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Vologèse IV de Parthie

lundi 23 novembre 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 7 août 2011).

Vologèse IV de Parthie

Roi des Parthes Arsacides de 147 à 191

Fils d’un Mithridate qui n’est pas qualifié de Grand Roi et s’identifie donc par forcément avec Mithridate IV. Il réunifie l’Empire Parthe [1] qui avait été partagé entre son père putatif et le roi Vologèse III. Il fait de plus reconnaître son autorité sur le royaume de Characène [2] qui se considérait comme indépendant depuis l’intervention de l’Empereur Romain Trajan en Orient entre 98 et 117.

Il entra en conflit avec Rome vers 155 sur le vieux litige relatif à la suzeraineté de l’Arménie. Le roi aurait tenté d’installer sur le trône d’Arménie un certain Aurelius Pacoros ce qui entraîna une réaction de l’Empereur romain Lucius Verus. Au cours des combats la ville de Séleucie du Tigre [3] est détruite et la capitale Ctésiphon [4] brûlée parAvidius Cassius en 165. Les troupes romaines poursuivirent leur avancée jusqu’en Médie [5] et il doit faire la paix et abandonner aux Romains la Mésopotamie occidentale.

La fin de son règne est troublée par la révolte et l’usurpation en 190 d’un certain Osroès II en Médie. Son successeur fut son fils Vologèse V.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André Verstandig, Histoire de l’Empire parthe (-250 à 227), Bruxelles, Le Cri Histoire édition,‎ 2001

Notes

[1] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[2] La Characène ou Mésène, était un royaume situé à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate, sur le Golfe Persique. Créé à la fin du 2ème siècle avant jc, ce royaume fut vassal de l’Empire Parthe. Sa capitale était Spasinou Charax, « la forteresse d’Hyspaosinès ». Au 1er et au 2ème siècle il joua un rôle important dans le commerce de la Syrie avec l’Inde. Le royaume de Characène est fondé vers 127 avant jc par Aspasinè, nommé Hyspaosinès par les auteurs classiques, un ancien satrape d’Antiochos IV Épiphane. Survivant à la dissolution de l’Empire Séleucide, la Characène devient vassale de l’Empire Parthe jusqu’à sa chute au début du 3ème siècle. Les rois sassanides mirent un terme à la dynastie royale locale et la remplacèrent par des gouverneurs. Bien que vassal des Parthes, le royaume a toujours eu une politique pro-romaine, et a accueilli favorablement l’invasion romaine de Trajan en 116. L’empereur lui-même séjourne à Spasinou Charax, et assiste en personne au départ des vaisseaux pour l’Inde, regrettant d’être trop vieux pour entreprendre le voyage, comme l’avait fait Alexandre de Macédoine. Par la suite, le royaume semble avoir échappé assez longtemps à la reprise en main de la Mésopotamie par les Parthes, c’est seulement en 150 qu’il revient dans la zone d’influence directe de l’empire des Arsacides après la défaite du roi Meredate (ou Méherdate) face à Vologèse IV.

[3] Séleucie du Tigre est une ville antique ruinée située en Irak, en face de Ctésiphon et à trente-cinq kilomètres environ de Bagdad. Elle fut une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. Fondée par le successeur d’Alexandre le Grand, Séleucos 1er Nicator, elle devint rapidement une très grande ville et un centre commercial incontournable.

[4] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak.

[5] À l’époque hellénistique, la Médie tombe sous le contrôle des Grecs, et est incluse après les conflits opposant les Diadoques dans les territoires contrôlés par les Séleucides, après avoir été un temps dominée par Antigone le Borgne. L’ancien général Atropatès qui dirigeait le contingent mède de l’armée perse à la bataille de Gaugamèles, se rallie par la suite à Alexandre le Grand et devient satrape du nord de la Médie, qui devient la Médie Atropatène, futur Azerbaïdjan, qu’il parvient à rendre autonome du pouvoir séleucide. La capitale de ce royaume se trouvait à Gazaca. Après plusieurs décennies d’indépendance, le roi Artabanzanes doit conclure un traité de vassalité avec Antiochos III en 220 av.jc. Cette région reste peu hellénisée, à la différence du sud de la Médie, centré autour d’Ecbatane. Plusieurs villes nouvelles y sont fondées par les souverains séleucides, et l’ancienne Rhaga est renommée Europa. Un satrape local, Molon, se révolte en 220 contre Antiochos III, qui le défait. Entre 163 et 160, c’est un autre satrape de Médie, Timarque, qui se révolte contre Démétrios 1er Sôter, et réussit à prendre le pouvoir en Babylonie, avant d’être finalement soumis. Les révoltes qui secouent le royaume séleucide vers 150 profitent au roi parthe Mithridate 1er qui prend alors la Médie, ainsi que l’Atropatène. Après plusieurs décennies de luttes, le pouvoir des Arsacides est finalement assuré en Médie, en dépit des attaques des nomades orientaux, Scythes ou Tokhariens. La région est réorganisée administrativement, et la ville de Rhaga/Europa est renommée Arsacia.