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Philippe V de Macédoine

lundi 27 juillet 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 28 juillet 2011).

Philippe V de Macédoine (238-179 av.jc)

Roi de Macédoine

Didrachme (correspondant à 2 drachmes) à l'effigie de Philippe V Roi de MacédoineEn 229, à la mort de son père Démétrios II de Macédoine, il est trop jeune pour assurer le pouvoir et les Macédoniens désignent Antigone III Doson , cousin de Philippe, comme régent. Doson se conduit loyalement et laisse à Philippe une Macédoine forte qui a réussi à étendre sa domination dans le Péloponnèse [1] à la faveur de la Guerre de Cléomène [2] au cours de laquelle il a soutenu la Ligue achéenne [3] contre Sparte. Doson meurt en 221 et Philippe accède au pouvoir effectif à 17 ans et certains Etats grecs souhaitent profiter de son jeune âge pour s’étendre aux dépens de la Macédoine et de la Ligue achéenne. C’est ainsi que les Etoliens [4] lancent diverses opérations militaires en Phocide [5] et en Béotie [6]. Il réunit à l’automne les membres de la Ligue Hellénique [7] à Corinthe [8] où il fait décider d’une déclaration de guerre contre la Condéfération Étolienne. La Guerre commence en 220. Elle s’achève en 217.

Une fois la paix signée à Naupacte [9], il se tourne vers l’Illyrie [10]. Alors qu’il mène une expédition, il se heurte aux Romains et à leurs alliés près d’Apollonia [11] en 214. Il s’est allié dès 215 avec Hannibal qui mène depuis 218 la guerre en Italie.

Logiquement, les Romains trouvent à leur tour des alliés avec les Etoliens. Philippe est sur tous les fronts, il lutte avec toute son énergie et joue parfaitement son rôle en protégeant ses alliés achéens. Une fois encore, la paix conclue à Phoinikè [12] en 205 est à son avantage.

Philippe, pour avoir les mains libres, signe rapidement un pacte de non-agression avec le souverain séleucide Antiochos III. Puis, il entame immédiatement de nouveaux combats qui ressemblent plus à une série d’actes de piratage ou de brigandage. En 202 il mène une expédition dans les détroits. En 201, il enlève Samos [13] à l’Égypte des Lagides.

Plusieurs Etats se coalisent alors, dont Rhodes [14] et Pergame [15]. Au large de Chios [16], la bataille est indécise, mais la flotte pergaménienne s’enfuit.

A Ladè, il remporte un brillant succès sur la flotte rhodienne. Cependant, à l’Ouest, la menace se précise. La 2ème Guerre punique [17] s’est achevée en 201 sur la victoire des Romains et ceux-ci observent désormais avec attention les événements du monde hellénistique.

A la demande de Rhodes et de Pergame, le Sénat décide d’intervenir contre Philippe et lui adresse deux ultimatums, l’un en 200, l’autre en 198. Rome se place désormais en protectrice de la Grèce contre Philippe qui devient l’agresseur. Les opérations de l’armée romaine ont commencé dès l’automne 200, elles marquent le début de la 2ème Guerre macédonienne [18]. En juin 197, les armées macédonienne et romaine se rencontrent à Cynoscéphales [19].

La flexibilité de la tactique manipulaire a raison de la lourdeur de la phalange macédonienne. Philippe est écrasé. Il s’agit de sa première défaite, mais elle est décisive. Les conditions de la paix en 197 sont telles que la Macédoine semble pour longtemps hors de combat. Dans les années qui suivent, il se comporte d’abord comme un parfait allié de Rome. Il participe à la campagne romaine contre Antiochos III. Mais déçu parce que mal récompensé et irrité de l’hostilité constante du Sénat, il entreprend peu à peu de redresser la Macédoine. Il s’allie notamment avec un peuple celte ou germanique, les Bastarnes [20], et décide de plusieurs déplacements de population.

La fin de sa vie est également marquée par un drame domestique qui le conduit à ordonner l’exécution de son fils Démétrios. Il meurt en 179 et laisse son trône à son fils Persée avec qui s’achève la dynastie antigonide.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Universalis, « PHILIPPE V roi de Macédoine/ Encyclopædia Universalis/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1019

Notes

[1] Le Péloponnèse est une péninsule grecque, qui couvre 21 379 km2. Elle a donné son nom à la périphérie du même nom qui couvre une part importante de la péninsule, regroupant cinq des sept nomes modernes qui la divisent. Seul deux nomes (l’Achaïe et l’Élide) situés au nord-ouest de celle-ci sont rattachés à la périphérie de Grèce Occidentale.

[2] La guerre de Cléomène, nommée d’après Cléomène III, est un conflit militaire mené entre 229-228 et 222 av. jc par Sparte et son allié Élis contre la Ligue achéenne, rejointe ensuite par le royaume de Macédoine. La guerre se termina par une victoire achéenne et macédonienne.

[3] La Ligue achéenne est une confédération de villes d’Achaïe, sur la côte nord-est du Péloponnèse. À son apogée, la ligue contrôle tout le Péloponnèse à l’exception du sud de la Laconie. La montée de l’impérialisme romain dans la région conduit finalement à sa dissolution en 146, à la suite de la guerre d’Achaïe

[4] La Ligue étolienne était une confédération de la Grèce antique centrée sur les cités d’Étolie en Grèce centrale. Cette ligue s’est constituée en 370 av. jc pour s’opposer à la Macédoine et à la ligue achéenne

[5] La Phocide est une région de Grèce centrale, à l’ouest de la Béotie, qui tire peut-être son nom des phoques du golfe de Corinthe, aujourd’hui disparus de la région.

[6] La Béotie est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l’Attique au sud-est, par le golfe Euboïque à l’est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l’ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

[7] Elle fut créée à Corinthe en 337 av.jc après la bataille de Chéronée en 338 et qu’on appelle également ligue des Hellènes. Après la défaite de la vaste coalition menée par Athènes contre Philippe II, roi de Macédoine, le vainqueur, voulant se poser en champion de l’idée panhellénique afin d’étendre sa domination sur les Grecs d’Asie, imposa une alliance à laquelle toutes les villes grecques furent contraintes d’adhérer à l’exception de Sparte. Les Macédoniens, que l’opinion générale ne reconnaissait pas comme Hellènes, n’en faisaient pas partie.

[8] Corinthe était une Cité-État située sur l’isthme de Corinthe, l’étroite bande de terre qui relie le Péloponnèse à la Grèce continentale, à mi-chemin entre Athènes et Sparte. La ville moderne de Corinthe se trouve à environ cinq kilomètres au nord-est des ruines antiques.

[9] Naupacte est une ancienne cité de Locride, en Grèce, situé sur la côte septentrionale du golfe de Corinthe. À l’époque moderne, elle s’appelle Lépante.

[10] L’Illyrie est un royaume fondé à Shkodra, Albanie actuelle, en 385 av.jc, par le roi Bardylis. Annexée par Rome durant l’Antiquité, elle désignera plus tard une région historique des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près actuellement à l’ouest de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine, du Montenegro de l’Albanie et du Kosovo.

[11] Apollonie d’Illyrie est une ancienne cité grecque située en Illyrie (actuelle Albanie), située sur la rive droite de la Vjosa, près de l’actuel village de Pojani.

[12] Phœnicè fut une cité grecque antique, située en actuelle Albanie. Phœnicè fut le centre politique des Chaoiniens. Le traité de paix qui mit fin à la Première guerre macédonienne fut signé à Phœnicè. De nos jours, la ville porte le nom de Finiq.

[13] Samos est une île grecque de la mer Égée, proche de l’Asie Mineure et située à 70 kilomètres au Sud-ouest de Smyrne, aujourd’hui Izmir en Turquie. Elle forme un dème (municipalité) et un district régional de la périphérie d’Egée Septentrionale.

[14] Rhodes est une île grecque, la plus grande du Dodécanèse. Bordée au nord-ouest par la mer Égée et au sud-est par la mer Méditerranée, elle est située entre l’île de Karpathos (Grèce) et les côtes turques, à 17,7 km de ces dernières.

[15] Pergame est une ancienne ville d’Asie Mineure, en Éolide située au nord de Smyrne, au confluent du Caïque et du Cétios, à environ 25 km de la mer Égée. À l’heure actuelle, son nom est Bergama (Turquie, province d’Izmir).

[16] Chios ou Chio est une île et municipalité grecque de la mer Égée, proche de la Turquie dont elle est séparée par un détroit de 8 kilomètres seulement.

[17] La deuxième guerre punique de 218 à 202 av.jc est le deuxième des trois conflits connus sous le nom de guerres puniques, qui opposent Rome à Carthage.

[18] La Deuxième Guerre macédonienne se déroula de 200 à 197 av.jc. Elle opposa d’une part Philippe V de Macédoine du Royaume de Macédoine, et d’autre part les Romains, appelés à l’aide en 201 par Pergame et Rhodes après la bataille de Chios. Philippe V fut défait en 197 à Cynoscéphales par le consul romain Titus Quinctius Flamininus et dut signer la paix à Tempé en 196, aux conditions imposées par Flaminius

[19] La bataille de Cynoscéphales eut lieu en Thessalie en 197 entre l’armée romaine menée par Titus Quinctius Flamininus, et l’Armée Macédonienne de la dynastie antigonide de Macédoine dirigée par Philippe V.

[20] Les Bastarnes sont un des premiers peuples germains (ou peut-être celto-germains puisque Tite-Live les apparentait aux Scordisques) à entrer dans l’histoire. Ils apparaissent vers le 2ème siècle av. jc sur les bouches du Danube, et restent localisés entre les Carpates orientales et le Dniepr (ce qui correspond aujourd’hui à la Moldavie et à l’ouest de l’Ukraine méridionale). Leurs déplacements étaient presque exclusivement pédestres, ce qui les distinguait nettement des cavaliers nomades provenant de la steppe. Encore mentionnés au 2ème siècle de notre ère, ils disparaissent absorbés par d’autres peuples.