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L’histoire pour le plaisir

Sainte Eustochium

jeudi 8 février 2018 (Date de rédaction antérieure : 19 août 2011).

Sainte Eustochium (vers 368-vers 419)

Née à Rome, soeur de sainte Blésille et fille de sainte Paule et du sénateur romain Toxotius. À la mort de son père, en 380, Paule et Eustochium vécurent à Rome, menant une vie austère, à l’image de celle des Pères du Désert.

Quand saint Jérôme vint à Rome depuis la Palestine, toutes 2 en firent leur guide spirituel. Hymettius, un oncle d’Eustochium, ainsi que sa femme, Prætextata, essayèrent vainement de persuader Eustochium de quitter cette vie de pauvreté et de mortifications et de jouir des plaisirs du monde. Au contraire, aux environs de 384, la jeune fille fit vœu de virginité perpétuelle.

Saint Jérôme retourna en Palestine un an plus tard, et fut rapidement suivi par Paula et Eustochium.

En 386, Eustochium et sa mère accompagnèrent saint Jérôme en Égypte, où ils visitèrent les ermites de Nubie [1], pour étudier et ensuite imiter, leur mode de vie. Ils retournèrent ensuite en Palestine, et s’installèrent définitivement à Bethléem [2].

Paule et Eustochium érigèrent 4 monastères et un hôpital près du lieu de naissance du Christ.

Un des monastères fut occupé par des moines, sous la direction de saint Jérôme. Les 3 autres furent dirigés par Paule et Eustochium, et accueillirent de nombreuses vierges rassemblées autour d’elles.

Eustochium et sa mère étudiaient longuement les Saintes Écritures avec saint Jérôme. Eustochium parlait le latin et le grec couramment et lisait la Bible en hébreu. De nombreux commentaires de saint Jérôme furent écrits sous son influence, et il lui dédicaça ses commentaires des prophètes Isaïe et Ézéchiel , ainsi que de nombreuses lettres pour son édification spirituelle.

En 404, elle succéda à sa mère à la tête du monastère de Bethléem. En 417, les monastères de Bethléem furent attaqués par des bandits qui les pillèrent, et en incendièrent un, blessant ou tuant les moniales. On supposa qu’ils n’étaient que les sbires du patriarche de Jérusalem et des Pélagiens [3] contre lesquels saint Jérôme avait écrit quelques pamphlets virulents.

Ensemble, saint Jérôme et Eustochium envoyèrent une lettre au Pape Innocent 1er, qui réprimanda vertement le patriarche. Peu de temps après, Eustochium mourait, et fut remplacée dans sa tâche par sa nièce, Paula.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Sainte Eustochium/ Nominis

Notes

[1] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[2] Bethléem est une ville située en Cisjordanie, une région de Palestine, à environ 10 km au sud de Jérusalem, qui compte essentiellement des Palestiniens musulmans. La ville compte une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. Son agglomération s’étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour. La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l’appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement du roi d’Israël David. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C’est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d’un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l’entrée de la ville.

[3] Le pélagianisme est le courant considéré comme hérétique par l’Église catholique, issu de la doctrine du moine Pélage. Pélage minimisait le rôle de la grâce et exaltait la primauté et l’efficacité de l’effort personnel dans la pratique de la vertu. Il soutenait que l’homme pouvait, par son seul libre arbitre, s’abstenir du péché, niait la nécessité de la grâce, le péché originel, les limbes pour les enfants morts sans baptême. En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d’Adam dans leurs actions et ne doivent donc pas se rédimer à jamais. Trois conciles s’étaient opposés à cette doctrine : ceux de Carthage, 415 et 417, et celui d’Antioche en 424. Le Concile oecuménique d’Éphèse, en 431, condamna cette hérésie en dépit des correctifs que Pélage inséra dans ses apologies. Le pélagianisme subsista jusqu’au 6ème siècle. Il fut surtout combattu par saint Augustin qui a tout fait pour que Pélage soit excommunié car il le considérait comme un disciple du manichéisme. En 426, l’Église catholique romaine excommunie Pélage.