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L’histoire pour le plaisir

Cnaeus Domitius Calvinus

mardi 27 août 2019, par ljallamion

Cnaeus Domitius Calvinus

Homme politique et militaire de la fin de la République romaine-Consul éponyme en 53 et 40 av. jc

Emblème de la République romaine, puis par tradition de l'Empire romain.Il est un fidèle partisan de César et d’Octavien, le futur empereur Auguste. Il est légat [1] de Lucius Valerius Flaccus en Asie en 62 av. jc.   Calvinus devient tribun de la plèbe [2] en 59 av. jc quand il appuie le consul Marcus Calpurnius Bibulus contre Jules César et l’autre tribun Publius Vatinius .   En 56 av. jc, il est élu préteur [3] et préside les procès de Lucius Calpurnius Bestia, accusé de brigue [4], et de Marcus Caelius Rufus, poursuivi pour violence et défendu avec succès par Cicéron.   Il est élu consul en 53 av. jc en dépit d’un célèbre scandale électoral. Les consuls en fonction se sont déjà entendus avec 2 candidats, dont Calvinus, pour leur succéder. En échange, Domitius s’engage à manipuler l’attribution des provinces pour les consuls sortants ou à leur verser 40 millions de sesterces en cas d’échec. Le plan est dénoncé, les élections retardées et Calvinus est poursuivi pour corruption. L’interrègne dure 9 mois, il échappe finalement à une condamnation et est élu consul avec Marcus Valerius Messalla Rufus .   À la fin de l’année, la nouvelle campagne consulaire est à nouveau marquée par la corruption, Domitius et son collègue s’entendant avec certains candidats, et l’élection dégénère dans la violence. Calvinus est même blessé lors d’une tentative de passage en force lors d’une assemblée du peuple. C’est lors de ces élections que Publius Clodius Pulcher est tué lors d’un affrontement avec les partisans de Titus Annius Milo. Pompée sera finalement élu consul unique avant de choisir son beau-père Metellus Scipion comme collègue.   Domitius Calvinus disparaît de la vie politique jusqu’en 49 av. jc. Il est aux côtés de César pendant la guerre civile contre Pompée. Il accompagne en tant que chef de cavalerie le Césarien Curion en Afrique, campagne qui se termine par un désastre et la mort du lieutenant de César. Il est ensuite envoyé en Macédoine avec 2 légions illyriennes [5] en 48 av. jc sans qu’il ne participe à aucune action importante.   Selon Dion Cassius cependant, il est expulsé de Macédoine par Faustus Cornelius Sulla et entre en Thessalie [6] où il vainc Metellus Scipion et occupe quelques places fortes. Il parvient à joindre ses forces à celles de César quand celui quitte Dyrrachium pour la Thessalie. À la bataille de Pharsale [7], il commande le centre de l’armée de César.   Après la bataille, il devient proconsul d’Asie. Il essaie de s’opposer à l’invasion de Pharnace II, le roi du Bosphore [8], qui a profité de la guerre civile romaine pour envahir la province de Pont [9], mais il subit une défaite écrasante à la bataille de Nicopolis [10] en Arménie en décembre 48 av. jc. L’intervention directe par César, qui était jusque là en guerre à Alexandrie, met une fin rapide au conflit et l’armée de Pharnace est anéantie à la bataille de Zéla [11] en 47 av. jc.   Malgré son échec, Domitius Calvinus reste un ami de César et il est envoyé poursuivre les vaincus du côté de Sinope [12]. La paix est signée peu de temps après et Calvinus reste chargé des affaires asiatiques en 47 av. jc alors que César retourne en Italie.   L’année suivante, en 46 av. jc, il se retrouve en Afrique où il assiège un Considius à Thrisdra.

Il est à Rome en 45 av. jc lors du procès de Déiotaros, ancien allié de Pompée qui a aidé César dans sa campagne contre Pharnace.   César prévoit de prendre Calvinus comme nouveau maître de cavalerie [13] au cours de l’année 44 av. jc, mais l’assassinat du dictateur empêche la prise de fonction de Calvinus.   Les activités de Domitius Calvinus après la mort de César sont peu connues. En 43 av. jc, il est un fervent partisan d’Octavien et il participe à la guerre civile contre Brutus et Cassius.   Au cours de la bataille de Philippes [14] en 42 av. jc, il doit apporter des renforts d’Italie en Grèce pour renforcer Marc Antoine et Octavien, mais sa flotte est détruite par l’ennemi dans la mer Ionienne [15] entraînant la perte de deux légions.   Malgré cette nouvelle défaite, il reçoit l’honneur d’un deuxième consulat et est envoyé par Auguste comme gouverneur en Hispanie [16], où il reste pendant trois années de 39 à 36 av. jc. Ses activités militaires en Hispanie semblent avoir eu du succès, car, à son retour, il est reçu en triomphe et est salué comme imperator par ses troupes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Matthias Gelzer, Caesar : Politician and Statesman, Harvard University Press, 1997

Notes

[1] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique ; il fut porté dans celle-ci par les envoyés personnels du souverain pontife. Ces envoyés sont généralement des cardinaux.

[2] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[3] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[4] ambitus

[5] L’Illyrie est un royaume fondé à Shkodra, Albanie actuelle, en 385 av.jc, par le roi Bardylis. Annexée par Rome durant l’Antiquité, elle désignera plus tard une région historique des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près actuellement à l’ouest de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine, du Montenegro de l’Albanie et du Kosovo.

[6] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[7] La bataille de Pharsale est un affrontement se déroulant en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av. jc, pendant la guerre civile romaine. Il oppose les troupes de César à celles de Pompée. En gagnant cette bataille avec des troupes très inférieures en nombre, Jules César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[8] Le royaume du Bosphore est un royaume grec antique établi sur les rives du Bosphore cimmérien, nom antique de l’actuel détroit de Kertch, qui reliait le Pont-Euxin (l’actuelle mer Noire) au lac Méotide (l’actuelle mer d’Azov), et sur la Tauride. Il est fondé au 5ème siècle av. jc par les Archéanactides.

[9] Le Pont est un royaume antique situé sur la côte méridionale de la mer Noire. Aujourd’hui, cette région se trouve en Turquie. Le Pont tire son nom de la mer Noire, anciennement appelée Pont-Euxin par les Grecs.

[10] La bataille de Nicopolis eut lieu en décembre 48 av. jc entre l’armée de Pharnace II du Pont, fils de Mithridate VI Eupator, et une armée romaine dirigée par Gnaeus Domitius Calvinus. Après avoir vaincu Pompée le Grand et les optimates à Pharsale, Jules César alla en Asie Mineure, puis en Égypte. Dans la province d’Asie, il confia à Calvinus le commandement de la légion XXXVI, constituée principalement d’anciens membres des légions démantelées de Pompée. César combattant en Égypte et la république romaine étant plongée dans une guerre civile, Pharnace saisit l’occasion d’étendre son royaume du Bosphore pour rétablir l’Empire pontique de son père. En 48 av. jc, il envahit la Cappadoce, la Bithynie et l’Arménie Mineure.

[11] La bataille de Zéla, qui se déroula en 47 av jc en Asie Mineure, mit face à face Jules César et le roi du Pont, Pharnace II. Zéla est l’un des anciens noms de l’actuelle ville turque de Zile se trouvant au nord-est de l’Anatolie.

[12] Sinop (anciennement Sinope) est une ville de Turquie, préfecture de la province de Sinop, située au bord de la mer Noire. On peut trouver dans quelques endroits de la ville des ruines du château de Sinop. La ville possède la prison la plus ancienne de Turquie, qui date de l’Empire ottoman. La situation exceptionnelle de Sinop tient au fait qu’elle se situait à mi-chemin du Bosphore et de la Colchide, et en face de la Crimée. La côte est pourvue de récifs abrupts, et côté terre, des remparts assuraient sa protection. La rade du port se situait à l’est, sur une presqu’île, Boz Tepe, longue de 5 km. La ville comportait une agora, des péristyles et un gymnase.

[13] Le maître de cavalerie (magister equitum) était sous la Rome antique le chef d’état-major du Dictateur romain par qui il était nommé. Comme le dictateur, le maître de cavalerie exerce un mandat de six mois en cas de troubles graves.

[14] La bataille de Philippes (septembre-octobre 42 av. J.-C.) voit, au cours de deux affrontements successifs, les triumvirs Octave et Antoine vaincre les Républicains Brutus et Cassius dans la plaine à l’ouest de Philippes, en Macédoine orientale. Cette défaite sonne le glas des espoirs du Sénat de préserver le régime républicain.

[15] La mer Ionienne est une partie de la mer Méditerranée située au sud de la mer Adriatique.

[16] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.