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Claude-Louis-Hector de Villars

mercredi 27 décembre 2017

Claude-Louis-Hector de Villars (1653-1734)

Aristocrate et militaire français

Né à Moulins, issu d’une famille noble, fils de Pierre de Villars , et de Marie Gigault de Bellefonds .

Il est élève au collège de Juilly [1] de 1664 à 1668. Il épouse en 1702, Jeanne-Angélique Rocque de Varengeville.

Après de brillantes études au collège de Moulins, Louis-Hector, marquis de Villars, entre aux pages de la Grande Écurie [2] en 1670, puis aux mousquetaires [3] en 1671. Le 28 août 1674, il est fait mestre de camp d’un régiment de cavalerie de son nom le régiment de Villars cavalerie, incorporé le 15 août 1679 dans le régiment de Beaupré [4].

En 1687 en qualité d’envoyé officieux, il est dépêché à Munich en vue d’entamer des négociations avec l’Électeur de Bavière pour le convaincre, en vain, d’infléchir sa politique dans un sens plus favorable aux intérêts français.

Son ascension est favorisée par Madame de Maintenon qui contrecarre son opposant, le ministre Louvois. Dans les années précédant la guerre de Succession d’Espagne [5], il est envoyé en mission extraordinaire à Vienne où son action est appréciée par Louis XIV.

Villars ne débute son ascension militaire qu’à 50 ans, lors de la guerre de Succession d’Espagne, il est auparavant jugé trop téméraire pour commander une armée.

Après sa victoire sur le prince de Bade Louis-Guillaume de Bade-Bade à la bataille de Friedlingen [6], il devient maréchal de France [7] par état du 20 octobre 1702.

L’année suivante, il bat les Impériaux à Höchstädt [8]. En mai 1703, déçu du manque de succès militaires significatifs depuis le début de la guerre et de l’échec des tentatives de désarmement des Cercles de Souabe [9] et de Franconie [10], il propose à Louis XIV de revenir à la politique de la terre brûlée des décennies précédentes et d’ordonner de dévaster le pays.

En avril 1704, il part remplacer le maréchal de Montrevel Nicolas Auguste de La Baume dans la guerre contre les Camisards afin de négocier la fin des combats. Il est fait duc de Villars en 1705.

En 1709, il est blessé à la bataille de Malplaquet [11], où les alliés victorieux subissent plus de pertes que les Français vaincus. À la suite de cette action, il est fait pair de France [12].

En 1712, par sa victoire surprise de Denain [13], il sauve les armées de Louis XIV de la défaite. La même année, il devient gouverneur de Provence, fonction qu’il conservera jusqu’à sa mort, et à laquelle son fils lui succède.

Il est élu membre de l’Académie française [14] en 1714. De 1715 à 1718, il préside le conseil de la Guerre [15].

En 1733, un an avant sa mort, il reçoit de Louis XV la rare dignité de maréchal général des camps et armées du roi [16].

En 1734, Villars encore vert à 81 ans prenait, en Italie, le commandement de 40 000 Français, de 12 000 Piémontais et de 21 000 Espagnols pour conquérir en trois mois le Milanais lors de la guerre de Succession de Pologne [17], il devait mourir dans son lit à Turin le 17 juin 1734.

Le maréchal de Villars a fait construire le château de Larochemillay [18]. Il est également propriétaire du château de Vaux-le-Vicomte [19], du château de Galleville à Doudeville [20], et des demeures qui sont devenues la mairie du 7e arrondissement de Paris [21].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Fadi El Hage, Le Maréchal de Villars : L’Infatigable Bonheur, Belin,‎ 2012

Notes

[1] Le collège de Juilly est un établissement d’enseignement, placé sous la tutelle de l’Oratoire de France, qui a fonctionné presque sans interruption de 1638 à 2012. Situé à Juilly en Seine-et-Marne, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Paris, il comprenait une école maternelle, une école primaire, un collège et un lycée. Il accueillait des élèves, garçons et filles, en internat, demi-pension et externat.

[2] La Grande Écurie est un bâtiment qui se trouve à Versailles, sur la place d’Armes, en face du château, entre les avenues de Saint-Cloud et de Paris. Constituant avec la Petite Écurie les Écuries royales (institution faisant travailler un millier de personnes sous Louis XIV), elle a été construite sous la direction de l’architecte Jules Hardouin-Mansart et achevée en 1682. Dotée d’un manège, elle abritait les chevaux de chasse et de guerre du roi

[3] Le corps des mousquetaires de la maison militaire du roi de France est créé en 1622 lorsque Louis XIII dote de mousquets, arme plus puissante que l’arquebuse, une compagnie de chevaux-légers de la Garde, créée par Henri IV. Elle est connue sous le nom de Compagnie des Mousquetaires du Roi.

[4] Le régiment de Conti dragons est un régiment de dragons du Royaume de France, de la République française et du Premier Empire, créé en 1667.

[5] La guerre de Succession d’Espagne est un conflit qui a opposé plusieurs puissances européennes de 1701 à 1714, dont l’enjeu était la succession au trône d’Espagne à la suite de la mort sans descendance du dernier Habsbourg espagnol Charles II et, à travers lui, la domination en Europe. Dernière grande guerre de Louis XIV, elle permit à la France d’installer un monarque français à Madrid : Philippe V, mais avec un pouvoir réduit, et le renoncement, pour lui et pour sa descendance, au trône de France, même dans le cas où les autres princes du sang français disparaîtraient. Ces conditions ne permettaient pas une union aussi étroite que celle qui était espérée par Louis XIV. La guerre de succession donna néanmoins naissance à la dynastie des Bourbons d’Espagne, qui règne toujours aujourd’hui.

[6] La bataille de Friedlingen s’est déroulée le 14 octobre 1702 près de la ville de Weil-am-Rhein, ( Allemagne ) quelques km au nord de Bâle ( Suisse ). L’armée française menée par Claude Louis Hector de Villars, vainquit celle du Saint Empire, menée par Louis-Guillaume Ier de Bade.

[7] Depuis la création du titre, en 1185, il y a eu 342 maréchaux de France. L’office de maréchal n’est devenu militaire que depuis le début du 13ème siècle. À son origine, le maréchal de France n’a qu’un rôle d’intendance sur les chevaux du roi. Son office devient militaire au début du 13ème siècle, tout en étant subordonné au connétable. Le premier à porter le titre de maréchal du roi de France avec une fonction militaire était Albéric Clément, seigneur de Mez, désigné par Philippe Auguste, en 1185. Après l’abolition de l’office de connétable par Richelieu en 1624, les maréchaux deviennent les chefs suprêmes de l’armée. Parfois le roi crée une charge de maréchal général des camps et armées du roi, qu’il confie au plus prestigieux de ses maréchaux. Outre leurs fonctions militaires, les maréchaux ont aussi la responsabilité du maintien de l’ordre dans les campagnes, par l’intermédiaire des prévôts des maréchaux, d’où l’appellation de « maréchaussée » donnée à l’ancêtre de la gendarmerie. Jusqu’en 1793, date de l’abolition de cette charge, il y eut 263 maréchaux de France.

[8] La première bataille de Höchstädt, également appelée bataille de Hochstett, eut lieu le 20 septembre 1703, près de Höchstädt an der Donau en Bavière, pendant la guerre de Succession d’Espagne. Elle s’est terminée par une victoire de l’armée franco-bavaroise du maréchal de Villars sur les Autrichiens du général Von Stirum.

[9] Le Cercle de Souabe est l’un des quatre cercles impériaux constitués en 1512. Le cercle est pour l’essentiel constitué d’un grand nombre de petits États dont seuls le duché de Wurtemberg, les margraviats de Baden-Baden et Baden-Durlach et la principauté épiscopale d’Augsbourg possèdent un certain poids politique.

[10] Le Cercle de Franconie est l’un des six cercles impériaux constitués en 1500 lors de la réforme impériale.

[11] La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d’Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l’actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France). Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et hollandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars.

[12] La pairie de France est composée des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France, ayant le titre de pair de France. Ils représentent les électeurs primitifs à la royauté à l’époque où la primogéniture n’est pas de règle, et assurent la dévolution de la couronne selon les lois fondamentales du royaume, ainsi que le choix de la régence en cas de minorité. Le nombre de pairs de France est un temps fixé à douze : six pairs ecclésiastiques et six pairs laïcs. Depuis 1180, on les voit chargés d’assurer la succession et être associés à la cérémonie du sacre où ils représentent chacun une fonction symbolique de l’investiture. À partir de la fin du 13ème siècle, les six pairies laïques, dont les terres sont revenues à la couronne, sont des apanages princiers, et les nouveaux pairs qui sont créés ne jouent qu’un rôle cérémoniel. La pairie, qui est un office de la couronne et non un titre de noblesse, devient un moyen pour les rois de distinguer et de s’attacher les nobles les plus importants du royaume. Le mouvement s’accélère au 16ème siècle : le roi nomme alors de simples gentilshommes à la pairie, les hissant au sommet de la pyramide des dignités en France. Il faut, pour être pair, jouir d’un fief auquel est attaché une pairie et descendre de la première personne à qui avait été attribué l’office. Le rôle des pairs de France, à l’époque de l’Ancien Régime, à la différence des pairs britanniques, est seulement honorifique.

[13] La bataille de Denain, qui eut lieu le 24 juillet 1712, est un épisode décisif de la guerre de Succession d’Espagne. Elle se solde par une victoire inespérée des armées françaises commandées par le maréchal de Villars sur les Austro-Hollandais du Prince Eugène. Elle permet après plusieurs défaites françaises de négocier une paix favorable.

[14] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

[15] Le Conseil de la Guerre fut créé par déclaration du 15 septembre 1715 comme part de la Polysynodie. Présidé par le maréchal de Villars, il comptait sept lieutenant généraux des armées et deux maîtres des requêtes dont l’intendant Claude Le Blanc. Le Conseil de la Guerre fut supprimé le 15 octobre 1718.

[16] La charge de « maréchal général des camps et armées du roi », essentiellement honorifique, est une charge militaire française de l’Ancien Régime, recréée sous la monarchie de Juillet avec une autre appellation. Son titulaire avait autorité, puis au fil du temps simple préséance, sur tous les autres maréchaux de France. D’abord instituée pour suppléer au connétable lorsque celui-ci était indisponible, elle devint après la suppression de la connétablie en 1626 la plus haute dignité de l’armée. Les maréchaux généraux étaient tous maréchaux de France avant d’être promus. À la différence de la dignité de maréchal, le maréchalat général n’était que rarement accordé à des commandants militaires actifs. Il s’agissait plutôt, surtout aux 18ème et 19ème siècles, d’une récompense de fin de carrière pour les maréchaux particulièrement méritants ou loyaux. On compte en tout seulement sept titulaires

[17] La guerre de Succession de Pologne eut lieu de 1733 à 1738. À la mort d’Auguste II en 1733, son fils, Auguste III, et Stanislas 1er, ancien roi de Pologne déchu en 1709, beau-père de Louis XV, se disputent le trône.

[18] Larochemillay est une commune française située dans le département de la Nièvre. Le château actuel fut construit à partir de 1720 par le maréchal de Villars qui avait acheté la seigneurie à un des fils du connétable de Montmorency. Il comprend un grand corps de logis à mansardes, flanqué de deux pavillons rectangulaires. Le comte François de La Ferté-Meun achète la seigneurie pour la somme de 130 000 livres le 15 avril 1736 et fait achever les travaux de construction du château par l’architecte Michel-Ange Caristie. En 1760, le comte de La Roche-Millay est Jacques-Louis de La Ferté-Meun, seigneur de Solière et de Cuzy. Les familles de Noailles (par mariage, à partir de 1851) puis de Montesquiou-Fezensac, furent par la suite les propriétaires successifs du château.

[19] Le château de Vaux-le-Vicomte, situé sur le territoire de la commune française de Maincy (Seine-et-Marne), à 50 km au sud-est de Paris, près de Melun est un château du 17ème siècle, construit pour le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Ce dernier fit appel aux meilleurs artistes de l’époque pour bâtir ce château : l’architecte Louis Le Vau, premier architecte du roi, le peintre Charles Le Brun, fondateur de l’Académie de peinture, le paysagiste André Le Nôtre, contrôleur général des bâtiments du roi et le maître-maçon Michel Villedo. Leurs talents avaient déjà été réunis par le jeune Louis XIV pour construire des ailes au château de Vincennes en 1651-1653. Le roi refera appel à eux pour construire le château de Versailles, celui de Vaux-le-Vicomte servant alors de modèle

[20] Le château de Galleville est un château de style Louis XIII situé sur la commune de Doudeville, en Seine-Maritime. Il a appartenu au Maréchal de Villars.

[21] La mairie du 7e arrondissement de Paris ou hôtel de Villars. L’hôtel du président à mortier Jacques le Coigneux est construit entre 1645 et 1657. Claude-Louis-Hector de Villars loue puis achète en 1710 l’hôtel pour en faire sa demeure parisienne. Il le fait aménager par Germain Boffrand. Entre 1714 et 1717, l’hôtel est agrandi à l’ouest par un nouveau bâtiment dit « petit Hôtel de Villars ». La Ville de Paris achète l’hôtel en 1862