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Prosper Tiro dit Prosper d’Aquitaine

dimanche 9 janvier 2022, par ljallamion

Prosper Tiro dit Prosper d’Aquitaine (vers 390- vers 463)

Écrivain chrétien

Disciple de saint Augustin, avec lequel il correspondit et dont il appuya le combat contre les pélagiens [1]. Il s’attacha à diffuser la doctrine de la grâce de saint Augustin. C’est aussi le premier continuateur de “la Chronique universelle” de saint Jérôme.

Prosper était originaire d’Aquitaine [2], et semble avoir fait ses études à Massalia [3], où il se trouve à la fin des années 420, au moment même où Jean Cassien et ses moines donnent naissance, en réaction aux derniers écrits augustiniens sur la grâce, à ce que l’on appellera à la fin du 16ème siècle le “semi pélagianisme”. En 429, il correspond avec saint Augustin à ce sujet.

En 431, il vint à Rome pour questionner le pape Célestin 1er, sur les enseignements d’Augustin. En 440, pendant la première année de son pontificat, Léon 1er l’appelle auprès de lui comme secrétaire.

Prosper était laïc, mais il se jeta avec ardeur dans les controverses religieuses de son époque, pour la défense et la propagation de la pensée d’Augustin. Dans son “De omnium gentium vocatione” [4], dans lequel la question de l’appel des Gentils est examinée à la lumière de la doctrine de la grâce d’Augustin, Prosper apparaît comme le premier des augustinistes médiévaux.

Son principal ouvrage est“ le De gratia Dei et libero arbitrio” en 432, écrit contre “le Collatio” de Jean Cassien. Il a également poussé le pape Célestin à publier une lettre ouverte aux évêques de Gaule, “Epistola ad episcopos Gallorum” contre certains membres de l’Église de Gaule.

Il avait déjà ouvert une correspondance avec saint Augustin, avec son ami Hilaire, et bien qu’il n’ait pu le rencontrer physiquement, son enthousiasme pour le grand théologien le conduit à faire une version abrégée de son commentaire sur les Psaumes, ainsi qu’une collection de phrases extraites de ses œuvres, sans doute la première compilation dogmatique de ce genre, dans lequel “le Liber Sententiarum” de Pierre Lombard est l’exemple le plus connu. Il a également versifié en 106 épigrammes, quelques-uns des dits théologiques d’Augustin.

Beaucoup plus important historiquement est l’Epitoma Chronicon [5] que Prosper a d’abord composé en 433 et complété plusieurs fois, jusqu’en 455. En l’absence d’autres sources, il est très précieux pour la période de 425 à 455, tirée de l’expérience personnelle de saint Prosper.

Par rapport à ses continuateurs, Prosper donne un exposé détaillé des événements politiques. Il couvre les invasions d’Attila de la Gaule en 451 et l’Italie en 452. Il y a eu 5 éditions différentes, la dernière datant de 455, juste après la mort de Valentinien III.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Prosper d’Aquitaine/ Portail de la Rome antique/ Catégories : Écrivain romain du Ve siècle

Notes

[1] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.

[2] L’Aquitaine est le nom donné depuis au moins le 1er siècle av. jc à une région ancrée sur la façade Atlantique et le versant nord des Pyrénées. En 507, Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie, l’intègre au royaume des Francs, en battant Alaric II, roi des Wisigoths, à la bataille de Vouillé. 671 voit l’indépendance de l’Aquitaine, dirigée par le duc Loup 1er de Vasconie. Entre 719 et 732, les ducs Eudes et son fils Hunald 1er détiennent l’Albigeois où ils ont des biens. Eudes combat les Sarrasins en Albigeois. En 721, le duc Eudes bat le Califat omeyyade à la Bataille de Toulouse. 732 voit la défaite du duc d’Aquitaine et l’invasion de la Vasconie par l’émir Abd el Rahman, arrêté à la bataille de Poitiers par Charles Martel, qui commence la réunion de l’Aquitaine sous contrôle des Vascons au royaume franc. 742 et 743 voient les campagnes des fils de Charles Martel, Carloman et Pépin le Bref, contre l’Aquitaine et la Vasconie (et la Bavière). Entre 760 et 768, Pépin le Bref entreprend chaque printemps des expéditions sanglantes contre le duc Waïfre, fils d’Hunald 1er. Le 2 juin 768, ce dernier est finalement tué par un des siens, Waratton, sur ordre de Pépin. En 778, l’armée de Roland, piégée par le wali de Saragosse, a été défaite par les Vascons dans les montagnes basques de Roncevaux en revenant de Pampelune. Puis Charlemagne crée en 781 pour son fils Louis le Débonnaire alors âgé de 3 ans, le royaume d’Aquitaine englobant les territoires du Rhône à l’Atlantique.

[3] Marseille

[4] L’Appel de toutes les nations

[5] qui couvre la période de 379 à 455