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Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil dit Nur ed-Din ou Nur al-Din

dimanche 1er mai 2016 (Date de rédaction antérieure : 28 février 2012).

Nour ad-Din Mahmûd el Mâlik al Adil dit Nur ed-Din ou Nur al-Din (vers 1117-1174)

Chef de guerre musulman du 12ème siècle

Il lutta contre la présence des croisés en Syrie et en Égypte et prôna pour cela l’unification des musulmans. Émir d’Alep [1] en 1146, il unifia la Syrie musulmane sous son autorité en 1154 en faisant la conquête de Damas, puis envoya une expédition pour le contrôle de l’Égypte. Après sa mort, son œuvre et ses objectifs échappèrent à sa famille, les Zengides, pour revenir à Saladin.

Il est le 2ème enfant de Imad ad-Din Zengi. Après la mort de leur père, Nur ad-Din et son aîné Saif ad-Din Ghâzî se partagèrent son royaume. Le premier s’établit à Mossoul [2] tandis que l’autre gouverna Alep. Il commença par contenir l’offensive de Josselin II de Courtenay qui tentait en vain de récupérer la ville d’Édesse [3] que lui avait prise naguère Zengi. Il punit les Arméniens d’Édesse pour s’être alliés aux croisés, tandis que les chrétiens syriaques [4] qui habitaient la ville, craignant pour leur vie, quittèrent le pays. Il effectua ensuite une série d’attaques contre la principauté d’Antioche [5], se saisit de plusieurs châteaux au Nord de la Syrie et repoussa la frontière entre chrétiens et musulmans de l’Euphrate à l’Oronte.

En 1147, la 2ème croisade, menée par le roi de France Louis VII et par Conrad III de Hohenstaufen empereur germanique, débarqua en Syrie. Au lieu d’attaquer Nur ad-Din, qui représente le vrai danger pour les états francs, les croisés préférèrent faire leur pèlerinage à Jérusalem puis tentaient de prendre Damas, alors que son émir était un allié traditionnel des Francs. Cette maladresse renforça le sentiment antichrétien des Damascènes. Mu’in ad-Din Unur, résiste, fait appel à toutes les troupes damascènes et demanda l’aide de Nur ad-Din, qui arriva avec son armée. Pour éviter que Damas ne tombe sous le contrôle du Zengide, les croisés durent lever le siège.

En 1149, il lança une offensive contre les territoires dominés par le château de Hârim [6], situé sur la rive orientale de l’Oronte, après quoi il assiégea le château de Inab. Le Prince d’Antioche, Raymond de Poitiers, vola au secours de la citadelle assiégée. L’armée musulmane décima l’armée croisée en 1149, et Raymond de Poitiers perdit la vie au cours de la bataille. La ville d’Antioche ne fut sauvée que par la défense que fit le patriarche et l’intervention du roi Baudouin III de Jérusalem qui obligea Nur ad-Din à lever le siège de la ville. Son frère Saif ad-Din Ghazi mourut en novembre 1149, mais Nur ad-Din ne peut pas se rendre immédiatement à Mossoul et c’est un autre frère, Qutb ad-Dîn Mawdûd qui devient atabeg [7] de Mossoul.

Profitant de la perte de prestige des Francs consécutivement à leurs défaites et à leurs erreurs, un certain nombre d’émirs musulmans se mettent à attaquer les possessions franques. Le sultan seldjoukide de Rum [8] Mas ûd 1er attaque et occupe le nord de ce qui reste du comté d’Édesse [9]. Nur ad-Din assiège Turbessel [10], mais l’arrivée de Baudouin III l’oblige à lever le siège. Mais le comte Josselin II est capturé peu après, le 4 mai 1150 en se rendant à Antioche, et Turbessel est de nouveau assiégée, mais défendue avec acharnement par la comtesse Béatrice d’Édesse ou Béatrice de Saône. Finalement, constatant ses limites à défendre la citadelle et avec l’accord du roi, elle cède ce qui reste du comté aux Byzantins, mais ces derniers se révèlent incapable de défendre la ville et Hanas, un lieutenant de Nur ad-Din, la prend le 12 juillet 1151.

L’idéal de Nur ad-Din est de continuer le projet de son père qui consiste à rassembler les Musulmans entre l’Euphrate et le Nil sous une seule autorité pour faire front commun devant les croisés. Mais Damas constitue un obstacle majeur à cette unification. Mu’in ad-Din joue l’alliance franque contre Nur ad-Din et son successeur Mujir ad-Din Abaq, émir de Damas, empêche l’émir d’Alep, en 1153, d’intervenir pour secourir la ville d’Ascalon [11] qui est prise par les Francs. Abak accepte ensuite de se placer sous protectorat francs et de faire verser par les habitants un tribut annuel aux croisés. Nur ad-Din envoie Ayyub à Damas qui profite des mouvements de colère des Damascènes pour saper l’autorité de l’émir et retourner ses conseillers et ses lieutenants. Seul un officier, Ata ibn Haffad al Salami se montre irréductible et Nur ad-Din fait savoir à Abak qu’il s’apprête à le trahir. Sans vérifier l’information, Abak le fait mettre à mort, le privant de son dernier fidèle. Nur ad-Din marche alors avec son armée sur Damas le 18 avril 1154, et la milice damascène lui ouvre les portes le 25 avril 1154. Abak se réfugie dans la citadelle, mais capitule rapidement. La Syrie est maintenant unifiée sous l’autorité de Nur ad-Din.

A la suite d’une opération de razzia franque, il décida d’attaquer Panéas [12]. Il prend la ville basse le 18 mai 1157, mais Onfroy de Toron résiste dans la citadelle. L’arrivée de Baudouin III, roi de Jérusalem, l’oblige à lever le siège, mais Baudouin, trop confiant, repart en Galilée et Nur ad-Din assiège de nouveau Panéas et Baudouin doit de nouveau intervenir pour libérer la place en juin 1157. Au mois d’août 1157, un séisme ravage la Syrie. L’émirat de Shaizar [13] est ravagé, la famille régnante anéantie et Baudouin III en profite pour en prendre possession. Profitant d’une grave maladie qui terrasse Nur ad-Din pendant plusieurs mois, les Francs s’emparent également de Harrim le 25 décembre 1157.

Nur ad-Din, rétabli à la fin du printemps 1158, tente d’envahir la Galilée, mais fut battu et repoussé par Baudouin à Puthala, près de l’embouche du Jourdain sur le lac de Tibériade le 15 juillet 1158. En 1158, une armé byzantine approche de la Syrie, mais il s’agit pour l’empereur Manuel 1er Comnène de châtier le nouveau prince d’Antioche, Renaud de Châtillon, qui s’est rendu coupable de piraterie contre les possessions byzantines, et d’imposer la présence byzantine en Cilicie [14]. Après une entrevue avec le roi Baudouin III, une action concertée franco byzantine est lancée contre Alep en 1159, mais qui tourne court, car l’empereur conclut une paix séparée avec Nur ad-Din.

En 1160, Baudouin III profita des luttes pour imposer un tribut de 160 000 dinars. En 1163, son successeur Amaury 1er prend prétexte du non versement de ce tribut pour assiéger Bilbéis [15]. Par la suite ce dernier envisageait une autre invasion, mais Nur ad-Din attaqua la principauté d’Antioche pour faire diversion et obliger Amaury à laisser l’Égypte tranquille. Au début de 1164, le vizir égyptien Shawar est renversé, mais il réussit à se réfugier à Alep et demande à Nur ad-Din de le replacer au pouvoir. D’abord réticent, il finit par envoyer en avril 1164 une armée commandée par Shirkuh, qui rétablit Shawar sur le vizirat. Mais Shawar refuse de verser à Shirkuh les indemnités et le tribut promis et fait appel à Amaury 1er pour s’en débarrasser. C’est alors que Nur ad-Din lança une nouvelle attaque contre Antioche. Amaury et Shirkuh signèrent un cesser le feu et évacuèrent simultanément l’Égypte. Mais Nur ad-Din prit Hârim le 12 août 1164, fait prisonnier le prince Bohémond III d’Antioche.

Pour éviter les troupes byzantines, il attaqua plus au sud et prend Panéas le 18 octobre 1164, Amaury 1er, rentré d’Égypte en novembre, met la principauté d’Antioche en état de défense et réussit à négocier la libération de Bohémond III. En 1165, il prend la forteresse de Shaqîf-Tîrûn, puis celle de Munîtira en 1166.

Shirkuh souhaitait prendre sa revanche sur Shawar, Nur ad-Din, qui est sunnite, souhaite combattre le califat fatimide et chiite d’Égypte, aussi envoie-t-il de nouveau Shirkuh en janvier 1167. Shawar fait de nouveau appel aux Francs et Amaury quitte Gaza le 31 janvier 1167 à la tête de son armée. Il conclut un traité d’alliance avec l’Égypte qui met de fait ce pays sous protectorat francs. Amaury et Shawar livrent bataille à Shikuh à Bâbain-Ashmûnain le 18 mars 1167 et son défait, mais ne subissent que peu de pertes. Il ne peuvent empêcher Shirkuh de prendre Alexandrie, dont il confie la défense à son neveu Saladin, pendant qu’il combat en Haute Égypte. Mais les réserves de la ville son faible et Saladin ne peut résister longtemps, aussi Amaury et Shirkuh négocièrent encore une paix et évacuèrent simultanément le pays en août 1167.

En partant, Amaury laissa au Caire un petit détachement chargé de percevoir le tribut promis de 100 000 dinars. Leur présence mécontente la population et Shawar envisage de s’allier à Nur ad-Din pour s’en débarrasser. D’autre part, au cours d’un voyage diplomatique à Byzance, les souverains byzantins et francs envisagent une action commune de conquête de l’Égypte. Mais, avant même que les Byzantins envoient leurs troupes, les Francs passent à l’attaque et envahissent l’Égypte en octobre 1168. Pendant que Shawar temporise et cherche à négocier, le calife Al-Adid demande l’aide de Nur ad-Din, lequel envoie Shirkuh. Quand les Francs arrivent devant le Caire, ils trouvent la ville en proie aux incendies que les Cairotes ont allumés, préférant livrer leur ville aux flammes plutôt qu’aux Francs. Craignant d’être pris à revers par Shirkuh, Amaury et les Francs rentrent en Palestine le 2 janvier 1169. Shirkuh arrive peu après, fait exécuter Shawar le 18 janvier 1169 et s’attribue le vizirat. Il meurt peu après, le 23 mars 1169, et Saladin est nommé vizir par le calife.

Après avoir rallié l’Égypte, Nur ad-Din pense avoir unifié le proche orient musulman ; or Saladin qui tient les rênes du pouvoir en Égypte ne souhaite pas le suivre. Pendant les 4 années qui suivent, Saladin montre l’apparence de la soumission et multiplie les déclarations d’allégeance, mais cherche à marquer la plus grande distance avec Nur ad-Din. A la demande de ce dernier, il abolit le califat chiite, mais ne participe pas aux invasions menées par Nur ad-Din contre le royaume de Jérusalem en 1171 et 1173, et espère que le royaume croisé reste en place, agissant comme une zone tampon entre l’Égypte et la Syrie. Il réalisa alors qu’il avait créé sans le vouloir une puissance dangereuse en la personne de Saladin, et les 2 chefs rassemblent des armées pour ce qui semblait être une guerre inévitable.

Alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Égypte en 1174, il fut saisi d’une fièvre qui le terrassa à 59 ans. Son fils, le jeune As-Salih Ismail al-Malik devint l’héritier légitime, et Saladin se déclara son vassal, bien qu’il désirait unifier la Syrie et l’Égypte sous son propre règne. Saladin occupa Damas dès 1174, repoussa les attaques des différents princes zengides, et s’empara d’Alep en 1183.

Nur ad-Din, soucieux des démunis, fit construire des hôpitaux gratuits dans chacune des villes de son État. Il fit également édifier des caravansérails sur les routes afin que les voyageurs pussent s’y arrêter. Il tenait plusieurs fois par semaine une séance où les gens venaient lui demander de rendre justice contre ses généraux, gouverneurs ou employés.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem - II. 1131-1187 L’équilibre, Paris, Perrin,‎ 1935 (réimpr. 2006)

Notes

[1] En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie face aux Byzantins. D’abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville d’Alep est confiée à partir du 10ème siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.

[2] Mossoul est une ville du nord de l’Irak, chef-lieu de la province de Ninive, en Haute mésopotamie. Appartenant de jure à l’Irak, Mossoul est située sur les ruines de Ninive. C’est la ville qui lui a succédé comme métropole régionale à l’époque chrétienne. Elle est alors d’obédience nestorienne et abrite les tombes de plusieurs évangélisateurs. Prise en 641 par les Arabes, elle devient le principal pôle commercial de la région en raison de son emplacement, au carrefour des routes de caravanes entre la Syrie et la Perse. C’est à cette époque qu’elle devient réputée pour ses tissus fins de coton, les mousselines, ainsi que pour son marbre. Au 10ème siècle, l’émirat de Mossoul acquiert une quasi-indépendance avant de devenir au 11ème siècle la capitale d’un État seldjoukide. Au 13ème siècle, elle est conquise et pillée par les Mongols. En 1262, elle passe sous domination perse, puis ottomane.

[3] Şanlıurfa (souvent appelée simplement Urfa) est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai, puis Édesse ou Édessa, puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah. D’autres textes désignent la ville comme celle de Rûh, l’une des villes construites après le Déluge.

[4] L’Église syriaque catholique, ou Église catholique syriaque ou Église syrienne, est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l’Église porte le titre de patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des Syriens, avec résidence à Beyrouth au Liban

[5] La principauté d’Antioche, dont le territoire est en Turquie et en Syrie, était l’un des États latins d’Orient constitué lors des croisades (1098-1268).

[6] Harim (Harenc) est une ancienne forteresse au nord de la Syrie, située dans le djebel Al-Ala au nord-est d’Antioche. Elle domine au nord la riche plaine de l’Amik arrosée par l’Oronte. Ce site stratégique tient la route d’Alep (au nord-est) vers la Méditerranée. La forteresse, endommagée par les tremblements de terre au 12ème siècle, est reconstruite par les Ayyoubides, mais ne résiste pas aux invasions mongoles de 1260.

[7] Atabeg, atabey ou atabek (père du prince) est un titre de noblesse turc. À l’époque des Seldjoukides, il s’agissait d’un dignitaire jouant le rôle de tuteur d’un jeune prince. Quand un prince seldjoukide mourait, la régence était attribuée à un atabeg chargé de protéger et de guider les héritiers. Ils épousaient souvent les mères veuves et de ce fait, assumaient d’une certaine manière la paternité par procuration. Aux 11ème et 12ème siècles, des dynasties ont été fondées par des mamelouks affranchis qui occupaient des hauts postes administratifs dans la cour des puissants émirs. À la mort de ces derniers, ils se sont retrouvés titulaires eux-mêmes de la régence et ont privé les héritiers de la légitimité de leur pouvoir, profitant de l’occasion pour usurper le trône. Ces usurpateurs prirent le titre d’atabeg car ils n’osaient pas prendre le titre de sultan. Aussi, le 12ème siècle, en Mésopotamie (Irak) est l’"âge des atabegs" (des régents). Ils ont fondé différentes dynasties et ont placé leurs héritiers, les émirs seldjoukides, dans diverses principautés.

[8] Le sultanat de Roum ou sultanat d’Iconium est un sultanat seldjoukide établi de 1077 à 1307 en Anatolie à la suite de la bataille de Mantzikert. Il a eu pour capitale Nicée (İznik, 1081-1097) puis Iconium (Konya, 1097-1302). Il fut établi à la suite d’un accord entre l’Empire byzantin et le chef seldjoukide Süleyman 1er Shah. En 1147, Mas`ûd 1er remporte une victoire sur les croisés allemands de Conrad III à la bataille de Dorylée. En 1176, le sultan Kılıç Arslan II défait l’Empire byzantin, qui lui cède encore du terrain, à Myrioképhalon. En 1207, le sultanat s’empare d’Antalya, prise au gouverneur grec local soutenu par le royaume franc de Chypre par Kay Khusraw 1er.

[9] Le comté d’Édesse est l’un des premiers États latins d’Orient, le plus avancé dans le monde islamique. C’est aussi le premier à être reconquis par les musulmans, une cinquantaine d’années après sa création.

[10] La forteresse de Tilbeşar, appelée Turbessel par les croisés, Tell Bâchir par les Arabes. Le tell se situe entre les villages de Belören, Gündoğan et Yeniköy dans le district d’Oğuzeli de la province de Gaziantep en Turquie. À 12 km au sud d’Oğuzeli et à 28 km au sud-est de Gaziantep, dans la vallée de la rivière Sajour, riche de nombreux sites archéologiques, affluent de la rive droite de l’Euphrate qu’elle rejoint en Syrie. Cette vallée est une route naturelle pour aller de la haute Mésopotamie vers le plateau anatolien ce qui fait la valeur stratégique de la position de la forteresse de Tilbeşar.

[11] Ashkelon ou Ascalon est une ville balnéaire d’Israël sur la côte méditerranéenne dans le district sud, au nord de la Bande de Gaza. Elle est située à 64 km au sud de Tel-Aviv. Elle est conquise par les Arabes en 638 par le calife `Umar. Elle est occupée par l’émir Mu`âwiya gouverneur de la Syrie et futur calife omeyyade. En 1098, le calife fatimide Al-Mustansir Billah fait construire un mechhed (lieu d’un martyr) pour y recevoir le crâne de Husayn troisième imam chiite. Ce crâne aurait été transféré au Caire dans un autre mechhed. En août 1099, les Croisés, sous le commandement de Godefroi de Bouillon, assiègent la ville. Ils la prennent provisoirement aux Fatimides en 1102, mais la forteresse résiste jusqu’en 1153. Ce n’est qu’à cette date que la ville est véritablement intégrée au royaume de Jérusalem par Baudouin III. La bataille navale d’Ascalon, confirme la domination maritime de Venise sur Constantinople en 1126. La ville est reprise par Saladin en 1187. La forteresse est rasée pour ne pas tomber entre les mains de Richard Cœur de Lion roi d’Angleterre. Le roi d’Angleterre prend Ascalon et Jaffa, négocie auprès de Saladin le libre accès des pèlerins à Jérusalem et retourne en Angleterre en 1192. En 1270, le sultan mamelouk Baybars rase complètement la ville.

[12] Baniyas, Banias ou Panéas est un site archéologique qui s’est appelé Césarée de Philippe pendant la période romaine. Le site est situé sur le mont Hermon à la source de la rivière Baniyas, près d’une des sources du Jourdain. Il a donné son nom à la seigneurie de Banias un des fiefs du royaume de Jérusalem pendant les croisades.

[13] Shaizar, Shayzar, ou Chayzar est une ville et forteresse médiévale en Syrie qui joua un rôle important dans les conflits entre chrétiens et musulmans à l’époque des croisades. Situé sur l’Oronte entre Hama et Apamée, sur un site stratégique, elle est citée dans les Lettres d’Amarna sous le nom de Senzar ou Sezar. Les Grecs l’appellent Sidzara, puis elle est rebaptisée Larissa par les Séleucides. Les Romains lui rendent son nom et les Byzantins l’appellent Sezer. Les Croisés, avec Guillaume de Tyr parlent de Caesarea (Césarée de Syrie), et la ville est parfois confondue avec l’actuelle Kayseri. La forteresse est située sur un éperon rocheux qui domine une gorge dans laquelle s’enfonce l’Oronte. Le site de Shayzar est dans la ville actuelle de Maharda, au nord-ouest de Hama, dans la province éponyme.

[14] Le royaume arménien de Cilicie ou royaume de Petite-Arménie est un État fondé en Cilicie, au sud-est de l’Anatolie, par des réfugiés arméniens fuyant l’invasion seldjoukide de l’Arménie. Il fut indépendant et allié des Mongols entre 1080 et 1375, date de la chute de sa capitale, Sis, aux mains des Mamelouks.

[15] Bilbeis est une ancienne cité fortifiée sur le bord est de la partie sud du delta du Nil en Égypte. La cité a joué un rôle lors des campagnes pour le contrôle du vizirat fatimide : d’abord en 1164, quand Shirkuh est assiégé par les forces combinées de Shawar et d’Amaury 1er de Jérusalem pendant trois mois ; puis de nouveau en 1168, quand la ville est prise d’assaut par l’armée d’Amaury, qui prend la ville au bout de trois jours le 4 novembre et massacre tous les habitants sans discrimination. Ces atrocités révoltent les égyptiens coptes, qui considéraient jusqu’alors les Francs comme des libérateurs et qui souffrent autant que les habitants musulmans de Bilbéis. Les coptes cessent alors de soutenir les croisés et rejoignent leurs voisins non chrétiens contre les étrangers.