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Hormisdas dit Saint Hormisdas

mardi 22 juillet 2014

Hormisdas dit Saint Hormisdas (mort en 523)

Pape du 20 juillet 514 jusqu’à sa mort

Né à Frosinone [1] près de Rome, il venait d’une famille aisée et honorable de Frosinone.

Avant de recevoir les ordres il avait été marié et son fils devint par la suite pape sous le nom de Silvère .

Sous le pape Symmaque, Hormisdas avait le rang de diacre, et pendant le schisme de l’antipape Laurent il fut l’un des membres les plus éminents du clergé fidèle à Symmaque. Au synode tenu à Saint-Pierre en 502, il exerça la fonction de notaire. À cette occasion, Ennode de Pavie lui prédit qu’il deviendrait pape.

Le lendemain des funérailles de Symmaque le 20 juillet 514, Hormisdas fut consacré évêque de Rome sans rencontrer de résistances. L’une des premières préoccupations du nouveau pape fut d’éliminer les derniers vestiges du schisme de l’antipape Laurent, en accueillant de nouveau dans l’Église ceux qui ne s’étaient pas encore réconciliés.

Dès le début de son pontificat, les affaires de l’Église d’Orient tinrent une place particulière dans ses préoccupations. À Constantinople se poursuivait le schisme acacien, commencé après la publication de l’Henotikon [2] par l’empereur Zénon qui avait provoqué la rupture entre des Églises d’Orient et d’Occident.

L’empereur Anastase, successeur de Zénon, avait maintenu le document en vigueur et, penchant toujours plus vers les monophysites [3], il persécutait les évêques qui refusaient de renier le concile de Chalcédoine.

Au milieu de cette confusion, un certain nombre d’évêques orientaux en avaient appelé à Symmaque pour qu’il rétablît l’unité de l’Église ecclésiale, ce qui renforcerait leur position et leur permettrait de lutter contre la propagation du monophysisme. Symmaque leur demanda de condamner Acace de Constantinople, mais les Orientaux n’étaient pas prêts à franchir le pas.

Profitant du mécontentement qui s’élevait contre les tendances monophysites de l’empereur Anastase, Vitalien de Mésie , un commandant de l’armée, se mit à la tête d’une révolte contre l’empereur.

Vitalien demanda que lui fût restituée la charge de distribuer le grain aux troupes, que fût reconnu le concile de Chalcédoine et que fût rétablie l’unité avec Rome. Il rallia de nombreux partisans et parut devant Constantinople à la tête d’une grande armée ; après qu’il eut battu Ippazio, neveu de l’empereur Anastase, ce dernier fut réduit à négocier, c’est-à-dire à se soumettre. L’un des termes de l’accord avec Vitalien était que l’empereur jurait de convoquer un synode à Héraclée en Thrace [4], d’y inviter le pape et de se soumettre à son arbitrage sur son différend quant au siège de Constantinople et aux autres diocèses, afin de restaurer l’unité de l’Église. En conséquence, le 28 décembre 514, Anastase écrivit à Hormisdas pour l’inviter au synode qui aurait lieu le 1er juillet. La lettre présentée à Vitalien fut transmise à Rome par son émissaire et par le légat impérial. Le 12 janvier, Anastase envoya au pape une deuxième communication moins courtoise dans laquelle il demandait seulement ses bons offices dans ce conflit. Manifestement l’empereur souhaitait faire traîner les négociations puisqu’il n’était pas disposé à tenir les promesses qu’il avait faites à Vitalien. La seconde lettre arriva à Rome avant la précédente et, le 4 avril, Hormisdas répondit en exprimant sa joie devant la perspective de paix, mais en défendant en même temps la mémoire de ses prédécesseurs. Les porteurs de la première lettre impériale arrivèrent le 14 mai suivant. Le pape continua les négociations de manière circonspecte, convoqua un synode à Rome et, le 8 juillet, écrivit à l’empereur pour lui annoncer le départ d’une ambassade pour Constantinople. Entre-temps, les deux cents évêques qui s’étaient rassemblés le 1er juillet à Héraclée se séparèrent sans avoir rien conclu.

L’ambassade du pape à la cour impériale comprenait 2 évêques : Ennodius de Pavie et Fortunatus de Catania, le prêtre Venantius, le diacre Vitalis et le notaire Hilarius. La lettre d’Hormisdas à l’empereur, datée du 1er août 515, nous est parvenue avec des instructions détaillées faites aux légats sur la position qu’ils auraient à défendre. Si l’empereur acceptait les propositions qui lui étaient présentées, le pape était prêt, si nécessaire, à comparaître en personne devant un concile. Le pape envoya en outre la formule d’une confession de foi* (regula fidei) à faire souscrire aux évêques d’Orient, dont les points principaux étaient les suivants, la reconnaissance du fait que l’orthodoxie s’est toujours maintenue à Rome, la condamnation de Nestorius et d’Eutychès, l’acceptation du Tome de Léon et de Chalcédoine, la radiation des dyptiques d’Acace.

L’ambassade n’aboutit à aucun résultat ; Anastase, sans interrompre les négociations, remit aux légats une lettre évasive à l’intention d’Hormisdas. Entre-temps, l’empereur, après avoir étouffé un nouveau soulèvement dirigé par Vitalien, envoya à Rome une ambassade composée de 2 hauts fonctionnaires civils. Ils étaient porteurs d’une lettre datée du 16 juillet 516, adressée au pape et d’une autre datée du 28 juillet, adressée au Sénat, le but de cette dernière était d’inciter les sénateurs à se rebeller contre Hormisdas. Le Sénat, cependant, ainsi que le roi Théodoric, resta fidèle au pape. La réponse d’Hormisdas à la lettre de l’empereur fut digne mais sans équivoque. Pendant ce temps, un certain nombre d’évêques de Scythie, d’Illyrie et de Dardanie était revenus dans la communion avec Rome et beaucoup d’entre eux avaient discuté avec les légats du pape à Constantinople sur le problème de la réunion des Églises. Ils se prononcèrent alors, condamnèrent Acacius et signèrent la confession de foi d’Hormisdas, comme le firent les évêques de la province d’Épire, convaincus par le sous-diacre romain Pullius.

Il se fit remarquer par son zèle contre les Eutychéens.

En matière de discipline ecclésiastique, il décréta que les charges d’Église ne devaient pas être attribuées en échange de privilèges ou de dons.

Son inhumation se fit dans l’ancienne basilique Saint-Pierre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Hormisdas/ Portail du Vatican/ Papes de l’Église catholique

Notes

[1] Frosinone est une ville italienne située dans la province du même nom dans la région Latium, dans l’Italie centrale.

[2] L’Henotikon (acte d’union), parfois Hénotique en français, est un formulaire rédigé en 482 par Acacius, patriarche de Constantinople, à la demande de l’empereur d’Orient Zénon.

[3] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans les écoles théologiques de l’empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s’est construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s’oppose au nestorianisme. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Malgré cela, sous l impulsion de personnages tels que Sévère d’Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du 6ème siècle, jusqu aux invasions perses puis arabes au tout début du 7ème siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484. Le monophysisme est encore professé aujourd’hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes, arménienne, syro jacobite, copte, etc.

[4] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.