cao Cao rentre à la capitale et laisse Xiahou Yuan en garnison à Chang’an.

En mars 212, Cao Cao retourne à Ye et l’empereur lui octroie le privilège de pouvoir se présenter devant lui sans s’être fait annoncer, et de pouvoir porter épées et bottes dans le palais. Ma Chao s’établit à Lantian avec Liang Xing, et Cao Cao envoie Xiahou Yuan pour l’affronter. Cao Cao redessine les frontières administratives et attache au district de Wei de nombreux cantons des districts de Henei, Dong, Julu, Guangping et Zhao. Vers novembre/décembre, Cao Cao prépare une campagne contre Sun Quan.

En février 213, Cao Cao dirige son armée vers l’embouchure de la rivière Ruxu, et à Jianxi, traverse le campement de Sun Quan, capturant Gongsun Yang. Un édit impérial fusionne alors les 15 provinces pour restaurer les 9 provinces historiques. En mai, Cao Cao rentre à Ye.

Le 16 juin, l’empereur donne à Cao Cao le titre de duc de Wei et lui offre les 9 sacrements*. En août, Cao Cao commence à établir le gouvernement du Wei et à faire construire des temples. L’empereur épouse trois de ses filles, et en octobre, Cao Cao fait construire le pavillon du tigre doré, ainsi qu’un canal pour détourner les eaux du Zhang à travers la digue de Bai jusque dans le Fleuve Jaune. En novembre, il divise administrativement le duché de Wei en un district Est et un district Ouest, chacun dirigé par un commandant en chef, puis en décembre, institue le poste de maître des Écrits, ainsi que l’institution des serviteurs réguliers et des six ministères.

Cao Cao nomme Guanqiu Xing au poste de grand administrateur de Anding, un district faisant tampon avec les territoires des Qiang et des Wu Hu. Cao Cao lui donne comme conseil de n’envoyer personne pour traiter avec ces peuples : en effet, un émissaire pourrait décider de rejoindre les Qiang et les Wu Hu pour son propre bénéfice, et de leur apprendre comment traiter plus efficacement avec les Chinois au détriment de ces derniers qui verront une personne de talent se retourner contre eux. Guanqiu Xing n’écoute pas les conseils de Cao Cao et envoie Fan Ling traiter avec les Qiang, et ce dernier décide de les rejoindre et se hisse au rang de mandarin d’un État vassal.

Au mois d’avril, l’empereur élève le rang de Cao Cao et lui offre le sceau d’or, le ruban écarlate et la coiffe pour les longs trajets. Au mois de septembre, Cao Cao prépare une nouvelle campagne contre Sun Quan.

Cao Cao envoie Xiahou Yuan à Fuhan en campagne contre Song Jian de Longxi, qui s’était rebellé contre l’empire 30 ans auparavant. Vers novembre/décembre, Xiahou Yuan parvient à capturer Fuhan, et fait exécuter Song Jian, permettant à Cao Cao de prendre possession de la province de Liang.

Vers décembre 214-janvier 215, une lettre haineuse de l’impératrice Fu est interceptée dans laquelle elle écrit que l’empereur en veut à Cao Cao d’avoir fait exécuter Dong Cheng. Craignant que cette lettre ne serve de prétexte pour légitimer de nouveaux complots à son encontre, Cao Cao fait déposer et exécuter l’impératrice et une centaine de membres de son clan.

Fin janvier 215, Cao Cao se rend à Mengjin, et le 5 février, émet un édit créant la position de ministre de la vérité désormais seul habilité à appliquer la torture aux prisonniers.

Vers février/mars 215, l’empereur choisit pour nouvelle impératrice une des filles de Cao Cao. Cao Cao remanie les frontières administratives et élimine les districts de Yunzhong, Dingxiang, Wuyuan et Shuopang et les réunit en un unique district nommé Xinxing.

Vers avril/mai, Cao Cao mène une campagne à l’ouest contre Zhang Lu, arrive à Chencang, puis fait le trajet de Wudu jusqu’au territoire des Di. Ces derniers tentent de bloquer son avancée mais sont mis en déroute par Zhang He et Zhu Ling. Vers mai/juin, Cao Cao traverse le col San* et atteint Hechi* où il affronte les Di qu’il finit par vaincre en mai.

En août, Cao Cao atteint le col Yangping où il affronte Zhang Wei, le frère de Zhang Lu, et le général Yang Ang. Leur position étant trop solide pour être aisément vaincue, Cao Cao fait semblant de lever le siège et plier bagage afin que le soulagement relâche la vigilance des troupes ennemies, puis envoie Jie Piao et Gao Zuo pour les attaquer de nuit. Ces derniers infligent une défaite massive et exécutent le général Yang Ren.

En octobre, l’empereur donne à Cao Cao le privilège de pouvoir offrir lui-même les titres de noblesse, puis en novembre, Cao Cao instaure de nouveaux titres de noblesse visant à récompenser les services militaires, mais auxquels ne sont jointes ni terres ni rente. En décembre, Zhang Lu offre sa reddition, et Cao Cao lui octroie, ainsi qu’à 5 de ses fils, le titre de marquis. De son côté, Liu Bei attaque Liu Zhang et prend possession de la province de Yi et Cao Cao riposte en envoyant Zhang He pour l’affronter.

En mars 216 Cao Cao rentre à Ye, et le 29 mai, l’empereur le nomme roi du Wei, faisant officiellement du Wei un royaume. Au mois de septembre, Cao Cao nomme Zhong Yao au poste de Premier ministre du Wei, et en novembre, prépare une nouvelle campagne contre Sun Quan.

En février 217, l’armée de Cao Cao atteint Juchao, et en avril se met en garnison à Haoqi, à l’ouest du Yangzi. Sun Quan fortifie ses positions sur l’embouchure du Ruxu, mais doit battre en retraite devant Cao Cao. Cependant, au mois de mai, Cao Cao se retire à son tour, laissant Xiahou Dun, Cao Ren et Zhang Liao en garnison à Juchao. En juin, l’empereur autorise Cao Cao à porter les bannières impériales, et vers novembre/décembre lui offre une coiffe cérémonielle et un chariot doré. Cao Pi est nommé héritier du royaume de Wei.

Vers mai/juin 218, Cao Cao émet un décret par lequel il offre aux veuves, aux jeunes orphelins et aux invalides le droit d’être nourris par le gouvernement, et impose aux personnes de plus de 90 ans d’avoir une personne résidant avec eux. En juillet, il fait de Shouling* un cimetière militaire : les soldats doivent être enterrés sur des terres dures et stériles afin que l’endroit où ils reposent ne soit pas dérangé par les laboureurs. Il choisit également d’être enterré sur un monticule de la région.

En août, Cao Cao part en campagne contre Liu Bei et en octobre arrive à Chang’an. Au mois de novembre, à Wan, Hou Yin se rebelle et Cao Cao envoie Cao Ren pour assiéger la ville.

En février 219, Cao Ren capture Wan et Hou Yin est exécuté. Xiahou Yuan affronte les troupes de Liu Bei à Yangping, mais est tué dans la bataille, et Cao Cao, au mois d’avril, sécurise les points stratégiques et attaque à son tour Liu Bei mais ce dernier résiste en se servant des avantages géographiques que lui fournissent les cols étroits.

En juin, Cao Cao bat en retraite et son armée arrive à Chang’an. En août, il fait de Dame Bian sa reine, et envoie Yu Jin pour renforcer Cao Ren, alors en train de combattre Guan Yu. En septembre, la rivière Han déborde et inonde l’armée de Yu Jin, laissant à Guan Yu l’occasion de capturer Yu Jin et d’assiéger Cao Ren. Cao Cao envoie Xu Huang en renfort. En octobre, Cao Cao destitue le Premier ministre Zhong Yao pour son implication dans la rébellion de Wei Fang. En novembre, l’armée de Cao Cao rentre à Luoyang, et Sun Quan envoie une missive dans laquelle il se soumet, et manifeste son souhait que Guan Yu soit défait. Cao Cao se prépare à lancer une nouvelle expédition, mais Guan Yu est finalement battu par Xu Huang et doit lever le siège qu’il menait à Cao Ren. La missive de Sun Quan lève la question de savoir si Cao Cao pense déposer l’empereur et prendre le mandat céleste. Cao Cao est pressé par plusieurs de ses conseillers de prendre le trône, mais refuse en se comparant au roi Wen de Zhou

En mars 220, Cao Cao arrive à Luoyang. Sun Quan parvient à triompher de Guan Yu, et offre à Cao Cao sa tête. Le 15 mars, Cao Cao meurt à l’âge de 65 ans.

Le 11 avril, Cao Cao est enterré à Gaoling. Il reçoit le titre posthume de roi Wu. Son fils Cao Pi lui succède et dans l’année dépose l’empereur Xiandi des Han, et se proclame premier empereur de la dynastie Wei.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Cao Cao/ Portail du monde chinois/ Catégories  : Personnalité du IIe siècle/ Écrivain chinois du IIe siècle/ Militaire chinois

Notes

[1] La dynastie Han régna sur la Chine de 206 av. jc à 220 apr. jc. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221/206 av. jc) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220/265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d’origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta 28 empereurs.

[2] Le royaume de Wei, également appelé Cao Wei, est un des royaumes qui régnaient sur la Chine pendant la période des Trois Royaumes. Avec sa capitale à Luoyàng, ce royaume fut établi par Cao Pi en 220, à partir des bases posées par son père Cao Cao. Cette dénomination apparaît en 213, lorsque les exploitations féodales de Cao Cao prennent le nom de Wei ; les historiens ajoutent souvent le préfixe Cao (du nom de famille de Cao Cao) afin de distinguer ce royaume des autres États que l’histoire de la Chine a également connus sous le nom de Wei, par exemple les précédents États de Wei durant la période des royaumes combattants, et plus tard l’État de la dynastie Wei du Nord. En 220, lorsque Cao Pi déposséda le dernier empereur de la dynastie Han, Wei est devenu le nom de la nouvelle dynastie qu’il fonda. Cette dynastie fut saisie et contrôlée par la famille Sima en 249, jusqu’à ce qu’elle fût renversée et soit devenue une partie de la dynastie Jin en 265.

[3] L’Art de la guerre est un court traité de stratégie militaire chinois, datant de la période des Printemps et Automnes. Attribué au stratège Sun Zi, le texte s’articule autour de treize chapitres consacrés à l’analyse rationnelle des différentes dimensions de la guerre et qui dégagent les principes de la poursuite intelligente d’une guerre victorieuse : fondée sur une stratégie indirecte, toute d’économie, de ruse, de connaissance de l’adversaire, d’action psychologique, destinée à ne laisser au choc que le rôle de coup de grâce asséné à un ennemi désemparé. La conception implicite de la guerre, telle qu’envisagée par Sun Zi, s’inscrit dans un monde où celle-ci se pratique au sein d’une même société, la Chine impériale, avec des buts limités et dans le cadre de règles généralement acceptées, avant les invasions barbares qui détermineront la stratégie défensive de la Chine derrière sa Grande muraille.

[4] du nom de l’ère jian’an

[5] aujourd’hui la préfecture de Bozhou dans la province d’Anhui

[6] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[7] Les Trois Royaumes est un roman historique chinois sur la fin de la dynastie Han et la période des Trois Royaumes, (169-280). Écrit par Luo Guanzhong au 14ème siècle d’après l’œuvre de Chen Shou écrite au 3ème siècle. Ce roman fait partie des quatre livres extraordinaires de la littérature chinoise, ce qui le classe parmi les romans les plus longs et les plus anciens de l’histoire chinoise avec plus de 800 000 mots en cent-vingt chapitres. Son titre en chinois (Sanguo Yanyi) indique qu’il fait de la vertu son thème principal. Les trois royaumes en question sont ceux de Wei, Shu et Wu.

[8] le devin Xu Shao dans le roman Les Trois Royaumes)

[9] L’existence de fonctionnaires en Chine est attestée dès l’époque de la dynastie Zhou. Sous les Qin (221-207 av. jc) des formes de recrutement sur la base du mérite personnel apparaissent déjà. Par la suite, durant l’ère des Han (202 av. jc - 220 apr. jc) est mis en place le système dit du xiaolian qui définit les critères de mérites nécessaires aux fins de nominations et affectations aux postes publics, en particulier aux emplois militaires. Après la chute de la dynastie Han, la part du mérite régresse dans le recrutement de la bureaucratie chinoise, en évoluant vers le Système des neuf rangs. Ce modèle de nomination aux postes civils fut en vogue durant la période des Trois Royaumes de Chine et des Dynasties du Nord et du Sud mais, corruptible et renforçant les clans locaux et la noblesse guerrière, il fut abandonné au profit du plus efficace système des examens impériaux, en 605, sous la courte dynastie Sui (581-618). Pendant 1 300 ans, entre les années 605 et 1905, la haute administration impériale, tant centrale que provinciale, est tenue par une caste recrutée sur la base de concours extrêmement difficiles ; les examens impériaux. Les mandarins et le modèle qu’ils ont fait naître, le mandarinat, apparaissent comme le parangon de tous les systèmes de bureaucraties d’État, à la tête desquels sont des hauts fonctionnaires de carrière, recrutés au mérite intellectuel et littéraire, formés techniquement à l’administration et constitués en élites étatiques reproduites et fermées. Il a également existé des mandarins dans certains états sinisés voisins, notamment au Viêt Nam.

[10] Luoyang, ou Loyang est une ville-préfecture de la province du Henan en Chine. On y parle le dialecte de Luoyang du mandarin zhongyuan. Située sur le Fleuve Jaune, c’est l’une des quatre capitales historiques de la Chine.

[11] Le xian de Qingfeng est un district administratif de la province du Henan en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville préfecture de Puyang.

[12] une insurrection populaire où les paysans s’enroulaient une étoffe jaune autour de la tête en signe de ralliement avec la secte religieuse La voie de la grande paix mené par Zhang Jiao

[13] Jinan est la capitale de la province chinoise du Shandong baignée par le fleuve Jaune (cours inférieur). Elle a le statut administratif de ville sous provinciale.

[14] Autrefois nommé Hao ou Zongzhou, pendant la dynastie Zhou, elle fut la capitale de la Chine pour la période des Zhou occidentaux. Suite à la folie du roi Zhou Youwang, la ville fut incendiée et pillée par les barbares Rong. Xi’an est l’extrémité est de la route de la soie considérée comme ayant été « ouverte » par le général chinois Zhang Qian au 2ème siècle av. jc. C’était l’une des Quatre Grandes Capitales Anciennes car ce fut la capitale de la Dynastie Qin, des Han, alors connue sous le nom de Chang’an

[15] Ye, également connue sous les noms de Yejun ou de Jizhou, était une ville de Chine ancienne située dans la province de Ji. Aujourd’hui son site archéologique se situe dans le district d’Anyang de la province du Henan, entre les villes d’Anyang et de Cixian, tout près de la frontière de la province du Hebei. Elle fut érigée durant la période des Printemps et Automnes sous le règne du souverain Qi Huan Gong. Vers la fin de la dynastie Han, elle fut le quartier général de Yuan Shao, alors puissant seigneur de guerre, puis celui de Cao Cao à partir de 204. Ce dernier y construisit d’ailleurs sa fameuse Tour de l’Oiseau de Bronze. Stratégiquement importante, elle fut également la capitale des dynasties Qi du Nord et des Wei Orientaux, deux dynasties du Nord, lors de la période dite des Dynasties du Nord et du Sud.

[16] aujourd’hui Zhengzhou, Henan

[17] La Bataille de Xingyang se déroule en 190, durant la fin de la dynastie Han et fait partie des combats de la campagne contre Dong Zhuo. Elle oppose les troupes de Dong Zhuo, qui se replie sous les ordres du général Xu Rong après leur défaite à Luoyang, à celles de Cao Cao, qui rattapent les fuyards à Xingyang.

[18] Le xian de Heishan est un district administratif de la province du Liaoning en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville préfecture de Jinzhou.

[19] la capitale administrative de Dong, que dirige Cao Cao

[20] Xiongnu, ou Hunnu, est une confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord. Xiongnu est le nom que leur ont donné les Chinois dans l’Antiquité.

[21] Avec plus de 6 000 ans d’histoire, Xuzhou, autrefois appelé Pengcheng ou "ville de Peng" , est la plus ancienne ville de la province de Jiangsu. Elle était l’un des neuf états sous le règne de l’empereur Yu de la dynastie Xia. À cette époque Xuzhou était le nom d’une vaste région qui s’étendait du mont Tai au nord jusqu’au fleuve Huaihe au sud et jusqu’au fleuve Jaune à l’est et dans laquelle Pengcheng était la ville centrale. Xuzhou a pris ce nom dans la haute antiquité. Xuzhou est devenu "dao" (province), "fu" (préfecture), "zhou" (département).

[22] La mer de Chine orientale est une mer marginale qui fait partie de l’océan Pacifique. Elle couvre 1 249 000 km². Elle se situe entre la côte septentrionale de Taïwan au sud, la Chine à l’ouest, l’archipel Nansei à l’est, et l’ile sud-coréenne de Jeju au nord. Elle est surnommée « mer de l’Est », en Chine, et « mer du Sud » en Corée.

[23] environ 5 km

[24] Le fleuve Jaune est le deuxième plus long fleuve de Chine après le Yangzi Jiang. Long de 5 464 kilomètres, il prend sa source dans le plateau tibétain et après avoir traversé les provinces de Gansu, Ningxia, Mongolie-Intérieure, Shaanxi, Shanxi, Henan et Shandong il se jette dans la mer de Bohai, dans la mer Jaune. Le bassin versant du fleuve d’une superficie de 752 443 km² est caractérisé par un climat en grande partie semi-aride qui explique le débit modéré du fleuve à son embouchure (2 571 m3/s). Le fleuve Jaune a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Chine car la civilisation chinoise est née au confluent du fleuve et de son affluent le Wei He puis s’est développée le long de son cours.

[25] Le xian d’Anyi est un district administratif de la province du Jiangxi en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville-préfecture de Nanchang.

[26] Le xian de Wuping est un district administratif de la province du Fujian en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville préfecture de Longyan.

[27] Liyang est une ville de la province du Jiangsu en Chine. C’est une ville-district placée sous la juridiction de la ville-préfecture de Changzhou.

[28] Qingzhou est une ville de la province du Shandong en Chine. C’est une ville district placée sous la juridiction de la ville préfecture de Weifang.

[29] Le district de Guandu est une subdivision administrative de la province du Yunnan en Chine. Il est placé sous la juridiction administrative de la ville préfecture de Kunming.

[30] 5 km

[31] aujourd’hui dans la province de Henan

[32] Chanyu était le titre donné aux chefs des Xiongnu durant les ères de la dynastie Qin et de la dynastie Han. Il fut remplacé par le titre de Khagan chez les turco-mongol. La traduction littérale est probablement quelque chose comme « le plus grand », grossièrement équivalent au chinois « fils du ciel » car ce qui reste du langage xiongnu n’est connu que très partiellement par les écrits des historiens chinois de ces époques. Comme dans la plupart des peuples nomades, le titre était héréditaire.

[33] Xiongnu, ou Hunnu, est une confédération de peuples nomades vivant en Mongolie, en Transbaïkalie et en Chine du Nord. Xiongnu est le nom que leur ont donné les Chinois dans l’Antiquité.

[34] La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le 3ème siècle av. jc et le 17ème siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part de Shanhaiguan sur le territoire de la ville de Qinhuangdao dans la province du Hebei à l’Est pour arriver à Jiayuguan dans la province du Gansu à l’Ouest. Sa longueur varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 259,6 km.

[35] 250 km

[36] 100 km

[37] L’expression Trois Excellences ou Trois Seigneurs désigne les trois plus hauts officiers de la Dynastie Han. Sous les Han occidentaux, les titres sont : Chancelier, Secrétaire Impérial, et Grand Commandant. Sous les Han orientaux le nom des trois excellences est changé en Ministre des Masses, Ministre des Travaux, et Grand Commandant. Chacun étant responsable de différente partie du gouvernement, mais les séparations restaient souvent floues. Vers la fin de la dynastie, les positions étaient souvent vendues afin de renflouer les caisses de la maison impériale (et donc de l’État). Les trois excellences sont abolies par Cao Cao en 208 et remplacées par la position de Chancelier Impérial.

[38] Hanzhong est une ville du sud de la province du Shaanxi en Chine.

[39] Le Wei He ou rivière Wei est une rivière du Shaanxi, en Chine, qui arrose notamment Baoji et Xi’an. C’est un affluent principal du fleuve Jaune. Long de 818 km et d’un bassin de 135 000 km², il prend sa source, dans le district de Weiyuan, dans le Gansu, traverse le Shaanxi avant de se jeter dans le fleuve Jaune à Fenglingdu, dans le district de Tongguan, dans la province du Shanxi.