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Robert III de Beaumont dit Blanches mains ou Robert de Breteuil

dimanche 7 juin 2020, par ljallamion

Robert III de Beaumont dit Blanches mains ou Robert de Breteuil (vers 1130-1190)

3ème comte de Leicester de 1168 à 1190

Il fut un important baron anglo-normand, l’un des principaux partisans d’Henri le Jeune lors de la révolte de 1173-1174, contre son père Henri II.

Fils de Robert II de Beaumont dit le Bossu 2ème comte de Leicester [1] et justicier [2] d’Angleterre, et d’Amice de Montfort. Son père était un proche conseiller des rois Henri 1er Beauclerc, Étienne et Henri II, et un officieux vice-roi d’Angleterre, lors des absences d’Henri II. Son éducation est confiée à Hugues Barre, qui sera plus tard archidiacre [3] de l’abbaye de Leicester [4].

En 1153, Robert est en âge de prendre part aux événements du royaume. Au printemps, il est à Bristol [5] accompagnant le duc de Normandie Henri Plantagenêt dans sa tournée à la rencontre de ses partisans dans les Midlands [6], et il le suit très probablement dans sa campagne de l’été. Le pouvoir du roi Étienne d’Angleterre va en déclinant, et Robert est aussi présent lors du traité de Wallingford [7], à la fin de l’année, qui met fin à la guerre civile [8]. Il reçoit du duc une confirmation séparée de celle de son père pour les terres paternelles en Normandie, les honneurs [9] de Breteuil [10] et Pacy-sur-Eure [11]. Après 1154, il semble administrer les domaines normands de la famille.

Le duc Henri monte sur le trône en 1154 sous le nom d’Henri II. Son père est en haute faveur royale, et Robert en bénéficie en recevant, avant 1159, le droit d’épouser Pétronille de Grandmesnil [12], l’héritière des domaines des Grandmesnil en Normandie et en Angleterre. Vers la fin des années 1150 et durant les années 1160, Robert est assez prospère pour entretenir sa propre Maison. Avant la mort de son père, il utilise un sceau montrant qu’il a adopté le toponyme de Breteuil.

En mars 1163, il est présent à la signature du traité de Douvres avec le comte de Flandre [13]. Son père meurt en 1168 et il lui succède en tant que comte de Leicester en avril. Robert a jusque-là été peu impliqué dans les affaires du royaume, et il a peu d’influence à la cour d’Henri II. Il est plutôt un homme de la Normandie, ce qui peut être la raison pour laquelle il s’entend bien avec les principaux barons du duché, dont notamment son cousin germain Robert II de Meulan, qui préfèrent Henri le Jeune, le fils du roi.

Quand la révolte du jeune Henri et de ses frères éclate en avril 1173, Robert se joint à eux. Il n’a absolument pas préparé ses châteaux pour la rébellion, et ceux-ci sont rapidement capturés par les troupes d’Henri II. Une armée royale s’empare de la ville de Leicester en juillet 1173, mais échoue à s’emparer du château. En septembre 1173, durant la conférence entre le roi et ses fils, il perd son sang froid et est empêcher d’attaquer le roi avec son épée. Le roi Louis VII de France, l’instigateur de cette rébellion, l’enjoint d’aller en Flandre recruter une armée de mercenaires et de traverser pour l’Angleterre.

Il débarque à Orwell dans le Suffolk [14], le 26 septembre 1173. Il allie ses forces à celles de Hugues Bigot , le comte de Norfolk [15], et après avoir rançonné la région environnante, ils marchèrent vers l’ouest. Ils espéraient couper l’Angleterre en deux en rejoignant les rebelles des Midlands. Alors qu’ils assiègent le château de Haughley [16], les forces royales ont le temps de se rassembler et de marcher sur eux.

Ils retournent alors vers Framlingham où se trouve le château principal du comte de Norfolk. Peu après arrive une nouvelle armée menée par Richard de Lucy, le justicier [17] et Onfroy III de Bohun, et les deux comtes essaient de s’échapper de l’Est-Anglie [18].

Les deux camps s’affrontent le 16 octobre à Forham, près de Bury St Edmunds [19]. L’armée royaliste est composée d’environ 300 chevaliers et renforcée par les maisons militaires des comtes de Gloucester [20], Cornouailles [21] et Arundel [22]. Les mercenaires flamands, incapables de contenir les assauts des chevaliers adverses, quittent le champ de bataille, et Robert et sa femme sont capturés.

Le comte est retenu captif à la cour du roi en Normandie. À l’été 1174, ses châteaux de Leicester, Mountsorrel et Groby se rendent. Il est ensuite emprisonné à Caen [23], puis à Falaise [24], jusqu’à sa libération en janvier 1177. Le roi lui rend ses terres, mais entre-temps, il a fait raser les châteaux de Leicester et Groby, et décider de garder celui de Mountsorrel entre ses mains. En Normandie, son château de Pacy aussi a été détruit, et il ne lui reste plus que celui de Breteuil.

Robert part en pèlerinage en Terre sainte en 1179, et ne revient probablement pas avant 1181. Lorsque les fils d’Henri II se révoltent à nouveau en 1183, le roi le fait arrêter lui et sa femme, et les garde dans des châteaux différents, l’un à Salisbury [25], l’autre à Bedford [26]. Ils sont relâchés en 1184.

Robert eut peu d’influence pendant le reste du règne du roi, mais entre dans les faveurs de son fils et héritier, Richard 1er. Quand Richard monte sur le trône en 1189, Robert retrouve tout ce que Henri II lui avait confisqué. Il part pour la 3ème croisade avec le roi, mais voyage séparément.

Il meurt en Grèce à Durazzo [27] lors du voyage. Il est inhumé dans l’abbaye de Leicester.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de David Crouch, « Breteuil, Robert de, third earl of Leicester (c.1130–1190) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004

Notes

[1] Le titre de comte de Leicester fut créé au 12ème siècle dans la pairie d’Angleterre (aujourd’hui éteinte), et est dorénavant un titre de la pairie du Royaume-Uni, créée en 1837. Le siège du comte est à Holkham Hall, près de Wells-next-the-Sea (Norfolkshire).

[2] Dans l’Angleterre et l’Irlande médiévales, le Chief Justiciar (appelé plus tard Justiciar) occupait des fonctions semblables à celle du premier ministre du Royaume-Uni en tant que ministre en chef du roi.

[3] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[4] Leicester est une ville d’Angleterre située dans la région des Midlands de l’Est. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, elle relève du royaume de Mercie et devient le siège d’un évêché au 7ème siècle. Conquise par les Vikings, elle devient l’un des Cinq Bourgs des Midlands, reconquis en 917 par les Anglo-Saxons. Figurant sous le nom de Ledecestre dans le Domesday Book, elle perd son statut de cité au 11ème siècle.

[5] Bristol est une ville britannique située dans le sud-ouest de l’Angleterre (Royaume-Uni), sur la rivière Avon marquant traditionnellement la frontière entre les comtés de Gloucestershire et le Somerset. Dès l’instauration du pouvoir normand, l’un des plus puissants châteaux du sud de l’Angleterre y est construit. Au 12ème siècle Bristol abrite un port important, la majorité du trafic commercial se faisant avec l’Irlande, mais aussi avec la France, en particulier entre la commanderie templière maritime et celle de La Rochelle

[6] Les Midlands forme une région géographique du centre de l’Angleterre. Elles sont divisés administrativement entre Midlands de l’Est et Midlands de l’Ouest. Historiquement, les Midlands correspondent au territoire du royaume anglo-saxon de Mercie.

[7] Le traité de Wallingford est un accord conclu le 6 novembre 1153 entre le roi Étienne d’Angleterre et Henri Plantagenêt, duc de Normandie, comte d’Anjou et du Maine, fils de Mathilde l’Emperesse et futur Henri II d’Angleterre. Le traité mit fin à la guerre civile créée par la dispute pour la couronne d’Angleterre qui durait depuis 1135. Il est parfois aussi appelé traité de Winchester ou traité de Westminster, car bien qu’initié à Wallingford, il a été formellement écrit à Winchester (Angleterre) et finalisé à l’abbaye de Westminster.

[8] À la mort du roi Henri 1er d’Angleterre, en 1135, Étienne de Blois s’empare du trône aux dépens de l’héritière légitime et désignée Mathilde l’Emperesse, la fille du défunt roi. En 1138, les partisans de l’Emperesse se déclarent, et un conflit ouvert éclate en Normandie, puis après le débarquement de celle-ci en Angleterre en 1139, sur le sol anglais. La guerre civile anglaise, aussi appelée Anarchie ou Naufrage (d’après celui de la Blanche-Nef au cours duquel Henri 1er perd son seul fils légitime), dure de 1138 à 1153. Elle ne cesse qu’après la signature du Traité de Wallingford en 1153 par lequel Henri, duc de Normandie et fils de l’Emperesse, est désigné héritier et successeur par Étienne.

[9] Un honneur est une composante de la féodalité ; il s’agit au Moyen Âge en France et en Grande-Bretagne d’un fief possédé à l’origine par l’un des barons d’un prince ou d’un roi. Il comprend généralement un domaine principal, qui donne son nom à l’honneur, et plusieurs « extensions » plus petites généralement dispersées dans la principauté ou royaume du suzerain dont il dépend. D’une manière générale, le terme d’honneur désignait l’ensemble des terres d’un puissant seigneur

[10] Breteuil, dite aussi Breteuil-sur-Iton, est une commune française située dans le département de l’Eure.

[11] Pacy-sur-Eure est une commune française située dans le département de l’Eure

[12] Les Grandmesnil ou Grantmesnil, Grentemesnil sont une famille de la moyenne aristocratie normande originaire du Calvados. L’histoire de cette famille est assez bien connue, car avec la famille Giroie, elle restaura l’abbaye de Saint-Évroult dans laquelle le célèbre chroniqueur du 12ème siècle Orderic Vital fut moine. Elle était établie dans la région de Falaise (Norrey-en-Auge, Grandmesnil).

[13] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[14] Le Suffolk a des frontières au nord avec le Norfolk, à l’ouest avec le Cambridgeshire et au sud avec l’Essex. Il est bordé à l’est par la mer du Nord. La capitale du comté est Ipswich et les autres villes importantes sont Lowestoft et Bury St Edmunds. La ville de Felixstowe est, quant à elle, l’un des plus grands ports de containers d’Europe.

[15] Le titre de comte de Norfolk a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre. Ce titre est associé au comté de Norfolk. La première dynastie à avoir porté ce titre est celle des Bigot au 12ème et 13ème siècles. Puis plus tard, il a été porté par les Mowbray qui furent aussi ducs de Norfolk. Comme les Bigot étaient descendants par une lignée féminine de Guillaume le Maréchal, ils héritèrent du titre de comte Marshal qui est toujours porté par les ducs de Norfolk aujourd’hui. À la mort de Roger, en 1306, n’ayant pas de descendance, le titre et les possessions revinrent à la couronne.

[16] Suffolk

[17] Dans l’Angleterre et l’Irlande médiévales, le Chief Justiciar (appelé plus tard Justiciar ou justicier) occupait des fonctions semblables à celle du premier ministre du Royaume-Uni en tant que ministre en chef du roi.

[18] L’Est-Anglie ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[19] Bury St Edmunds est un bourg traditionnel du comté de Suffolk, chef-lieu de la circonscription (borough) de St Edmundsbury. Cette ville est renommée pour son abbaye en ruines près du centre-ville.

[20] Le Gloucestershire est un comté situé dans le sud-ouest de l’Angleterre. Le comté comprend une partie des Cotswolds, une partie de la vallée fertile du fleuve Severn et toute la forêt de Dean. La capitale est Gloucester et les autres villes principales sont Cheltenham, Stroud, Cirencester et Tewkesbury. Les comtés voisins sont le Gwent au Pays de Galles et les comtés cérémonials de Herefordshire, Oxfordshire, Worcestershire, Warwickshire et Wiltshire en Angleterre.

[21] Les Cornouailles ou la Cornouailles est un comté d’Angleterre et une nation celtique situé à l’extrémité sud-ouest du pays. Sa capitale est Truro. Limité à l’est par le fleuve Tamar, il a une superficie de 3 563 km²

[22] Arundel est une ville et une paroisse civile dans les South Downs du Sussex de l’Ouest dans le sud de l’Angleterre. Elle se trouve à 49 miles (79 km) au sud sud-ouest de Londres, 18 miles (29 km) à l’ouest de Brighton, et 10 miles (16 km) à l’est de la ville de Chichester.

[23] Caen est une commune française du Nord-Ouest de la France en Normandie. Préfecture du département du Calvados

[24] Falaise est une commune française, située dans le département du Calvados. Avant le règne de Guillaume le Conquérant qui naît dans cette ville vers 1027-1028, elle est la capitale du duché de Normandie.

[25] Salisbury est une ville du Wiltshire en Angleterre, évêché suffragant de l’archevêque de Canterbury. Elle a le statut de Cité. Elle se trouve à une dizaine de kilomètres au sud de Stonehenge.

[26] Bedford est une ville d’Angleterre, au Royaume-Uni. Elle est le chef-lieu du comté de Bedfordshire, dans le district de Bedford. Bedford a été le centre d’une foire depuis le début du Moyen Âge. Henri II Plantagenêt lui a conféré une charte en 1166. Son château a été rasé en 1224.

[27] maintenant en Albanie