Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 2ème siècle > Quintus Pompeius Falco

Quintus Pompeius Falco

dimanche 14 février 2016, par ljallamion

Quintus Pompeius Falco (mort après 140)

Sénateur et général romain-Consul suffect en 108

Restes de la via Traiana à Egnazia, près de Brundisium. Construite entre 109 et 114, cette voie reliait Beneventum à Brundisium sur la côte adriatique, en passant par Canusium, Barium et Egnathia.Gendre de Quintus Sosius Senecio et homme de confiance de Trajan, il est notamment gouverneur de Judée [1] puis de Mésie inférieure [2] à des moments stratégiques. Sous le règne d’Hadrien, il est gouverneur de Bretagne [3] et enfin proconsul [4] d’Asie [5].

Lorsqu’il est tribun de la plèbe [6], il demande conseil à Pline le Jeune pour savoir s’il doit ou non plaider tant qu’il est en fonction.

Pendant la première campagne en Dacie [7] de Trajan en 101-102, il est légat de la legio V Macedonica, sous les ordres de Manius Laberius Maximus, et reçoit des décorations militaires.

Il est legatus augusti pro praetore [8] de Lycie [9] et Pamphylie [10] puis en Judée entre 105 et 107 à la tête de la legio X Fretensis, faisant suite à Caius Iulius Quadratus Bassus. Il est placé à ce poste au moment où est décidé l’annexion du royaume nabatéen de Pétra [11], effectuée par Aulus Cornelius Palma Frontonianus, gouverneur de Syrie.

Il devient consul suffect [12] en 108. Immédiatement après son consulat il a une curator viæ Traianæ [13]. Il est très probable qu’il s’agisse là d’une mission exceptionnelle.

Il est ensuite gouverneur impérial de Mésie inférieure entre 116 et 117, poste militaire de très haute importance au moment où l’empereur est engagé en Orient contre les Parthes [14]. Il y est présent quand, dans la nouvelle province romaine de Dacie [15], un soulèvement est provoqué par les attaques répétées des Sarmates Roxolans [16] et Iazyges [17] ainsi que des Daces libres. Caius Iulius Quadratus Bassus y est envoyé à l’été 117 pour faire face au péril.

Hadrien le rappelle dès le début de son règne, à la fin de l’année 117, peut-être pour écarter un consulaire proche de son prédécesseur d’un poste hautement stratégique et y placer ses propres hommes de confiance, comme il le fera aussi en Pannonie [18].

Il l’envoie alors en Bretagne [19] comme gouverneur en 118, alors qu’il y a d’importants troubles sur place. Il y succède à Marcus Atilius Metilius Bradua , en poste depuis plusieurs années.

La première année en Bretagne, il mate une rébellion des Brigantes et Selgovae [20]. Une inscription à Jarrow [21] et des pièces commémoratives émises en 119 attestent de son succès. Il est remplacé par Aulus Platorius Nepos en juillet 122.

Il est ensuite proconsul d’Asie [22] vers 129 ou vers 123/124.

Il serait encore en vie sous Antonin le Pieux, en automne 140

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Françoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ? Ascension des élites hispaniques et pouvoir politique d’Auguste à Hadrien (27 av. J-C - 138 ap. J-C), Madrid, Casa de Velazquez,‎ 2006

Notes

[1] La Judée ou Iudaea est une province romaine créée en l’an 61 sur une partie du territoire des royaumes hasmonéen et hérodien. Elle tire son nom du royaume israélite de Juda. Elle couvre les régions de Judée, de Samarie et d’Idumée.

[2] La Mésie ou Moésie est une ancienne région géographique et historique située au sud du cours inférieur du Danube, dans les actuelles Serbie, Bulgarie (nord) et Roumanie (extrémité sud-est).

[3] La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du 1er au début du 5ème siècle. Pour les Romains, la Britannia constituait « la terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté » ; d’après l’écrivain Tacite

[4] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur.

[5] La province romaine d’Asie comprenait la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade.

[6] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien

[7] Les guerres daciques de Trajan sont deux campagnes militaires de l’empereur romain Trajan contre le royaume dace de Décébale en 101-102 et 105-106. Elles aboutissent, en l’an 106, à l’annexion du royaume dace et à la création d’une nouvelle province, la Dacie romaine. Les campagnes de Trajan font partie du conflit plus large opposant le peuple des Daces, qui occupe les montagnes des Carpates, à l’Empire romain, sous les règnes des empereurs Domitien et Trajan : les guerres daciques. Entre 85 et 89, Domitien a mené plusieurs campagnes contre les Daces à la suite de l’attaque de ces derniers, campagnes qui se sont conclues par un traité plutôt avantageux pour le royaume dace unifié. Une première guerre est engagée par Trajan pour venger les défaites subies quinze ans plus tôt par Domitien durant laquelle il entreprend de pénétrer dans le territoire dace pour intimider les Daces et peut-être dans le but de préparer une annexion. Après une contre-attaque en Mésie romaine des Daces et de leurs alliés, qui sont notamment vaincus à la bataille d’Adamclisi, le roi dace Décébale doit capituler mais préserve son pouvoir et la majorité de son territoire. Une deuxième guerre se déclare quelques années plus tard à la suite de l’attaque des territoires daces sous contrôle romain et de la Mésie par Décébale. C’est à l’issue de cette guerre que le royaume dace est finalement annexé, Décébale s’étant suicidé, et la province romaine de Dacie est créée.

[8] gouverneur impérial

[9] La Lycie est une région historique située au sud de la Lydie en Asie Mineure (actuelle Turquie). Bordée à l’est par la Pamphylie, au nord par la Pisidie, à l’ouest par la Carie, et au sud par la mer Méditerranée. La région est essentiellement montagneuse, les plaines côtières sont rares et la culture se fait surtout dans l’arrière-pays. La Lycie est traversée par un seul fleuve, le Xanthos ou Xantos.

[10] La Pamphylie est le nom donné dans l’Antiquité à une région historique du sud de l’Asie Mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l’est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l’ouest.

[11] Les Nabatéens sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle. Après la chute de l’Empire séleucide, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d’Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée (64 av. jc), le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien.

[12] supléant

[13] curatèle des routes

[14] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie.

[15] La Dacie est, dans l’Antiquité, un territoire de la région carpato-danubiano-pontique correspondant approximativement à ceux des actuelles Roumanie, Moldavie et des régions adjacentes. Le mot Dacie (du latin Dacia) vient du nom romain de ses occupants principaux, les Daces, qui sont très proches des Thraces.

[16] Les Roxolans étaient un peuple cavalier de la steppe pontique, issu des Sarmates de l’Antiquité et qui s’est dispersé au 4ème siècle lors de l’invasion des Huns. Ils étaient apparentés aux Alains, avec lesquels ils partageaient un mode de vie nomade.

[17] Les Iazyges ou Jazyges ou Yaziges sont, comme les Roxolans, une des branches occidentales des Sarmates, un peuple des steppes d’origine scythique selon Hérodote, donc de langue iranienne. Ils apparaissent autour de la Méotide et font partie des premiers groupes sarmates à avoir migré vers l’ouest. La force principale des Iazyges réside dans leur archerie et leur cavalerie très mobile.

[18] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l’Autriche et de la Slovaquie. Les habitants originaux sont les Pannoniens peuple indo-européen apparenté aux Illyriens et aux Vénètes, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc.

[19] La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du 1er au début du 5ème siècle. Pour les Romains, la Britannia constituait « la terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté » ; d’après l’écrivain Tacite

[20] tribus brittonique du nord de la Bretagne et du sud de la Calédonie

[21] Jarrow est une commune britannique située sur la rivière Tyne (Angleterre)

[22] La province romaine d’Asie comprenait la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade.