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Giulio Mazarini dit Jules Mazarin

dimanche 11 novembre 2012, par ljallamion

Giulio Mazarini dit Jules Mazarin (1602-1661)

Prélat et homme d’État

Né à Pescina dans les Abruzzes, dans une famille au service des Colonna, fils d’un intendant au service des princes Colonna, Pietro Mazarini, et d’Hortense Buffalini, elle-même issue d’une famille de la noblesse. Élevé par les jésuites du collège romain, il suivit l’un des princes Colonna en Espagne. Capitaine dans un régiment pontifical, en 1624 il deviendra diplomate toujours au service de la papauté en 1626 en tant que secrétaire d’un nonce.

Il ne tarda pas à se faire remarquer à l’occasion de plusieurs négociations, notamment celles qui concernaient la succession de Mantoue et du Montferrat. Sur ordre secret du pape Urbain VIII, il réussit à faire accepter une trêve entre Espagnols du Milanais et Français, qui s’affrontaient devant la ville piémontaise de Casal en octobre 1631. Peu après, il négocia la paix de Cherasco, qui, reconnaissant à la France la possession de Pignerol, lui assurait ainsi une voie d’accès en Italie du Nord. Désormais compromis par son soutien au parti français, alors qu’il avait longtemps été protégé des milieux favorables à l’Espagne, Mazarin vit la progression de sa carrière entravée, bien qu’il eût accepté, sur la demande du pape, de recevoir le premier degré de cléricature, dans l’intention d’accéder au cardinalat. Il est vice-légat à Avignon et ayant réussi à se faire envoyer en France comme nonce extraordinaire en août 1634, il profita de cette période pour approfondir ses liens avec Richelieu. Lors de l’entrée en guerre de la France contre l’Autriche, il dut cependant regagner Rome en 1636 sur l’insistance de la faction espagnole du Vatican.

En 1639, Richelieu, décidé à attacher à la France un si habile diplomate, fit revenir Mazarin à Paris, le chargea des négociations de paix avec la Savoie et lui fit accorder ses lettres de naturalisation. Le 16 décembre 1641, enfin, Mazarin reçut le chapeau de cardinal.

Ayant succédé au père Joseph comme confident et principal collaborateur de Richelieu, il fut recommandé par ce dernier, au roi Louis XIII, comme le plus capable de prendre sa succession et, le 5 décembre 1642, il fut nommé président du Conseil du roi. À la mort de Louis XIII, l’année suivante, sa veuve Anne d’Autriche 4 jours après la mort de Louis XIII, le 18 mai 1643, choisit de prendre Mazarin comme ministre principal et comme tuteur de Louis XIV, alors âgé de 5 ans.

Dans la situation peu propice à l’affirmation du pouvoir royal que constituait la période de minorité du monarque, Mazarin, peu aimé de la cour et du peuple en raison de son origine étrangère, fut obligé de déjouer de nombreuses cabales, comme celle des Importants. Cependant, bien décidé à léguer au roi, le jour venu, un pouvoir inentamé, et tenant de sa formation romaine l’art de louvoyer, Mazarin poursuivit la politique absolutiste de Richelieu. La Fronde éclate lorsque le Parlement s’oppose à la réforme fiscale de la “Paulette”. La journée des Barricades que déclenche l’arrestation de 3 des parlementaires les plus déterminés, parmi lesquels Pierre Broussel, oblige la régente, le jeune roi et le cardinal à se réfugier à Saint-Germain-en-Laye. Si Mazarin vient à bout de cette première fronde, c’est pour affronter celle des princes, qui une nouvelle fois veulent sa disgrâce. Leur puissance contraint le cardinal à s’éloigner de Paris. Mais à Cologne, de février à décembre 1651, puis à Bouillon, jusqu’en février 1653, il ne cesse de diriger les affaires du pays grâce au relais de ses collaborateurs, Le Tellier à la Guerre, Lionne aux Affaires étrangères et Servien aux Finances.

En politique étrangère, après la victoire de Rocroi en 1643, Mazarin porta l’offensive du côté de la Bavière. La France enregistra les victoires de Fribourg, puis de Nördlingen en 1645 et de Lens en 1648, tandis qu’était lancée une expédition contre les présides de Toscane, visant à couper les communications entre l’Espagne et ses possessions d’Italie, et que les troupes françaises occupaient Lérida, sur la frontière d’Aragon.

Les traités de Westphalie, conclus en 1648, apportèrent à la France la haute et la basse Alsace, et servirent ses intérêts dans la mesure où ils consacraient l’affaiblissement de ses principaux rivaux, les Habsbourgs, présents à la fois en Autriche et en Espagne. Cependant, la France ne put jouir longtemps des bénéfices de la paix, le mécontentement qui grondait depuis longtemps ayant abouti au déclenchement de la Fronde.

La poursuite de la guerre avait contraint le surintendant Particelli d’Émery à lever de nouvelles taxes en vertu de l’édit du toisé et de la taxe des "aisés", pris en 1644, et de l’édit du tarif, pris en 1646, très mal acceptées par le peuple. La multiplication des offices, ainsi que la réduction des gages et des rentes atteignaient dans ses privilèges la noblesse et la bourgeoisie de robe. En outre, les Grands, et particulièrement les princes du sang, longtemps bénéficiaires de l’indulgence de Mazarin, qui préférait les combler de largesse plutôt que de céder une part quelconque des prérogatives du pouvoir central, étaient conscients que, à mesure que la majorité du roi approchait, leur capacité d’action risquait de se réduire. Née d’une conjonction de facteurs, la Fronde manifesta en fait un refus global des progrès de l’absolutisme et de la centralisation monarchique.

En août 1648, alors que le Parlement de Paris refusait depuis plusieurs mois l’enregistrement de 7 nouveaux édits fiscaux, il crut pouvoir profiter de la victoire de Condé à Lens pour faire arrêter le conseiller Broussel, l’un des meneurs de la révolte. Aussitôt, la ville se couvrit de barricades et, après 1 mois de troubles, il dut accepter les conclusions des conférences de Saint Germain, consacrant les principales conquêtes parlementaires. Mazarin et la reine, bien décidés à rétablir l’ordre, quittèrent clandestinement la capitale avec le jeune roi, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, et s’installèrent à Saint Germain, pendant que Condé commençait le siège de la capitale, qui allait durer 3 mois. Dans le camp adverse, le frère et la sœur de Condé, le prince de Conti et la duchesse de Longueville, alliés au cardinal de Retz, étaient l’âme de la résistance parisienne, tandis que le duc de Longueville allait porter la révolte en Normandie.

Un nouveau compromis, la paix de Saint Germain le 1er avril 1649, sembla préparer le retour au calme. Mais les prétentions de Condé à faire payer son soutien au pouvoir provoquèrent son arrestation en janvier 1650, ainsi que celle de Conti et de Longueville. À la Fronde parlementaire succédait celle des princes, qui enflamma la Normandie, le Poitou, la Bourgogne et l’Aquitaine. En janvier 1651, le ralliement au parti des princes de Gaston d’Orléans, jusqu’alors resté fidèle, obligea Mazarin à fuir une première fois à Brühl, près de Cologne, d’où il continua de s’occuper des affaires du pays en entretenant une correspondance permanente avec la reine.

Rentré en France en décembre 1651, Mazarin eut l’adresse de s’éloigner une seconde fois, jouant sur l’apaisement de l’opinion qui commençait à se lasser de la ruineuse rébellion des princes. Réfugié à Bouillon d’avril 1652 à février 1653, il put, peu après le roi, faire une entrée triomphale dans Paris en février 1653, plus personne ne conteste son pouvoir. Louis XIV le reçoit comme un père, le peuple l’accueille comme un maître. Aux mazarinades qui l’injuriaient succèdent les odes. Gaston d’Orléans frère de Louis XIII devint lieutenant général du royaume et le prince de Condé chef du Conseil, nominations qui avaient surtout pour but d’éviter une rébellion des grands du royaume.

Plus puissant que jamais, il se consacra désormais à l’éducation du roi, qui lui laissa exercer le pouvoir jusqu’à sa mort. S’appuyant sur des administrateurs de grande valeur, dont les plus connus sont Lionne, Servien, Le Tellier, Fouquet et Colbert, son intendant particulier, il fut en mesure de redresser les finances du royaume tout en travaillant, plus que jamais, à en assurer la sécurité.

S’il échoua à faire élire Louis XIV au trône impérial, Léopold 1er lui fut préféré, il parvint, au prix d’une surprenante alliance avec le régicide Cromwell, à reprendre Dunkerque aux Espagnols en 1657 et, l’année suivante, organisa avec les protestants la ligue du Rhin visant à isoler l’empereur.

Le couronnement de sa carrière fut le traité des Pyrénées, signé en 1659, qui mit fin à la guerre avec l’Espagne, donna à la France l’Artois et le Roussillon, et décida du mariage de Louis XIV avec une princesse espagnole, Marie-Thérèse, ce qui devait, ultérieurement, ouvrir la voie aux prétentions françaises sur la couronne d’Espagne. Peu avant sa mort, Mazarin maria Philippe d’Orléans, le frère du roi, avec Henriette d’Angleterre, sœur de Charles II, dans le but de renforcer l’alliance de la France avec ce puissant voisin.

Mort dans la nuit du 8 au 9 mars 1661, au château de Vincennes, il laissait une énorme fortune, estimée à 39 millions de livres tournois.

Il fut également un collectionneur d’art éclairé et un grand mécène, fondateur du collège des Quatre Nations, qui abrite aujourd’hui l’Institut de France, il ouvrit au public sa bibliothèque personnelle, l’actuelle bibliothèque Mazarine, et protégea de nombreux artistes, dont Ménage et Lully. On lui doit aussi l’introduction de l’opéra italien en France.

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