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L’histoire pour le plaisir

Amaury II de Lusignan

lundi 23 janvier 2023, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 14 mars 2012).

Amaury II de Lusignan (vers 1145-1205)

Roi de Chypre en 1194-Roi de Jérusalem de 1197 à 1205

"Sceau de Amaury II de Lusignan Roi de Chypre en 1194-Roi de Jérusalem de 1197 à 1205"Quatrième fils de Hugues VIII le Vieux , seigneur de Lusignan [1] et comte de la Marche [2], et de Bourgogne de Rançon. Vaillant soldat, mais aussi politique calculateur et avisé, il s’insinue dans les bonnes grâces de la reine mère Agnès de Courtenay et en devient le favori. Des rumeurs en font l’amant de cette dernière, mais rien n’est certain. Ce qui est sûr, c’est qu’Amaury gagne la confiance du roi de Jérusalem Baudouin IV le Lépreux qui le nomme chambellan [3] de Jérusalem [4] en 1175 et le marie avec Echive d’Ibelin , fille du seigneur de Ramla [5] et d’Ibelin [6].

A partir de 1180, Sibylle de Jérusalem, sœur et héritière du roi Baudouin le Lépreux, est toujours veuve de Guillaume de Montferrat et Amaury se met en tête de la marier à son frère Guy, bien qu’elle soit fiancée au beau-père d’Amaury. Il persuade rapidement la reine mère de soutenir son projet, fait l’éloge de son frère auprès de Sibylle, puis part en Poitou [7] pour le chercher. Le roi finit par consentir au mariage qui est célébré au mois d’avril 1180. En 1181, le roi Baudouin fait d’Amaury de Lusignan le connétable du royaume.

Il participe à la bataille d’Al-Fule [8], son détachement subit une charge des troupes musulmanes, mais il y résiste. Après les morts de Baudouin IV, puis de son neveu Baudouin V, Guy et Sibylle montent sur le trône. Moins d’un an plus tard, Saladin envahit le royaume et écrase l’armée franque à Hattin. La plupart des barons, dont Guy et Amaury sont capturés et Saladin conquiert la plus grande partie du royaume, à l’exception de Tyr [9], défendue par Conrad de Montferrat. La troisième croisade [10] arrive alors en Terre Sainte en 1190 et permet la reprise de différentes villes, dont Saint-Jean-d’Acre [11], mais les barons refusent que Guy reste roi et choisissent Conrad de Montferrat. Guy de Lusignan reçoit de Richard Cœur de Lion l’île de Chypre [12]. Conrad de Montferrat est assassiné peu après, et Henri II de Champagne lui succède comme roi de Jérusalem. Guy de Lusignan ne renonce pas à son ancien royaume et tente à plusieurs reprises de reprendre des ports de Palestine [13], à tel point qu’Henri de Champagne oblige Amaury de Lusignan à renoncer à la charge de connétable en 1193. Amaury se rend alors à Chypre, à la cour de son frère, qui meurt en 1194.

Il succède alors à son frère et se met à organisé son nouvel état. Il commence par redistribuer les terres et domaines que son frère avaient imprudemment donné aux nobles, afin de constituer un domaine royal capable d’assurer les revenus nécessaires à la cour. Il obtint du pape la création d’un archevêché à Nicosie [14] et de 3 évêchés à Paphos [15], Limassol [16] et Famagouste [17].

Puis il se préoccupe du statut juridique de Chypre. En effet, Guy de Lusignan avait conservé son titre royal, et l’on peut affirmer qu’il est roi à Chypre. En lui succédant il ne pouvait pas prétendre au titre royal et se contenta du titre de seigneur de Chypre. Il se tourna alors vers le pape et l’empereur pour clarifier ce point et l’empereur Henri VI le fait roi de Chypre en octobre 1195. Konrad de Querfurt, évêque d’Hildesheim [18] et vicaire impérial vient alors le couronner en janvier 1197 à Nicosie, sous le nom d’Amaury 1er de Chypre. Parallèlement, Henri de Champagne et Amaury de Lusignan mettent fin à leur antagonisme, qui risque de faire le jeu des Ayyoubides [19], et fiancent leurs enfants.

Le 10 septembre 1197, Henri de Champagne tombe accidentellement d’une fenêtre de son palais à Saint-Jean-d’Acre et meurt sur le coup. Peu après le sultan Malik al-`Adil reprend Jaffa [20] et il faut trouver de manière urgente un roi. Les barons, après avoir hésité sur Raoul de Tibériade avaient renoncé à cette possibilité pour offrir la couronne à Amaury de Lusignan.

Veuf d’Echive d’Ibelin depuis 1196, il épouse en janvier 1198 Isabelle de Jérusalem fille du roi Amaury 1er et de Marie Comnène et devient roi de Jérusalem [21].

Ne pouvant reprendre Jaffa, il convoque l’ost [22] et s’attaque à Sidon [23] et à Beyrouth [24], qu’il reprend en octobre 1197, après avoir repoussé l’armée ayyoubide le 23 octobre 1197. Sidon est rendue à son seigneur Renaud de Grenier et Beyrouth est donné à Jean d’Ibelin , le demi-frère de la reine.

Amaury parvient à conclure une trêve le 1er juillet 1198 avec les musulmans. Al’Adil en profite pour réunifier l’empire de Saladin en écartant ses neveux, tandis qu’Amaury tente d’imposer une autorité forte dans son royaume en tentant de combler les lacunes des Assises de Jérusalem [25], mais l’opposition des barons, remontés par l’exil de Raoul de Tibériade fait échouer ce projet.

Comme il ne dispose pas de forces suffisantes, Amaury reconduit la trêve avec Al-`Adil, espérant que les croisés, après avoir conquis Constantinople [26], finissent par arriver en Palestine. Après une révolte des grecs qui n’acceptent pas le protectorat latin, les croisés reprennent Constantinople et y établissent un empire latin [27], réduisant à néant les espoirs d’Amaury de voir venir l’armée croisée. La paix qu’il conclut en septembre avec Al-`Adil lui permet de récupérer les villes de Ramla, Jaffa et Lydda [28].

Il meurt peu après, le 1er avril 1205 et sa femme peu après. Son fils Hugues 1er lui succède à Chypre, sous la régence de Gautier de Montbéliard , tandis que sa belle-fille Marie de Montferrat , fille de Conrad de Montferrat et d’Isabelle lui succède à Jérusalem, sous la régence de Jean d’Ibelin.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Florian Besson, Les barons de la chrétienté orientale. Pratiques du pouvoir et cultures politiques en Orient latin (1097-1229), Thèse de doctorat de l’université Paris-Sorbonne sous la direction d’Élisabeth Crouzet-Pavan, 2017

Notes

[1] La maison de Lusignan est une famille féodale française originaire du Poitou, attestée depuis le 10ème siècle. Elle a donné des comtes de la Marche, des comtes d’Angoulême, de Jaffa, d’Eu, de Porhoët et de Pembroke, des rois de Jérusalem puis de Chypre et d’Arménie.

[2] La Marche est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Guéret. La Marche fut aussi un comté. Ses frontières ont fluctué tout au long de son histoire et ce, depuis le Moyen Âge, époque de sa création. Dans ses limites du 18ème siècle, la province correspondait au département actuel de la Creuse mais regroupait aussi une bonne part de la Haute-Vienne (arrondissement de Bellac) ainsi que des paroisses de l’Indre, de la Vienne et de la Charente. Rattachée à la couronne de France par Philippe le Bel, elle revient à Charles IV le Bel en 1309 et devient duché-pairie en 1317. En 1327 elle est échangée contre le comté de Clermont-en-Beauvaisis. Elle revient ensuite aux Bourbon, et en 1527 François 1er la confisque. Après quelques apanages, elle est définitivement réunie au domaine royal vers 1531 et gouvernée par les Foucault de Saint Germain-Beaupré entre 1630 et 1752.

[3] Un chambellan ou chambrier est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d’un prince, à la cour duquel il vit.

[4] Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu’ils s’emparèrent de la ville. C’est l’un des États latins d’Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099-1187 et 1229-1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n’appartient pas aux soldats croisés. Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville et ne disparut réellement qu’avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.

[5] La seigneurie de Rama ou seigneurie de Ramla est un arrière-fief du royaume de Jérusalem. Elle s’étendait autour de la ville de Ramla, en Israël, entre Jérusalem et Jaffa. Il y a des seigneurs dès 1106. Dépendant initialement du domaine royal, la seigneurie est rattachée au comté de Jaffa en 1126. En 1148, le fief passe à la famille Ibelin. La seigneurie est conquise par Saladin en 1187. Les Croisés la réoccupèrent de 1229 à 1260.

[6] La seigneurie d’Ibelin est un des arrière-fiefs du royaume de Jérusalem. En 1141, Ascalon était encore tenue par les Fatimides d’Égypte, et les armées égyptiennes envahissaient chaque année le royaume croisé à partir d’Ascalon. Ibelin fut construit dans le but de contenir ces attaques. Le château initial, bâti par le roi Foulques de Jérusalem comptait quatre tours. La seigneurie fut donnée à Barisan d’Ibelin, puis fut conquise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187.

[7] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

[8] La bataille d’Al-Fule est, lors des croisades, une bataille au sud-est d’Afoula en Israël, entre les forces de Guy de Lusignan et celles de Saladin, qui se déroula en 1183 pendant plus d’une semaine entre septembre et octobre 1183. La bataille finale eut lieu le 6 octobre, quand Saladin décida d’abandonner.

[9] Tyr se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth et à 35 km au sud de Sidon, presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani.

[10] La troisième croisade, qui débuta en 1189 et s’acheva en 1192, est une série d’expéditions menées par Frédéric Barberousse, empereur germanique, Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, dans le but de reprendre Jérusalem et la Terre sainte à Saladin. Cette croisade a permis la reprise d’un certain nombre de ports de Terre sainte, mais n’a pas permis la reconquête de l’arrière-pays, ni la reprise de Jérusalem. Cependant, la libre circulation à Jérusalem fut autorisée aux pèlerins et marchands chrétiens.

[11] Acre est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes. Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d’Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l’Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance. Elle devient au 13ème siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre sainte.

[12] L’île de Chypre, que les anciens Égyptiens nommaient « Alachia », les anciens Assyriens « Iatnana » et les Phéniciens « Enkomi », était dès l’Antiquité au carrefour d’importants courants commerciaux, assimilant au fil des siècles différentes cultures provenant de la Crète minoenne, de la Grèce mycénienne et de tout le pourtour du bassin Levantin ; son nom de « Kupros » signifie cuivre, en référence aux importants gisements de ce métal, qui assurèrent sa renommée et sa prospérité dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Chypre était aussi connue pour ses nombreuses épices et plantations. L’histoire de Chypre fut très mouvementée et l’île subit de nombreuses tutelles : hellénistique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane et enfin britannique.

[13] Le nom Palestine désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le 5ème siècle av. jc par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l’empereur Hadrien au 2ème siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l’Idumée. À l’époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l’ouest du Jourdain. Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d’Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Les Arabes, qui ont conquis la Palestine sur les Byzantins dans les années 630, divisent la province d’al-Sham en cinq districts (jund), dont l’un garde le nom de « Palestine » et s’étend du Sinaï jusqu’à Akko (connue par les Chrétiens sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) ; son chef-lieu est d’abord Ludd (Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l’est par celui de « Jordanie », al-Urdunn, qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l’histoire. À partir du 10ème siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au royaume chrétien de Jérusalem. Sous le gouvernement des Croisés, est fondé en 1099, le royaume latin de Jérusalem ; Jérusalem redevient capitale d’un État. Après la défaite et le départ des Croisés, aux 12ème et 13ème siècles, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies.

[14] Nicosie est la capitale de Chypre et de la République turque de Chypre du Nord, non reconnue internationalement. La ville de Nicosie était le siège des rois de Chypre à partir de 1192. Elle devint possession des Vénitiens en 1489, puis des Turcs en 1571.

[15] Paphos est une ville côtière du sud - ouest de Chypre et la capitale du district de Paphos. Dans l’antiquité classique, deux endroits ont été appelés Paphos : Old Paphos, aujourd’hui connu sous le nom de Kouklia, et New Paphos. La ville actuelle de Paphos se trouve sur la côte méditerranéenne, à environ 50 km à l’ouest de Limassol le plus grand port de l’île

[16] Limassol, autrefois appelée Némosie, est la deuxième ville la plus importante de Chypre. La ville est située sur la baie d’Akrotiri, sur la côte sud de l’île et elle est la capitale du district de Limassol.

[17] Famagouste est une ville portuaire située sur la côte est de Chypre.

[18] Le diocèse de Hildesheim (en latin : Dioecesis Hildesiensis) est un diocèse catholique d’Allemagne du Nord dont le siège est à Hildesheim. Vers l’an 800, Charlemagne envoie une mission pour évangéliser l’Ostphalie à Elze (appelée alors Aula Cæsaris, abrégée en Aulica), environ 19 km à l’ouest de l’actuelle Hildesheim. Il mit cette mission sous la protection des apôtres Pierre et Paul, dont on retrouve encore aujourd’hui les noms sur la vieille église d’Elze. Puis Louis le Pieux transféra le siège de la mission en 815 à Hildesheim et l’éleva en évêché dédié à la Vierge Marie.

[19] La dynastie musulmane des Ayyoubides ou Ayyubides est une famille kurde et descendante d’Ayyoub. À l’origine ce sont des officiers des émirs Zengi puis Nur ad-Din. Ensuite, Saladin prend le pouvoir en Égypte en 1170, puis unifie la Syrie contre les Francs (appellation des Européens pendant les croisades), avant de conquérir la plus grande partie des États latins d’Orient. Après lui, les sultans Al-Adel et Al-Kâmil règnent en Égypte jusqu’en 1250, tandis que d’autres princes ayyoubides se succèdent en Syrie jusqu’en 1260 et au Yémen jusqu’en 1229.

[20] Le comté de Jaffa est un fief sur le littoral du royaume de Jérusalem, qui est aussi une marche face à l’Égypte fatimide. La ville de Jaffa fut prise dès 1099, et Baudoin 1er en fit un comté qu’il confia à Hugues du Puiset. En 1135 le comte Hugues II fut accusé d’adultère avec la reine Mélisende de Jérusalem, et son comté fut confisqué, pour être donné en apanage à des membres de la famille royale. En 1153, la ville d’Ascalon est prise, et le comté devient comté de Jaffa et d’Ascalon. Jaffa fut prise par Saladin après la bataille de Hattin en 1187, et reconquise en 1191 par Richard Cœur de Lion. Elle fut définitivement prise par les musulmans en 1268. À la suite de la perte définitive de Jaffa en Terre sainte, les comtes de Jaffa se réfugièrent, comme d’autres seigneurs du royaume de Jérusalem, à Chypre où leurs titres continuèrent d’être transmis.

[21] Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu’ils s’emparèrent de la ville. C’est l’un des États latins d’Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099-1187 et 1229-1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n’appartient pas aux soldats croisés. Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville et ne disparut réellement qu’avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.

[22] Le terme ost ou host désignait l’armée en campagne à l’époque féodale et le service militaire que les vassaux devaient à leur suzerain au Moyen Âge. Dès le haut Moyen Âge, le service d’ost ou ost s’imposait à tous les hommes libres (« homines liberi »), appelés plus tard vavasseurs.

[23] Sidon ou Saïda en arabe est une ville du Liban. Elle fut dans l’antiquité la capitale incontestée de la Phénicie. La ville était construite sur un promontoire s’avançant dans la mer. Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous son roi Zimrida, au 18ème siècle

[24] Beyrouth est la capitale du Liban et la ville la plus importante du pays. Béryte est fondée vers 5000 av. jc. Petit port à l’origine, moins puissante que les autres cités phéniciennes tel que Tyr, Byblos, ou Sidon, elle gagne de l’importance pendant l’Empire romain. Elle est renommée pour son école de droit mais elle est ravagée en 552 par un violent séisme accompagné d’un tsunami. Pendant les croisades, elle est le centre de la seigneurie de Beyrouth, vassale du royaume franc de Jérusalem. Elle est prise par les mamelouks en 1291. Sous l’Empire ottoman, elle joue un rôle commercial actif parmi les échelles du Levant mais subit les effets du déclin économique de la Syrie ottomane. Elle ne retrouve sa place qu’au 19ème siècle.

[25] Les Assises de Jérusalem sont des recueils de lois qui décrivent les institutions du royaume de Jérusalem et qui furent utilisées et adaptées pour le royaume de Chypre. Ces lois du royaume, d’abord sous formes écrites et dispersées, sont réunies en recueil au cours du 13ème siècle.

[26] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[27] L’Empire latin de Constantinople est un État éphémère fondé en avril 1204 sur le territoire de l’Empire byzantin à la suite de la quatrième croisade et la chute de Constantinople aux mains des Latins. Il dure jusqu’en 1261, année de la reconquête de la ville par Michel Paléologue, qui restaure l’Empire byzantin.

[28] aujourd’hui Lod en Israël