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Acace de Béroé ou Bérée

mardi 27 janvier 2015

Acace de Béroé ou Bérée (vers 330-vers 436)

Ecclésiastique syrien de l’Antiquité tardive-évêque de Béroé vers 378/379

Il appartint d’abord au monastère de Gindarus ou Djandarous, à une quarantaine de kilomètres au nord-est d’Antioche [1], fondé par Astérius disciple de Julien Sabas.

Après l’avènement de l’empereur Valens, l’édit du 5 mai 365 chassa l’évêque Mélèce de sa métropole d’Antioche. Les ariens répandirent la rumeur que le saint vieillard Julien Sabas soutenait leur cause.

Les partisans de Mélèce, Diodore de Tarse, Flavien, l’ascète Aphraate le Perse demandèrent à Astérius et à Acace de se rendre auprès de Julien et de le ramener à Antioche, où sa visite fit grand bruit et fut accompagnée de nombreux miracles.

En 376, Acace et un autre religieux nommé Paul, écrivirent à Épiphane de Salamine pour l’inciter à publier dans un ouvrage son enseignement jusqu’alors confidentiel sur les hérésies ce qui devint le Panarion [2]. En 377, Acace fut envoyé à Rome, auprès du pape Damase, par la faction de Mélèce, pour dénoncer l’hérésie d’Apollinaire de Laodicée qui venait d’investir un autre évêque d’Antioche, Vital. Il assista alors au concile qui se tint autour du pape sur l’apollinarisme [3], et souscrivit à ses décrets.

Après la mort de Valens le 9 août 378, l’arianisme [4] fut balayé en Orient. L’un des grands défenseurs du concile de Nicée [5] en Syrie, Eusèbe de Samosate, exilé en Thrace [6] sous Valens, fit un retour triomphal et consacra plusieurs évêques orthodoxes, dont Acace à Béroé [7].

En 381, celui-ci prit part au concile de Constantinople [8], présidé par Mélèce d’Antioche. Ce dernier mourut pendant la tenue du concile. Il semble qu’il y ait eu une sorte d’accord pour que ses partisans reconnaissent comme successeur son rival Paulin, qui avait la sympathie de Rome et d’Alexandrie.

Diodore de Tarse et Acace consacrèrent comme évêque d’Antioche le vieux pilier de la faction Flavien, perpétuant le schisme avec les eustathiens. Diodore, Acace et Flavien furent alors excommuniés par le pape Damase, mais Flavien fut reconnu par la grande majorité de l’épiscopat oriental.

En 398, Acace fut chargé d’une nouvelle ambassade à Rome, auprès du pape Sirice, pour aplanir ce schisme.

Fin 397, Jean Chrysostome fut nommé archevêque de Constantinople. Acace lui fit une visite qui apparemment se passa mal. La suite de la carrière d’Acace fut marquée par la détestation qu’il professa pour la personne de Chrysostome. Il participa, avec notamment Théophile d’Alexandrie et Sévérien de Gabala , à toutes les manœuvres qui aboutirent à la déposition et au bannissement de Chrysostome en 404.

Chrysostome le cite parmi ses quatre ennemis les plus implacables, de qui il n’a rien à espérer. À Antioche, Flavien étant mort en l’année 404, il fut l’un des maîtres d’œuvre, avec d’autres ennemis de Chrysostome, de l’élection expéditive de Porphyre, qui eut lieu paraît-il pendant le déroulement des jeux isolympiques [9] de la ville et suscita ensuite des protestations et des troubles.

En 421 encore, 14 ans après la mort de l’archevêque déchu de Constantinople, il écrivit à son successeur Attique pour lui dire combien il s’était opposé à Théodote d’Antioche, qui avait rétabli le nom de Jean Chrysostome sur les diptyques de la métropole syrienne.

À la fin de sa vie, il se signala par son soutien à Nestorius, aux côtés de Jean d’Antioche , contre Cyrille d’Alexandrie.

Au concile d’Éphèse [10] en 431, il accusa ce dernier d’apollinarisme [11]. En 432, il fut chargé d’organiser un concile à Béroé pour régler le conflit. Selon Théodoret de Cyr, qui fut très proche de lui dans ses dernières années, et dont il fut une des sources pour son “Histoire philothée”, il occupa le siège épiscopal de Béroé pendant 58 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André-Jean Festugière, Antioche païenne et chrétienne : Libanius, Chrysostome et les moines de Syrie, Paris, E. de Boccard, 1959.

Notes

[1] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.

[2] Œuvre de l’hérésiologie chrétienne primitive, le Panarion, aussi connu sous le nom latin de Adversus Hæreses (Contre les hérésies), est le plus important ouvrage d’Épiphane de Salamine.

[3] L’apollinarisme est une doctrine christologique due à Apollinaire de Laodicée. Alors que la doctrine chrétienne orthodoxe attribue au Christ deux natures, l’une divine et l’autre humaine, dans une même personne (ou hypostase), l’apollinarisme nie l’existence d’une âme humaine chez le Christ et conçoit ce dernier comme étant le seul Verbe incarné dans un corps humain.

[4] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[5] Le Ier concile œcuménique se réunit à Nicée en 325 pour statuer au sujet de l’arianisme. Les principales personnalités engagées dans ce débat étaient présentes, dont Arius, Eusèbe de Nicomédie qui lui était favorable, Eusèbe de Césarée, modéré, Alexandre d’Alexandrie (accompagné d’Athanase d’Alexandrie comme secrétaire) qui s’opposait à lui, de même que, de façon intransigeante, Eustathe d’Antioche et Marcel d’Ancyre. Une quasi unanimité s’est prononcée pour condamner les thèses ariennes et rédiger un symbole affirmant que le Fils est consubstantiel (homoousios) au Père, c’est-à-dire de même nature que lui.

[6] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[7] c’est-à-dire Alep

[8] Le premier concile de Constantinople, convoqué de mai à juillet 381, par l’empereur Théodose Ier en charge de l’Orient, est le deuxième concile œcuménique de l’histoire du christianisme après celui de Nicée. Théodose n’ayant pas invité les évêques d’Occident dont les juridictions dépendaient de son collègue Gratien, le concile réunit cent cinquante évêques, tous orientaux. Il est présidé par Mélèce 1er d’Antioche, puis, à sa mort, par Grégoire de Nazianze. Ce concile poursuit la réflexion dogmatique du premier concile de Nicée en proclamant la divinité du Saint-Esprit. Il établit un symbole de foi désigné sous le nom de symbole de Nicée-Constantinople qui complète le symbole de foi proclamé à Nicée. Il affirme aussi que « l’évêque de Constantinople tient le premier rang après l’évêque de Rome parce que Constantinople est la nouvelle Rome », ce qui donne ensuite son impulsion à la doctrine de la pentarchie.

[9] En Grèce antique, un concours dit isolympique est un concours gymnique stéphanite proclamé égal aux Jeux olympiques. Ces concours se multiplient à partir de la période hellénistique.

[10] Le concile d’Éphèse, troisième concile œcuménique de l’histoire du christianisme, est convoqué en 430 par l’empereur romain de Constantinople Théodose II. Le concile condamne le 22 juin 431 le nestorianisme comme hérésie, et anathématise et dépose Nestorius comme « hérésiarque ». À l’inverse des conciles de Nicée (325) et de Constantinople (381) dont les questions théologiques portaient principalement sur l’unicité de Dieu, le concile d’Éphèse marque un tournant dans le dogme en définissant l’union hypostatique des deux natures, humaine et divine, du Christ. Le concile d’Éphèse marque donc pour l’Église l’explicitation et de la proclamation du Christ homme et Dieu.

[11] L’apollinarisme est une doctrine christologique due à Apollinaire de Laodicée. Alors que la doctrine chrétienne orthodoxe attribue au Christ deux natures, l’une divine et l’autre humaine, dans une même personne (ou hypostase), l’apollinarisme nie l’existence d’une âme humaine chez le Christ et conçoit ce dernier comme étant le seul Verbe incarné dans un corps humain.