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Antigénès (général) ou Antigène

mardi 5 novembre 2019

Antigénès (général) ou Antigène (vers 380-316 av. jc)

Général de Philippe II et d’Alexandre le Grand

Il participe aux guerres des diadoques [1] comme commandant des argyraspides [2] en prêtant allégeance à Polyperchon contre Antigone le Borgne qui le fait exécuter à l’issue de la bataille de Gabiène [3].

Sous le règne de Philippe II, Antigénès perd un œil durant le siège de Périnthe [4] en 340 av. jc, alors que la cité offre une résistance acharnée à l’armée macédonienne [5].

Il participe à l’expédition d’Alexandre le Grand en Asie comme membre des hypaspistes [6]. Il est mentionné pour la première fois à la bataille de l’Hydaspe [7] en 326. C’est au moment de la campagne d’Inde que les hypaspistes ou boucliers d’argent vétérans deviennent les argyraspides, et qu’il en aurait pris le commandement avec Teutamos . Durant la retraite d’Inde, il se joint à Cratère avec lequel il traverse l’Arachosie [8].   Au moment des noces de Suse [9] en 324, il tente d’extorquer le trésor royal mais Alexandre finit par lui pardonner. Il semble avoir participé à la sédition d’Opis à l’issue de laquelle 10 000 vétérans sont autorisés à rentrer en Macédoine. Il accompagne les troupes en compagnie de Cratère et Polyperchon. C’est en Cilicie [10] que les vétérans, alors en campagne contre les Pisidiens [11], apprennent la mort du roi survenue en juin 323.

À l’été 322, la plus grande partie du corps des vétérans, sous les ordres de Cratère et Polyperchon, part en Grèce pour venir en aide à Antipater engagé dans la guerre lamiaque [12]. Antigénès reste lui en Cilicie, en compagnie des 3 000 argyraspides, avec pour mission de surveiller le trésor royal abrité dans la forteresse de Cyinda [13].

En 321, il se joint à Perdiccas, chiliarque [14] de l’empire, dans la lutte contre Ptolémée. Mais après l’échec de la traversée du Nil, il assassine Perdiccas avec Peithon et Séleucos. Lors des accords de Triparadisos [15], il est récompensé de sa trahison en héritant de la satrapie [16] de Susiane [17], où il ne reste qu’une année, avant de retourner en Cilicie à la tête des argyraspides protéger le trésor royal.

En 319, Polyperchon qui a succédé à Antipater à la régence de Macédoine, ordonne à Eumène de Cardia, de prendre possession du trésor et à Antigénès de se joindre à lui dans la lutte contre Antigone le Borgne. Antigénès aurait, par prudence, dissuadé Teutamos de suivre les recommandations de Ptolémée visant à comploter contre Eumène.

Antigénès aurait consenti à se rallier à Eumène après que celui-ci lui ait assuré qu’Alexandre lui serait apparu en rêve pour lui confier le commandement de l’armée royale. On peut également supposer que l’instauration du culte d’Alexandre est un moyen pour Eumène qui est Grec et non Macédonien de faire accepter son autorité par Antigénès et les argyraspides.

Durant la bataille de Paraitacène [18], en 317, Antigènes parvient, à la tête des boucliers d’argent, à sauver Eumène de la défaite en battant la phalange [19] d’Antigone. Par la suite, la satrapie de Susiane est attaquée par ses anciens complices, Peithon et Séleucos.

À la bataille de Gabiène [20], qui se déroule en 316 et qui fait suite à celle de Paraitacène, les argyraspides sont placés au centre du dispositif avec pour mission de marcher contre la phalange d’Antigone, car cette dernière aurait eu l’impression de combattre leurs propres pères. Pour autant, Eumène est vaincu après la défection de Peucestas qui quitte le champ de bataille avec sa cavalerie.

Eumène est livré par les argyraspides à Antigone car celui-ci a capturé leur train de bagages et leurs familles.

Malgré cette trahison, Antigénès est brûlé vif, tandis que Teutamos est vraisemblablement aussi exécuté

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de W.Heckel, The Marshals of Alexander’s Empire, London and New York, 1992.

Notes

[1] Les guerres des Diadoques sont les conflits qui interviennent pour le partage de l’empire d’Alexandre le Grand, mort en 323 av. jc, entre ses successeurs ou Diadoques. Elles se déroulent de 322 à 281 (bataille de Couroupédion) avec des périodes de trêve. Elles opposent dans un premier temps le régent Perdiccas aux « forces centrifuges » dont Ptolémée, Séleucos et Antigone, les principaux satrapes macédoniens. Elles opposent ensuite les Antigonides, candidats à un empire eurasiatique, à une coalition regroupant Ptolémée, Séleucos, Lysimaque et Cassandre, bientôt devenus rois, tandis que les héritiers légitimes d’Alexandre sont éliminés. En Europe, elles mettent en jeu la succession d’Antipater, alors que certaines cités grecques luttent toujours contre l’hégémonie de la Macédoine. Les guerres des Diadoques aboutissent finalement à une division de l’empire d’Alexandre entre les dynasties antigonide, lagide et séleucide.

[2] Les Argyraspides, sont un corps de fantassins d’élite au temps des conquêtes d’Alexandre le Grand et de l’empire séleucide.

[3] La bataille de Gabiène fit suite à la Bataille de Paraitacène et fut la seconde grande confrontation entre Antigone le Borgne et Eumène de Cardia, anciens généraux d’Alexandre le Grand, dans le contexte des Guerres des diadoques. La seule trace écrite sur cette bataille provient des récits de Diodore, à partir du point de vue de Hiéronymos de Cardia, aide personnel d’Eumène à l’époque avant de faire allégeance à Antigone.

[4] Marmara Ereğli est une ville et un district de la province de Tekirdağ, en Thrace, en Turquie. Ereğli est située à 30 km à l’est de la ville de Tekirdağ et à 90 km à l’ouest d’Istanbul, près d’un petit cap sur la côte nord de la Mer de Marmara.

[5] Le royaume de Macédoine est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd’hui principalement à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l’ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l’est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l’État dominant du monde grec durant l’époque hellénistique. L’existence du royaume est attestée au tout début du 7ème siècle av. jc avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connaît un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l’origine de la conquête de l’immense empire perse et de l’expansion de l’hellénisme en Asie à la fin du 4ème siècle av. jc. Après sa mort, la Macédoine passe brièvement sous la tutelle des Antipatrides dans le contexte des guerres des diadoques. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu’en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.

[6] Les hypaspistes, ou « porte-boucliers », sont une troupe d’infanterie d’élite dans l’armée macédonienne sous Philippe II et Alexandre le Grand et à l’époque des monarchies hellénistiques.

[7] a bataille de l’Hydaspe oppose Alexandre le Grand à Pôros, râja indien du royaume de Paurava, en juillet 326 av. jc sur les rives de l’Hydaspe (ou Hydaspes), la Jhelum moderne, sur le territoire actuel du Pakistan. Les soldats macédoniens sont confrontés pour la première fois à un nombre important d’éléphants de guerre.

[8] L’Arachosie est une région antique située au sud-ouest de l’Afghanistan, ancienne satrapie de l’empire perse achéménide. Après la chute de la dynastie achéménide, Alexandre le Grand l’occupe en 330 av.jc et fonde Alexandrie d’Arachosie (actuelle Kandahar) qui en devient la capitale. Elle fait ensuite partie du royaume gréco-bactrien de 250 à 130 av. jc environ, avant d’être conquise par le deuxième empire perse sassanide.

[9] Suse ou Shushan dans la Bible est une ancienne cité de la civilisation élamite, devenue au 5ème siècle av. jc la capitale de l’Empire perse achéménide, située dans le sud de l’actuel Iran à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre. Elle ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines.

[10] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.

[11] La Pisidie est une région historique de l’Asie Mineure, caractérisée par de grands lacs et située dans l’actuelle Turquie, entre la Lydie au Nord-Ouest, la Phrygie au Nord, l’Isaurie à l’Est, la Pamphylie et la Cilicie au Sud-Est, la Lycie et la Carie au Sud-Ouest, mais ses limites exactes ont évolué dans le temps. Les Pisidiens, montagnards réputés belliqueux et pillards, se maintiennent longtemps indépendants. Seuls les Romains parviendront à les soumettre.

[12] La guerre lamiaque ou guerre hellénique est un conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d’Alexandre le Grand en juin 323 av. jc. Il oppose des cités grecques révoltées, parmi lesquelles Athènes, aux Macédoniens menés par Antipater. La guerre est finalement remportée par ce dernier en 322 et les cités rebelles doivent se soumettre.

[13] Cyinda ou Kyinda est une ancienne cité de Cilicie, en actuelle Turquie, connue pour sa forteresse (ou gazophylaquie) qui abrite le trésor des rois achéménides puis celui d’Alexandre le Grand.

[14] Le terme chiliarque, à l’origine un commandement de mille hommes, désigne une fonction militaire et/ou administrative, d’abord dans l’Empire perse, puis dans le royaume de Macédoine et les monarchies hellénistiques.

[15] Les accords de Triparadisos sont conclus en 321 en vue de réorganiser le commandement et les satrapies de l’ancien empire d’Alexandre le Grand, mort en 323. Cette réorganisation a lieu au nord de la Syrie après la campagne malheureuse de Perdiccas en Égypte. Les diadoques qui ratifient cet accord sont Antipater et Antigone le Borgne. Antipater est confirmé comme régent de Macédoine. Il est aussi attentif à contenir les ambitions d’une autre femme, l’épouse de Philippe III, Eurydice. Le principal bénéficiaire de cet accord est Antigone le Borgne. Il y a de rares Orientaux présents à ce traité : le nord de l’Inde, les Paromisades, sont, par exemple, laissés à l’aristocrate bactrien Oxyartès, père de Roxane, elle-même épouse d’Alexandre le Grand.

[16] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[17] Susiane est le nom grec de la satrapie perse antique puis séleucide qui avait Suse pour capitale. Au pied de la barrière montagneuse du Zagros qui la borde au nord et à l’est, la plaine de la Susiane aujourd’hui Khuzistan prolonge en Iran la grande plaine alluviale mésopotamienne. Celle-ci est drainée par le Tigre et l’Euphrate dont le confluent constitue le Chott-el-Arab qui débouche dans le golfe persique. La partie essentielle de la plaine de la Susiane est la riche cuvette arrosée par le Karkheh et le Karoun. Cette dernière rivière appelée aussi Choaspes ou Eulée avait dit-on une eau délicieuse à boire qui était emportée dans ses vaisseaux d’argent par Cyrus lorsqu’il se rendait à Babylone. Dans l’antiquité elle était bornée au nord par la Médie et à l’est par la Perside.

[18] La Bataille de Paraitacène (317 av.jc) fut une des batailles lors des Guerres des diadoques qui firent suite à la mort d’Alexandre le Grand et opposa Antigone le Borgne et Eumène de Cardia.

[19] La phalange ou Phalanx est une formation de lanciers lourdement armés conçue pour anéantir l’infanterie ennemie lors du choc. La forme la plus ancienne date du milieu du 3ème millénaire av. jc en Mésopotamie par les Sumériens. La plus connue est la phalange hoplitique des cités États grecques à partir du 7ème siècle av. jc, supplantée par la phalange macédonienne au 4ème siècle av. jc.

[20] La bataille de Gabiène (316 av.jc) fit suite à la Bataille de Paraitacène et fut la seconde grande confrontation entre Antigone le Borgne et Eumène de Cardia, anciens généraux d’Alexandre le Grand, dans le contexte des Guerres des diadoques.