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Arétas IV ou Harithath IV

dimanche 6 septembre 2015

Arétas IV ou Harithath IV

Roi des Nabatéens d’environ 9 av. jc à 40 ap. jc

À la mort d’Obodas III, Énée s’empare du pouvoir et prend Arétas comme nom de règne. Il n’a pas sollicité l’accord de Rome, contrairement aux usages pour les États-clients, ce qui indispose grandement l’empereur Auguste à son encontre.

Ayant anticipé la mort d’Obodas, Syllaios, son tout puissant ministre, se trouve alors à Rome pour tenter de se faire désigner roi. Profitant de la mauvaise humeur d’Auguste et avec force cadeaux, Syllaios obtient que la royauté d’Arétas ne soit pas reconnue par l’empereur. Syllaios continue à faire sa cour et espère être finalement désigné roi par Auguste.

Toutefois, Arétas IV et le roi Hérode le Grand de Judée vont conjuguer leurs efforts pour que Syllaios soit finalement écarté. Hérode est à ce moment dans une période de disgrâce auprès de l’empereur qui, écoutant Syllaios, lui reproche d’avoir fait une incursion militaire en Nabatée et d’avoir tué plusieurs « Arabes », dont le prince Nakeb. Pour essayer de revenir en grâce, Hérode envoie en ambassade Nicolas de Damas, puis deux de ses fils.

En s’alliant avec les ambassadeurs d’Arétas, ils parviennent à retourner la situation. Ils accusent alors Syllaios d’avoir fait assassiner le roi Obodas en apportant suffisamment de preuves et de témoignages pour ébranler les bonnes relations que l’empereur avait avec Syllaios. Nicolas de Damas se vante aussi d’avoir réussi à convaincre Auguste qu’Hérode était dans son bon droit dans l’attaque contre les Nabatéens. Il s’agissait selon lui de poursuivre des brigands trachonides [1] qui, depuis une forteresse située en territoire nabatéen [2], effectuaient régulièrement des razzias sur la Batanée [3] et sur tout le plateau agricole du Hauran [4].

Auguste change alors d’avis sur Syllaios, ce qui permet à Arétas d’être reconnu. Écarté, Syllaios est exécuté à Rome quelques années plus tard pour sa participation à un complot.

Pour sceller cette alliance, Arétas donne en mariage une de ses filles appelée Phasaelis à Hérode Antipas, l’un des fils d’Hérode. Mais vers 35, celle-ci s’enfuit pour rejoindre son père à Pétra [5], avant qu’Antipas ne la répudie pour épouser Hérodiade. Cela provoque une guerre entre lui et Hérode Antipas vers 36 sur les territoires disputés de l’ancienne tétrarchie de Philippe et notamment Gamala [6].

Tous deux réunirent leur armée en vue de la guerre et y envoyèrent à leur place des généraux. Une bataille eut lieu et toute l’armée d’Hérode fut taillée en pièces à cause de la trahison de transfuges qui, tout en appartenant à la tétrarchie de Philippe, étaient au service d’Hérode Antipas.

Tibère, irrité de l’incursion d’Arétas, écrivit à Lucius Vitellius de lui faire la guerre et de le ramener enchaîné, s’il le prenait vivant, ou d’envoyer sa tête s’il était tué.

Après avoir fait des préparatifs de guerre contre Arétas et s’être mis â la tête de deux légions, de toutes les troupes légères et de la cavalerie qui y étaient attachées, guidé par les rois soumis aux Romains, Vitellius se hâta vers Pétra et occupa Ptolémaïs [7]. Comme il se préparait à faire traverser la Judée [8] par son armée, les principaux citoyens vinrent le trouver et essayèrent de le détourner de passer par leur pays, car il n’était pas conforme à leur tradition de laisser transporter des images. Or, il y en avait beaucoup sur les enseignes. Déférant à leur demande, il changea les résolutions qu’il avait prises à ce sujet.

Ayant ordonné à ses troupes de marcher par la grande plaine, lui-même monta avec le tétrarque Hérode et ses amis à Jérusalem, pour sacrifier à Dieu pendant la fête nationale des Juifs [9] qui y avait lieu. II y assista et fut reçu avec honneur par la foule des Juifs. Il séjourna là pendant trois jours et destitua de la grande prêtrise Jonathas pour la transmettre à son frère Théophile. Le quatrième jour il reçut une lettre qui lui apprenait la mort de Tibère et il fit jurer par le peuple fidélité à Caligula. Il rappela aussi l’armée pour faire hiverner chacun dans ses foyers, parce qu’il n’avait pas le pouvoir nécessaire pour faire la guerre comme avant, maintenant que l’empire était aux mains de Caligula.

À la mort d’Arétas en 40, son fils Malichos II lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Arétas IV /Portail Israël antique et Juifs dans l’Antiquité/ Roi nabatéen

Notes

[1] Dans l’Antiquité, le Trachon ou la Trachonitide est le nom grec d’une région de chaos rocheux basaltiques appelé Argob dans la Bible, située au sud de Damas, en Syrie. Son nom actuel est le Al-Lejâh.

[2] Les Nabatéens sont un peuple commerçant de l’Antiquité vivant au sud de la Jordanie et de Canaan, et au nord de l’Arabie actuelle. Après la chute de l’Empire séleucide, ils étendirent leur territoire vers le nord, jusqu’à la région de Damas. Les auteurs gréco-latins mentionnent leur royaume sous le nom d’Arabie, alors que Flavius Josèphe utilise aussi celui de Nabatène. Leur territoire est frontalier de la Syrie, de la péninsule Arabique, de l’Euphrate et du nord de la mer Rouge. À la suite de l’intervention de Pompée, le royaume nabatéen devint un royaume client de Rome, mais il conserva une large autonomie. Sa capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd’hui en territoire jordanien.

[3] La Batanée actuellement Al-Bathaniya est une plaine fertile du sud de la Syrie actuelle. À l’est du Golan à l’ouest de la Trachonitide et au nord de l’Auranitide qui est la région frontalière avec la Jordanie. C’est une partie de l’ancien royaume de Bashân.

[4] Le Hauran est une région de la Syrie méridionale, dans les gouvernorats de Quneitra, As-Suwayda, et Dera, et a pour capitale la ville de Bosra. Son nom moderne dérive de son nom antique, l’Auranitide, et signifie littéralement région caverneuse. Elle est limitée par le mont Hermon au nord, et par la Jordanie au sud.

[5] Pétra, de son nom sémitique Reqem ou Raqmu est une cité nabatéenne préislamique de l’actuelle Jordanie située dans le Wadi Rum.

[6] Gamla ou Gamala, est une ville de l’Antiquité, située en Gaulanitide (actuel plateau du Golan).

[7] Acre est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes. Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d’Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l’Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance.

[8] La Judée est le nom historique et biblique d’une région montagneuse qui correspond aujourd’hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d’Israël. Son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l’Antiquité, c’était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l’âge du fer, la province perse de Yehoud Medinata, les royaumes hasmonéen et hérodien puis la province romaine de Iudaea.

[9] Pessah