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Flavius Rufinus dit Rufin

samedi 15 août 2020, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 7 septembre 2011).

Flavius Rufinus dit Rufin (335-395)

Préfet du prétoire d’Orient et favori d’Arcadius en 394

Blason empire RomainAquitain d’Elusa [1], en Novempopulanie [2], de naissance obscure, probablement formé dans une école de Bordeaux ou de Toulouse. Il est décrit comme cupide, fourbe et ambitieux, par Claudien, mais aussi intelligent, doué de prestance et d’éloquence, par Symmaque, et catholique zélé, ce qui plut à l’empereur Théodose 1er. Après la mort de ce dernier, il devint ministre de son fils Arcadius.

Après avoir quitté Eauze, il séjourna à Milan [3] et à Rome. Il devint alors l’ami de saint Ambroise. Il continua sa route vers Constantinople [4] pour rejoindre la cour de l’empereur. Il obtint un emploi à la chancellerie impériale et devint magister officiorum [5], en 388.

On ignore par quel moyen il devint l’ami d’Arcadius qui le nomma grand maître du palais quand il succéda à son père.

En 390, il fut l’ambassadeur de l’empereur Théodose auprès de saint Ambroise pour régler une affaire qui les opposait.

En 392, Théodose le désigne comme consul en même temps que son fils Arcadius, et la même année préfet du prétoire [6] pour l’Orient. Il entra en conflit avec Promotus et Timasius , respectivement magister equitum [7] et magister peditum de Théodose. Au cours d’un conseil il insulta Promotus qui le giffla. Ayant rendu compte de l’incident à Théodose, il obtint son soutien et put obtenir de l’empereur l’envoi de Promotus en Thrace [8]. Rufin employa alors des barbares qui le suivirent et le tuèrent en septembre 392.

Il assura avec Arcadius la direction de l’empire quand Théodose quitta Constantinople pour combattre les troupes d’Arbogast qui est vaincu à la bataille de la Rivière Froide [9], en septembre 394.

Comblé d’honneurs, devenu immensément riche, il se fait construire une somptueuse résidence d’été en Chalcédoine [10]. Il fait construire un monastère et une église dans laquelle il est baptisé en 394 en présence d’évêques et d’ermites célèbres.

Avant sa mort, Théodose décida de partager l’empire entre ses 2 fils, à Honorius, l’empire d’Occident, et à Arcadius, l’empire d’Orient. Il chargea le général Stilicon de veiller sur ses fils. Dans l’empire d’Orient Stilicon se heurta à Rufin, ministre d’Arcadius, et ne put exercer la régence que sur l’empire d’Occident.

Au printemps 395, les Wisigoths [11] d’Alaric étant rejetés de Constantinople vers la Thessalie [12], il décida de cantonner ces hordes en Illyrie [13] orientale afin de bloquer les revendications de son ennemi Stilicon sur ce territoire qu’il revendiquait en faveur de l’empire d’Occident. La manœuvre réussit et Stilicon retourna en Italie. Mais son triomphe fut de courte durée.

Rufin voulait faire épouser sa fille à l’empereur mais Eutrope, qui avait été eunuque [14] du palais de Théodose, réussit à bloquer ce projet. Cependant, alors qu’il voyageait en Syrie [15] en avril 395, Eutrope mariait rapidement Arcadius avec Eudoxie.

Le 27 novembre, Rufin se rendit avec Arcadius au camp de l’Hebdomon pour une réception solennelle des troupes rappelées de Thessalie. Il fut accusé d’avoir passé un pacte avec les Wisigoths et de vouloir marier sa fille avec l’empereur Arcadius pour asseoir son pouvoir sur l’empire.

Il est remplacé par Eutrope. Les troupes commandées par le goth [16] Gaïnas, ami ou payé par Stilicon, l’entourèrent, l’assassinèrent et promenèrent sa tête au bout d’une pique. Sa femme et sa fille furent sauvées par Eutrope qui leur permit de se retirer à Jérusalem.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Flavius Rufinus/ Portail de la Rome antique/ Portail de la Gascogne/ Catégories : Fonctionnaire impérial

Notes

[1] Elusa est la cité aquitano-romaine des Elusates dans le sud-ouest de la Gaule de César, l’actuelle ville d’Eauze dans le département du Gers. Le nom de cette cité vient du nom du peuple aquitain (proto-basque) des Elusates. Il a évolué en Elsa au 10ème siècle, puis Euso en gascon et, enfin, Éauze en français. Elusa est fondée au début du 1er siècle de notre ère, à 3 km au Sud de l’oppidum des Elusates, sur la première terrasse surplombant la rivière de la Gélise. Les rues, cardo et decumanus formant une trame urbaine orthogonale, ont été tracées dès cette fondation. La ville fut intégrée au réseau des principales voies romaines. Elle est érigée en civitas et elle obtient le statut de colonie de droit latin.

[2] La Novempopulanie ou Aquitania novempopulana ou encore « Pays des Neuf Peuples » est le nom donné au 3ème siècle par l’administration impériale à la partie sud de l’Aquitaine antique, c’est-à-dire l’Aquitaine ethnique de César. Elle est une province romaine du diocèse de Vienne de la préfecture des Gaules. Dite Aquitaine 3ème , elle provient de la division administrative de la grande Gaule aquitaine en trois parties, avec Eauze pour capitale.

[3] Milan est une ville d’Italie située au nord de la péninsule, à proximité des Alpes. Chef-lieu de la région Lombardie, située au milieu de la plaine du Pô. Milan est créée par des Celtes, les Insubres, une tribu probablement autochtone qui faisait partie à l’époque préhistorique de la culture de Golasecca. D’après Tite-Live, la ville aurait été fondée par des Gaulois, les Bituriges, emmenés par Bellovesos, neveu du roi mythique Ambigatos. Après la conquête définitive, la romanisation des Insubres s’avéra profonde et relativement rapide, en 89 av. jc les habitants de la région obtiennent la citoyenneté latine (Lex Pompeia) et finalement en 49 av. jc la pleine citoyenneté romaine (Lex Roscia). L’importance militaire, politique et économique permet à la ville de Milan de recevoir le titre de municipalité puis de colonie romaine. En 286, l’empereur Dioclétien divise l’Empire en deux parties ; la capitale de l’Empire romain d’Occident est déplacée à Milan, celle d’Orient à Nicomédie.

[4] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[5] Le magister officiorum ou maître des offices est un haut fonctionnaire romain de l’époque du Bas-Empire. Créé sous Constantin Ier vers 320, ce fonctionnaire est à un poste clé et est membre du consistoire sacré, ou conseil de l’empereur et dirige la majeure partie de l’administration centrale. Il remplace le préfet du prétoire comme commandant de la nouvelle garde impériale, les scholæ palatinæ et à la direction des fabriques d’armes. Il contrôle l’ensemble de l’administration impériale par l’intermédiaire du corps des agentes in rebus, chargés de mission qui acheminent les courriers et les ordres officiels, et qui enquêtent dans les provinces, surveillant les gouverneurs locaux, au point qu’on les surnomme les curiosi. Enfin, il reçoit les ambassadeurs, et par extension, surveille les réceptions et les cérémonies officielles à la Cour, et a une autorité disciplinaire sur le personnel du cubiculum, domesticité personnelle de l’empereur.

[6] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[7] Le maître de cavalerie (magister equitum) était sous la Rome antique le chef d’état-major du Dictateur romain par qui il était nommé. Comme le dictateur, le maître de cavalerie exerce un mandat de 6 mois en cas de troubles graves. Il est entouré de 6 licteurs. Il s’agit d’une magistrature exceptionnelle puisque il faut que le sénat proclame l’état d’exception pour qu’elle soit exercée.

[8] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[9] La bataille de la rivière froide ou bataille du Frigidus a eu lieu du 5 au 6 septembre 394 et a vu s’affronter les troupes de l’Empire romain d’Orient alliées aux Wisigoths, et commandées par l’empereur romain Théodose 1er et le roi des Wisigoths Alaric, aux troupes coalisées de l’Empire romain d’Occident et des Francs, sous le commandement d’Eugène et d’Arbogast. La défaite et la mort d’Eugène et de son commandant, le général franc Arbogast, permettent pour la dernière fois dans l’histoire romaine d’unir, sous le pouvoir d’un seul empereur, l’ensemble des territoires de l’Empire romain. Cette bataille favorise également l’adoption du christianisme dans la partie occidentale de l’empire, Eugène possédant le soutien de l’aristocratie païenne.

[10] Chalcédoine est une cité grecque de Bithynie (actuellement en Turquie), située sur l’entrée orientale du Pont-Euxin, face à Byzance et au sud de Chrysopolis (Scutari, actuellement Üsküdar). La ville turque de Kadıköy est aujourd’hui située sur l’emplacement de Chalcédoine, dans le prolongement d’Üsküdar. Elle fait partie, avec le reste du royaume de Bithynie, du legs de Nicomède IV à l’Empire romain en 74 av. jc. Elle subit l’invasion de Mithridate VI, qui est ensuite chassé par Lucullus. De nouveau dans le giron de l’Empire romain, elle redevient une ville libre. Chalcédoine accueille le quatrième concile œcuménique des chrétiens en 451. Chosroès II, roi des Perses Sassanides, assiège la ville en 602 et s’en empare pour venger le meurtre de son ami Maurice Tibère ; il menace alors directement Constantinople dirigée par Phocas. La ville revient à l’empire l’année suivante, avant d’être à nouveau assiégée (mais non prise) par les Perses en 617 et 626, puis par mer, par les Arabes, en 678 et 718.

[11] Les Wisigoths ou Tervinges étaient un peuple germanique issu des Goths. Les Wisigoths sont ceux qui, migrant depuis la région de la mer Noire, s’installèrent vers 270-275 dans la province romaine abandonnée de Dacie (actuelle Roumanie), au sein de l’Empire romain, alors que les Ostrogoths s’installèrent, pour leur part, en Sarmatie (actuelle Ukraine). Les Wisigoths migrèrent à nouveau vers l’ouest dès 376 et vécurent au sein de l’Empire romain d’Occident, en Hispanie et en Aquitaine.

[12] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[13] L’Illyrie est un royaume des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près à l’Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l’Albanie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le 20ème siècle av. jc. C’est un peuple de souche Indo-Européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers -1300 ils s’établissent sur les côtes Nord et Est de l’Adriatique. Les Illyriens sont les premiers avec les Grecs, à s’installer dans les Balkans et constituent un immense Royaume. Au VIIe siècle av. J.-C. et VIe siècle av. J.-C., l’Illyrie subit une forte héllénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y ont fondé des comptoirs.

[14] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[15] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.

[16] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.