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Jacques II d’Urgell dit l’Infortuné

samedi 19 décembre 2020, par ljallamion

Jacques II d’Urgell dit l’Infortuné (1380-1433)

Dernier comte d’Urgell-Vicomte d’Ager-Baron d’Antillón, d’Alcolea de Cinca et de Fraga

Né à Balaguer [1] certainement dans le château familial des comtes d’Urgell [2], fils de Pierre II d’Urgell et de Marguerite de Montferrat .   Lié par son père et par son épouse Isabelle d’Aragon , à la famille royale d’Aragon [3] et successeur de la couronne de Majorque [4] et la principauté d’Achaïe [5] par sa grand-mère Isabelle 1ère de Majorque , fille de Jacques III de Majorque , comte du Roussillon [6]. Son grand-père paternel, le comte d’Urgell Jacques 1er, est le fils cadet du roi Alphonse IV et frère du roi Pierre IV   Le 18 décembre 1406 est conclu le mariage de Jacques II avec Isabelle d’Aragon, fille de Pierre IV d’Aragon et sœur de son successeur, Martin 1er. Le 29 juin 1407, la cérémonie est célébrée à Balaguer.   Quand son père meurt, lui léguant tous ses titres, en 1408, Jacques II devient un des seigneurs les plus puissants de la Couronne d’Aragon. Il compte de nombreux alliés et vassaux, principalement en Catalogne [7] et à Majorque, mais aussi à Valence [8].   Mais Jacques II est aussi un des seigneurs les plus haïs, et il participe aux troubles nobiliaires, les “bandositats”, qui agitent les royaumes de la Couronne d’Aragon depuis la fin du 14ème siècle. Le 15 juin 1408, Martin 1er le nomme lieutenant du royaume d’Aragon, mais il rencontre l’opposition des députés du Général d’Aragon, qui refusent une nomination contraire aux usages du royaume. Le justicier d’Aragon, Jiménez Cerdán, devient son ennemi implacable.   Le 5 août 1409, peu après la mort de son unique héritier, Martin le Jeune, Martin 1er le nomme gouverneur général de la couronne d’Aragon, charge normalement réservée à l’héritier de la Couronne.   En 1410, la mort de Martin 1er, ouvre une crise de succession. Dans l’incertitude, une période d’interrègne débute. Jacques, qui est gouverneur général de la Couronne et est le plus proche descendant du roi par les mâles, se porte candidat au trône d’Aragon. Ses partisans, les urgellistes, se trouvent principalement en Catalogne et à Valence. Mais les anti-urgellistes sont également nombreux et puissants et se trouvent dans la noblesse aragonaise comme dans la bourgeoisie barcelonaise.   Face à Jacques II, ses adversaires soutiennent d’abord le candidat angevin, Louis de Calabre, fils de Louis II d’Anjou et de Yolande d’Aragon. Mais progressivement, l’adversaire le plus implacable pour Jacques II se trouve être Ferdinand d’Antequera, membre de la maison de Trastamare [9] et régent du royaume de Castille [10]. Après 2 ans de conflits, la mission de trancher entre les prétendants revient aux compromissaires [11] réunis à Caspe [12]. Majoritairement anti-urgellistes, ils choisissent Ferdinand, couronné sous le nom de Ferdinand 1er.   Jacques ne se présente pas à la cour de Saragosse [13] afin de prêter hommage à Ferdinand 1er. Jacques envoie cependant des représentants à Lérida [14], qui prêtent serment à sa place et obtiennent pour Jacques II d’importantes compensations territoriales.   Sous l’influence de sa mère, Marguerite de Montferrat, qui lui aurait déclaré, “Fils, ou roi, ou rien”, Jacques n’accepte cependant pas le verdict de Caspe.

Sur les conseils d’Antoine de Luna, il s’allie secrètement avec le duc de Clarence [15], Thomas de Lancastre, au printemps 1413.   Au mois de mai, les hommes d’Antoine de Luna prennent les armes contre Ferdinand 1er à Trasmoz [16] et à Montearagón [17]. Des manifestations urgellistes ont également lieu dans les grandes villes d’Aragon comme Saragosse, Huesca [18] et Calatayud [19], ainsi que dans plusieurs endroits du royaume de Valence [20]. En juin, Jacques II entre aussi en guerre à Balaguer.   Ferdinand 1er fait appel à des troupes venues de Castille : le 25 juin, elles écrasent les forces urgellistes devant Lérida. Des mercenaires anglais et gascons envoyés par le duc de Clarence en Aragon par Jaca [21], mais ils sont mis en déroute le 10 juillet avant d’avoir pu joindre leurs forces aux urgellistes aragonais. Jacques II, qui avançait vers Alcolea [22], doit se retirer dans son château de Balaguer. Le 26 juillet, les partisans de Ferdinand 1er font le siège de la ville, tandis que Montearagón se rend le 11 août.   Jacques II meurt le 1er juin 1433 au château de Xàtiva. Une légende prétend qu’il aurait été assassiné par les frères du roi Alphonse V, le comte d’Empúries [23], Henri, et le duc de Noto, Pierre.   Il est enterré dans l’église Saint-François de Xàtiva, avant que son tombeau soit transféré dans la chapelle Sainte-Marie du château de la ville en 1939.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Jaime II de Urgel »

Notes

[1] Balaguer est une commune de la comarque de la Noguera dans la province de Lérida en Catalogne. C’est le chef-lieu de la comarque et du district judiciaire de Balaguer. La ville fut reconquise sur le Maures par Armengol VI d’Urgell en 1106. Il en fit sa nouvelle capitale.

[2] Le comté d’Urgell est un ancien comté catalan de la marche hispanique du royaume franc carolingien, qui se forme entre 785 et 790 pour lutter contre les musulmans qui avaient conquis l’Espagne et les Pyrénées. La région est alors rattachée au comté de Toulouse. Le comté d’Urgell fut créé, à l’époque carolingienne, au sein du Royaume franc. Sa capitale était initialement Castellciutat puis, à compter de 1105, Balaguer. Le noyau de ce comté était La Seu d’Urgell. Les comtes d’Urgell sont mentionnés pour la première fois en 981.

[3] Le royaume d’Aragon est une entité politique du nord-est de la péninsule Ibérique, née en 1035 de l’union des comtés d’Aragon, du Sobrarbe et de la Ribagorce et disparue en 1707 avec son intégration au sein du royaume d’Espagne par les décrets de Nueva Planta.

[4] Le royaume de Majorque désigne d’abord de façon provisoire un gouvernement assez longtemps précaire créée lors de la conquête par le roi Jacques 1er d’Aragon de l’île de Majorque en 1229 dans le cadre de la Reconquista. Mais c’est le testament du souverain conquérant en 1262 qui lui donne un véritable sens politique dans la succession monarchique, en l’accordant au cadet de sa lignée l’infant Jacques ou Jaume alors que l’aîné Jacques obtient la couronne d’Aragon. À la mort de Jacques 1er d’Aragon en 1276 naît le royaume de Majorque. Les années 1343 et 1344, dates de reconquête militaire et d’annexion aragonaise ou le traité de 1347, voire les acquisitions par le roi de France de Carlat et Montpellier en 1348-1349 atteste la réunion définitive à la couronne d’Aragon qui clôt la page de l’indépendance, souvent précaire et houleuse.

[5] La principauté d’Achaïe également écrit Achaye ou de Morée est une seigneurie fondée par Guillaume de Champlitte pendant la quatrième croisade (1202/1204). La principauté, s’étendant au départ sur tout le Péloponnèse, est vassale du royaume de Thessalonique jusqu’à la disparition de celui-ci, date à laquelle elle devient la principale puissance franque de la région. La bataille des îles Échinades en 1427 ouvre la voie à sa reconquête par les troupes byzantines. La Chronique de Morée relate la conquête franque et une partie de l’histoire de la principauté.

[6] Le comté de Roussillon est une ancienne principauté féodale située dans les Pyrénées orientales. Le comté de Roussillon serait né à l’époque wisigothique comme une subdivision administrative du royaume wisigoth. Ses limites correspondaient à la civitas Ruscinonensis antique (d’où il tient son nom), c’est-à-dire l’actuel département des Pyrénées-Orientales sans la Cerdagne ni le Capcir. Probablement détruit par l’invasion arabe de 721, le comté renaquit au moment de la reconquête carolingienne, et fut intégré à la Marche d’Espagne, puis au marquisat de Gothie. Le Roussillon est alors aux mains de comtes nommés ou reconnus par le pouvoir impérial, mais cette tutelle se fait moins forte au cours du 9ème siècle, et après la fin de la dynastie carolingienne, il est considéré comme un bien patrimonial qui passe au tout début du 10ème siècle aux mains de la dynastie d’Empuries. À ce moment, son territoire se réduit à la partie orientale de l’actuel département des Pyrénées-Orientales. La capitale de ce comté est d’abord Château-Roussillon, puis la ville de Perpignan. Le comté reste dans les mains de cette dynastie jusqu’en 1172, à la mort du comte Girard II de Roussillon, qui lègue son comté à son parent et suzerain le roi Alphonse II d’Aragon.

[7] La Catalogne est une communauté autonome et une région historique d’Espagne, régie par un statut d’autonomie. En 718, elle est passée sous contrôle musulman et est devenue une partie d’al-Andalus, une province du Califat omeyyade. Ensemble de comtés qui forment la marche d’Espagne de l’Empire carolingien depuis la conquête par Charlemagne (785-801), la Catalogne naît au 9ème siècle. Le « père fondateur » de la Catalogne serait Guifred le Velu, nommé comte de Barcelone en 878 au concile de Troyes. Guifred le Velu est l’ancêtre de la dynastie de Barcelone, qui construit peu à peu l’État catalan autour du comté de Barcelone, en ignorant la suzeraineté des rois francs considérés de plus en plus comme incapables d’assurer la protection comme en témoigne la prise de Barcelone en 985 par les troupes maures d’Almanzor sans que le roi Lothaire, pourtant appelé à l’aide par le comte Borrell II, n’intervienne. Ces comtés sont également parmi les lieux de naissance de la paix de Dieu à la fin du 10ème siècle, et surtout de la trêve de Dieu qui en découle au 11ème siècle, ainsi que de leur institutionnalisation sous le contrôle des Églises locales et de leurs prélats (évêques et abbés réformateurs). La pratique de ces « assemblées de paix » (qui préfigurent les corts) comme le maintien d’une forte culture juridique de l’écrit (attestée par la rédaction de conventions ou convenientiæ) vont constituer les bases de cet État catalan en construction, dans une société profondément féodalisée depuis la crise du 11ème siècle

[8] Valence ou Valencia en espagnol est une ville d’Espagne, située dans l’est du pays sur la côte méditerranéenne. Fondée en 138 av. jc par le consul romain Decimus Junius Brutus Callaicus sous le nom de Valentia Edetanorum, Valence devient, au Moyen Âge, la capitale du royaume de Valence.

[9] On donne le nom de Maison de Trastamare (Trastámara) à une dynastie de rois qui occupa les trônes de Castille de 1369 à 1555, d’Aragon de 1412 à 1516, de Navarre de 1425 à 1479 et de Naples de 1458 à 1516. Cette dynastie tire son nom du comté de Trastamare (condado de Trastámara), à la tête duquel se trouvait Henri II de Castille, dit le Magnifique, avant d’accéder au trône de Castille, à la suite d’une guerre civile qui s’acheva en 1369 par la mort de son demi-frère Pierre 1er de Castille, dit Le Cruel, fils d’Alphonse XI de Castille et de sa seconde femme, Éléonore de Guzmán.

[10] Le royaume de Castille est un ancien royaume du Moyen Âge qui trouve ses origines au nord de la péninsule Ibérique, dans l’actuelle Espagne. À la fin du Moyen Âge, le royaume de Castille s’étend depuis le golfe de Gascogne au nord jusqu’à l’Andalousie au sud et comprend la majeure partie du centre de la péninsule Ibérique. En 1037, date à laquelle Ferdinand 1er fonde le Royaume uni de Castille et León. En 1058, Ferdinand est à l’origine d’une série de guerres contre les Maures, se lançant à la conquête de ce qui allait devenir la Nouvelle-Castille (bataille d’Alarcos et bataille de Las Navas de Tolosa). La région s’agrandit particulièrement sous le règne d’Alphonse VI (1065-1109) et d’Alphonse VII (1126-1157). Sous Alphonse X, la vie culturelle du royaume se développe, mais une longue période de conflits internes suit. En 1469, le mariage de Ferdinand II d’Aragon (plus tard Ferdinand V de Castille) et d’Isabelle 1ère de Castille initie l’union des royaumes d’Aragon et de Castille et, par la suite, de l’ensemble de l’Espagne.

[11] Le Compromis de Caspe en 1412 désigne l’importante réunion à Caspe, dans le royaume d’Aragon, de neuf notables, 3 représentant les États d’Aragon, 3 de Valence et 3 de Catalogne, dans le but de choisir lequel des prétendants à la Couronne d’Aragon succéderait au roi Martin1er l’Humain, mort sans descendance en 1410. Les trois États de la Couronne d’Aragon s’étaient engagés à respecter la décision des 9 notables. C’est le noble castillan Ferdinand de Trastamare, aussi appelé Ferdinand d’Antequera, qui fut choisi, au détriment principalement du comte d’Urgell Jacques II. Le compromis de Caspe mit fin à un interrègne agité, avec la lutte entre les différents prétendants, l’invasion des États de la Couronne aragonaise par les armées de Castille et les interventions extérieures comme celles du pape Benoît XIII.

[12] Caspe est une commune d’Espagne, dans la province de Saragosse, communauté autonome d’Aragon, chef-lieu de la comarque de Bajo Aragón-Caspe.

[13] Saragosse est une ville espagnole, capitale de la province du même nom et de l’Aragon. Saragosse est située sur l’Èbre à mi-chemin entre Madrid et Barcelone, environ 300 kilomètres de chacune d’elles, et à 340 kilomètres de Valence. Un important traité fut signé à Saragosse (traité de Saragosse) en 1529 entre Espagnols et Portugais pour le partage des découvertes du Nouveau Monde.

[14] Lleida (nom officiel en catalan) ou Lérida (en castillan), est une ville située dans le nord-est de l’Espagne, dans la communauté autonome de Catalogne. Elle est la capitale de la province du même nom. Les Maures s’emparèrent de la ville. Le comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone parvint à la reconquérir en 1149. Elle devint le siège d’une grande université, la plus ancienne de la couronne d’Aragon jusqu’en 1717 quand Philippe V la déplaça vers la ville de Cervera. L’université de la ville est aujourd’hui de nouveau active. Lérida fut également le théâtre de plusieurs batailles durant la Guerre de Trente Ans.

[15] Le titre de duc de Clarence fut traditionnellement attribué aux jeunes membres de la famille royale anglaise et britannique. Les trois premières créations furent dans la pairie d’Angleterre, la quatrième dans celle de Grande-Bretagne, et la dernière dans celle du Royaume-Uni. Les deux premiers ducs n’eurent pas de descendance, et le titre s’éteint donc. Georges, frère d’Édouard IV, fut condamné pour trahison contre son frère, et exécuté à la Tour de Londres. Une quatrième création fut suggérée et planifiée en 1553 pour le mari de Jeanne Grey après son couronnement, Jeanne refusant de lui conférer le titre de roi consort. Finalement, la reine fut déposée avant que la décision prenne effet.

[16] Trasmoz est une commune d’Espagne, dans la province de Saragosse, communauté autonome d’Aragon. Elle appartient à la comarque de Tarazona y el Moncayo.

[17] Montearagón est une commune d’Espagne de la province de Tolède dans la communauté autonome de Castille-La Manche.

[18] Huesca est une ville du Nord de l’Espagne, capitale de la province du même nom, dans la communauté autonome d’Aragon et la comarque de Hoya de Huesca.

[19] Calatayud est une commune espagnole de la province de Saragosse dans la communauté autonome d’Aragon, chef-lieu du comarque Comunidad de Calatayud. Elle correspond à la ville antique de Bilbilis.

[20] Le royaume de Valence a été fondé en 1238 par le roi Jacques 1er d’Aragon surnommé « le Conquérant », dans le cadre de la Reconquista, après avoir conquis l’ancienne taïfa de Balansiya. Il fut augmenté par des annexions postérieures d’autres territoires. Intégré à la Couronne d’Aragon, le royaume de Valence suivit le destin politique du royaume du même nom. Son territoire est environ celui de l’actuelle communauté valencienne.

[21] Jaca est une commune d’Espagne dans la communauté autonome d’Aragon, province de Huesca. C’est la capitale de la comarque de la Jacétanie. Elle est située au pied des Pyrénées, sur l’axe Pau - Saragosse par le Tunnel du Somport. La cité de Jaca fut la première capitale du royaume d’Aragon (12ème siècle), un des points de départ de la Reconquista. Elle n’était, au début du 11ème siècle, qu’un camp militaire fortifié. Mais son emplacement stratégique au pied du col du Somport, et sur le camino aragonés vers Santiago de Compostelle, chemin de pèlerinage de plus en plus fréquenté, lui donnèrent de l’importance. Ramire 1er d’Aragon, fils du roi Sanche III de Navarre le Grand, hérita du comté de Jaca, puis des comtés de Sobrarbe et de Ribagorce, et prit le titre de roi d’Aragon en 1038. Son fils Sanche 1er obtint du pape que Jaca, sa capitale, devienne le siège de l’évêché d’Aragon. Il accorda à la ville une charte (fuero de Jaca de 1077), et ordonna la construction de la cathédrale Saint-Pierre. La reconquête de Huesca sur les musulmans en 1096 fit perdre à Jaca son rang de capitale. Jaca resta un centre commercial, maîtresse de l’un des cinq péages sur la route Saragosse - France, et gîte d’étape majeur pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle

[22] Alcolea de Cinca est une commune d’Espagne, dans la province de Huesca, communauté autonome d’Aragon comarque de Cinca Medio.

[23] Le comté d’Empúries, en espagnol Ampurias, était une principauté catalane du Moyen Âge. Son territoire recouvrait une partie de l’actuel Empordà. Le comté d’Empúries, qui tire son nom de la ville antique d’Empôrion, a été créé vers le début du 9ème siècle par démembrement du comté de Gérone. Le comté était alors divisé en deux pagi ou territoires, celui de Peralada au nord et celui d’Empúries propre au sud. Ces deux pagi devinrent par la suite des comtés distincts, mais furent toujours dirigés par les mêmes comtes. Pendant tout le 9ème siècle, le comté fut administré par des comtes voisins, comtes de Barcelone ou de Roussillon. À partir de 862 le comte Sunyer II unifia sous sa tutelle les comtés d’Empúries-Peralada et de Roussillon. Il fonda une dynastie comtale appelée à durer, la maison d’Empúries. Jusqu’en 991, mort du comte Gausfred 1er, le comté fut uni à celui de Roussillon. À cette date néanmoins les deux fils du comte se partagèrent les comtés : à Hug revint Empúries et à Guislabert le Roussillon. Les deux frères conservèrent toutefois des possessions dans le comté voisin, afin sans doute de garantir la paix entre les deux dynasties. Cet arrangement semble avoir garanti une certaine paix tout au long du 11ème siècle. La situation évolua au début du 12ème siècle avec l’accroissement de la puissance des comtes de Barcelone ; en 1118 le comte Raimond-Bérenger III de Barcelone hérita des comtés de Besalú et de Cerdagne et doubla ainsi la taille de ses possessions. Il força le comte d’Empúries Pons II Hug d’Empúries à lui prêter serment de fidélité et à rompre l’alliance avec le Roussillon.