Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 8ème siècle > Bède dit le Vénérable

Bède dit le Vénérable

vendredi 2 août 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 26 septembre 2011).

Bède dit le Vénérable (vers 672-735)

Moine et lettré anglo-saxon

Représentation de Bède dans La Chronique de Nuremberg, 1493.Né en Northumbrie [1], orphelin, il entre au monastère de Jarrow [2] en 680 où il restera jusqu’à sa mort, en 735. Il fut proclamé docteur de l’Église. Il embrassa toutes les sciences de son temps. Fondateur du comput [3], il fut l’homme le plus distingué de son siècle. Il refusa les propositions du pape Sergius qui l’appelait à Rome.

Il est l’auteur d’ouvrages techniques qui devaient former le socle d’un savoir scientifique médiéval, en plus de 40 livres, dans un latin impeccable.

Le tombeau de Bède le Vénérable est situé dans la crypte de la cathédrale de Durham [4], au nord de l’Angleterre.

De culture et de langue latines, il est l’auteur d’une œuvre considérable. Très populaire en Europe durant tout le Moyen Âge, il est aujourd’hui surtout connu comme l’historien des Angles [5] par son œuvre maîtresse, Historia ecclesiastica gentis anglorum [6], achevée en 731 ou en 732.

À côté de son Histoire, amateur de patristique, il rédigea plusieurs ouvrages de mathématiques et de philosophie, conformément aux cursus de l’enseignement classique des arts libéraux. Ses écrits sont émaillés de citations de Pline le jeune, de Virgile, Lucrèce, Ovide, etc. Il connaissait le grec, et son latin était fluide et agréable, surtout dans ses commentaires de l’Ancien et le Nouveau Testament. Il a traduit l’Évangile selon saint Jean en langue anglo-saxonne.

Il est le témoin de la naissance d’une véritable Église anglo-saxonne sur l’île de Bretagne, celle-ci, reconnue par Rome et soutenue par le siège apostolique face à l’Église écossaise, surtout depuis le synode de Whitby [7] en 664, est devenue au temps de Bède une pépinière de missionnaires qui partent sur le continent pour évangéliser les Frisons [8] et les Saxons.

Prenant acte de l’évangélisation récente de son peuple, il rédige alors une Histoire dans laquelle il décrit à la fois la naissance de cette Église et la naissance du peuple anglais, dans une perspective chrétienne qui est celle du salut, païens partis d’un bout du monde, les Anglais vont retourner en Germanie [9] pour évangéliser les leurs.

Il ne reçut le qualificatif de Vénérable qu’au 9ème siècle et fut proclamé docteur de l’Église en 1899 par Léon XIII .

En science, il se penche en particulier sur l’étude de la mesure du temps.

Dans son comput, il détaille 2 types de calendriers qu’il est le premier en Occident à présenter, et introduit pour la première fois le système de datation prenant comme référence la naissance du Christ à partir des calculs de Denys le Petit.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Nominis CEF/ Saint-Bede-le-Venerable

Notes

[1] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme romain (catholique) dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie au nord et celle de Deirie au sud.

[2] L’abbaye de Wearmouth-Jarrow, ou de Monkwearmouth-Jarrow, est une abbaye bénédictine, composée de deux monastères jumeaux, fondés en Northumbrie par Benoît Biscop, l’un en 674, l’autre en 682. Bien que ces monastères soient distants d’une dizaine de kilomètres, leur histoire est si étroitement liée qu’on associe le plus souvent leurs noms. Tous deux sont des monastères d’hommes : il ne s’agit donc pas d’un monastère double. Bède le Vénérable en parle comme de « monastères jumeaux pour hommes ».

[3] On appelle Comput ou Comput ecclésiastique le calcul d’éléments calendaires utilisés par les églises chrétiennes (avec entre elles certaines différences). Ces éléments calendaires sont : l’indiction romaine : c’est un mode de notation des années imposé par Constantin, repris par Charlemagne, pour rendre valides les actes juridiques et continué par l’Église catholique pour les documents ecclésiastiques, en particulier pour les bulles pontificales ; son usage est en extinction. la date de Pâques : son calcul est important : cette fête constitue le cœur du calendrier ecclésiastique ; la date de Pâques détermine les dates de nombreuses autres fêtes religieuses. Dans les pays de tradition chrétienne, plusieurs d’entre elles font partie du calendrier civil en tant que jours fériés. La définition de la date de la Pâques chrétienne fait références à la phase de la Lune. Les cycles lunaires sont irréguliers. Aussi le comput utilise une Lune fictive, dite Lune du comput ou Lune ecclésiastique ou Lune de Méton. Le comput de la date de Pâques diffère selon que les églises reconnaissent le calendrier julien ou le calendrier grégorien.

[4] La cathédrale de Durham est située dans la cité de Durham dans le comté de Durham, en Angleterre. Fondée en 1093, c’est le premier édifice anglais à avoir reçu des voûtes sur toutes ses parties, à être à la fois une abbatiale et une cathédrale, le siège d’un pèlerinage important aux reliques de saint Cuthbert et un point de défense de l’Angleterre face à l’Écosse

[5] L’Est-Anglie, ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[6] Histoire ecclésiastique du peuple anglais

[7] Le concile de Whitby est un concile important, mais mal connu et dont l’existence est incertaine. S’il a réellement eu lieu, c’est lui qui a mené à l’unification temporaire des Églises catholiques en Grande-Bretagne et à la réduction de l’écart entre l’Église de Rome et les Églises celtes, notamment dans la doctrine. Il a été convoqué par le roi Oswiu de Northumbrie en 663 et 664 à l’abbaye de Whitby, monastère double dirigé par sainte Hilda, à Whitby, dans le Nord-Est de l’Angleterre.

[8] Les Frisons sont un peuple germanique appartenant sur le plan ethnolinguistique au rameau westique. Ce peuple s’est sans doute formé tardivement, au 2ème siècle de notre ère, et a pu être confondu, à l’origine, avec ses plus proches voisins : les Angles, les Jutes et les Saxons. Ils peuplaient à l’époque romaine la plaine du Nord de l’Allemagne (actuels länder de Schleswig-Holstein et de Basse-Saxe), une partie des Pays-Bas et de la péninsule du Jutland au Danemark.

[9] Le Royaume de Germanie n’a pas réellement existé sous ce nom-là. Avec la fin des Carolingiens, les Ottoniens s’imposent et fondent une dynastie qui règne sur la Francie orientale. Pour marquer la différence avec le Royaume de France, on l’appelle Royaume Teutonique. Ce ne sont que les historiens allemands modernes qui lui donnent le nom de Royaume de Germanie. Ce Royaume correspondait au départ aux territoires de la Franconie, de la Saxe et de la Bavière. Mais avec les nombreuses modifications territoriales, le titre de roi de Germanie est devenu honorifique et s’est même pratiquement confondu avec celui de Roi des Romains.