Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Childéric 1er

dimanche 16 février 2014 (Date de rédaction antérieure : 20 août 2011).

Childéric 1er (436-481)

Dernier roi Franc Salien

Childéric 1er Dernier roi Franc Salien

Childéric 1er de son vrai nom Hilde-Rik [1] était le fils de Mérovée. Dernier roi païen, il succède à son père en 457. Ce fut le dernier roi Franc Salien [2] avant que Clovis ne conquiert une grande partie de la Gaule.

En 457, il règne sans partage, ce qui lui vaut l’animosité de ses parents, des grands et de ses sujets. De plus, indignés par ses mœurs, les Francs le détrônent. Il quitta son petit royaume de Tournai et se réfugia en Thuringie [3]chez le roi Basin. Il s’éprend de Basine, la fille de ce dernier qui finira par l’épouser. Elle lui donnera 1 fils, Clovis, et 3 filles.

Les Francs choisissent alors Aegidius, envoyé par Rome comme maître de milice, pour lui succéder. En 481, Childéric 1er meurt et son fils Clovis lui succède.

Son règne fut marqué d’une part par la désagrégation de l’Empire romain d’Occident sous l’expansion du royaume wisigothique [4], qui s’empara de l’ensemble du Sud de la Gaule et une grande partie de la péninsule ibérique, et de l’expansion du royaume Burgonde [5] autour de la Savoie. D’autre part, il poursuivit l’expansion franque en étendant son aire d’influence située à l’origine autour de la Lys et de la Sambre par la conquête d’un vaste espace entre l’embouchure du Rhin et le Nord de la Normandie. Seul un lambeau romain inséré entre les Francs et les Wisigoths survivait encore sous la conduite d’Aegidius.

Tout en respectant et assimilant les caractères et les formes de la civilisation romaine, il entreprit de consolider son royaume. En 463, il apporta son aide pour aider Aegidius à vaincre l’expansion wisigothique vers la Loire à Orléans qui menaçait leurs 2 royaumes. Se sentant assez puissant, il assiégea Paris en 463 mais dut se retirer. Un peu plus tard, en 469, il respecta à nouveau son alliance avec le successeur romain d’Aegidius, le comte Paul, pour arrêter une fois de plus la poussée wisigothique. En outre, devant une migration des Saxons désireux de s’installer en Gaule et menaçant son royaume, Childéric 1er et Paul entreprirent de les arrêter en 466 à Angers puis en 470. Pourtant, les Saxons les vainquirent. Le comte Paul y trouva la mort. Le fils d’Aegidius, Syagrius, lui succéda. Entre-temps, Angers fut prise. Cependant, Childéric poursuivit la guerre tout en s’emparant des îles de l’embouchure de la Loire. Puis, il parvint à les refouler en Germanie en 475.

Lorsque l’empereur d’Occident et souverain nominal des Francs, Romulus Augustule fut déposé par Odoacre en 476, une ambassade gallo-romaine partit à Constantinople supplier l’empereur d’orient de désigner un nouvel empereur d’occident. Or, l’empereur d’Orient refusa de procéder à cette nomination et choisit de devenir le suzerain nominal de l’Empire romain. Cependant, l’éloignement de Constantinople permettait de facto une totale indépendance des royaumes barbares tandis que Syagrius perdait tout espoir de soutien. En revanche, Childéric 1er en profita pour conclure une alliance avec Odoacre contre les Alamans [6].

A sa mort en 481, vers l’âge de 45 ans, Childéric 1er légua à son fils un royaume certes encore restreint mais déjà puissant et respecté tandis que le royaume des Francs rhénans, après avoir pris Trèves en 480, se structurait autour de Cologne. Childéric fut enterré à Tournai.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Herodote.net/ Bio/ Childeric1er/ biographie/ : Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 242

Notes

[1] puissant à la guerre

[2] Tribu franque d’origine germanique installée au 4ème siècle en Toxandrie, région comprise entre la Meuse et l’Escaut. Avec les Francs ripuaires, ils constituent la principale peuplade franque. Ils envahissent la Gaule au 5ème siècle sous l’impulsion de leur chef Mérovée, ancêtre des Mérovingiens. Sous le règne de Clovis, ils se rendent maîtres d’une grande partie de la Gaule et rédigent leurs coutumes dans un texte connu sous le nom de loi salique.

[3] région comprise entre la Bavière, la Hesse et les anciennes provinces de Saxe

[4] Les Wisigoths entrent en Gaule, ruinée par les invasions des années 407/409. En 416 les Wisigoths et leur roi Wallia continuent leur invasion en Espagne, où ils sont envoyés à la solde de Rome pour combattre d’autres Barbares. Lorsque la paix avec les Romains fut conclue par le fœdus de 418, Honorius accorda aux Wisigoths des terres dans la province Aquitaine seconde. La sédentarisation en Aquitaine a lieu après la mort de Wallia. Les Wisigoths pénétrèrent en Espagne dès 414, comme fédérés de l’Empire romain. Le royaume des Wisigoths eut d’abord Toulouse comme capitale. Lorsque Clovis battit les Wisigoths à la bataille de Vouillé en 507, ces derniers ne conservent que la Septimanie, correspondant au Languedoc et une partie de la Provence avec l’aide des Ostrogoths. Les Wisigoths installèrent alors leur capitale à Tolède pour toute la suite. En 575 ils conquièrent le royaume des Suèves situé dans le nord du Portugal et la Galice. En 711 le royaume est conquis par les musulmans.

[5] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[6] Les Alamans ou Alémans étaient un ensemble de tribus germaniques établies d’abord sur le cours moyen et inférieur de l’Elbe puis le long du Main, où ils furent mentionnés pour la première fois par Dion Cassius en 213. Ces peuples avaient pour point commun de rivaliser avec les Francs, sans doute à l’origine un autre regroupement d’ethnies établies plus au nord sur la rive droite du Rhin. Le royaume alaman désigne le territoire des Alamans décrit à partir de 269.