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L’histoire pour le plaisir

Antiochos III le Grand

jeudi 28 juillet 2011, par ljallamion

Antiochos III le Grand (vers 242-187 av. jc)

Roi de Syrie de 223 à 187 av.jc

Antiochos III le Grand Roi de Syrie

Second fils de Séleucos II Callinicos, frère et successeur de Séleucos III. Il réprima d’abord le soulèvement des Satrapes orientaux de son royaume en 211.

À son avènement en 223, à l’âge de 19 ans, après l’assassinat de son frère par 2 de ses officiers, il trouva le royaume terriblement affaibli en particulier par le désastreux règne de son père. En effet, Attale 1er de Pergame s’était emparé de l’Asie mineure au détriment de l’oncle d’Antiochos III, Antiochos Hiérax, qui lui même avait fait sécession du royaume séleucide en 241. L’Égypte possédait une hégémonie maritime totale dans tout le bassin oriental de la Méditerranée et les satrapies orientales de l’empire se rendirent indépendantes les unes après les autres.

Sous l’influence du ministre Herméias, il va combattre successivement ses différents adversaires. Il restaura la souveraineté séleucide, après un premier échec vers 222. Puis il se heurte en Asie mineure à la rébellion d’Achaios II qui reçu un soutien de la part de l’Égypte. Vers 220 il fit assassiner Herméias. Il entre alors une première fois en lutte contre l’Égypte et s’empara en 219 de Séleucie de Piérie [1] un important port sur l’Oronte.

Cependant il fut battu en 217 à Raphia [2] par Ptolémée IV et perdit une partie importante de la Syrie. Il parvient cependant entre 216 et 214 à réduire le soulèvement d’Achaios ce qui lui permet de reprendre le contrôle de la partie orientale de l’Asie mineure.

Reconstituant son armée, il mena 8 ans de campagne dans les provinces orientales et soumit tout les territoire du plateau iranien ainsi que la Bactriane [3] et atteignit la vallée de l’Indus.

Il signe même un accord avec divers princes indiens de la région du Pendjab, dont le roi Sophagasenos, qui, inquiets de la présence à leurs portes d’une telle armée, lui fournissent des éléphants de guerre afin de s’en débarrasser. Entre 205 et 204 il mène une expédition dans la région du golfe Persique contre divers peuples arabes.

Allié à Philippe V de Macédoine, il cherche à prendre sa revanche sur l’Égypte, aussi profite-t-il de la mort de Ptolémée IV et de la montée sur le trône d’un enfant de 5 ans, jouet de ses ministres, Ptolémée V , pour déclencher la 5ème guerre de Syrie de 201 à 195. La grande victoire de Panion [4] lui permet de reconquérir la Palestine, et la Coelésyrie [5], puis s’assura la suprématie maritime en Orient en occupant Ephèse en 197 et les rives de l’Hellespont en 196. mais il se heurta alors aux Romains, qui venaient de vaincre son allié Philippe V de Macédoine, et dont il commet l’imprudence de soulever la méfiance en accueillant en 196 le carthaginois Hannibal Barca à sa cour.

En 192, il débarqua en Grèce, où il ne fut soutenu que par la ligue Etolienne [6]. Vaincu aux Thermopyles en 191, il fut contraint de repasser en Asie, mais Scipion l’écrasa a Magnésie du Sipyle [7] en 189 et il dut accepter la paix d’Apamée [8] en 188, qui lui enlevait toute l’Asie à l’ouest du Taurus et lui imposait une énorme amende qui ruina durablement la dynastie Séleucide.

Il tente alors, prenant prétexte de l’indemnité à payer, de s’emparer du trésor du temple de la ville d’Élymaïs mais la population de la ville se révolte et il est tué le 3 ou 4 juillet 187. Son fils Séleucos IV lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Antiochus III le Grand

Notes

[1] Séleucie de Piérie est une ville fondée par Séleucos 1er Nicator en Syrie antique. Du site qui fut jadis le port d’Antioche il ne reste pas grand-chose. Pourtant ce port desservait une ville qui jadis était la rivale d’Alexandrie, la représentante de la puissance de Rome dans la région. Son destin reflète bien celui des Séleucides, dignes héritiers d’Alexandre le Grand mais aussi celui de Rome pour qui elle fut la base navale durant ses guerres aux portes orientales de son empire.

[2] La bataille de Raphia opposa le 22 juin 217 av. JC près de Gaza, Antiochos III, souverain de l’empire séleucide, et Ptolémée IV, roi lagide d’Égypte, pour la domination de la Palestine. Les deux rois en personne commandaient leurs armées.

[3] La Bactriane ou Bactrie est une région à cheval sur les États actuels d’Afghanistan, du Pakistan, de la Chine, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et aussi un peu du Turkménistan, située entre les montagnes de l’Hindū-Kūsh et la rivière Amou-Daria. C’est un état fondé autour de la cité de Bactres (l’actuel Balkh, ville du nord de l’actuel Afghanistan) qui a été sa capitale administrative et centre du pouvoir, d’où elle tire aussi son appellation de la "Bactriane". Elle était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes : au sud les Paropamisades et l’Inde ; au nord, la Sogdiane ; à l’est, la Scythie extra Imaum ; à l’ouest, l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens.

[4] Le site a été un lieu de culte du dieu Pan d’où son nom grec Panion latinisé ensuite en Paneasou Panias. L’alphabet arabe n’ayant pas de lettre P le nom est arabisé en Baniyas. Il s’est appelé Césarée de Philippe pendant la période romaine. Le site est près d’une des sources du Jourdain sur le mont Hermon et a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem pendant les croisades. Le site est à l’est de la frontière internationale entre Israël et la Syrie dans le territoire occupé par Israël dans le Golan depuis 1967. La rivière affluent du Jourdain s’appelle aussi Baniyas. Le Baniyas, constitue avec le Dan, l’une des deux sources principales du Jourdain.

[5] Syrie méridionale et la Palestine

[6] La Ligue étolienne était une confédération de la Grèce antique centrée sur les cités d’Étolie en Grèce centrale. Cette ligue s’est constituée en 370 av. jc pour s’opposer à la Macédoine et à la ligue achéenne. À la mort d’Alexandre en 323, la ligue participe à la révolte des Grecs contre le pouvoir macédonien. Après la défaite des Grecs et la prise d’Athènes en 322, l’Étolie est sauvée de l’invasion macédonienne par l’évolution des affaires en Asie, qui détourne les forces des dirigeants macédoniens Antipatros et Cratère. Cette sauvegarde de son indépendance permet à la ligue de jouer par la suite un rôle de premier plan dans les affaires grecques

[7] La bataille de Magnésie se déroula durant l’hiver 190-189 av. jc. Elle eut lieu probablement au début de l’an 189. Elle opposa les Romains, dirigés par le consul Scipion l’Asiatique, et les Séleucides, dirigés par le roi Antiochos III. Ce fut la bataille décisive de la guerre antiochique, qui dura de 192 à 189 av. jc. La bataille eut lieu dans une plaine, au confluent du fleuve Hermos et de la rivière Phrygie, non loin de la cité de Magnésie du Sipyle, en Asie mineure (Turquie actuelle), à quarante kilomètres au nord-est d’İzmir. Notre connaissance de la bataille repose essentiellement sur les textes de trois auteurs : le romain Tite-Live, le grec Appien, et le byzantin Zonaras. Du point de vue de l’histoire militaire, Magnésie fut avec, Cynoscéphales et Pydna, une des trois grandes victoires que les armées romaines ont remportées sur les armées hellénistiques au 2ème siècle av.jc. On considère généralement que ces victoires sont dues en partie à la supériorité de la légion romaine sur la phalange de type macédonien.

[8] Le Traité d’Apamée-Kibôtos, est un traité de paix signée en 188 av.jc entre Rome et les Séleucides suite à la guerre de Syrie et la bataille de Magnésie du Sipyle. Antiochos III doit céder ses territoires en Asie Mineure au profit de Pergame (qui est alors composé de la Lydie, la Phrygie, la Pisidie, la Lycaonie et la Chersonèse) et de Rhodes (Carie et Lycie). Le Sénat romain lui interdit de traverser la limite du Taurus, d’entretenir une flotte dans la mer Égée et de lever des mercenaires en Grèce. Il doit livrer ses navires et ses éléphants (et en arrêter l’élevage), et payer une indemnité de guerre de 12 000 talents. Cette dette pousse Antiochos III à une campagne en Susiane afin d’en piller les temples.