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Caius Calvisius Sabinus

vendredi 22 janvier 2021, par ljallamion

Caius Calvisius Sabinus (consul en 39 av. jc)

Sénateur romain

Caius et Lucius Marcius Censorinus, qui sera son collègue consul, sont les deux seuls sénateurs qui essaient de défendre Jules César quand ses assassins le poignardent le 15 mars 44 av. jc et leur consulat sous le triumvirat [1] est considéré comme une reconnaissance de leur loyauté.   Il est l’un des novi homines [2] qui obtient non seulement le consulat mais est honoré des honneurs triomphaux pendant les années 30 av. jc. Il est le premier consul dont le nomen gentilicium [3] est non latin.   En 48 av. jc, César reçoit des envoyés d’Étolie [4] et de Thessalie [5]. En réponse, il envoie Calvisius en Étolie et Lucius Cassius Longinus en Thessalie. Calvisius commande alors 5 cohortes et un petit nombre de cavaliers, provenant de la légion en garnison à Oricum [6]. Cassius et Calvisius sont tous deux chargés de maintenir l’approvisionnement de l’armée césarienne. Les Étoliens accueillent bien Calvisius, et il est en mesure de capturer les cités de Calydon [7] et de Naupacte [8] aux adversaires de César et ainsi de s’emparer de la région.   Calvisius est préteur [9], peut-être en 46 av. jc mais plus probablement en 44 av. jc. En 45 av. jc, il est gouverneur de la province d’Africa Vetus [10].   Caius Sallustius Crispus dit Salluste, est alors le premier gouverneur de l’Africa Nova [11]. L’année précédente, les forces républicaines, qui se sont ralliées en Afrique après la bataille de Pharsale en 48 av. jc [12], sont à nouveau vaincues lors de la bataille de Thapsus début 46 av. jc [13].   Il a laissé 2 légats [14] à Utique [15] qui peuvent avoir causé des problèmes à son successeur, Quintus Cornificius .   Le 28 novembre 44 av. jc, Marc Antoine convoque une réunion du Sénat afin de réaffecter plusieurs provinces, incluant l’Africa Vetus [16], à assigner pour l’année suivante. Cicéron liste Calvisius parmi les 14 qui reçoivent une province, mais malgré les efforts d’Antoine, Cornificius refuse de céder l’Africa Vetus. La réaffectation des provinces d’Antoine est annulée le 20 décembre, à la veille de la guerre civile de Modène [17].   En l’an 39 av. jc, sous le second triumvirat [18] d’Octavien, Marc Antoine et Lépide, il devient consul avec Lucius Marcius Censorinus. Cette obtention du consulat est considérée par les historiens modernes comme une reconnaissance de leur loyauté.   Comme consuls, Calvisius et Censorinus proposent que le Sénat accède aux doléances des représentants d’Aphrodisias [19], qui a bénéficié du patronage de Jules César mais a ensuite enduré les exactions de Marcus Junius Brutus, Marc Antoine et une invasion de Titus Labienus. Le Sénat adopte ensuite un décret accordant l’indépendance à la cité et divers avantages.   Au cours de la guerre sicilienne [20] entre Sextus Pompée et Octavien, Calvisius commande une flotte qu’il a amené d’Étrurie [21] en 38 av. jc pour rejoindre Octavien au détroit de Sicile. L’autre amiral de la flotte octavienne est Lucius Cornificius. Près de Cumes [22], Calvisius combat une part de la flotte pompéienne commandée par Menecrates. Ainsi retardé, il ne rejoint Octavien qu’après la fin de la bataille navale décisive à Messine [23]. Une tempête a désagrégé les deux flottes, détruisant le vaisseau amiral d’Octavien, la victoire revenant à Sextus Pompée. Des manifestations contre Octavien et la guerre éclatent à Rome en conséquence de la défaite.   En 37 av. jc, Calvisius est tenu responsable et remplacé comme amiral quand son subordonné Menas fait défection et rejoint Sextus Pompée avec une demi-douzaine de navires. Menas est un habitué des changements de camp, ayant été avec Sextus Pompée jusqu’en 38 av. jc, puis donc de nouveau en 37 av. jc, Sextus le surveille alors de près et Menas, mécontent d’être traité avec suspicion, change encore une fois de camp et retourne vers Octavien dès 36 av. jc.   Après que Marcus Vipsanius Agrippa ait défait Sextus Pompée, Calvisius est nommé par Octavien promagistrat [24] du maintien et du rétablissement de l’ordre en Italie en 36/35 av. jc.   En 31 av. jc, il est un des septemviri epulones [25] et détient le poste de curio maximus [26]. Calvisius est proconsul en Hispanie à partir de 31 av. jc.   En Hispanie, dans le cadre du début des guerres cantabres [27], il combat les Cantabres [28] et les Astures [29]. Calvisius retourne à Rome en 28 av. jc et célèbre le 26 mai un triomphe, un des trois accordé sur les provinces triumvirales d’Octavien en l’an 28.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Gaius Calvisius Sabinus (consul 39 BC) »

Notes

[1] Triumvirat est un terme qui à l’origine désignait une fonction de la magistrature romaine composée de trois hommes. Ensuite il fut utilisé pour décrire l’alliance secrète ou publique de trois personnalités (politiques ou militaires) de poids égaux qui s’unissent pour diriger

[2] Homo novus est une expression latine désignant dans l’Antiquité romaine, particulièrement sous la République, un citoyen dont aucun aïeul n’a occupé quelque charge publique que ce soit (consulat, préture, questure, édilité, ...) et qui occupe pour la première fois une telle charge alors qu’il n’est pas issu de la noblesse.

[3] Le nom de personne en usage dans la Rome antique, ou nom romain, se particularise par l’usage de trois noms (tria nomina), en usage chez les patriciens, puis chez les plébéiens, au fur et à mesure que ceux-ci, sous la République romaine, acquièrent des droits. La formation du nom se complexifie sous l’Empire, qui voit la désuétude du tria nomina et la généralisation du nom romain dans la population.

[4] L’Étolie est une région de Grèce centrale située au sud de l’Épire et séparée du nord du Péloponnèse par le golfe de Corinthe. Au cours du 4ème siècle av. est formée la ligue étolienne qui renforce l’autonomie et la puissance politique de l’Étolie. L’armée des Étoliens est impliquée dans plusieurs guerres, plusieurs l’opposant à ses voisins d’Acarnanie, d’autres contre des puissances étrangères, comme la guerre lamiaque et les guerres contre la Macédoine.

[5] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[6] Oricum ou Orikos est le nom d’une cité portuaire antique d’Illyrie située au sud de Vlorë, au fond de la baie de Valona, en Albanie. La cité, dont les fondations les plus anciennes attestées remontent au 6ème siècle av. jc, était érigée sur un promontoire qui donnait sur la mer, à une distance de 42 kilomètres d’Apollonie, la cité la plus puissante de la région à l’époque. La cité, permettant de verrouiller la mer Adriatique, et proche du rivage italien, a rapidement constitué un enjeu militaire. Ainsi, Philippe V de Macédoine s’empara de la ville, alors alliée de Rome, lors de la première Guerre macédonienne en 214 av. jc. En janvier de l’année 48 av. jc, Jules César assiégea la ville qui permettait d’approvisionner l’armée de Pompée, avant la Bataille de Dyrrachium. Byzance installa un petit port militaire, appelé Jéricho, sur le site de l’antique cité. Ce port fut renforcé sous la domination ottomane et renommé Pacha Liman (Port du Pacha) et servit de point d’appui lors d’incursions ottomanes dans les Pouilles et l’occupation ottomane de Brindisi en 1480.

[7] Calydon est une ancienne cité située en Étolie, en Grèce occidentale. On peut s’y rendre depuis Patras en passant par Antirhion et en prenant la direction de Missolonghi ou d’Agrinion. Les vestiges se trouvent près du village d’Evinochoro, juste après le pont sur l’Evinos. Elle possédait une importante fortification de 3 kilomètres de périmètre.

[8] Naupacte est une ancienne cité de Locride, en Grèce, situé sur la côte septentrionale du golfe de Corinthe. À l’époque moderne, elle s’appelle Lépante.

[9] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[10] La province romaine est formée par le territoire autour de Carthage après la troisième guerre punique

[11] une province créée par César à partir de l’ancien royaume de Numidie

[12] La bataille de Pharsale est un affrontement se déroulant en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av. jc, pendant la guerre civile romaine. Il oppose les troupes de César à celles de Pompée. En gagnant cette bataille avec des troupes très inférieures en nombre, Jules César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[13] La bataille de Thapsus se déroule le 6 avril 46 av. jc près de Thapsus (aujourd’hui Ras Dimass, en Tunisie). L’armée du parti conservateur (les Optimates), conduite par Metellus Scipion et de son allié Juba 1er de Numidie, se bat contre les forces de Jules César, qui finissent par avoir le dessus. Avec cette victoire, César brise les résistances contre son pouvoir en Afrique et s’approche encore plus du pouvoir absolu.

[14] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[15] Utique est un site archéologique localisé à l’emplacement d’une ancienne cité portuaire fondée par les Phéniciens dans l’Antiquité. Il est situé au nord de l’actuelle Tunisie, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Carthage, dans le gouvernorat de Bizerte.

[16] L’Afrique ou Afrique proconsulaire, est une ancienne province romaine qui correspond à l’actuelle Tunisie, plus une partie de l’Algérie et la Libye actuelle. Cette province, qui est issue de la réunion de l’Africa Vetus et de l’Africa Nova, est divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l’Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.

[17] La guerre civile de Modène est une guerre civile romaine opposant, au cours de la première moitié de l’année 43 av. jc, Marc Antoine à Decimus Junius Brutus qui refuse de céder le contrôle de la Gaule cisalpine. Ce dernier est soutenu par le Sénat auquel se joint Octavien. Marc Antoine est contraint de se replier vers la Gaule après deux batailles, la première étant celle de Forum Gallorum, et la deuxième devant les murs de Modène, mais les deux consuls de l’année 43 sont tués lors des combats.

[18] Le second triumvirat est une alliance politique de la Rome antique scellée à Bologne le 11 novembre 43 av. jc rassemblant Marc Antoine, Lépide et Octave-Auguste.

[19] Aphrodisias est une petite cité antique de Carie, en Asie mineure. Le site archéologique est situé près du village de Geyre, en Turquie, à environ 230 km d’Izmir.

[20] La Révolte sicilienne est une guerre civile contre le Second triumvirat de la République romaine qui se déroule entre 44 et 36 av. jc. La révolte était menée par Sextus Pompée et se solde par la victoire des triumvirs.

[21] L’Étrurie était le territoire des Étrusques. Il correspond à l’actuelle Toscane, s’étendant durant la période de son expansion maximum, au-delà de l’Apennin tosco-émilien jusqu’à la plaine du Pô et son embouchure, à Hadria, port antique qui donna son nom à la Mer Adriatique. Au sud, le territoire étrusque s’étendait au-delà de Rome (comprise), jusqu’à Capoue.

[22] Cumes est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaète (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.

[23] Messine est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Sicile. Messine est située à l’extrémité nord-est de la Sicile, sur la rive occidentale du détroit de Messine qui sépare la péninsule italienne (la pointe de Calabre) de la Sicile. La ville de Reggio di Calabria est située de l’autre côté du bras de mer.

[24] Le promagistrat est un magistrat romain sorti de sa charge annuelle, dont le pouvoir est prolongé par décision du Sénat dans une province romaine donnée, en général pour un an

[25] Les épulons sont dans la Rome antique un collège de prêtres qui présidait aux festins donnés en l’honneur des dieux. Ce collège sacerdotal est l’un des quatre grands collèges religieux (quattuor amplissima collegia) de prêtres romains.

[26] dont le devoir est de collecter les contributions religieuses pour les curiae

[27] Les guerres cantabres (29-19 av. jc) se sont déroulées pendant la conquête de la Cantabrie par les Romains. Menées par Auguste et Marcus Vipsanius Agrippa, elles s’achevèrent par la soumission des peuples des Cantabres et des Astures et la conquête complète de l’Hispanie.

[28] Les Cantabres également appelés Lapurdes sont un ensemble de onze peuples celtes qui occupaient une partie du nord de la Péninsule Ibérique, au sud du Golfe de Gascogne, près de Santander et Bilbao, dans les montagnes de l’actuelle communauté autonome de Cantabrie.

[29] Les Astures étaient un peuple celte, établi en Hispanie qui formaient un groupe de peuples qui habitaient le nord-ouest de la péninsule ibérique et dont le territoire comprenait à peu près la communauté autonome des Asturies, la province de León, à l’ouest de la rivière Esla et celle de Zamora au nord du Duero et à l’ouest de l’Esla ainsi que la zone orientale de Lugo et Orense et une partie du district portugais de Bragance, qui s’appelle tous Asturia.