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L’histoire pour le plaisir

Conan Mériadec

samedi 17 juin 2017 (Date de rédaction antérieure : 20 mars 2017).

Conan Mériadec (mort en 421)

Roi légendaire de la Bretagne romaine

Bède, Gildas le Sage ou des historiens francs comme Grégoire de Tours, n’en parle pas dans leurs écris. Il est par contre longuement évoqué par Geoffroy de Monmouth dans son “Historia regum Britanniae” [1] rédigée entre 1135 et 1138 où il est présenté comme le neveu du roi de l’île de Bretagne Octavius ou Eudaf Hen qui reçoit le royaume de Bretagne de Maximianus.

Conan apparaît ensuite pour la première fois en Bretagne dans 2 textes dont la datation est malheureusement très controversée : le “Livre des Faits d’Arthur” connu par un manuscrit du 15ème siècle, utilisé par Pierre Le Baud mais qui aurait été composé entre 954 et 1012 et le prologue de la Vita Goeznouei [2] qui daterait de 1019.

Il serait né en Grande-Bretagne à la fin du 4ème siècle, et passe dans les Gaules vers 384, avec son parent, le tyran Maxime, dont il sert les intérêts, il serait devenu duc d’Armorique [3] et aurait gouverné pendant 26 ans, sous la dépendance des Romains, la partie de l’Armorique connue depuis sous le nom de Bretagne.

En 409, les Armoricains, s’étant soulevés, ils auraient conféré à Conan l’autorité souveraine qu’il aurait conservée jusqu’à sa mort en 421 pour la léguer à ses descendants, qui furent depuis princes puis rois et enfin ducs de Bretagne. Selon la légende il aurait pris le titre de roi et aurait résidé à Nantes, devenant le premier roi de Bretagne.

C’est de Conan Mériadec que datent les invasions successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d’un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l’île, de l’appuyer dans sa révolte contre l’empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l’empire d’Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l’Armorique, souveraineté que Conan su faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu’il rendit complètement indépendante sous le faible Honorius.

Toujours d’après le récit semi-légendaire, saint Brec’han ou Brecan, éponyme de la montagne Brecon Beacons [4] au Pays de Galles et roi de Domnonée [5], serait l’un de ses enfants et sainte Nonne , patronne de Dirinon [6] sa petite-fille.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Léon Fleuriot, Les Origines de la Bretagne, Paris, Payot,‎ 1980 (ISBN 2-22812710-8).

Notes

[1] L’Historia regum Britanniae est une œuvre rédigée en latin entre 1135 et 1138, par l’écrivain gallois Geoffroy de Monmouth. Le texte présente une histoire légendaire des rois de l’île de Bretagne depuis Brutus, fondateur mythique de la lignée, jusqu’à Cadwaladr. On y trouve la première apparition de personnages marquants tels que Merlin ou Uther Pendragon. Proche de la chronique, le texte présente la succession d’une centaine de règnes avec des passages épiques. L’auteur prétend que c’est une traduction du Britannici sermonis liber vetustissimus (Le livre le plus ancien de la langue britannique), manuscrit en langue bretonne dont l’existence est généralement contestée même si certains auteurs, dont Léon Fleuriot, affirment que ce manuscrit a pu exister. L’œuvre eut un grand succès au Moyen Âge, puisque 215 manuscrits sont recensés. Elle marque la naissance littéraire de la matière de Bretagne et a une influence déterminante sur la légende arthurienne. Une adaptation en français est faite par le trouvère normand Wace en 1155 titrée Le roman de Brut.

[2] c’est-à-dire la vie de Saint Goueznou

[3] dux bellorum, c’est-à-dire chef de guerre

[4] Les Brecon Beacons sont des massif montagneux du Sud du pays de Galles.

[5] La Domnonée désigne au 6ème siècle 2 royaumes bordant les 2 rivages occidentaux de la Manche : En Grande-Bretagne, alors appelée « Bretagne », ce royaume s’est étendu sur l’actuel comté de Devon (ce dernier nom étant l’évolution du mot Dumnonia), et antérieurement aussi sur le Dorset et le Somerset. Les Cornouailles étaient peut-être aussi incluses. D’ailleurs, en anglais, on distingue la Dumnonée (Dumnonia), pays insulaire, de la Domnonée, pays continental. En péninsule armoricaine, alors appelée « Petite Bretagne », le royaume aurait été fondé par Riwal (du comté de Gwent au Pays de Galles) et s’étend sur la zone correspondant à la côte nord de la Bretagne : du Trégor au pays de Dol, en passant par le Goëlo et le Penthièvre. Après 530, il inclut le futur Pays de Léon.

[6] Finistère