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Flavius Claudius Julianus dit Julien l’Apostat

samedi 20 février 2016 (Date de rédaction antérieure : 16 août 2011).

Flavius Claudius Julianus dit Julien l’Apostat (332-363)

Empereur romain de 361 à 363

Julien l'Apostat Empereur romain de 361 à 363

Fils cadet de Jules Constance et de Basilina, neveu de Constantin 1er. Il échappa, avec son frère Gallus, au massacre de toute sa famille ordonné à la mort de Constantin en 337.

Il est relégué dans une villa à l’écart de Nicomédie [1], et maintenu dans un isolement complet. Son éducation est confiée à l’eunuque Mardonios, Goth [2] d’origine, qui avait déjà été le pédagogue de Basilina. Mardonios l’initie aux grands classiques de la culture grecque, Homère et Hésiode. Constance II l’éloigne encore de Constantinople lorsque celui-ci atteint 13 ans, et l’assigne à résidence avec Gallus dans la forteresse de Macellum en Cappadoce [3]. Ils y passeront 6 ans dans un isolement total, sous la tutelle lointaine de l’évêque Georges de Cappadoce.

Élevé dans la religion chrétienne, il se convertit secrètement à l’ancienne religion et se détacha du christianisme dont se réclamaient les responsables du massacre de sa famille. Il fait des études de lettres et de philosophie, pendant que Gallus est promu César à Antioche, puis exécuté, Constance II étant mécontent de sa manière de gouverner.

Alors qu’il a commencé à approfondir ses études de philosophie à Athènes, il est soudain rappelé à la cour. En 355, après avoir épousé Hélène dite la jeune, sœur de l’empereur Constance II, celui-ci l’envoie en Gaule avec le titre de César et gouverneur des Gaules.

Il fait de Lutèce sa capitale et se révèle bon administrateur et bon soldat, repoussant les invasions des Alamans [4] en 357 et 360 et des Francs en 358. En 360, spontanément ou parce que Julien les y a poussés, ses soldats le proclament empereur à part entière à Lutèce en février 360.

Constance refusant le fait accompli, Julien marche contre lui vers l’Orient.

Mais il n’y a pas de bataille, car Constance meurt en novembre 361, faisant de son compétiteur son successeur.

La mort de Constance évita l’extension de la guerre civile. Devenu maître de l’empire tout entier, Julien promulgue un édit de tolérance autorisant toutes les religions et il abroge les mesures prises non seulement contre le paganisme, mais aussi contre les juifs et contre les chrétiens qui ne suivent pas le credo d’inspiration arienne qui avait la faveur de Constance.

En 362, il promulgue un édit qui interdit aux chrétiens d’enseigner la grammaire, la rhétorique et la philosophie, soit l’ensemble de l’instruction profane. Attiré par le néoplatonisme [5] et le mysticisme [6] de certains cultes païens, il abandonna le christianisme et rétablit le paganisme comme religion officielle. Il favorise les cités païennes et la restauration des temples païens. Malgré son indifférence devant les cas de vexations causées à des chrétiens, il ne prend pas de mesure de persécution, déclarant qu’il souhaite que les chrétiens reconnaissent eux-mêmes leur erreur et qu’il ne veut pas les y forcer. Si Julien ordonne l’expulsion d’Athanase, patriarche d’Egypte, il condamne le massacre de l’évêque arien Georges d’Alexandrie. Par ailleurs, il tente de favoriser les Juifs en autorisant la reconstruction du temple de Jérusalem.

Il manifeste son intention de revenir à un empire de forme moins autocratique et plus conforme à la tradition républicaine, mais il règne de manière assez autoritaire. Après avoir réorganisé et assaini l’administration, en réduisant en particulier le personnel du palais et celui qui est affecté à la délation et à l’espionnage, il s’installe à Antioche [7] pour préparer une expédition contre la Perse. Il entre assez vite en conflit avec la population de la ville, d’une part à cause de son paganisme affiché, d’autre part parce que sa rigueur morale s’oppose aux habitudes de vie qui ont cours dans cette métropole.

Au printemps 363, il se lance dans une vaste expédition militaire qui le mène victorieusement jusqu’à Ctésiphon [8], capitale des Perses. Mais il doit entamer une retraite, au cours de laquelle, le 26 juin 363, il est mortellement blessé à la bataille de Ctesiphon [9]. Cet intellectuel épris d’hellénisme laissa une importante œuvre littéraire. Jovien son successeur, rétablit la religion chrétienne.

Il fut l’un des principaux auteurs grecs du 4ème siècle. Il a écrit des lettres, des discours et un ouvrage critique contre le christianisme, le “Contre les Galiléens”.

Adepte de la philosophie néoplatonicienne, il a néanmoins toujours tenu à préciser qu’il n’était pas parvenu au stade de philosophe à part entière et qu’il n’était dans ce domaine qu’un étudiant. C’est pourquoi il n’a pas écrit d’ouvrage proprement philosophique, même si la plupart de ses écrits s’inspirent explicitement de positions philosophiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de herodote.net/Julien l’Apostat/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 757

Notes

[1] Nicomédie est une ville d’Asie mineure, capitale du royaume de Bithynie. Elle est appelée Izmit aujourd’hui. Hannibal s’y donna la mort en 183 av. jc et l’historien Arrien y naquit vers 90 ap. jc. Nicomédie fut fondée en 264 av. jc par le roi Nicomède 1er à proximité du site de l’ancienne cité d’Olbia également connue sous le nom d’Astacos, colonie de Mégare et détruite par Lysimaque. Sous l’Empire romain, Nicomédie devient une colonie. Dioclétien y établit sa résidence, suivi ensuite par Constantin. Elle est également le siège d’un atelier monétaire.

[2] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[3] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir.

[4] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.

[5] Le néoplatonisme est une doctrine philosophique, élaborée par Philon d’Alexandrie vers 40, puis développée à Rome à partir de 232 par Ammonios Saccas, par Porphyre de Tyr et surtout par Plotin, maître du précédent, et qui fut très influente dans l’Antiquité, avec de grands continuateurs comme Proclus, jusqu’à l’exil de ses derniers représentants comme Damascios et Simplicios de Cilicie, en 529. Le néoplatonisme ou platonisme de l’Antiquité tardive tentait de concilier la philosophie de Platon avec certains courants de la spiritualité orientale comme les oracles chaldaïques ainsi qu’avec d’autres écoles de la philosophie grecque, notamment celle d’Aristote.

[6] La mystique ou le mysticisme est ce qui a trait aux mystères, aux choses cachées ou secrètes. Le terme relève principalement du domaine religieux, et sert à qualifier ou à désigner des expériences spirituelles de l’ordre du contact ou de la communication avec une réalité transcendante non discernable par le sens commun.

[7] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[8] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km².

[9] La bataille de Ctesiphon a eu lieu le 29 mai 363 entre les armées de l’empereur romain Julien et l’empereur Sassanide Shapur II de Perse à l’extérieur des remparts de la capitale perse Ctesiphon. L’issue de la bataille est une victoire peu concluante des Romains puisque l’empereur Julien meurt peu après et que les forces romaines sont trop éloignées de leur ligne de ravitaillement pour continuer leur campagne.