Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

François de Franquetot

mardi 18 novembre 2014 (Date de rédaction antérieure : 19 janvier 2013).

François de Franquetot (1670-1759)

Duc de Coigny-Maréchal de France en 1734-Gouverneur de Caen

François de Franquetot Duc de Coigny-Maréchal de France en 1734-Gouverneur de Caen

Né à Coigny au château de Coigny [1] près de Coutances, fils de Robert de Franquetot, comte de Coigny, lieutenant général des armées du Roi et de Marie-Françoise de Matignon. Il commence sa carrière militaire à l’âge de 17 ans en entrant, comme tous les fils de courtisans choisissant cette voie, aux mousquetaires.

En 1687 il participe à la campagne d’Alsace. Mestre de camp du régiment Royal-Etrangers, il sert en Allemagne sous le maréchal de Duras . En 1690, capitaine au même régiment il sert dans l’armée de Moselle sous le marquis de Boufflers , il fait partie du détachement envoyé par Boufflers en renfort au maréchal de Luxembourg , et est blessé à la bataille de Fleurus [2] le 1er juillet 1690. Sur démission de son père en 1691 il devient Mestre de camp-lieutenant, toujours au Royal-Etranger. Il participe à la guerre de Succession de Bavière qui voit la dévastation du Palatinat en 1693. En 1696 il fait sa première campagne en Italie.

Il épousa par contrat du 4 décembre 1699 Henriette de Montbourcher, fille de René, marquis du Bordage et de Elisabeth Goyon de la Moussaye, cette dernière nièce de Turenne par sa mère Henriette Catherine de la Tour d’Auvergne.

Au début de la Guerre de Succession d’Espagne il est envoyé en Flandre sous le maréchal de Boufflers et est nommé Brigadier de Cavalerie en janvier 1702, à l’âge de 32 ans.

En 1704, il sert dans l’armée de son père en Allemagne, et après le décès de celui-ci prend le titre de comte de Coigny, et recueille sa charge de gouverneur et grand-bailli de Caen. Immédiatement après il est fait entre octobre et décembre 1704 Inspecteur Général de la cavalerie et des dragons, Maréchal de camp et sur la démission du duc de Guiche, Colonel Général des dragons. Il fait toutes les campagnes de la guerre de succession d’Espagne,

Lieutenant général en 1709, il se distingue à la tête du Royal Piémont à la bataille de Malplaquet [3]. Vainqueur malgré une forte infériorité en nombre à Landrecies [4] en juillet 1711, l’année suivante par ses manœuvres habiles il est un des artisans de la grande victoire de Denain [5] remportée par le maréchal de Villars sur le Prince Eugène et qui sauva la France de l’invasion.

Pendant la régence et les tensions entre le Régent et Philippe V , il est envoyé en 1719 en Espagne sous le maréchal de Berwick et participe aux sièges de Fontarabie [6] et de San-Sebastian, puis il est envoyé en Catalogne. La même année il entre au Conseil de la Guerre.

Chevalier des ordres du Roi en 1724, il recueille le gouvernement de la principauté de Sedan à la mort du maréchal de Grancey en novembre 1725.

En 1734, il remplaça Villars dans le commandement de l’Armée d’Italie et gagna, avec Broglie , les batailles de Parme [7] et Guastalla [8] sur les Impériaux.

Après cette action il est élevé à la dignité de Maréchal de France le 14 juin 1734.

Au 1er janvier 1735 il cède son commandement au maréchal de Broglie pour aller à la cour prêter son serment de Maréchal de France et est envoyé commander l’Armée du Rhin. Il y fait quelques mouvements avant la signature de la paix du traité de Vienne.

De retour à Paris, il surveille de loin la reconstruction du château de Franquetot. En 1739, à la mort du Maréchal du Bourg il reçoit le gouvernement de l’Alsace en échange de celui de Sedan.

Au début de la Guerre de Succession d’Autriche, il est envoyé en août 1743 pour mettre son gouvernement d’Alsace en défense, pour empêcher le prince Charles de Lorraine de traverser le Rhin. Après un hivernage à Strasbourg, il prend position à Huningue [9], puis remonte au nord vers Spire [10]. Là le surprend la nouvelle du passage des armées impériales au niveau de Lauterbourg [11]. Pour éviter d’être coupé de l’Alsace, avec des forces inférieures en nombre il se force un passage à la bataille de Wissembourg le 5 juillet 1743. Au mois de novembre il réussit à s’emparer de Fribourg et démantèle la place. Il hiverne en Souabe et cesse de servir à partir de 1745.

Par lettres patentes de février 1747, il est créé duc de Coigny. Son fils étant mort en mars 1748 tué en duel par le prince des Dombes , il reprend ses charges de Grand-bailli de Caen et de Colonel Général des dragons. Il cède cette dernière au duc de Chevreuse en 1754.

En 1755 et 1756 il résigne en faveur de son petit-fils François-Henri de Franquetot de Coigny le gouvernement de Caen et son duché, tout en en conservant les honneurs jusqu’à son décès à Paris le 18 décembre 1759 dans sa 90ème année. Son cœur a été enterré dans l’église de Coigny. Il eut pour secrétaire le poète Gentil Bernard .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de L’encyclopédie de la Manche /François de Franquetot

Notes

[1] Le chateau de Coigny est construit vers 1598 et les de Franquetot l’habitent un moment. Puis, François de Franquetot, duc de Coigny, restaure et double le chateau de Franquetot pour l’habiter.

[2] La bataille de Fleurus a eu lieu le 1er juillet 1690 à Fleurus (en Belgique actuelle). Ce fut une victoire pour l’armée française commandée par le maréchal de Luxembourg contre les armées d’une coalition rassemblant les Provinces-Unies, les Impériaux, l’Espagne et l’Angleterre commandées par le général allemand Waldeck

[3] La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l’actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et hollandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars.

[4] À l’occasion de la Guerre de Succession d’Espagne, Landrecies joua un rôle important en permettant aux troupes françaises de tenir une grande partie de leurs ennemis sous les murs de la ville en 1712.Cela permit plus facilement au duc de Villars de remporter la fameuse victoire de Denain,qui sauva la France et mit fin à cette guerre.

[5] La bataille de Denain, qui eut lieu le 24 juillet 1712, est un épisode décisif de la guerre de Succession d’Espagne3. Elle se solde par une victoire inespérée des armées françaises commandées par le maréchal de Villars sur les Austro-Hollandais du Prince Eugène. Elle permet après plusieurs défaites françaises de négocier une paix favorable.

[6] En 1638, dans le cadre de la guerre de Trente Ans, Fontarabie subit son siège le plus célèbre. Le prince de Condé, à la tête d’une armée de douze mille hommes, en est chassé par une sortie des 7 000 défenseurs de la ville. La fin de ce siège est fêtée chaque année par ses habitants avec l’Alarde. Malgré cela, la ville est à nouveau assiégée et prise l’année suivante, l’ingénieur Pierre d’Argencourt participant au siège côté français. En 1719, la ville est prise le 17 juin par le maréchal de Berwick. En 1794, elle est encerclée pendant la guerre de la Convention. En 1836, la ville est attaquée pendant les guerres carlistes par un corps expéditionnaire britannique.

[7] La bataille de San Pietro appelée aussi bataille de Parme ou bataille de la Crocetta eut lieu le 29 juin 1734 et opposa les troupes franco-sardes et les forces autrichiennes à proximité de la ville de Parme au lieu-dit la Crocetta. La bataille acharnée dura toute la journée et finit par le départ des troupes autrichiennes qui devaient déplorer la perte de 4 généraux et du maréchal Claude Florimond de Mercy. Cette bataille ne fut pas considérée comme une victoire franche des Français et la bataille de Guastalla confronta de nouveau les deux armées le 19 septembre 1734.

[8] La bataille de Guastalla qui eut lieu le 19 septembre 1734 oppose les Français et Piémontais aux Autrichiens. Victoire de Charles-Emmanuel III de Savoie qui prend Novare aux Autrichiens (Guerre de Succession de Pologne).

[9] Huningue est une commune française de l’agglomération trinationale de Bâle, située dans le département du Haut-Rhin en région Alsace.

[10] Spire (Speyer en allemand) est une ville portuaire et un arrondissement au sud du Land de Rhénanie-Palatinat.

[11] Lauterbourg est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.