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Agrippa II ou Hérode Agrippa II

mercredi 17 décembre 2014

Agrippa II ou Hérode Agrippa II (27/28-93/101)

Agrippa II par Guillaume Rouillé dans Promptuarii Iconum InsigniorumFils d’ Agrippa 1er , lui-même petit-fils d’Hérode le Grand. L’empereur Claude le nomme roi de Chalcis [1] en 48.

Vers 53-54, il reçoit aussi les anciennes tétrarchies d’Hérode Philippe et de Lysanias II , mais il est dépossédé du territoire de Chalcis. Néron lui donne par la suite une partie de la Pérée [2] et de la Galilée. Il aide les romains à réprimer la Grande révolte juive de 66/70 jusqu’à la prise de Jérusalem et la destruction de son Temple en 70.

Toutefois, Agrippa ne joue qu’un rôle secondaire dans les événements de son règne. Il n’y assiste le plus souvent qu’en spectateur et ses tentatives d’influer sur le cours des événements demeurent infructueuses. Il est le dernier roi des dynasties hérodienne et hasmonéenne.

Il descend des dynasties Hérodienne et Hasmonéenne, par son père Hérode Agrippa 1er et par sa mère Cypros. Celle-ci est une fille de Phasaël et de Salampsio, une des filles d’Hérode et de Mariamne l’Hasmonéenne.

Le père d’Agrippa II est lui-même un petit-fils d’Hérode le Grand et de Mariamne l’Hasmonéenne. Agrippa a trois sœurs plus jeunes que lui Bérénice, Mariamne et Drusilla.

Comme c’était fréquent pour les enfants des rois clients, le jeune Agrippa est élevé à la cour impériale. Il a 16/17 ans et se trouve à Rome lorsque son père meurt brusquement vers 44, peut-être empoisonné par le légat de Syrie Marsus. Il est alors jugé trop jeune pour lui succéder et l’empereur Claude nomme Cuspius Fadus comme procurateur [3] de Judée. La Palestine redevient une province romaine mais procuratorienne et entre dans la juridiction du gouverneur de Syrie.

La nomination des prêtres et le contrôle du Temple de Jérusalem reviennent alors à son oncle Hérode de Chalcis. C’est également ce dernier qui devient l’intermédiaire privilégié entre les Juifs et les Romains jusqu’à sa propre mort.

Après la mort de son père, Agrippa continue à vivre à Rome dans l’entourage de Claude. Comme son père, il joue le rôle d’intercesseur en faveur des Juifs.

Agrippa doit attendre la mort de son oncle Hérode en 48 pour lui succéder comme roi de Chalcis un an plus tard en 49. Il reçoit aussi l’administration du Temple de Jérusalem et le pouvoir de désigner les grand prêtres détenu auparavant par Hérode de Chalcis, avec le titre d’épimélète [4].

Sous les gouvernorats de Tibère Alexandre et de Cumanus, plusieurs émeutes et affrontements violents se produisent en Judée, Samarie et Galilée, durement réprimés par les romains. À 2 reprises l’empereur Claude doit se prononcer directement pour rendre un arbitrage. À chaque fois l’empereur consulte Agrippa qui réside à Rome et suit ses conseils.

L’année qui suit son accession au trône, Néron procède à des redistributions de territoires. L’empereur donne le territoire de Chalcis à Aristobule , le cousin d’Agrippa, qui devient donc roi de Chalcis comme l’avait été son père ainsi que roi de Petite Arménie. Agrippa reçoit à ce moment là en 54/55 une partie des anciennes tétrarchies de Philippe le Tétrarque, plus les tétrarchies de Lysanias et de Varus.

On ne sait rien de l’épouse d’Agrippa II, c’est sa sœur Bérénice, à nouveau veuve en 48, qui joue le rôle de reine à ses côtés. À cause des rumeurs d’inceste entre lui et sa sœur qui circulent à leur sujet, Bérénice propose à Polemon II , roi client du Pont et de Cilicie [5], de l’épouser. Polémon accepte car Bérénice a le statut de reine et surtout d’après Flavius Josèphe, parce qu’elle est très riche. Des deux côtés, il ne s’agit que d’une alliance pour accroître leur pouvoir. Polémon fait toutefois une concession de taille, il se convertit au judaïsme et se fait circoncire en 54. Mais très vite, Bérénice l’abandonne pour revenir aux côtés de son frère.

Vers 53, Agrippa II, alors encore roi de Chalcis, donne sa sœur Mariamme à Archélaüs, fils d’Helcias, auquel son père Agrippa 1er l’avait fiancée.

Au moment où Bérénice quitte son mari Polémon, sa sœur Mariamne, après avoir quitté Archelaüs, s’unit à Démétrius, le premier des Juifs d’Alexandrie par la naissance et la fortune, qui était alors Alabarque [6] de la ville.

Vers 49/50, Drusilla avec l’accord de son frère Agrippa, a cassé l’engagement qui avait été pris par Agrippa 1er à l’égard d’Antiochus Épiphane de Commagène, car celui-ci refusait de se faire circoncire.

En 53, elle s’est alors mariée à Aziz d’Émèse , à la condition posée par Agrippa II qu’il se fasse circoncire.

Sa sœur Bérénice joue un rôle important dans la propagande d’Agrippa II. Elle semble jouir d’une certaine popularité que son frère ne manque pas d’exploiter à son profit, surtout que lui semble plutôt méprisé de ses compatriotes. Bérénice accompagne son frère dans ses déplacements importants.

Agrippa II agrandit Panéas [7] qu’il refonde sous le nom de Néronias en l’honneur de l’empereur. En 62, il y installe sa capitale.

Il mène la vie d’un prince hellénistique, frappant des monnaies ornées de la face des empereurs et pratiquant l’évergétisme [8] comme son père. Il fait ainsi construire un magnifique théâtre à Bérytos [9] et procède à des distribution de blé et d’huile aux habitants.

Agrippa est absent et se trouve à Alexandrie lors de la répression qui va être le déclencheur de la révolte au printemps 66. Gessius Florus envoie des hommes prélever 17 Talents dans le trésor du Temple prétextant le service de l’empereur. Les Juifs protestent et insultent le procurateur qui réagit en faisant arrêter 3600 manifestants selon Josèphe, qui exagère peut-être. Nombre d’entre eux sont flagellés puis crucifiés. Parmi eux des femmes et surtout des citoyens romains appartenant à l’ordre équestre, ce qui viole l’usage romain qui veut que, les citoyens romains relèvent de la justice impériale.

Présente à Jérusalem, Bérénice, intervient au péril de sa vie auprès du procurateur de Judée, Gessius Florus. Elle vient elle-même devant le tribunal du procurateur, pieds nus comme une suppliante, alors que les soldats romains ne ralentissent en rien leur action du fait de sa présence, mais rien n’y fait.

Lorsqu’il arrive à Jérusalem Agrippa a une toute autre attitude. Dans un premier temps il parvient à convaincre certaines autorités de l’aider à collecter dans la région de Jérusalem les impôts qui n’étaient pas payés.

Puis dans un second discours, Agrippa invite la population de Jérusalem à obéir à Gessius Florus, en faisant confiance à l’arbitrage de l’empereur. Il est immédiatement conspué par la foule, qui se rappelle les morts et les exactions commises, des pierres volent même dans sa direction.

Il est contraint de quitter précipitamment Jérusalem et sa sœur l’accompagne.

Agrippa tente alors d’enrayer la révolte en envoyant, 2000 archers à cheval commandés par Philippe, fils de Joachim, pour s’opposer à la sédition. Toutefois, Philippe et nombre de ses cavaliers appartiennent au même clan, voire aux mêmes familles que nombre des chefs de la révolte et partagent probablement leurs sentiments anti-romains. Assiégés dans une forteresse de Jérusalem, ils saisissent la proposition qui leur est faite de partir avec la vie sauve, laissant la cohorte romaine à ses seules forces.

Les romains, dans une situation très délicate, sont contraints d’accepter quelque temps plus tard de se laisser désarmer, avec l’assurance de la part des insurgés qu’ils pourront se replier et rejoindre leur légat avec la vie sauve. Ils sont toutefois massacrés et seul leur chef, Metillius, est épargné car il promet de se convertir au judaïsme et accepte de se faire circoncire.

Le gouverneur de Syrie Cestius Gallus , se décide à agir en automne 66. Il réunit une forte armée de campagne d’environ 30 000 hommes, à laquelle s’ajoutent 6 000 hommes tirés des 3 autres légions, ainsi que les forces des rois Sohaemus d’Émèse et Antiochos de Commagène. Pour sa part, Agrippa fournit 3 000 fantassins et un peu moins de 2000 chevaux.

Durant la campagne en Galilée en 67/68, il est présent aux côtés de Vespasien et Titus à la tête de troupes auxiliaires. C’est probablement à cette occasion que Titus se lie avec Bérénice.

Agrippa tente une médiation lors du siège de Gamala [10]. Mais son initiative est totalement infructueuse et il est même blessé par un frondeur alors qu’il s’adresse aux assiégés.

Il soutien les forces romaines lors du siège de Jérusalem en 69/70, la chute de la ville et la destruction du Temple de Jérusalem en 70.

En 67, il reçoit magnifiquement Vespasien à Césarée de Philippe, sa capitale, puis Titus en 70 où il célèbre de grands jeux en l’honneur de la toute récente prise de Jérusalem. Après la défaite des révoltés juifs, pour le remercier, Vespasien lui octroie de nouveaux territoires au nord qui n’ont pratiquement aucun habitant juif.

À la demande de Bérénice, après la reconquête de la Galilée par les romains, Agrippa protège Juste de Tibériade dont Vespasien réclame l’exécution, pour son engagement aux côtés des révoltés juifs. Bérénice obtient alors de son frère que celui-ci en fasse son secrétaire pour le mettre à l’abri.

Agrippa vient à Rome avec sa sœur Bérénice vers 75. À la suite de ce voyage à caractère officiel, Bérénice s’installe au palais où elle vit maritalement avec Titus. Toutefois en 79, quand Titus devient empereur après la mort de son père Vespasien, il demande à Bérénice de quitter Rome et elle retourne auprès de son frère en Galilée.

En 85-86 ou 92-93, l’empereur Domitien lui retire les régions peuplées de juifs, notamment celles de Galilée, probablement pour des raisons de sécurité.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Agrippa II/ Portail Israël antique et Juifs dans l’Antiquité/ Personnages des Actes des Apôtres

Notes

[1] Anjar est une ville du Liban dans la plaine de la Bekaa, à peu près à mi-chemin sur la route de Beyrouth à Damas. Le site est actuellement identifié à Chalcis sub Libanum ou Chalcis de Cœlé-Syrie, mais sans preuve formelle. Majdel `Anjar à quelques kilomètres au sud-ouest d`Anjar où se trouvent les ruines d’un temple romain et qui a été le site d’une bataille pour l’indépendance du Liban dans l’empire ottoman en 1618 est aussi un emplacement proposé pour le site de Chalcis. Vers la fin du 1er siècle av. jc, à la faveur des désordres qui marquent la fin des Séleucides, les Arabes Ituréens occupent la Bekaa et le Nord du Liban et fondent un vaste royaume dont la capitale politique est Chalcis et la capitale religieuse Héliopolis-Baalbek. Ces Ituréens tentent d’étendre leur pouvoir sur tout le versant occidental du Liban.

[2] La Pérée était un district situé à l’est du Jourdain. Il correspondait approximativement au Galaad de l’Ancien Testament. C’est le district décrit dans le Nouveau Testament comme étant au-delà du Jourdain. C’était une région de plateaux, où les précipitations étaient suffisantes pour permettre la croissance de fruits et la culture de céréales. À l’époque de Jésus, ce district était administré par Hérode Antipas. Les Juifs lui accordaient le même statut qu’à la Judée et la Galilée.

[3] Dans la Rome antique le terme procurateur désigne au départ un personnage nommé par un autre pour s’occuper d’une tâche précise, mais l’usage le plus courant du terme, à partir d’Auguste désigne un fonctionnaire impérial choisi par l’empereur romain dans l’ordre équestre ou parmi ses anciens esclaves, on parle alors de procurateur affranchi.

[4] administrateur

[5] sud de la Turquie

[6] L’alabarque était le magistrat suprême de la communauté juive d’Alexandrie.

[7] aussi appelée Césarée de Philippe

[8] Dans sa définition originale, l’évergétisme consiste, pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Il complète le clientélisme, lien individuel et personnel entre le patron et ses clients.

[9] Beyrouth

[10] Gamla ou Gamala, connue aussi sous les noms de El-Ahdab est une ville de l’Israël antique, sur le plateau du Golan. Le roi hasmonéen Alexandre Jannée étendit la ville au premier siècle avant l’ère chrétienne et elle continua à être peuplée par des Juifs, comme en témoigne Flavius Josèphe. En 66, celui-ci devient gouverneur de la Galilée, il fait de Gamala sa principale place forte. Il fait consolider les fortifications de plusieurs villes de la région dont Gamala en prévision de l’attaque des Romains. Le légat Vespasien avait entrepris une campagne pour reprendre le contrôle de la Galilée. Après avoir pris la région du lac de Tibériade il entreprend le siège de Gamala. Après une première tentative plutôt désastreuse, il finit par parvenir à prendre la place début novembre 67. Gamla n’a pas été reconstruite depuis.