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Lucius Cornelius Cinna (préteur)

dimanche 14 novembre 2021, par ljallamion

Lucius Cornelius Cinna (préteur)

Homme politique

Emblème de la République romaine.Fils de Lucius Cornelius Cinna, adjoint de Marius puis chef du parti des populares [1]. En 84 av.jc, son père, consul pour la 4ème fois, est tué au cours d’une sédition militaire.

En novembre 82 av. jc, Sylla bat les marianistes [2], s’installe à Rome et fait afficher les listes de proscrits. Le jeune Lucius Cornelius Cinna figure sur la première liste, mais parvient à échapper aux poursuites et à la mort.

Il soutient le consul Marcus Aemilius Lepidus, mais doit se réfugier en Hispanie [3] auprès de Sertorius après l’échec de l’insurrection de Aemilius Lepidus en 77 av. jc. César, qui avait épousé sa sœur Cornelia Cinna, contribue à son rappel à Rome. Mais la loi de proscription de Sylla interdit à Cinna toute vie politique, en raison de sa parenté.

En 49 av. jc, la loi promulguée par Jules César amnistie les victimes de Sylla et redonne enfin son honorabilité à Cinna. En 46 av. jc, il épouse Pompeia, fille de Pompée et veuve de Sylla Faustus. Elle lui donne un fils, Lucius Cornelius Cinna (consul en 32 av. jc) , qui porte le prénom et le cognomen de son grand-père maternel.

Jules César qui détient désormais le pouvoir absolu lui confère pour l’année 44 av. jc la charge de préteur [4]. Cinna ne prend pas part au meurtre de Jules César en mars 44 av. jc, mais il rejoint Brutus et les autres conjurés à la tribune du Capitole.

Grâce à son prestige, Brutus se fait écouter du peuple en parlant prudemment de paix civile. Cinna prend la parole après lui. Lorsqu’il commence à accuser César de tyrannie, une partie de la foule s’indigne et l’injurie violemment. Lors des funérailles de César, comme il suit le cortège funèbre, il est pris à partie par des vétérans de César et ceux qui l’avaient hué la veille. Il parvient à se réfugier dans une maison, et est sauvé par les soldats de Lépide, maître de cavalerie [5] de César, avant que cette maison ne soit incendiée.

Peu après, la foule en colère, croyant rencontrer de nouveau Cinna, tue à sa place son homonyme, le poète et tribun de la plèbe Caius Helvius Cinna .

Lorsque selon l’usage le Sénat attribue des provinces aux préteurs de l’année 44, dont les conjurés Brutus et Cassius, Cinna refuse toute attribution, choix que Cicéron qualifie de vertueux.

Dans la rivalité qui opposait Octave à Marc Antoine, Cinna prit le parti d’Antoine. Octave victorieux ne lui en tint pas rigueur et lui permit même de faire une carrière politique

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Lucius Cornelius Cinna (préteur)/ Portail de la Rome antique/ Catégorie : Personnalité politique de la Rome antique

Notes

[1] Les populares formaient une tendance politique populiste qui marqua la République romaine, notamment au 2ème siècle av. jc, en s’appuyant sur les revendications des couches les plus pauvres de la société romaine et des non citoyens. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme des optimates au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes. Lancé par des aristocrates réformistes comme les Gracques, qui gagnèrent l’appui de la classe montante des chevaliers, le mouvement évolua vers la démagogie et le populisme, et fut récupéré par des ambitieux tels que Marius, Cinna, Catilina ou des agitateurs comme les tribuns Saturninus et Clodius Pulcher. Pompée, d’origine équestre puis Jules César, patricien ambitieux, s’appuyèrent sur les populares pour leur ascension au pouvoir. La fin des guerres civiles et la consolidation du pouvoir d’Auguste correspondent à l’extinction du mouvement populares, avec la satisfaction des revendications qui étaient à son origine et avec la fin des luttes de pouvoir.

[2] partisan de Marius)

[3] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[4] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[5] Le maître de cavalerie (magister equitum) était sous la Rome antique le chef d’état-major du Dictateur romain par qui il était nommé. Comme le dictateur, le maître de cavalerie exerce un mandat de six mois en cas de troubles graves.