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Jean de Lancastre

jeudi 8 août 2013, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 19 août 2012).

Jean de Lancastre (1389-1435)

Duc de Bedford-comte de Richemont-connétable d’Angleterre-Duc d’Anjou et comte du Maine-Régent du royaume de France à partir de 1422

Troisième fils d’Henri IV d’Angleterre et de Marie de Bohun, il est le frère puîné d’Henri V et l’oncle d’Henri VI. Il aida puissamment son frère à conquérir la France et fut nommé régent de ce royaume à la mort de ce prince, dont il proclama le fils Henri VI, roi de France et d’Angleterre en 1422. En 1423 il épouse Anne de Bourgogne fille de Jean sans Peur, duc de Bourgogne et de Marguerite de BavièreHainaut .

Résidant le plus souvent à Paris, le duc, grand amateur de beaux livres, passa commande de 3 importants manuscrits dans l’un des meilleurs ateliers d’enlumineurs de la capitale.

Très actif et d’une froide intelligence, il va, au nom d’Henry VI, administrer le royaume de France avec efficacité et rigueur. Conscient de la vanité de sa mission s’il n’a pas l’appui de l’administration du défunt Charles VI, il s’efforce de la ménager et maintient à leur poste la plupart des agents du roi ainsi que les membres du Parlement, à commencer par son président, le très influent Philippe de Morvilliers. Dans les provinces, il refuse les "purges" et laisse en place les "hommes de terrain" français. Les lois et coutumes du royaume, les franchises des villes, les privilèges des corporations sont confirmés. En Normandie, terre conquise de haute lutte par Henry V, si les baillis sont désormais anglais, il tente d’assouplir ce qui est ressenti, malgré tout, comme une occupation en réduisant la rançon de Rouen et en mettant un terme aux expropriations.

A Paris, dans toutes les juridictions et administrations, à l’Hôtel de Ville comme au Châtelet, les partisans de Philippe le Bon tiennent les rênes et le régent, pour ne pas provoquer un conflit avec un allié imprévisible, maintient en place les Bourguignons. D’autant que l’occupation de la capitale, assurée par à peine plus de 300 anglais, ne peut être qu’un leurre.

L’armée, elle, est largement concernée par les changements. Certes, les troupes soldées n’exigent pour obéir que d’être payées, mais à présent elles sont toutes commandées par des capitaines anglais. Comme d’ailleurs les places fortes de Normandie, têtes de pont de la reconquête et bases arrière des forces armées anglaises.

Malgré sa volonté sincère de ménager un royaume déchiré et ruiné par la Guerre de Cent Ans et le conflit opposant Armagnacs et Bourguignons, il reste un baron autoritaire et peu apprécié des Français. Son goût pour le luxe, sa politique fiscale, lui aliènent une grande partie de la population, qui refuse le serment d’allégeance qu’il prétend lui imposer. Cette sourde résistance fera finalement le jeu du "roi de Bourges", Charles VII.

Il vainquit à la bataille de Cravant [1] en 1423, à la bataille de Verneuil [2] en 1424, et fut un moment maître de presque tout le royaume, mais la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc en 1429, puis la défection de Philippe III de Bourgogne, duc de Bourgogne en 1434 mirent un terme à ses succès, et il se vit bientôt enlever la plus grande partie de ses conquêtes. En 1433 il se remarie avec Jacquette de Saint-Pol .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de encyclopédie universalis/jean de bedford/ et Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 141

Notes

[1] La bataille de Cravant, dans l’Yonne, est un épisode de la guerre de Cent Ans, qui eut lieu le 31 juillet 1423. Elle s’est terminée sur une victoire de l’armée anglaise et de ses alliés bourguignons sur l’armée française.

[2] La bataille de Verneuil fut une bataille de la guerre de Cent Ans, qui se déroula le 17 août 1424, à 3 km au nord de Verneuil, à proximité du Château de Charnelles, en Normandie. Elle se solda par une victoire de l’armée anglaise.