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Julia Caesaris dit Julia Antonia

samedi 24 octobre 2020, par ljallamion

Julia Caesaris dit Julia Antonia (104-après 39 av. jc)

Patricienne de la Rome républicaine du 1er siècle av. jc

Elle est notamment la mère du triumvir Marc Antoine, la grand-mère d’Antonia la Jeune et l’arrière-grand-mère de l’empereur Claude.   Fille de Lucius Julius Caesar, consul en 90. Membre de la famille des Iulii Caesaris [1], elle est la sœur de Lucius Julius Caesar consul en 64 av. jc . Ils sont apparentés aux frères Sextus Julius Caesar consul en 91 , et Caius Julius Caesar, père de Jules César. Le nom de sa mère est inconnu.   Elle est éduquée à Rome puis épouse le sénateur romain Marcus Antonius Creticus, préteur [2] en 74 et fils de Marcus Antonius Orator. Elle donne trois fils à ce dernier. Grâce à elle, la carrière de ses fils est promise à un avenir célèbre car elle fréquente très souvent son cousin éloigné Jules César, à qui elle présente Marc Antoine, son fils aîné.   En 72 ou 71, Marcus Antonius Creticus meurt en Crète [3]. Elle se marie alors au sénateur Publius Cornelius Lentulus Sura , un éminent sénateur romain constamment endetté et qui est par la suite impliqué dans la conjuration de Catilina [4] et qui est exécuté en 63 av. jc sous les ordres du consul Cicéron.   Lors de la proscription du début du second triumvirat, fin 43 [5], Antoine fait proscrire son oncle Lucius Iulius Caesar. Ce dernier s’est en effet opposé à l’organisation de funérailles publiques de César et à la politique d’Antoine en obtenant l’abrogation de sa loi agraire de juin 44. Il n’a pas hésité à soutenir la déclaration comme “hostis” de son neveu et de Lépide. Il échappe à la mort grâce à l’intervention de sa sœur Julia, mère d’Antoine.   Lors de la guerre de Pérouse en 41-40 [6], elle quitte Rome sous prétexte d’avoir été chassée de la ville par Octavien, ce que le futur empereur Auguste démentira par la suite. Comme son fils Marc Antoine, elle ne fait jamais confiance à Sextus Pompée et aide les triumvirs contre le révolté. Elle part alors en Grèce pour rejoindre son fils avec un convoi de trières [7].   Finalement, elle retourne en Italie avec Antoine en 39. Elle assiste probablement à la rencontre de Misène [8], entre les triumvirs et Sextus Pompée.   Plutarque, auteur de “l’époque trajane”, la dépeint comme un modèle de matrone romaine tandis que Cicéron, contemporain, la définit comme « femina lectissima

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Monique Jallet-Huant, Marc Antoine, Presses de Valmy, 2009, p. 24

Notes

[1] Les Iulii Caesares sont des patriciens romains membres d’une branche de la gens des Iulii que la tradition fait descendre du Troyen Iule (ou Ascagne). Ils apparaissent au 3ème siècle av. jc. Le plus célèbre de ces Iulii Caesares fut le quatrième à porter le prænomen (prénom) Caius (ou Gaius), Jules César. Il ne faut pas commettre l’erreur courante de faire de Jules un prénom et de César un nom. Jules est le nomen (nom de famille) et César le cognomen (surnom).

[2] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[3] La Crète, est une île grecque, autrefois appelée « île de Candie ». Cinquième île de la mer Méditerranée en superficie, elle est rattachée en 1913 à la Grèce

[4] La conjuration de Catilina est un complot politique visant la prise du pouvoir à Rome en 63 av. jc par le sénateur Lucius Sergius Catilina. Devenue la capitale d’un empire en croissance rapide, la Ville est alors depuis longtemps à l’abri d’une attaque ennemie, mais depuis la Guerre sociale (de 91 à 88), elle doit faire face à de nombreux troubles qui mettent à mal les institutions de la République romaine et sa population. Le complot ourdi par Catilina et ses partisans ne ressemble pourtant en rien à ce que la République romaine a connu jusqu’alors. Déçu par un double échec lors de l’élection au consulat, Catilina organise secrètement une conjuration qui vise à éliminer une partie de l’élite politique romaine et à s’emparer du pouvoir politique suprême en s’appuyant sur les frustrations d’une partie de la nobilitas romaine et de certains notables italiens. Sur sa route, le conspirateur voit ses visées contrecarrées par la détermination du consul Cicéron, dont le mandat touche à sa fin au moment des faits. En bon orateur, Cicéron dénonce Catilina publiquement et avec virulence, puis conduit la contre-offensive militaire qui met finalement la conjuration en déroute. Catilina meurt au combat au début 62, tandis que Cicéron, salué du titre de « Pater patriae », connaît d’abord la gloire pour avoir sauvé la République, avant que cette même affaire ne le contraigne à l’exil en 58.

[5] La proscription de 43 av. jc est une procédure utilisée par les triumvirs Marc Antoine, Octavien et Lépide peu après la formation du Second triumvirat, leur permettant de renforcer leurs positions politiques en éliminant les potentiels opposants politiques. La procédure reprend dans les grandes lignes les dispositions de la proscription que Sylla a lancée en 82 av. jc. Certains proscrits perdent leurs biens mais sauvent leurs vies, comme Lucius Iulius Caesar ou le frère de Lépide, mais d’autres n’ont pas cette chance et meurent exécutés, comme Cicéron, son frère Quintus Tullius ou encore Marcus Favonius. Une fois la situation à Rome stabilisée, les triumvirs se lancent dans une guerre extérieure contre les Césaricides Cassius et Brutus.

[6] La guerre de Pérouse (conflit aussi appelé guerre civile fulvienne) est une guerre civile qui se déroule en 41 et 40 av. jc. Elle oppose l’épouse de Marc Antoine, Fulvie, et son frère, Lucius Antonius, à son ennemi politique, Octavien, et aux généraux de celui-ci, Quintus Salvidienus Rufus et Marcus Vipsanius Agrippa.

[7] Une trière ou trirème, est une galère de combat antique, développée à partir de la pentécontère. Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.

[8] La paix de Misène (ou paix de Baïes) est un traité signé durant l’été 39 av. jc qui met fin au blocage de la péninsule italienne établi par Sextus Pompée lors de la Révolte sicilienne et donne un coup d’arrêt à la proscription lancée par les Triumvirs en 43 av. jc.