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L’histoire pour le plaisir

Quintus Sertorius

dimanche 31 juillet 2011

Quintus Sertorius (vers 122-72 av. jc)

Général et homme politique romain

Né à Nursie en Sabine, il est issu d’un famille peu réputée du pays Sabin, il perdit son père en bas âge.

Après s’être fait une réputation à Rome comme juriste et orateur, il entame une carrière militaire. Il fait sa première campagne sous les ordres du proconsul Quintus Servilius Caepio en 105 av.jc contre les Teutons. Il est blessé au cours de la terrible défaite d’Arausio* (aujourd’hui Orange) et doit traverser le Rhône à la nage pour rejoindre ses lignes. Il participe ensuite à la seconde campagne contre les Teutons menée par le consul Caius Marius en 102. Il se porte alors volontaire pour s’infiltrer comme espion dans les rangs ennemis, ce qui lui vaut la reconnaissance de son courage et la confiance de Marius. Il participe ensuite à la grande victoire d’Aquæ Sextiæ.

Il sert comme tribun des soldats en Hispanie sous les ordres de Titus Didius en 97. pour réprimer la révolte des Celtibères. Alors qu’il hiverne à Castulo, les soldats romains commettent de tels abus contre les habitants de la cité qu’une révolte éclate. Il parvient à s’échapper, rallie les survivants et massacre les rebelles, ce qui le rendit célèbre dans toute l’Espagne.

Dès son retour à Rome en 91, au début de la Guerre sociale, il est nommé questeur en Gaule Cisalpine pour lever des troupes. Il participe activement aux combats durant lesquels il perd un œil. Sa bravoure lui vaut alors un grande popularité auprès du peuple.

Pourtant alors qu’à son retour à Rome il aurait dû être élu tribun de la plèbe, la faction de Sylla s’y oppose. Rancunier, il se rallie à Marius et au parti des populares.

Quand Marius prend le pouvoir en 87 après le départ de Sylla en Orient il assiste aux horribles massacres organisés par Marius et Cinna, même s’il semble avoir fait son possible pour en atténuer les atrocités. Avec le retour d’Orient de Sylla, en 83, il part en Espagne, sans ordres précis.

Il doit se replier en Afrique suite à l’avance des forces de Sylla dans les Pyrénées, il mena une campagne en Mauritanie où il défit l’un des généraux de Sylla et prit Tingis* (l’actuelle Tanger). Ce succès le fit reconnaître des peuples d’Espagne, plus particulièrement des tribus des Lusitaniens, dans l’ouest, opprimés par les généraux et gouverneurs du parti de Sylla.

Brave, humain et doué pour l’éloquence, il était fait pour les impressionner favorablement, et les milices locales, qu’il organisa, le qualifièrent de nouvel Hannibal. De nombreux fugitifs et déserteurs romains le rejoignirent, et avec ceux-ci et ses volontaires espagnols il vainquit près de Lacobriga un général de Sylla et chassa Caecilius Metellus Pius, qui venait spécialement de Rome contre lui, de Lusitanie ou Hispanie ultérieure comme la nommaient les Romains. Il devait la plupart de ses succès à ses talents d’homme d’État. Son but fut de construire un gouvernement stable dans la région avec le soutien et la coopération du peuple, qu’il voulait civiliser sur le modèle romain. Il établit un Sénat de 300 membres, choisis parmi les émigrants romains avec une poignée de l’élite locale, et s’entoura d’une garde du corps espagnole. Pour les enfants des principales familles locales il créa une école à Osca* (Huesca), où ils reçurent une éducation romaine et furent même vêtus comme les jeunes Romains.

Il était strict et sévère avec ses troupes. Lui-même, selon Plutarque, ne s’enivrait jamais, pouvait marcher de longues distances et se contentait de peu de nourriture. Néanmoins, il portait une attention particulière au peuple en général, et allégeait les charges autant que possible. Il semble évident qu’il avait un don particulier pour déclencher l’enthousiasme chez les tribus et l’on comprend facilement comment le fameux faon blanc, cadeau d’un autochtone, qui l’accompagnait continuellement et qui était supposé lui transmettre les conseils de la déesse Diane, accrut sa popularité.

On peut dire qu’il gouverna l’Espagne pendant 6 années. En 77 il fut rejoint par Perperna ou Perpenna Vento venant de Rome, avec une suite de nobles Romains, et la même année Pompée fut envoyé pour le vaincre. Sertorius se révéla supérieur à ses adversaires et écrasa leurs forces réunies alors aux environs de Sagonte. Pompée écrivit à Rome pour demander des renforts, sans lesquels, écrivit-il, lui et Metellus seraient expulsés d’Espagne.

Sertorius était allié avec les pirates de la Méditerranée, négociait avec Mithridate et avait des contacts avec les esclaves révoltés en Italie. Mais les jalousies entre les officiers romains sous ses ordres et les chefs autochtones ne lui permirent pas de conserver sa position et, bien qu’il fût victorieux jusqu’à la fin, son influence sur les tribus déclina. En 72 il fut assassiné au cours d’un banquet.