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Flavius Julius Nepos dit Julius Nepos

jeudi 7 juin 2018, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 23 août 2011).

Flavius Julius Nepos dit Julius Nepos

Empereur romain d’Occident

photo tirée d'une pièce à l'effigie de Julius Nepos.

Né en 450, d’une famille italienne établie en Dalmatie [1]. Il est le fils de Nepotianus, maître de la milice [2] en Dalmatie vers 461/468. Il est également le neveu de Marcellinus, frère de sa mère, un chef de pirates qui s’était taillé une principauté presque indépendante en Dalmatie et qui avait trouvé la mort lors de la désastreuse expédition de Anthémius contre le royaume vandale [3] d’Afrique du Nord en 472. Gouverneur et maître de la milice de Dalmatie, quasi indépendante en 468, Julius Nepos épousa le 1er juin 473 une nièce de l’impératrice Aelia Verina, femme de Léon 1er. Il reçoit le titre de patrice [4] en 474.

Sous l’influence d’Aelia Verina, chargé à l’automne 473 par Léon de renverser Glycerius, il obtint de Zénon au printemps 474, le titre de César et une flottille pour traverser l’Adriatique.

Partant de Constantinople et débarquant à Portus Augusti [5], il fut acclamé empereur à Rome le 24 juin 474. Malheureusement, il n’eu aucun soutien en Occident, les Romains le considérait comme un Grec, donc étranger et sa petite armée ne lui permettait pas de s’imposer. A Rome le Sénat lui fut hostile, il gouverna depuis Ravenne [6]. Il contrôla l’Italie, le sud de la Gaule notamment Arles, la Dalmatie et fut reconnu par Syagrius à Soissons. En janvier 475, son protecteur, Zénon fut renversé par l’usurpateur Basiliscus.

En 475, Euric, roi des Wisigoths [7] conclut un traité de paix avec lui où il obtint l’Auvergne et la reconnaissance de son autorité sur l’Espagne et la Gaule. Il ordonna à son nouveau maître de la milice, Oreste, de quitter la Gaule.

Oreste marcha alors sur Ravenne avec son armée. Le 28 août 475, il fuit avec sa flotte vers Salone [8] en Dalmatie où il rejoint son prédécesseur sur le trône d’Occident, Glycerius, devenu évêque de Salone, qui ruminait sa vengeance.

En août 476, Zénon récupère son trône. Au début 477, Julius Nepos lui envoie une ambassade pour lui demander de l’aide pour récupérer son trône aux mains de Odoacre. Mais Zénon, en guerre avec les Ostrogoths [9], ne peut lui allouer de troupes malgré le soutien de l’impératrice Aelia Verina. IL fait battre monnaie à Salone entre 475 et 477. Entre 477 et 480, Odoacre fait même battre monnaie à Ravenne et Milan au nom de Nepos et Zénon, maintenant la fiction de l’empire romain.

Le 9 mai 480, les comtes Victor et Avida, commandités par l’évêque Glycerius, assassinèrent Julius Nepos près de Salone. Il fut le dernier empereur d’Occident reconnu par l’empire d’Orient.

P.-S.

Source Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de empereurs romains/Julius Nepos

Notes

[1] La Dalmatie est une région littorale de la Croatie, le long de la mer Adriatique, qui va de l’île de Pag, au nord-ouest, à Dubrovnik et la baie de Kotor au Monténégro au sud-est.

[2] Le magister militum est un officier supérieur de l’armée romaine durant l’Antiquité tardive. Son nom est souvent traduit par « maître de la milice » ou « maître des milices ». À l’origine, on distinguait le magister peditum ou commandant de l’infanterie et le magister equitum ou commandant de la cavalerie. Les deux fonctions furent à l’occasion réunies et leur titulaire prit le titre de magister utriusque militiae. Le commandant des corps demeurant à la disposition de l’empereur près de la capitale fut appelé magister militum praesentales. En Orient, la fonction cessa d’exister avec la création des thèmes où le gouverneur (strategos), cumula les fonctions militaires et civiles.

[3] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Lors des Grandes invasions du 5ème siècle, leur migration les conduisit successivement en Gaule, Galice et Bétique en Espagne, Afrique du Nord puis dans les îles de Méditerranée occidentale Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique », ou « royaume de Carthage ». L’origine des Vandales est scandinave. Les Sillings seraient originaires du Nord du Jutland, les Hasdings du golfe d’Oslo qu’ils quittent pour le Jutland également : ils sont mentionnés pour la première fois par Tacite. Entre le 1er et le 3ème siècle, ils sont établis en Germanie orientale, dans une région située entre la Vistule et l’Oder, au bord de la mer Baltique.

[4] Patrice est un titre de l’empire romain, créé par Constantin 1er. Dans les années 310-320, Constantin abolit le patriciat romain, vieille distinction sociale qui avait ses racines au début de la république romaine. Le titre de patrice est désormais accordé par l’empereur à des personnes de son choix, et non plus à des familles entières. Dès son apparition, le titre de patrice permet à son titulaire d’intégrer la nobilitas, comme le faisait déjà le patriciat républicain. Le titre était décerné à des personnages puissants mais non membres de la famille impériale ; il vient dans la hiérarchie immédiatement après les titres d’Auguste et de César. Ce titre fut ensuite conféré à des généraux barbares au service de l’empire. Le titre fut encore porté par des notables gallo-romains au 6ème siècle. Sous les Mérovingiens, le titre de patrice était donné au commandant des armées burgondes. Les papes l’ont notamment décerné à plusieurs reprises pour honorer des personnages qui les avait bien servis. Le titre fut également conservé dans l’Empire byzantin, et son importance fut même accrue au 6ème siècle par Justinien 1er, qui en fit la dignité la plus haute de la hiérarchie aulique. C’était une dignité accordée par brevet. Dans les siècles suivants, elle fut progressivement dévaluée par la création de nouveaux titres. La dignité de patrice disparut à Byzance au 12ème siècle.

[5] Portus ou Portus Augusti est un grand port artificiel de Rome, en Italie, à l’époque antique. Situé sur la rive nord de l’embouchure du Tibre, sur la côte tyrrhénienne, il a été établi par l’empereur Claude dans les années 40 apr. jc puis agrandi par Trajan dans les années 100, en complément du port d’Ostie voisin. Grand port de commerce et de voyageurs, il assurait le ravitaillement de Rome, notamment en blé en provenance du nord du continent africain, et permettait d’abriter les plus imposants bateaux de toute la Méditerranée.

[6] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[7] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.

[8] Solin (en latin et en italien, Salona, en français Salone) est une ville et une municipalité située en Dalmatie, dans le Comitat de Split-Dalmatie, en Croatie. D’abord modeste port d’une tribu locale illyrienne, puis colonie grecque, Salone prend de l’importance en 48 av.jc lorsque Jules César y installe des vétérans romains démobilisés et en fait la colonie romaine de Colonia Martia Julia Salona. L’empereur Julius Nepos est assassiné à proximité de la ville en 480. La ville devient alors la capitale de la province de Dalmatie et reste une cité importante jusqu’à sa dévastation par les Avars et les Slaves en 630. Elle avait une forme trapézoïdale et s’étendait sur 1 600 mètres d’est en ouest et sur 700 mètres du nord au sud.

[9] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.