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L’histoire pour le plaisir

Marcia

dimanche 7 mars 2021, par ljallamion

Marcia (vers 33- ?)

Blason empire RomainÉpouse de Marcus Ulpius Traianus et mère de l’empereur Trajan. Elle est peut-être aussi la demi-sœur aînée de Marcia Furnilla , la seconde épouse de Titus, et la tante de Julia Titi.

Marcia est née et est élevée à Rome, issue d’une famille noble et influente, les Marcii Bareae [1] qui sont d’origine plébéienne [2] et qui font remonter leurs origines à Ancus Marcius.

Elle est peut-être la fille du sénateur romain Quintus Marcius Barea Soranus, consul en 52, ou y est liée d’une manière ou d’une autre. Barea Soranus est un ami du futur empereur Vespasien et son père est le consul de 34. Marcia a donc peut-être pour sœurs cadettes, ou demi-sœurs, Marcia Servilla et Marcia Furnilla, la seconde épouse de Titus, fils de Vespasien. Julia Titi, née en 64, est issue de ce mariage, mais le couple divorce peu après. La famille des Marcii Bareae est compromise dans la conjuration de Pison [3] contre Néron en 65 et les Flaviens [4] veulent préserver leur position.

Pendant le règne de l’empereur Claude, elle est mariée au général et sénateur romain Marcus Ulpius Traianus. Il est originaire d’Italica [5] dans la province romaine de la Bétique [6]. Après leur mariage, ils y vivent quelque temps.

Ils ont une fille, Ulpia Marciana , née vers 50, qui épouse un Matidius, peut-être Caius Salonius Matidius Patruinus, un riche sénateur de rang prétorien [7]. De ce mariage naît Salonina Matidia, vers 67. Cette dernière est mariée au moins deux fois, une première fois avec un Mindius, dont elle a une fille, Matidia, et la deuxième fois avec Lucius Vibius Sabinus, consul suffect [8], et c’est de ce mariage que naît alors Vibia Sabina, future épouse d’Hadrien. En troisièmes noces, elle épouse peut-être Libo Rupilius Frugi, ce qui ferait d’elle une des arrière-grands-mères de Marc Aurèle.

Ils ont aussi un fils, Marcus Ulpius Traianus, connu sous le nom de Trajan, né en 53. Il est empereur romain de 98 jusqu’à sa mort en 117. Il épouse Plotine.

Marcia possède des propriétés appelées “Figlinae Marcianae” dans le nord de l’Italie, à quinze milles de Todi [9], en Ombrie [10], et de la maison ancestrale des “Ulpii”. Quand elle meurt, Trajan en hérite probablement.

On ne sait pas si Marcia vit assez longtemps pour voir son fils devenir empereur.

Aux environs de l’an 100, son fils fonde une colonie en Afrique du Nord qui est appelée Colonia Marciana Ulpia Traiana Thamugadi [11]. Trajan la baptise ainsi en l’honneur de sa mère, de son père et de sa sœur.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Julian Bennett, Trajan. Optimus Princeps. A Life And Times, Londres, Routledge, 1997 (1re éd.) et 2001 (2e éd.), 352 p. (ISBN 978-0-415-2-41502),

Notes

[1] Marcius, parfois écrit Martius, était le nomen d’une ancienne famille d’abord patricienne puis plébéienne romaine, la gens Marcia. Elle faisait partie des cent gentes aux origines de Rome et son nom provient de la divinité sabine au nom osque Mavors ou Mamers, assimilée plus tard à Mars. Cette gens d’origine sabine affirmait descendre du quatrième roi de Rome, Ancus Marcius. La gens faisait frapper l’effigie de Numa Pompilius et d’Ancus Marcius sur ses monnaies et une des familles de la gens portait même le nomen Rex. Malgré cette antiquité supposée, on ne trouve cependant aucun patricien portant ce nom dans les premiers temps de la République, à l’exception de Coriolan. Ce n’est qu’après la promulgation des lois liciniennes que l’on trouve des membres de cette famille atteignant la charge consulaire, le premier étant Caius Marcius Rutilus Censorinus, consul en 357 av. jc.

[2] La plèbe est une partie du peuple romain, c’est-à-dire les citoyens romains, distincts des esclaves. La plèbe ou les plébéiens se définissent par opposition aux patriciens. Dans le langage courant, la plèbe désigne le peuple par opposition aux élites de pouvoir.

[3] La Conjuration de Pison, du nom que lui donne Suétone, est un complot dirigé contre l’empereur Néron en 65.

[4] Les Flaviens sont une dynastie d’empereurs romains issus de la gens Flavii, qui ont régné de 69 à 96 sur l’Empire romain. Les Flaviens parviennent au pouvoir en 69, lors de la première guerre civile depuis le début du règne d’Auguste, connue sous le nom d’Année des quatre empereurs. Après la chute de Galba puis d’Othon, Vitellius parvient au trône impérial dans le courant de l’année 69. Sa prétention au trône est rapidement contestée par des légions stationnées dans les provinces de l’Est, qui déclarent leur commandant Vespasien empereur à sa place. La seconde bataille de Bedriacum fait pencher la balance de manière décisive en faveur des forces de Vespasien, qui entre dans Rome le 20 décembre. Le lendemain, le sénat romain le déclare officiellement empereur, inaugurant ainsi la dynastie flavienne. Bien que la dynastie ait assez peu duré, plusieurs événements historiques, économiques et militaires significatifs ont eu lieu au cours du règne des Flaviens. Il revient à ces empereurs de remettre de l’ordre dans les finances de l’État, épuisées par Néron et ses fastes, ainsi que d’effacer les séquelles de l’année qui vient de s’écouler.

[5] Italica est une ancienne ville romaine de la province de Bétique située sur la municipalité actuelle de Santiponce (province de Séville, Andalousie, Espagne). Italica fut la première ville romaine fondée en Hispanie, par Scipion l’Africain. À la fin de la deuxième Guerre punique, Scipion l’Africain répartit entre les soldats de ses légions des parcelles de terre dans la vallée du fleuve Bétis (actuellement Guadalquivir), ce qui fait qu’Italica naquit comme une ville de vétérans (vicus civium romanorum), sur la berge ouest du Bétis en 206 av. jc.

[6] La province romaine de Bétique couvre le sud de l’Espagne, et correspond à peu près à l’actuelle Andalousie. Elle est issue de l’ancienne Hispanie ultérieure, et tire son nom du Baetis, nom latin du fleuve Guadalquivir. C’est une province sénatoriale administrée par un ancien préteur, dont la capitale est Corduba(Cordoue)

[7] Dans l’Antiquité romaine, la garde prétorienne était une unité de l’armée romaine constituée de soldats d’élite initialement recrutés en Italie. Ces unités tirent leur origine du petit groupe d’hommes dont s’entouraient les magistrats républicains connus sous le nom de préteurs et leur nom du camp des légions romaines où était dressée la tente du commandant de la légion, le prétoire, quand ils partaient en campagne. C’est l’une des unités militaires les plus célèbres de l’histoire romaine.

[8] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[9] Todi est une commune italienne, située dans la vallée du Tibre, dans la province de Pérouse, dans la région Ombrie, en Italie centrale.

[10] Le nom de la région est issu de la tribu des Umbri (Ombriens), un peuple qui a fini par être absorbé par l’expansion romaine. Leur langue était l’Ombrien, une des langues italiques. Les Umbri, comme les tribus voisines sont probablement issus de la culture Terramare et de Villanova d’Italie du nord et centrale, et ont pénétré dans le nord-est de l’Italie au début de l’âge du Bronze. Les Étrusques étaient en conflit avec les Umbri, et l’invasion étrusque est passée de la côte ouest vers le Nord et l’est (700 à 500 av. jc), en poussant les Ombriens vers les hautes terres des Apennins. Néanmoins, la population Ombrienne ne semble pas avoir été éradiquée dans les districts conquis. Après la chute des Étrusques, les Umbri ont tenté d’aider les Samnites dans leur lutte contre Rome (308 av. jc) ; toutefois les communications avec le Samnium ont été entravées par la forteresse romaine de Narni et la grande bataille de Sentinum,(295 av. jc). La victoire romaine de Sentinum, commence une période d’intégration sous les souverains romains, qui a mis en place des colonies (Spolète) et construit la via Flaminia (220 av. jc), qui est devenu le principal vecteur de développement romain en Ombrie. Au cours de l’invasion d’ Hannibal de la deuxième guerre punique, la bataille du lac Trasimène a vu les Umbri conserver une certaine neutralité. Pendant la guerre civile romaine entre Marc-Antoine et Octave (40 av. jc), la ville de Pérouse, prise par Antoine fut presque entièrement détruite par ce dernier. Au temps de Pline l’Ancien, 49 communautés indépendantes existent toujours en Ombrie et l’abondance des inscriptions et la forte proportion de recrues dans l’armée impériale atteste de sa population. La région moderne de l’Ombrie, cependant, est très différente de l’Ombrie de l’époque romaine dont l’étendue débutait dans ce qui est maintenant les Marches du Nord, depuis Ravenne, excluait la rive occidentale du Tibre. Pérouse se situait donc en Étrurie, et les environs de Norcia dans le territoire des Sabins. Après l’effondrement de l’Empire romain, les Ostrogoths et les Byzantins ont lutté pour la suprématie dans la région. Les Lombards fondent le duché de Spolète, couvrant la majeure partie de l’Ombrie d’aujourd’hui.

[11] actuelle Timgad