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Bernard de Clairvaux dit saint Bernard

mardi 18 août 2015 (Date de rédaction antérieure : 18 février 2012).

Bernard de Clairvaux dit saint Bernard (1090-1153)

Abbé

Bernard de Clairvaux dit saint Bernard

A 22 ans en 1112, il entraîne avec lui à l’abbaye de Cîteaux [1], créée le 21 mars 1098, une trentaine d’hommes parmi lesquels ses frères et l’un de ses oncles. Il en est nommé abbé. Il donna à cette abbaye une impulsion plus conforme à l’idéal monastique tel qu’il le concevait. En 3 ans, la communauté crée 3 nouveaux monastères cisterciens dont celui de Clairvaux [2] dont il devint l’abbé et dont le rayonnement dépassa bientôt celui de Cîteaux. C’est à 70 monastères que cette abbaye donnera vie. Il sut imposer aux monastères cisterciens une Règle très stricte, basée sur la prière, la méditation, l’austérité, et entra en lutte avec Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, auquel il reprochait son luxe et ses richesses. Il contribua à faire reconnaître l’Ordre des Templiers [3] par le pape en 1128. En effet, homme-clé du temps des croisades, il va aussi jouer un rôle important vis à vis des Templiers pour lesquels il contribuera à l’élaboration de la Règle de l’Ordre.

Il contribuera activement à faire de l’Ordre du Temple une milice de grand renom et d’importance. Son éloge est éloquente et sa prise de position influencera considérablement le Saint Siège pour donner aux Templiers une seule dépendance vis à vis du Pape lui-même. Lorsque les querelles déchirent l’Église entre l’antipape Anaclet II et Innocent II. Bernard convainc les rois, les princes et l’empereur de se rallier à Innocent. Il est aussi celui qui combat toutes les hérésies, qu’elles soient celles des Albigeois, celle d’Abélard comme celle des Cathares. Lorsqu’en 1144 le royaume de Jérusalem est menacé, le pape Eugène III, lui-même cistercien, l’autorise à prêcher la croisade. C’est ce qu’il fait devant le roi Louis VII à Vézelay [4] le 31 mars 1146, c’est ce qu’il fait à Spire [5] le 25 décembre de la même année devant l’empereur Conrad III.

C’est par ses lettres qu’il rallie encore ceux qui ne peuvent entendre sa voix. Bernard peut écrire au pape : “ Vous avez commandé, j’ai obéi. Sous votre autorité, j’ai ouvert la bouche et les guerriers se sont multipliés comme l’herbe dans le champ sous la pluie d’avril. ” Ce sont en effet plus de 100 000 hommes qu’entraîne Bernard derrière lui pour la 2ème croisade.

C’est après avoir tenté d’arrêter une guerre entre les Messins et le comte de Bar que Bernard meurt de retour à Clairvaux. Il fut canonisé en 1174.

Ses écrits, quelque 450 lettres, quelque 300 sermons dont ceux sur la vierge à laquelle il vouait une dévotion très forte, des traités comme Degrés de l’humilité et de l’orgueil ou Traité de l’amour de Dieu ou encore Sur la grâce et le libre arbitre, font de lui un docteur de l’Église.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article dU petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p154- Nominis
- http://www.catholic.org/encyclopedi...

Notes

[1] L’abbaye de Cîteaux, située dans la commune française de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux en Bourgogne, canton de Nuits-Saint-Georges, berceau et chef de l’ordre cistercien, fut fondée par Robert de Molesme abbé de Molesmes en 1098. Maison mère à la tête de plusieurs centaines de monastères ayant marqué pendant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale du monde chrétien, elle fit de Cîteaux un centre spirituel majeur de l’Europe. L’abbaye et son immense domaine furent vendus en 1791. Les Cisterciens Trappistes de l’Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO) qui l’occupent depuis 1898 lui ont redonné une vie spirituelle. Elle a aujourd’hui retrouvé son rang d’abbaye tête de l’ordre des Cisterciens Trappistes et perpétue sa tradition et sa longue histoire.

[2] L’ancienne abbaye de Clairvaux située à Ville sous la Ferté, dans l’Aube (région Champagne-Ardenne), à quinze kilomètres de Bar-sur-Aube, était un monastère cistercien fondé en 1115 par Bernard de Clairvaux et quelques compagnons, envoyés par Étienne Harding, abbé de Cîteaux. La personnalité de saint Bernard lui donna un rayonnement considérable. Avec La Ferté, Pontigny, et Morimond elle forme le groupe des quatre filles « majeures » (premières fondations) de Cîteaux, toute première abbaye de l’ordre cistercien. C’est de loin la plus prolifique, avec quatre-vingts abbayes-filles. Elle est supprimée lors de la Révolution française (1789).

[3] L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers. Cet ordre fut créé à l’occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129 à partir d’une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les 12ème et 13ème siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe chrétienne d’Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l’ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d’un procès en hérésie.

[4] Vézelay est une commune française, située dans le département de l’Yonne. La cité de Vézelay doit son origine à une abbaye bénédictine ayant abrité les reliques de sainte Marie-Madeleine. Vers 858, un monastère de femmes est fondé par Girart de Roussillon, à l’emplacement actuel de Saint-Père. Il possède une villa, entourée de grands domaines. Le finage dans lequel les habitations se trouvent porte le nom de Vezeliacus qui deviendra Vizeliac puis Vézelay. Élu en 1037, l’abbé Geoffroy réforme l’abbaye et convainc ses contemporains que l’abbaye possède les restes de Marie-Madeleine : d’où pèlerinages, donc offrandes et donations. Ceci profita naturellement aux habitants et le village devint une petite ville. Il faudra attendre une bulle pontificale pour que Madeleine devienne officiellement la patronne de l’abbaye (1050). Une telle prospérité attira Cluny : celle-ci soumit Vézelay et lui imposa l’abbé clunisien Artaud. En 1096, Urbain II prêche la première croisade ; la construction de l’abbatiale est décidée. Elle est consacrée en 1104. L’impôt établi pour réaliser cette entreprise avait exaspéré les habitants qui se révoltèrent : l’abbé Artaud fut assassiné en 1106. Après bien des vicissitudes (révoltes, conflits seigneuriaux, incendie de 1120), le narthex ou église des Pèlerins pénitents fut construit : il ne sera dédicacé qu’en 1132). En 1137 l’abbé Albéric signa avec les habitants une charte qui définissait les droits de l’abbaye et des bourgeois : acte de sagesse qui fut loué en termes élogieux par Saint Bernard.

[5] Spire est une ville et un arrondissement au sud du Land de Rhénanie-Palatinat. Spire est une ancienne ville impériale, dont l’imposante cathédrale romane est l’un des monuments majeurs de l’art du Saint Empire romain. Cette cathédrale a été, pendant près de 300 ans, le lieu de sépulture de huit rois et empereurs allemands. Le 27 décembre 1146, Bernard de Clairvaux vient à Spire prêcher la deuxième croisade devant l’empereur Conrad III, qui, séduit par l’homme, se croise aussitôt.