Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 2ème siècle > Pubius Aelius Hadrianus dit Hadrien

Pubius Aelius Hadrianus dit Hadrien

samedi 16 mai 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 15 août 2013).

Pubius Aelius Hadrianus dit Hadrien (76-138)

Empereur romain de 117 à 138

Portrait d'Hadrien en vêtements grecs provenant du temple d'Apollon à Cyrène, British Museum

Né à Italica [1] en Bétique [2].

Au 1er siècle Vespasien accorde le droit latin à tous les municipes d’Espagne et crée une assemblée provinciale pour la Bétique, qui se réunit une fois par an pour célébrer le culte impérial et discuter l’administration de la province.

Elle reste en marge de troubles politiques et des menaces barbares qui touchent l’Empire romain à partir de 161, sauf vers 180, lorsque des Maures révoltés traversent le détroit de Gibraltar, et ravagent la province dépourvue de troupes en tant que province sénatoriale. Le légat Aufidius Victorinus rétablit la situation, en Espagne, il succède à son père adoptif Trajan en 117, en ayant renforcé son lien avec la famille impériale grâce au mariage avec Vibia Sabina, une nièce de Trajan.

Empereur humaniste, lettré, poète et à la réputation pacifique, il n’attache pas une grande importance aux conquêtes de Trajan sur l’Euphrate et abandonna la politique guerrière de celui-ci, renonça aux territoires à l’Est de l’Euphrate, mais conserva la Dacie [3] et entreprit de fortifier les frontières de l’Empire. Il réorganisa l’armée en favorisant le recrutement des légions dans les provinces mêmes où elles stationnaient est en accroissant les effectifs de la cavalerie.

Cependant, son œuvre essentielle fut administrative. Il acheva l’organisation de la bureaucratie impériale et remplaça les affranchis par des chevaliers à la tête de l’administration centrale. Il procéda à la codification du droit romain, mais sans étouffer les particularismes locaux. Curieux de tout et soucieux du gouvernement des provinces, il passa son règne à parcourir l’Empire et voua son affection particulière à la Grèce, ou il tenta de restaurer la religion grecque en restreignant les cultes orientaux bien qu’il vouât un culte particulier aux dieux égyptiens suite à son voyage dans cette province de l’Empire aux alentours de 130. En effet lors de son passage à Alexandrie, il ordonna la restauration voire la reconstruction du temple de Sérapis et se fit édifier dans sa villa impériale de Tivoli un sanctuaire aux dieux égyptiens que l’on nomme Canope. De plus en 127, dans un rescrit au proconsul d’Asie, Minicius Fundanus, il affirma que les Chrétiens ne pouvaient pas être mis à mort sans procès préalable.

Il s’efforça de remédier à l’abandon des terres et de repeupler les grand domaines impériaux en encourageant les baux à long terme, en favorisant les association d’agriculteurs libres, en permettant à n’importe qui de s’installer sur les terres en friches. Parmi les rares campagnes militaires qu’il mena, celle dirigée contre la révolte juive, en particulier en 132-135 la révolte de Bar-Kokheba qui lui donne une éphémère indépendance.

Jérusalem, prise en 134, est interdite aux Juifs et devient la colonie Aelia Capitolina. La province romaine est désormais appelée Palestine.

Intellectuel brillant, il fut aussi un grand bâtisseur et lança de grands travaux, d’abord en collaboration avec le grand architecte Apollodore de Damas, avant de se brouiller avec lui et de l’exiler. Pour son délassement, Hadrien se fit bâtir près de Tibur [4] une somptueuse villa, appelée la Villa d’Hadrien, agencée et décorée en souvenirs de ses voyages dans l’Empire romain.

Marié à Sabine, il n’eut pas d’enfant et adopta Lucius Aelius Verus. Ce dernier reçu le surnom de César. En 136, Hadrien fait assassiner Lucius Iulius Ursus Servianus qu’il soupçonne de vouloir remplacer Lucius par son grand fils Gnaeus Pedanius Fuscus. Mais Lucius Aelius Verus meurt le 1er janvier 138.

Peu avant sa mort, il désigna lui-même son successeur Aurelius Antoninus plus connu sous le nom d’Antonin le Pieux.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Histoire pour Tous/ Hadrien, l’empereur philhellène (76-138)/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 610

Notes

[1] Italica est une ancienne ville romaine de la province de Bétique située sur la municipalité actuelle de Santiponce (province de Séville, Andalousie, Espagne). Italica fut la première ville romaine fondée en Hispanie, par Scipion l’Africain. À la fin de la deuxième Guerre punique, Scipion l’Africain répartit entre les soldats de ses légions des parcelles de terre dans la vallée du fleuve Bétis (actuellement Guadalquivir), ce qui fait qu’Italica naquit comme une ville de vétérans (vicus civium romanorum), sur la berge ouest du Bétis en 206 av. jc.

[2] La province romaine de Bétique couvre le sud de l’Espagne, et correspond à peu près à l’actuelle Andalousie. Elle est issue de l’ancienne Hispanie ultérieure, et tire son nom du Baetis, nom latin du fleuve Guadalquivir. C’est une province sénatoriale administrée par un ancien préteur, dont la capitale est Corduba(Cordoue)

[3] La Dacie est, dans l’Antiquité, un territoire de la région carpato-danubiano-pontique correspondant approximativement à celui de la Roumanie actuelle. Le mot Dacie vient du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces. La Dacie était également peuplée par les Sarmates, les Scythes, et les Bastarnes. On relève aussi quelques peuplements celtes, et probablement un certain nombre de colons grecs et commerçants romains. Les ennemis des Daces sont les Romains et parfois certains Celtes. Leurs alliés sont les Thraces et les Grecs, jusqu’à la conquête de la Grèce par l’Empire romain.

[4] Tivoli