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Publius Clodius Thrasea Paetus

jeudi 20 février 2020, par ljallamion

Publius Clodius Thrasea Paetus

Sénateur romain et philosophe stoïcien

emblème consul Il vécut pendant le règne de Néron. Il était le mari de Arria, la fille de Arria , beau-père de Helvidius Priscus et peut-être ami du poète Perse .

Il est né à Padoue [1] et appartenait à une famille de nobles aisés. Les circonstances par lesquelles il vint s’établir à Rome sont inconnues. Au début, il fut traité avec de grands égards par Néron, probablement en raison de l’influence de Sénèque le Jeune.

Il devint consul suffect [2] en l’an 56 et un des gardiens des livres Sibyllins [3].

En 57, il soutint la cause de l’envoyé de Cilicie [4] qui vint à Rome pour accuser d’extorsion leur dernier gouverneur Cossutianus Capito.

En 59, Thrasea fut le premier à montrer ouvertement son dégoût à propos du comportement de Néron et la platitude du sénat : il se retira sans voter juste avant la lecture de la lettre de l’empereur qui justifiait le meurtre d’Agrippine la Jeune.

En 62, il empêcha l’exécution du préteur [5] Antistius, qui avait calomnié par écrit l’empereur, et persuada le sénat d’appliquer une sentence plus douce. Néron montra son mécontentement en refusant de recevoir Thrasea lorsque le sénat l’envoya en personne pour offrir les félicitations pour la naissance d’une princesse.

De 63 jusqu’à sa mort en 66, Thrasea se retira de la vie publique et ne remit plus les pieds au sénat.

Mais sa mort avait été décidée en haut lieu. La simplicité de sa vie et son adhésion aux principes du stoïcisme [6] étaient vus comme un reproche envers la frivolité et la débauche de Néron.

Diverses charges furent élevées contre lui. Le sénat, intimidé par la présence de nombreuses troupes, n’a eu d’alternative que de le condamner à mort. Lorsque la nouvelle fut rapportée dans la maison de Thrasea, il se retira dans sa chambre et s’ouvrit les veines de ses deux bras.

Le récit de Tacite s’interrompt au moment où Thrasea allait s’adresser à Démétrios le Cynique , philosophe avec lequel il avait eu, avant ce jour fatal, une discussion sur la nature de l’âme.

Thrasea fut le sujet d’un panégyrique écrit par Arulenus Rusticus, un des tribuns qui avait offert de mettre un veto sur le décret du sénat. Mais Thrasea refusa de le laisser mettre sa vie en péril inutilement.

Le modèle de vie et de conduite pour Thrasea était celui de Caton d’Utique pour lequel il avait rédigé un panégyrique. Dans sa biographie sur Caton, c’était l’un des maîtres de Plutarque.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Publius Clodius Thrasea Paetus/ Portail de la Rome antique/ Catégories : Personnalité du Ier siècle/ Consul de l’Empire romain/ Philosophe romain

Notes

[1] Padoue est une ville italienne, de Vénétie région de la plaine du Pô, située dans le nord de la péninsule à 40 kilomètres de Venise, sur la rivière Bacchiglione.

[2] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[3] Les livres sibyllins sont un recueil d’oracles grecs conservé à Rome dans l’Antiquité. Selon une tradition ancienne, ils furent achetés à une sibylle par le roi Tarquin le Superbe. Les livres sibyllins ne sont consultés qu’à la suite d’un prodige (ou présage) grave. Ils suggèrent des expiations extrêmement diverses, sur lesquels statuent les pontifes. Il s’agit de savoir quel dieu apaiser et par quels rites. Ils furent d’abord confiés à un collège de deux prêtres, nombre qui s’accrut par la suite pour atteindre quinze membres sous l’Empire, qu’on appela alors les quindecemviri sacris faciundis. La réponse était d’abord lue au Sénat, qui statuait ensuite sur l’opportunité de sa publication.

[4] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.

[5] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[6] Le stoïcisme est un courant philosophique occidental issu de l’école du Portique fondée en 301 av.jc à Athènes, par Zénon de Cition. Le stoïcisme a par la suite traversé les siècles, subi des transformations notamment avec Chrysippe de Soles en Grèce et à Rome avec Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle, puis exercé diverses influences, allant de la période classique en Europe en particulier au 17ème siècle, chez René Descartes jusqu’à nos jours. Un des points qui distingue le stoïcisme des autres courants philosophiques issus de l’époque hellénistique est sa psychologie qui est à la base des thérapies cognitivo-comportementales modernes