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Avidius Cassius

mardi 25 février 2014, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 5 août 2011).

Avidius Cassius (vers 130-175)

Général romain

Avidius Cassius

Fils de Caius Avidius Heliodorus , un haut fonctionnaire d’Hadrien. Né à Cyrrhus [1] et donc d’origine syrienne, il commence une brillante carrière militaire. Il est envoyé en 162 avec Statius Priscus, sous les ordres de Lucius Verus, combattre les Parthes [2] qui en 161 ont envahis les provinces orientales de l’empire. Très vite Lucius Verus abandonne la réalité des opérations militaires à Avidius Cassius qui s’empara de Séleucie du Tigre [3], puis de Ctésiphon [4], la capitale parthe, en 165. Il fut accusé, plus tard, d’avoir ramené, avec son armée, l’épidémie de peste antonine [5]. En 166, il se voit attribuer le gouvernement de la Syrie.

En 172, il entre en Égypte à la tête de ses légions pour mettre fin à la révolte des Boukôloi, bergers du Delta du Nil, qui menaçaient Alexandrie.

Il croit sa chance venue en 175, quand une fausse rumeur de la mort de Marc Aurèle parvient jusqu’à lui, et se fait proclamer empereur grâce à une vaste conjuration qui s’étend en Égypte et dans les provinces orientales. C’est la fidélité de Publius Martius Verus, le gouverneur de Cappadoce [6], qui sauve Marc-Aurèle lui laissant le temps de rassembler les légions danubiennes qui viennent de vaincre les Quades [7] et les Marcomans [8].

Le Sénat le déclara ennemi public, quoique que Marc-Aurèle exprima sa volonté de pardon. Au moment où l’empereur se préparait à marcher sur les troupes d’Avidius Cassius celui-ci fut assassiné en juillet 175 par ses propres soldats révoltés.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Encyclopédie universelle Imago Mundi/ Cassius

Notes

[1] Cyrrhus, Cyrrus, ou Kyrros était dans l’ancienne Syrie une ville fondée par Seleucos 1er Nicator, un des généraux d’Alexandre le Grand. La ville s’est appelée aussi Hagioupolis, Nebi Huri. Ses ruines se trouvent à environ 14 km au nord-ouest de Kilis, en Turquie, près de la frontière syrienne. Cyrrhus était la capitale de la vaste région de Cyrrhestique, entre la plaine d’Antioche et la Commagène.

[2] La Parthie est une région située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides, berceau de l’Empire parthe qui contrôle le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av.jc et 224 de notre ère. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord, aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan, et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[3] Séleucie du Tigre est une ville antique ruinée située en Irak, en face de Ctésiphon et à 35 kilomètres environ de Bagdad. Elle fut une des plus grandes cités de Mésopotamie à la fin de l’Antiquité, s’inscrivant dans l’histoire entre Babylone et Bagdad. Fondée par le successeur d’Alexandre le Grand, Séleucos 1er Nicator, elle devint rapidement une très grande ville et un centre commercial incontournable. Après son passage dans l’empire des Arsacides, elle resta fortement marquée par ses origines grecques, ce qui lui donnait une place à part dans l’empire et qui ne doit pas cacher le caractère très cosmopolite de l’agglomération. Souvent disputée par les Romains, la grande cité déclina au 3ème siècle, concurrencée par la fondation voisine de Coche par les souverains sassanides.

[4] Ctésiphon est une ancienne ville parthe, située face à Séleucie du Tigre, sur la rive gauche du Tigre, à 30 km au sud-est de la ville actuelle de Bagdad, en Irak. La ville s’étendait sur 30 km². Son seul vestige resté visible est la grande arche Taq-i Kisra au sud-est de la ville actuelle de Salman Pak.

[5] On appelle peste antonine l’épidémie pestilentielle qui frappa l’empire romain à la fin de la dynastie antonine, durant les règnes de Marc Aurèle et Commode, entre 165 et 190. Elle doit son surnom « antonine » à la dynastie qui dirigeait alors l’Empire romain : les Antonins.

[6] La Cappadoce est une région d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de « Cappadoce » est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue. Hérodote considérait qu’elle était délimitée par le Taurus, l’Euphrate, le lac Salé (Tuz Gölü) et la mer Noire. Aujourd’hui, on désigne généralement par ce nom une région d’environ 15 000 km2 entre Kayseri et Aksaray. Elle est connue pour ses paysages pittoresques résultant du volcanisme et de l’érosion, pour ses églises rupestres ornées de fresques, ainsi que pour ses habitations troglodytiques et ses cités souterraines.

[7] Les Quades sont un peuple germanique occidental, peut-être d’origine germano-celtique, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite. Les Suèves ont longtemps été confondus avec les Quades, en raison d’une confusion avec le terme « souabe ». En réalité, les Quades sont surtout à rapprocher de leurs plus proches voisins germaniques, les Marcomans, avec lesquels ils partagèrent nombre de combats contre Rome.

[8] Les Marcomans sont un peuple germanique occidental, connu notamment grâce à l’historien romain Tacite qui les situe entre Naristes et Quades, dans l’actuelle Moravie. Au début du 1er siècle de l’ère chrétienne, les Marcomans créent un royaume éphémère « centré sur la Bohême qui venait d’être enlevée aux Celtes Boïens » ; leur plus grand roi, Marobod avait été otage à Rome durant sa jeunesse. C’est également vers cette époque que naît l’alphabet germanique runique, ou Futhark, dont les Marcomans sont peut-être les auteurs.