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Ossius de Cordoue

samedi 14 décembre 2013 (Date de rédaction antérieure : 17 août 2011).

Ossius de Cordoue (257-359)

Évêque de Cordoue vers 295

Ossius de Cordoue Évêque de Cordoue vers 295

Né à Cordoue, il fut une personnalité influente du christianisme. Il fut conseiller spirituel de l’empereur romain Constantin 1er qui le chargea de tenter de dénouer la controverse arienne qui avait embrasé le christianisme au début du 4ème siècle. On lui attribue un rôle de premier plan aux conciles de Nicée [1] et de Sardique [2].

A partir de 312, il devient conseiller de Constantin pour les affaires chrétiennes d’un empereur païen monothéiste qui honore “Sol Invictus” mais s’intéresse depuis longtemps au christianisme et qui finira par l’adopter comme religion personnelle en 312. Ce dernier mandate Ossius pour enquêter sur les querelles alexandrines autour des conceptions du prêtre Arius, un élève de Lucien d’Antioche.

Ayant convoqué un synode des évêques égyptiens, il rencontra l’évêque Alexandre d’Alexandrie et sans doute son secrétaire Athanase d’Alexandrie. Il doit repartir sur un constat d’échec, seul Kollouthos ayant accepté de rentrer dans le rang. De retour vers la ville impériale de Nicomédie [3], il fait halte en 325 à Antioche [4] et, comme envoyé de l’empereur, y préside un synode d’évêques syriens. Sa présence est redoutée par bon nombre d’évêques et épiscopes locaux qui ne se présentent pas à cette réunion. L’assemblée réduite propose un texte consensuel dans un premier temps mais, probablement sous la pression d’Ossius, élit alors Eustache d’Antioche , qui excommunie les partisans d’Arius, dont Eusèbe de Césarée.

Probablement sous son impulsion, Constantin décide alors de convoquer en 325 un concile général d’abord à Ancyre [5] ville dont l’évêqueMarcel d’Ancyre est un monarchien [6] convaincu, puis à Nicée, près de Nicomédie. Le concile de Nicée oppose les partisans d’Arius et de Lucien aux partisans d’Alexandre d’Alexandrie et d’Ossius. Le Concile tourne au tribunal contre Arius. Au terme du concile, Constantin soutient le parti d’Ossius et la théologie d’Alexandre d’Alexandrie, qui sera relayée par la suite par Athanase, en menaçant d’exil les réfractaires qui refuseraient de signer le Symbole de Nicée. Paradoxalement, Constantin, se tournera par la suite plutôt du côté des ariens et l’arianisme modéré deviendra pour un temps le parti prépondérant, certains évêques nicéens se voyant même déposés de leurs charges.

En 343, il préside encore le concile de Sardique, en réponse au concile de Philippopolis où les évêques favorables à l’arianisme avaient excommunié Ossius, l’évêque de Rome Jules et Protogène de Sardique tout en confirmant les mesures prises au cours d’un nouveau concile d’Antioche [7] de 341 contre Athanase. Le concile de Sardique est boycotté par les évêques orientaux parce que les évêques occidentaux, très minoritaires à l’époque malgré l’importance supposée d’Ossius, insistaient sur la présence d’Alexandre d’Alexandrie, principal opposant à l’arianisme, et de Marcel d’Ancyre dont l’opposition à l’arianisme le conduira au sabellianisme [8]. Les partisans d’Eusèbe quittent le concile et c’est à cette occasion qu’il fait rétablir Athanase dans ses fonctions et aurait proposé, vainement, le célibat pour les prêtres, inaugurant un débat qui opposera là encore christianismes occidentaux et orientaux, ainsi que la prééminence de l’évêque de Rome pour trancher des conflits entre évêques.

Son opposition à la politique pro arienne du pieu Constance II, fils de Constantin élevé dans l’arianisme, qui fit souscrire les évêques occidentaux à la nouvelle condamnation d’Athanase d’ Alexandrie lors du concile d’Arles [9] en 353, lui valut d’être relégué à Sirmium [10]. Il reproche alors à l’empereur, qui préside notamment les débats d’Arles, dans une célèbre lettre son intrusion dans les affaires de l’Église. Cette injonction restera cependant lettre morte et les affaires concernant l’orthodoxie et la discipline resteront le fait du prince jusqu’à la fin du 4ème siècle, le clergé ne restant cantonné qu’à un rôle intermittent.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de encyclopédie/universalis / ossius de cordoue/

Notes

[1] Le Ier concile œcuménique se réunit à Nicée en 325 pour statuer au sujet de l’arianisme. Les principales personnalités engagées dans ce débat étaient présentes, dont Arius, Eusèbe de Nicomédie qui lui était favorable, Eusèbe de Césarée, modéré, Alexandre d’Alexandrie (accompagné d’Athanase d’Alexandrie comme secrétaire) qui s’opposait à lui, de même que, de façon intransigeante, Eustathe d’Antioche et Marcel d’Ancyre. Une quasi unanimité s’est prononcée pour condamner les thèses ariennes et rédiger un symbole affirmant que le Fils est consubstantiel (homoousios) au Père, c’est-à-dire de même nature que lui.

[2] Le concile de Sardique est convoqué par les empereurs Constant et Constance, sur l’instance du pape Jules 1er. Le concile de Sardique a lieu à Sardica ou Serdica, actuelle Sofia, en Bulgarie. Le motif de ce synode était l’examen du conflit entre les évêques occidentaux orientaux catholiques, d’une part, et des orientaux arianisants. Le concile est présidé par Ossius de Cordoue et réunit 170 évêques. Il répondit au concile de Philippopolis, conciliabule où les évêques favorables à l’arianisme avaient osé excommunier Ossius, le pape Jules Ier et Protogène de Sardique après avoir confirmé les mesures irrégulières prises au cours du conciliabule d’Antioche de 341 contre S. Athanase. Le concile de Sardique affirme la primauté du Pontife romain, suprême recours et suprême juridiction de l’Église, et combat les Ariens.

[3] Nicomédie est une ville d’Asie mineure, capitale du royaume de Bithynie. Elle est appelée Izmit aujourd’hui. Hannibal s’y donna la mort en 183 av. jc et l’historien Arrien y naquit vers 90.

[4] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[5] Ancyre est une cité de l’Antiquité qui correspond de nos jours à l’actuelle Ankara.

[6] Le monarchianisme est une tendance théologique du christianisme ancien qui s’est répandue aux 2 et 3ème siècle à travers l’Empire romain plus particulièrement en Orient. Il représente alors une réaction conservatrice défendant l’essence monarchique de Dieu, habituelle au 2ème siècle, contre les nouvelles spéculations théologiques sur le Logos, notamment issues de Justin de Naplouse. Les personnalités les plus représentatives de cette mouvance sont Paul de Samosate et Sabellius.

[7] dit concile de la Dédicace (in Encaenies), présidé par Eusèbe de Nicomédie, qui marque la prédominance de l’Arianisme en Orient, en énonçant un Credo où toute trace de Consubstantialité (homoousisme) sont éludées. Les Nicéens Marcel d’Ancyre et Athanase d’Alexandrie sont condamnés. Athanase est remplacé par l’évêque arien Grégoire de Cappadoce.

[8] Le modalisme (ou sabellianisme) est un vocable moderne qui désigne, dans le cadre du christianisme ancien, une forme d’unitarisme monarchien, enseigné par Sabellius, un personnage originaire de Libye, installé à Rome au début du « 3ème siècle.

[9] Présidé par Saturnin, évêque de la ville, il traite essentiellement de l’Arianisme. Sur l’initiative du pape Libère qui veut réconcilier les évêques encore divisés, l’empereur Constance, se trouvant à Arles, décide que le concile s’y tiendra. Il en arbitre les séances et réclame la condamnation d’Athanase, l’évêque d’Alexandrie qui s’oppose à l’arianisme et à son autorité.

[10] Sirmium, aujourd’hui Sremska Mitrovica, dans la provicnce de Voïvodine, en Serbie était une cité romaine située dans la province de Pannonie. Originellement fondée par les Celtes au 3ème siècle av. jc et conquise par les Romains au 1er siècle av. jc, elle fut la capitale économique de la province de Pannonie et l’une des quatre capitales de l’Empire romain au temps de la Tétrarchie. L’actuelle région de Syrmie lui doit son nom.