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Épiphane de Salamine ou Épiphane de Chypre

samedi 20 décembre 2014

Épiphane de Salamine ou Épiphane de Chypre (vers 315-403)

Évêque et théologien chrétien du 4ème siècle

Né dans la localité de Besanduc, près d’Éleuthéropolis [1], en Palestine, vers 315, d’une famille d’agriculteurs. C’était une famille juive, et ayant perdu son père de bonne heure, il fut adopté par un rabbin de la ville voisine d’Éleuthéropolis nommé Tryphon, qui lui enseigna l’hébreu et la culture hébraïque et lui légua ses biens.

Sa ville épiscopale est Salamine de Chypre [2], détruite par un séisme vers 340 et reconstruite sous le nom de Constantia, du nom de l’empereur régnant Constance II. C’était alors la métropole ecclésiastique de l’île de Chypre.

Les sources sont les propres textes d’Épiphane, des références à lui chez ses contemporains Jérôme, Basile de Césarée et Théophile d’Alexandrie, dans “les Dialogues sur la vie de Jean Chrysostome de Palladios, et les Histoires ecclésiastiques de Socrate le Scolastique et Sozomène”.

En tout cas il fut très jeune chrétien, et il se rendit en Égypte peut-être à Alexandrie pour ses études, ce qui serait signe d’une famille aisée, où il fut un temps séduit par une secte gnostique [3], mais finalement se joignit pendant plusieurs années à une communauté monastique.

Revenu dans son pays natal vers 340, il y fonda un monastère dont il devint le supérieur. Il se lia particulièrement à Hilarion de Gaza. Sous l’arianisme [4] il resta un ferme partisan du concile de Nicée [5], ce qui entraîna des tensions avec l’évêque Eutychius d’Éleuthéropolis, que, selon saint Jérôme, il aurait ramené à l’orthodoxie.

Ayant migré à Chypre pour des raisons incertaines, il y fut élu évêque métropolitain de Salamine par le synode de l’île en 367, et conserva son siège jusqu’à sa mort, pendant 36 ans. Son mode de vie ascétique bien qu’il fût opposé à l’abstinence de viande et de vin prônée par d’autres ascètes dont Hilarion, son importante culture religieuse et son attachement farouche à l’orthodoxie la plus rigoureuse lui conférèrent une très grande autorité dans l’Église de l’époque. L’empereur arien Valens, remarque saint Jérôme, n’osa jamais s’en prendre à lui. On le consultait de loin sur la doctrine.

Vers 376, il se rendit à Antioche pour intervenir dans les querelles qui déchiraient l’Église de cette ville dont dépendait Chypre. Il convainquit d’hérésie Vital, l’évêque des apollinaristes [6], et prit parti pour Paulin, chef de file des eustathiens [7], contre Mélèce . Il échoua ensuite à rallier Basile de Césarée à cette position.

Il n’apparaît pas parmi les signataires du Premier concile de Constantinople [8]. En 382, il assista à un concile à Rome, auprès du pape Damase, où le soutien à Paulin fut confirmé contre Flavien 1er, successeur de Mélèce, pourtant reconnu par la majorité de l’épiscopat d’Orient sauf l’Égypte. Il logea à Rome chez la riche veuve Paula, qui se retira ensuite avec saint Jérôme à Bethléem en 385 et à qui il rendit visite sur son lit de mort.

En 393, il se rendit en Palestine et se brouilla avec l’évêque Jean II de Jérusalem, qu’il accusait d’origénisme [9]. Saint Jérôme et Rufin d’Aquilée furent mêlés à cette controverse, qui les sépara définitivement. Épiphane ordonna Paulinien, frère de Jérôme, à la prêtrise, dans son ancien monastère d’Éleuthéropolis, mais au mépris de l’autorité épiscopale de Jean. Pendant la Semaine Sainte de 397, prêchant à Jérusalem, il dénonça l’origénisme avec virulence, un discours clairement dirigé contre l’évêque Jean, qui répondit en le taxant d’anthropomorphisme. Épiphane finit par appeler, dans une lettre, tous les moines de Palestine à rompre la communion avec l’évêque de Jérusalem.

L’évêque Jean en appela à Théophile d’Alexandrie, qui le soutint tout d’abord et accusa aussi Épiphane d’anthropomorphisme. Mais en 400 Théophile, pour des raisons internes à son Église, renversa complètement sa position et se lança dans une violente campagne anti-origéniste où il rechercha l’appui d’Épiphane, qui devint alors son précieux allié. Des moines origénistes se réfugièrent à Constantinople où ils demandèrent l’aide de Jean Chrysostome, évêque de la capitale, qui les accueillit favorablement.

Théophile parvint alors à monter le très vieux Épiphane contre Chrysostome, et il le poussa en 402 à se rendre dans la capitale impériale, où avec sa vivacité coutumière il traita Chrysostome comme un hérétique et organisa un mini concile anti-origéniste en ignorant l’évêque de la cité.

Il semble toutefois avoir pris conscience de s’être laissé manipuler, et se retira de Constantinople avant l’arrivée de Théophile, convoqué par l’empereur. Il mourut pendant son voyage de retour à Chypre, âgé de près de 90 ans.

Épiphane est resté dans l’histoire de l’Église comme un tenant sourcilleux de l’orthodoxie et l’auteur d’un catalogue détaillé des hérésies. Il est toutefois considéré comme un piètre écrivain et un assez mauvais théologien.

Le traité connu sous le nom d’“Anchoratus”, qu’il publia en 374, est un exposé de la foi orthodoxe, centré sur les dogmes de la Trinité et de la Résurrection, dirigé notamment contre l’arianisme et l’origénisme. Il contient deux professions de foi, dont le Credo baptismal de l’Église de Chypre. On y trouve seulement une liste d’hérésies.

Ensuite, de 374 à 377, Épiphane composa “le Panarion”, ouvrage en 3 livres présentant 80 hérésies.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Épiphane de Salamine/ Portail du christianisme/ Théologien du IVe siècle

Notes

[1] en hébreu Beth Guvrin

[2] Salamine de Chypre est une ancienne cité-État de l’Île de Chypre. Pnytagoas combattra aux côtés d’Alexandre le Grand lors du siège de Tyr en récompense Alexandre laissera à Chypre une grande autonomie. Au décès de ce dernier, Chypre devient un champ de bataille entre Ptolémée 1er de l’Egypte et Démétrios 1er Poliorcète qui cherche à récupérer l’île. En 306 av jc, Demetrius gagne sur la flotte navale de l’Égypte mais Ptolémée gagnera en 294 av jc. Salamine restera sous la totale domination égyptienne pendant 2 siècles. En effet, Salamine perd ses pouvoirs politiques ainsi que ses rois remplacés par des gouverneurs égyptiens.

[3] Le gnosticisme est un mouvement religieux regroupant des doctrines variées du bassin méditerranéen et du Moyen-Orient qui se caractérisent généralement par la croyance que les hommes sont des âmes divines emprisonnées dans un monde matériel créé par un dieu mauvais ou imparfait appelé le Démiurge. Le mouvement connut son apogée au cours du 2ème siècle

[4] Hérésie chrétienne qui a cours du 4ème au 6ème siècle sur l’instigation d’Arius, condamné par l’Eglise en 325 et en 381. Cette doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père , c’est-à-dire niant l’essence divine de Jésus, se scinde ensuite en plusieurs tendances qui rencontrent un vaste écho dans l’Empire et hors de celui-ci.

[5] Le premier concile œcuménique se tint à Nicée en 325. Il eut pour objectif principal de définir l’orthodoxie de la foi, suite à la controverse soulevée par Arius sur la nature du Christ.

[6] L’apollinarisme est une doctrine christologique due à Apollinaire de Laodicée. Alors que la doctrine chrétienne orthodoxe attribue au Christ deux natures, l’une divine et l’autre humaine, dans une même personne (ou hypostase), l’apollinarisme nie l’existence d’une âme humaine chez le Christ et conçoit ce dernier comme étant le seul Verbe incarné dans un corps humain.

[7] Disciple de Eustathe d’Antioche

[8] Le premier concile de Constantinople, convoqué de mai à juillet 381, par l’empereur Théodose Ier en charge de l’Orient, est le deuxième concile œcuménique de l’histoire du christianisme après celui de Nicée. Théodose n’ayant pas invité les évêques d’Occident dont les juridictions dépendaient de son collègue Gratien, le concile réunit cent cinquante évêques, tous orientaux. Il est présidé par Mélèce 1er d’Antioche, puis, à sa mort, par Grégoire de Nazianze. Ce concile poursuit la réflexion dogmatique du premier concile de Nicée en proclamant la divinité du Saint-Esprit. Il établit un symbole de foi désigné sous le nom de symbole de Nicée-Constantinople qui complète le symbole de foi proclamé à Nicée. Il affirme aussi que « l’évêque de Constantinople tient le premier rang après l’évêque de Rome parce que Constantinople est la nouvelle Rome », ce qui donne ensuite son impulsion à la doctrine de la pentarchie.

[9] Disciple d’Origène