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Marcus Julius Agrippa dit Agrippa 1er

vendredi 6 mars 2015

Marcus Julius Agrippa dit Agrippa 1er (10-44)

Prince hérodien et dernier roi juif de Judée

Petit fils de Hérode 1er le Grand, fils de Aristobule IV et de Bérénice, nièce d’Hérode, il passe son enfance et sa jeunesse à la cour impériale de Rome où il se lie avec les prince impériaux Drusus, fils de Tibère, et Claude avec lesquels il entretient des relations d’amitié.

Tombé en disgrâce à la suite de la mort de Drusus, il mène une vie aventureuse et dispendieuse, s’endettant fortement pour gagner les faveurs de la cour.

Il se retrouve dans un fort à Malatha d’Idumée, en compagnie de son épouse Cypros, une de ses cousines, fille de Phasaël , frère d’Hérode le Grand qu’il a épousée probablement aux alentours de 26 et qui lui donne un premier fils prénommé Agrippa. Il y mène une existence modeste loin du faste de la cour impériale et y pense même au suicide. Toutefois sa femme va s’entendre avec Hérodiade, désormais la femme d’Antipas.

Celle-ci vient d’accepter de quitter son premier mari encore vivant pour épouser un autre de ses oncles, Hérode Antipas, tétrarque [1] de Galilée  [2]. En effet, Philippe le Tétrarque est mort sans enfant et Antipas espère tout à la fois que les territoires de son demi-frère vont lui être confiés par Tibère et que celui-ci lui donnera le titre de roi.

Hérodiade influe sur Antipas et celui-ci procure de l’argent à Agrippa, lui offre de s’installer à Tibériade [3] et lui confie la magistrature civique d’agoranome [4] de la ville qui lui occasionne un revenu régulier.

Toutefois cette situation est de courte durée. Agrippa accepte dans un premier temps, mais il donne bientôt l’impression de ne pas se satisfaire de ce qui lui est donné. Il trouve rapidement cette charge ennuyeuse dans une petite ville de province dépourvue des équipements de la civilisation romaine qui l’a vu grandir. Il se brouille avec son oncle Antipas au cours d’un banquet à Tyr [5] et, vers 32 ou 33, se rend en Syrie romaine dont son ami Lucius Pomponius Flaccus , est devenu légat.

Après quelques années, il est disgracié par une intervention de son propre frère Aristobule le Mineur , qui le dénonce auprès de Flaccus pour avoir reçu un pot-de-vin afin de défendre les intérêts de Damas contre Sidon dans un différend frontalier porté devant son ami légat.

Il se décide alors à tenter un retour à Rome où Tibère, qui devait avoir fait son deuil de la mort de Drusus accepterait peut-être de recevoir à nouveau les anciens amis de son fils.

Agrippa emprunte une somme de vingt mille drachmes pour s’embarquer à Anthédon [6] vers Alexandrie non sans avoir été relancé par le gouverneur romain de Yabné [7], Herennius Capiton, pour les dettes contractées vis-à-vis du trésor de l’Empire. Celui-ci lui envoie la troupe mais, profitant de la nuit, Agrippa embarque et parvient à gagner Alexandrie où il obtient un nouveau financement de l’alabarque [8] Alexandre Lysimaque , frère de Philon d’Alexandrie et chef de la communauté juive d’Alexandrie.

Ce haut fonctionnaire, appartenant à une des très rares familles juives de citoyens romains, est un grand propriétaire foncier et, à l’instar d’Agrippa, un ami du futur empereur Claude. Lysimaque refuse de prêter l’argent directement à Agrippa dont la réputation de prodigalité n’est plus à faire mais traite avec l’épouse de celui-ci dont il admire le dévouement à son mari. C’est muni de ce capital de 200 000 drachmes qu’Agrippa s’embarque vers l’Italie.

Tibère, retiré à Capri, le reçoit et fait bon accueil à l’ancien compagnon de son fils, un accueil bientôt tempéré par un courrier du gouverneur de Yabné à propos des dettes. Mais Antonia la Jeune aide Agrippa à sortir de ce nouvel embarras en lui avançant la totalité de la somme due et il retrouve la faveur impériale.

L’empereur demande à Agrippa de prendre en charge le fils de Drusus, son petit-fils Tiberius Gemellus , alors adolescent et l’un des deux héritiers désignés de Tibère avec son petit-neveu Caïus Caligula, petit fils de la protectrice d’Agrippa, Antonia. Ce dernier entreprend de gagner les faveurs et l’amitié de Caïus, imité en cela par un autre prince sans royaume, Antiochos de Commagène et parvient à contracter un prêt d’un million de drachmes auprès d’un affranchi samaritain de l’empereur pour mener son projet à bien auprès de l’étoile montante de Rome.

L’avènement de ce dernier au trône marque son élévation à des fonctions royales. Roi de Batanée [9] et de Trachonitide [10] en 37, il obtient les anciennes tétrarchie de Philippe II et de Lysanias, puis la Galilée et la Pérée [11] en 39, après la disgrâce et l’exil de son frère Hérode Antipas.

Caligula lui a en outre conféré les ornements prétoriens, une dignité qui permet à certains non-sénateurs de siéger parmi eux lors des fêtes publiques.

Agrippa ne montre cependant aucun empressement a prendre en charge les affaires de son royaume et ce n’est qu’en 38 qu’il se rend à Jérusalem pour un court séjour, car les réseaux d’influences se tissent davantage à Rome où réside souvent le pouvoir réel.

Pendant son séjour à Rome, plusieurs événements ont lieu en Palestine qui créent une situation très tendue. En premier lieu, les armées de Arétas IV et d’Hérode Antipas se sont affrontées aux alentours du territoire de Gamala [12] occasionnant une cuisante défaite à ce dernier. En 36, les Romains et le légat de Syrie Lucius Vitellius sont engagés dans un affrontement décisif contre les Parthes et leur roi Artaban III . La même année, Vitellius renvoie le préfet de Judée Ponce Pilate au terme d’un mandat de dix années, « pour qu’il s’explique auprès de l’empereur, sur ce dont l’accusent les juifs ». Il démet le grand prêtre Caïphe , par trop lié à Pilate, et restitue aux prêtres du temple la supervision des cérémonies des grandes fêtes cultuelles juives. À la mort de Tibère, Vitellius “fait jurer par le peuple fidélité à Caligula”.

Agrippa rentre dans ses territoires en été 38, après que la situation a été éclaircie sur place par Lucius Vitellius, envoyé par Caligula.

Sur le chemin de son nouveau royaume, Agrippa passe par Alexandrie vers juillet 38 où il loge chez l’alabarque Lysimaque dont sa fille Bérénice épousera le fils Marcus Alexandre quelques années plus tard. Il règne alors dans la ville une ambiance anti-juive qui dure depuis quelque temps déjà. Lors de festivités, le nouveau roi y est la cible d’une mascarade populaire anti-juive mettant un scène un idiot du nom de Karabas, préfigurant le conflit judéo-alexandrin qui agite la ville de 38 à 41. Le gouverneur romain d’Alexandrie, Flaccus, parait laisser se dérouler l’agitation populaire hostile à Agrippa qu’il jalouse, protégé d’un empereur dont il a attiré la disgrâce et qui le fait d’ailleurs exécuter peu après. Ces troubles amènent les deux partis, Juifs et Grecs alexandrins, à envoyer chacun 3 délégués à l’empereur pour trancher le conflit plus profond qui oppose les deux communautés. Philon est au nombre de la délégation juive.

Le retour d’Agrippa 1er auréolé d’un titre royal excite la jalousie de sa sœur Hérodiade qui presse son mari Antipas de réclamer pour lui-même le titre de roi à Rome. En 39, Antipas se résout alors à se rendre auprès de Caligula pour tenter d’obtenir cette faveur impériale, ce qui va précipiter sa perte. Informé de ce voyage, Agrippa 1er dépêche à Rome son plus fidèle affranchi, porteur d’une lettre pour l’empereur. Il y accuse Antipas de fomenter un complot avec les Parthes et d’avoir accumulé sans le dire à l’Empereur, des stocks d’armes dans ses arsenaux de Tibériade, probablement dans l’intention de préparer sa revanche contre le roi Arétas IV qui l’avait défait quelques années auparavant.

Pour autant Caligula déchoit, bannit et exile Hérode Antipas dans le sud des Gaules où l’accompagne librement son épouse. Agrippa reçoit quant à lui les territoires d’Antipas - la Galilée et la Pérée - ainsi que tous les biens confisqués au tétrarque et à son épouse.

Caligula entend développer le culte impérial et se placer de son vivant au-dessus de la politique des mortels et a dans l’idée d’imposer son statut divin à l’empire, quelles qu’en soient les conséquences politiques. C’est dans cette optique qu’il conçoit de faire ériger sa propre statue en or sous l’apparence de Zeus dans le Temple de Jérusalem, pour des motivations incertaines.

L’initiative de Caligula horrifie les sujets juifs de l’Empire et entraîne des troubles dans la diaspora à Rome, mais aussi à Alexandrie, Thessalonique, Antioche et en Palestine, en particulier en Galilée, où Caligula a enjoint au nouveau proconsul de Syrie, Publius Petronius de placer de gré ou de force, la statue dans le Saint des saints , violant l’aniconisme [13] judaïque dans le lieu le plus sacré de cette religion.

À la suite de l’assassinat de Caligula, il joue à Rome un rôle de premier plan dans l’accession de Claude à la tête de l’empire en 41 et il se voit doté des anciens territoires d’Archélaos, l’Idumée, la Judée et la Samarie, régnant ainsi sur un territoire aussi vaste que l’ancien royaume d’Hérode le Grand.

Porteur d’une double identité juive et romaine, il joue un rôle d’intercesseur en faveur des Juifs auprès des autorités romaines et, sur le plan intérieur, laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d’un royaume indépendant. Poursuivant la politique d’évergétisme [14] hérodienne par de grands travaux, il s’aliène néanmoins une partie de ses sujets grecs et syriens tandis que ses ambitions régionales lui valent l’opposition du légat impérial de la province romaine de Syrie, Marsus.

Petronius dispose des troupes armées nécessaires, deux légions romaines et des auxiliaires, qu’il caserne à Ptolémaïs, en Phénicie [15], dans l’éventualité d’un soulèvement et il a pour mission d’accompagner la procession de la statue à travers la Judée, jusqu’à Jérusalem.

La population se précipite en nombre à Ptolémaïs, soutenue par les autorités religieuses juives, puis à Tibériade où les troubles se poursuivent pendant une quarantaine de jours. Petronius s’y rend rencontrer les notables ainsi que Aristobule frère d’Agrippa, en l’absence de ce dernier qui est à Rome, en présence et sous la pression de la foule. Convaincu de l’imminence d’une importante révolte Petronius temporise auprès de l’empereur par un échange de courriers exposant les difficultés de la situation. Les habitants de Galilée sont proches de la révolte générale, ainsi que les Juifs de Judée, les paysans risquant d’incendier les moissons juste avant leur récolte, tout en se préparant à la guerre. La première réponse de l’empereur est assez modérée mais certaines sources font état d’une réponse furieuse de Caligula à Pétronius, n’envisageant aucun compromis

Pendant ces évènements, Agrippa est à Rome et il est possible qu’il ait appris l’affaire de Caligula lui-même ce qui le plonge dans un conflit entre ses 2 identités, juive et romaine. Mais, à l’issue de quelques jours de réflexion, il prend le parti et le risque d’aider ses compatriotes juifs dans la défense du Temple menacé de profanation.

Dans un premier temps, Caligula semble céder à la supplique de son ami et instruit Pétronius de ne rien entreprendre à Jérusalem, tout en mettant en garde les populations juives de ne rien entreprendre contre les sanctuaires, les statues et les autels érigés en son honneur, ainsi que semble en attester une reproduction de la lettre de Caligula par Flavius Josèphe. Mais l’empereur paraît revenir plus tard sur sa décision et c’est le meurtre de Caligula qui semble mettre un terme définitif à l’entreprise et éteint les velléités de soulèvement populaire.

Ce succès même temporaire d’Agrippa témoigne des relations étroites qui le lient avec les personnalités les plus importantes du monde romain, qui vont se trouver confirmées lors de la succession de l’empereur assassiné.

Agrippa se rend ensuite au Capitole où les sénateurs sont réunis en conclave et joue les intermédiaires entre ceux-ci et Claude. Agrippa a inspiré à Claude une réponse à ces derniers, il les persuade d’abandonner avec sagesse leur idée de république alors qu’un nouvel empereur est acclamé par les prétoriens qui n’attendent plus que leur soutien enthousiaste. Les sénateurs proclament Claude empereur, auquel Agrippa recommande la clémence vis-à-vis des conjurés.

D’après Dion Cassius, Claude octroie en outre à son ami le rang consulaire et l’autorise à paraître au sénat et à exprimer sa gratitude en grec. Enfin, pour marquer le statut considérable du souverain, un traité est ratifié avec le Sénat et le peuple de Rome sur le Forum, qui reprend les anciens traités d’amitié et d’alliance judéo romains. Agrippa y est déclaré rex amicus et socius Populi Romani comme l’avait été son grand-père en 40 av. jc et le texte est conservé sur des tablettes de bronze au temple de Jupiter Capitolin [16].

Ces nouvelles charges décident Agrippa à considérer que sa place est désormais sur ses territoires et il s’embarque peu après pour la Judée. C’est la même année que Bérénice, fille d’Agrippa, s’unit sous le parrainage de l’empereur à Marcus, le fils de l’alabarque d’Alexandrie Alexandre Lysimaque que Claude a fait libérer de la captivité à laquelle l’avait réduit Caligula.

L’accession au trône de Claude marque également la restauration de plusieurs autres royaumes d’Asie Mineure. Hérode, le frère d’Agrippa reçoit également un titre royal, se voit attribuer la principauté de Chalcis, précédemment rattaché au royaume d’Iturée et se voit honoré à Rome du titre de préteur [17]. Il épouse alors Bérénice dont le jeune époux est mort peu après le mariage.

Un édit de Claude rappelle les privilèges reconnus aux Juifs alexandrins qui peuvent vivre selon leurs lois et que rien ne peut écarter de l’observance de la Torah, bientôt suivi d’un second édit qui étend les privilèges alexandrins aux Juifs de la diaspora à travers tout l’empire.

Agrippa et son frère Hérode de Chalcis jouent aussi le rôle d’intercesseurs en faveur des Juifs auprès de l’empereur. Leurs compétences sont non seulement reconnues mais encore étendues à l’ensemble des communautés juives de l’Empire par la volonté de Claude lui-même. Ils ont aussi le statut de censeurs des mœurs juives. Ils veillent au respect de la Torah par les communautés de la Diaspora.

Quelques mois après le meurtre de Caligula, des habitants de la cité phénicienne de Dôra [18] ont introduit une statue de Claude dans la principale synagogue de la ville. Pour tous ceux qui se sont dressés contre les projets de Caligula c’est une véritable provocation. Agrippa intervient immédiatement et demande l’application du décret de Claude. Il agit ici en tant que ethnarque [19] des Juifs, puisque Dôra n’est pas situé sur son territoire. Pétrone, le proconsul de Syrie donne immédiatement l’ordre aux magistrats de Dôra de retirer la statue, en faisant référence à l’édit de Claude.

Outre la reconnaissance qu’il doit éprouver à son égard, Claude a probablement également vu dans la nomination d’Agrippa, héritier des Hérodiens et des Hasmonées mais aussi attaché aux Julio-Claudiens par des relations personnelles, un facteur de stabilité qui pourrait débarrasser l’administration impériale de la gestion d’une province aux troubles endémiques.

Agrippa a manifestement hérité du faste de son grand-père et de son désir de reconnaissance au-delà de ses frontières. Sur un plan intérieur, Agrippa essaie de contenter tant ses sujets Juifs que païens et se partage d’ailleurs entre sa capitale religieuse, Jérusalem, et sa « petite Rome », Césarée. Il favorise les pharisiens [20], s’aliénant de la sorte une partie de ses sujets grecs. Il entreprend également le grand chantier d’élever les remparts de sa capitale historique et de l’étendre au nouveau quartier nord grâce à un financement du trésor du Temple, ce qui laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d’un royaume indépendant ou au moins une forme retrouvée de souveraineté.

Il poursuit la politique d’évergétisme externe à la Judée d’Hérode en finançant la construction d’ouvrages de prestiges, théâtre, amphithéâtre et thermes, dans des libéralités qui bénéficient essentiellement à la colonie romaines de Bérytos [21]. Il offre également des spectacles et des jeux, notamment avec des gladiateurs, même si cela contrevient aux prescriptions juives, ce qu’il fait accepter en utilisant des criminels condamnés.

Sur un plan religieux, dès son arrivée, Agrippa se forge la réputation d’un homme très pieux qu’il sait entretenir ainsi qu’en atteste la Mishna [22] qui relate une cérémonie finement orchestrée où le roi est acclamé et obtient la légitimité des prêtres au Temple de Jérusalem dans lequel son grand-père Hérode n’avait jamais été admis. C’est ainsi le premier hérodien à pénétrer dans le Temple depuis Antigone Mattathiah, même s’il se contente d’assister aux célébrations sans sacrifier lui-même.

Agrippa use à trois reprises de sa prérogative de nommer les grand prêtres du Temple au cours de son court règne, choisissant alternativement parmi les dynasties sacerdotales des Anân et des Boëthos. Si son inclination pour la parti pharisien est traditionnellement admise et souvent expliqué par sa défiance envers les prêtres sadducéens [23], le témoignage des actes des Apôtres qui le nomment « Hérode » lui prête un certaine attention à ces derniers lorsqu’il les suit pour exécuter Jacques fils de Zébédée et emprisonner Pierre, accusés de ne pas suivre la Torah [24].

Vibius Marsus, le gouverneur de Syrie qui succède à Petronius, lui est beaucoup moins favorable. Il envoie une série de missives à Claude pour faire part de ses craintes face à la puissance montante d’Agrippa, traduisant la jalousie des compatriotes romains du prince dans la région. De son côté, Agrippa demande maintes fois à l’empereur de démettre le légat.

Le légat de Syrie fait interrompre, sur ordre de Claude alerté, la fortification de Jérusalem et tempère les ambitions diplomatiques régionales de celui-ci. En effet, Agrippa invite à Tibériade les rois Hérode de Chalcis, le roi d’Émèse Sampsigeramos beau-père de son frère Aristobule ainsi que trois princes qui avaient été ses compagnons à Rome, Antiochos de Commagène, Cotys d’Arménie et Polémon, roi du Pont. Marsus argue de la possibilité d’une conspiration et les rois se voient enjoints de rejoindre leurs royaumes respectifs sans délai.

Agrippa meurt de manière inopinée en l’an 44 après seulement trois ans de règne sur la Judée, lors des Jeux de Césarée en l’honneur de l’empereur.

Patronnant les jeux, il y apparaît dans une parure d’argent éblouissante devant la foule qui l’acclame et le compare à un dieu, une remarque blasphématoire pour un juif contre laquelle le roi ne proteste pas. Certains de ses contemporains lisent comme une punition divine à ce blasphème la cause de sa mort qui survient peu après. Deux jours plus tard, il est pris de violentes douleurs abdominales et meurt après cinq jours d’agonie, à l’âge de 53 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Agrippa Ier/ Portail Israël antique et Juifs dans l’Antiquité/ Personnages du Nouveau Testament

Notes

[1] Un tétrarque, dérivé de tessares signifiant quatre, et d’archon, chef était au sens propre le dirigeant d’une des quatre parties d’un royaume dans le cas de la Palestine ou d’un empire (Empire romain). Ce terme sera employé plus tard sans qu’il y ait réellement une division rigoureuse d’un territoire en quatre parties.

[2] Durant la période romaine, la province de Palestine fut divisée en trois régions, la Judée, la Samarie et la Galilée, qui est la plus large région, située au nord. Durant la période romaine, sous l’Empereur romain Auguste (de 30 av. jc à 14 ap. jc) alors que l’empire est divisé en provinces sénatoriales et impériales par l’Empereur Octave, la province impériale de Palestine est divisée en quatre parties (tétrarchies)

[3] Tibériade est la capitale de la Galilée, dans le nord d’Israël. C’est une ville historique et touristique réputée. La cité antique est située dans la partie sud de l’agglomération d’aujourd’hui.

[4] c’est-à-dire chargé de la surveillance des prix des denrées agricoles

[5] Tyr est une ville du Sud du Liban. C’est le chef-lieu du Caza de Tyr dans la Mouhafazah du Sud-Liban.

[6] Anthédon est une ancienne ville grecque située au nord de Gaza en Palestine. Dotée d’une agora et de temples, elle était consacrée à la pêche et la construction navale et fut créée par une population grecque. Selon l’historien juif Flavius Josèphe, la cité est dirigée à cette époque par une Boulè de 500 membres et dispose de sa propre armée dirigée par un Stratège. Au cours de cette période le port du Nord-ouest de la ville, dont la population Grecque n’a pas la même origine que celle de Gaza, se transforme en cité indépendante sous le nom d’Anthédon. Elle a été habitée dès l’époque mycénienne jusqu’à la période byzantine précoce.

[7] Yavné ou Yabné est une ville du district centre d’Israël. Après la destruction du second Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70, Yohanan ben Zakkaï obtint de ceux-ci que le Sanhédrin soit déplacé à Yavné (que les Romains appelaient Iamnia). Plusieurs yeshivot se développèrent dans la ville. On voit là l’origine du judaïsme rabbinique.

[8] L’alabarque était le magistrat suprême de la communauté juive d’Alexandrie.

[9] La Batanée actuellement Al-Bathaniya est une plaine fertile du sud de la Syrie actuelle. À l’est du Golan à l’ouest de la Trachonitide et au nord de l’Auranitide qui est la région frontalière avec la Jordanie. C’est une partie de l’ancien royaume de Bashân.

[10] Dans l’Antiquité, le Trachon ou la Trachonitide est le nom grec d’une région de chaos rocheux basaltiques appelé Argob dans la Bible, située au sud de Damas, en Syrie. Son nom actuel est le Al-Lejâh. Au 1er siècle av. jc cette région, difficile d’accès, était occupée par des tribus arabes qui razziaient le plateau agricole du Hauran à l’ouest. Cette région fut incorporée par Marc Antoine au royaume d’Hérode le Grand qui installa des colons militaires juifs « dans la toparchie de Batanée, limitrophe de la Trachonitide » où ils fondèrent la ville de Bathyra et la fortifièrent. Hérode le Grand « voulait faire de cet établissement une sorte de rempart. »

[11] région située au nord-est de la mer Morte, à l’est du Jourdain

[12] Gamla ou Gamala, connue aussi sous les noms de El-Ahdab est une ville de l’Israël antique, sur le plateau du Golan. Le roi hasmonéen Alexandre Jannée étendit la ville au premier siècle avant l’ère chrétienne et elle continua à être peuplée par des Juifs, comme en témoigne Flavius Josèphe. En 66, celui-ci devient gouverneur de la Galilée, il fait de Gamala sa principale place forte. Il fait consolider les fortifications de plusieurs villes de la région dont Gamala en prévision de l’attaque des Romains. Le légat Vespasien avait entrepris une campagne pour reprendre le contrôle de la Galilée. Après avoir pris la région du lac de Tibériade il entreprend le siège de Gamala. Après une première tentative plutôt désastreuse, il finit par parvenir à prendre la place début novembre 67. Gamla n’a pas été reconstruite depuis.

[13] L’aniconisme est l’absence de représentations matérielles du monde naturel et surnaturel dans différentes cultures, en particulier certaines religions monothéistes. Cette absence de représentations figuratives peut concerner les déités, les personnages saints, les humains ou certaines parties de leur corps, tous les êtres vivants, et jusqu’à tout ce qui possède une existence. Le phénomène est en général codifié par les traditions religieuses et devient en tant que tel une prohibition, forme de censure religieuse spécialisée dans les représentations. L’aniconisme peut être source d’une ambiance iconophobe. Lorsqu’il est activement imposé et aboutit à la suppression de représentations, l’aniconisme devient iconoclasme. Le mot lui-même provient du grec eikon, signifiant représentation, ressemblance ou image.

[14] Il dérive directement du verbe grec euergetéô signifiant « faire du bien ». Dans sa définition originale, l’évergétisme consiste, pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Il complète le clientélisme, lien individuel et personnel entre le patron et ses clients.

[15] Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de la Syrie et de la Palestine. Les Phéniciens étaient un peuple antique d’habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités États en Phénicie, ils fondèrent dès 3000 av jc de nombreux comptoirs en bordure de la Méditerranée orientale, notamment Carthage en 814. Rivaux des Mycéniens pour la navigation en Méditerranée au 2ème millénaire av jc, ils furent d’après ce qu’on en sait les meilleurs navigateurs de l’Antiquité. L’invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les autres territoires qu’ils traversent, mais c’est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de dominer les mers. Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en 332 av jc.

[16] Première résidence du premier des dieux romains, le temple de Jupiter capitolin est situé sur le sommet du Capitolium, colline au pied de laquelle, selon la mythologie, Romulus décida de bâtir Rome. Ce temple romain, appelé le temple de Jupiter Très Bon et Très Grand, était dédié à la triade de Jupiter, Junon et Minerve, mais appelé, par abréviation, « temple de Jupiter » ou « temple de Jupiter Capitolin »

[17] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[18] proche de Beyrouth

[19] Le titre, qui ne semble pas un terme technique, est utilisé dans l’Empire romain, surtout en Orient, pour désigner les gouvernants de royaumes vassaux qui n’avaient pas le titre de rois.

[20] Les pharisiens sont l’un des partis juifs en activité en Judée pendant la période du Second Temple (2ème siècle av.jc/1er siècle). Leur courant de pensée est appelé « pharisaïsme » ou « pharisianisme ». De nombreux enseignements des pharisiens sont incorporés à la tradition rabbinique. Ils se distinguent notamment par le recours à la Torah orale pour fixer la loi juive.

[21] Bérytos ou Béryte est une ancienne cité phénicienne qui correspond à la ville moderne de Beyrouth. Le nom latin de la ville est Berytus, qui provient de l’araméen Biryt. Le latin était la langue officielle de la cité qui fut colonie romaine. La ville se situait sur un promontoire orienté vers le nord face à la mer, et sur un petit territoire montagneux.

[22] La Mishna est la première et la plus importante des sources rabbiniques obtenues par compilation écrite des lois orales juives, projet défendu par les pharisiens, et considéré comme le premier ouvrage de littérature rabbinique. La Mishna est écrite en hébreu. Le terme Mishna fait à la fois référence à l’ouvrage recensant l’opinion et les conclusions des rabbins de l’époque - on parle alors de La Mishna - et aux conclusions des rabbins elles-mêmes - on parle alors d’une ou des mishnayot (pluriel de mishna). Elle comporte six ordres, eux-mêmes divisés en traités. Chaque traité comporte plusieurs chapitres. Il est d’usage de faire référence à une Mishna par : le nom du traité, suivi du numéro du chapitre, lui-même suivi du numéro de la mishna.

[23] On désigne généralement par sadducéens les membres d’un des quatre grands courants du judaïsme antique de l’ancienne Judée (avec les pharisiens, les esséniens et les zélotes), entre le 2ème siècle av. jc et le 1er siècle, mais cette définition n’est nullement exclusive. Elle fait également référence aux membres du clergé à l’époque du Premier Temple de Jérusalem (dont le Grand Prêtre était Sadoq) et à un courant théologique sans contextualisation historique dénommé sadocite. Les sadducéens se recrutent essentiellement dans l’aristocratie sacerdotale, sont en opposition totale avec les pharisiens et semblent en opposition avec les esséniens. Ils sont décimés par les zélotes et les sicaires lors de la Première Guerre judéo-romaine. Les sadducéens se distinguaient des pharisiens notamment sur la question de la résurrection des morts.

[24] La Torah est, selon la tradition du judaïsme, l’enseignement divin transmis par Moïse au travers de ses cinq livres ainsi que l’ensemble des enseignements qui en découlent. Le christianisme, qui ne reconnaît pas les enseignements rabbiniques, nomme les livres traditionnellement attribués à Moïse le Pentateuque, mot d’origine grecque signifiant « Les cinq livres ».