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Knut II de Danemark ou Knut 1er d’Angleterre dit Canut le Grand

lundi 1er août 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 7 décembre 2011).

Knut II de Danemark ou Knut 1er d’Angleterre dit Canut le Grand (vers 994-1035)

Gouverneur et seigneur du Schleswig et de Poméranie-Roi d’Angleterre à partir de 1016-Roi du Danemark en 1018-Roi de Norvège en 1028

Portrait contemporain de Knut le Grand dans le Liber vitæ du New Minster de Winchester (Stowe MS 944), vers 1031.Fils du roi Sven 1er dit barbe fourchue. Sa mère, Gunhild, antérieurement appelée Swiatoslawa, est la fille de Mieszko 1er de Pologne. Tandis que son père, Svend ou Sweyn, reste toute sa vie païen, il est élevé par une mère chrétienne dont la propre mère a été retirée d’une institution religieuse, et mariée au premier duc de Pologne, Mieszko, qui s’est ensuite converti au christianisme pour des raisons politiques.

Alors qu’il accompagne son père dans son invasion victorieuse de l’Angleterre en août 1013, il est proclamé roi par la flotte danoise, à la mort de Sweyn en février 1013. Mais il retourne au Danemark en avril 1014, lorsque le Witenagemot [1] des nobles anglais restaure le roi destitué Ethelred II l’Irrésolu.

Envahissant l’Angleterre une fois de plus en août 1015, il mène une série de combats peu concluants contre les Anglais jusqu’à sa victoire écrasante en octobre 1016 à Assandun [2]. Lors d’une rencontre sur une île de la rivière Severn, Knut et Edmond II d’Angleterre dit Côte-de-Fer s’accordent sur un partage du royaume, mais la mort assez mystérieuse d’Edmond en novembre 1016 lui laisse la totalité du pouvoir, ce qui conduit le Witenagemot à le proclamer roi le 6 janvier 1017.

Afin d’associer sa lignée avec la dynastie anglaise renversée, et de se prémunir contre une attaque de la Normandie, Knut épouse en juillet 1017 la veuve d’Ethelred, Emma de Normandie, et désigne par la suite leur fils Hardeknut dit Knud II le Hardi comme héritier, le préférant à Harold Pied-de-Lièvre, un autre fils.

Par cet acte, il consolide les liens politiques et commerciaux entre l’Angleterre et la Normandie, tout en établissant ses intentions de régner en suivant le christianisme puisque Emma est très dévote.

Il règne sur le Wessex [3]. Il donne l’Est-Anglie [4] à son second, Thorkell le Grand, laisse en place en Mercie [5] Eadric Streona, bientôt assassiné sur son ordre, et en Northumbrie [6] le Norvégien Erik de Lade, nommé par Svein.

Il élimine les dangers extérieurs et anéantit une série d’équipages vikings qui s’aventurent encore sur les côtes anglaises, refoule les Écossais et les contraint à reconnaître la suprématie anglaise. Les jarls [7] qu’il met en place portent tous des noms scandinaves, mais les lois qu’il promulgue sont conçues et rédigées selon la tradition anglaise, avec l’aide de juristes anglo-saxons. Il gouverne avec énergie, entouré d’une garde nombreuse et bien entraînée, les housecarls [8], et prenant des mesures fiscales et administratives pour assurer la défense du royaume. Il entretient une flotte permanente. La sécurité en Angleterre lui permet d’effectuer des voyages à l’étranger. Après sa conversion au christianisme en Allemagne, il est reconnu comme roi d’Angleterre par le pape Benoît VIII.

En divisant le pays à la manière danoise en 1017, formant ainsi les grands comtés de Wessex, Mercie, East Anglia et Northumbrie, il institue le système de souveraineté territoriale qui reste la base du gouvernement anglais pendant plusieurs siècles.

Vers 1018, il succède à son frère aîné Harold II comme roi du Danemark, et en 1028 il conquiert la Norvège avec une flotte de 50 navires anglais, sa tentative de gouverner la Norvège à la faveur de AElfgyfu et Harold se solde néanmoins par une rébellion, et la restauration de l’ancienne dynastie norvégienne, représentée par Magnus 1er, le fils du roi qui a été destitué, Olaf II.

Dans le régime qu’il institue en tant que roi d’Angleterre, Knut combine des institutions et du personnel anglais et danois. Les mutilations qu’il inflige en avril 1014 à des otages capturés par son père comme gage de loyauté vis-à-vis de l’Angleterre sont avant tout considérées comme très différentes de ses habitudes. En codifiant les lois de l’Angleterre vers 1020, il crée une sorte d’uniformité de l’ensemble de la tradition anglo-saxonne.

Conrad II le Salique, entretient des relations amicales avec lui, et son jeune fils Henri le Noir épouse la fille de Knut, Cunégonde. L’empereur le laisse gouverner sur le Schleswig [9] et la Poméranie [10].

Il meurt en 1035, à Shaftesbury [11] dans le Dorset [12], et est enterré à Winchester [13]. À sa mort, Knut le Hardi lui succède sur le trône du Danemark, régnant sous le nom Knut III. Harold prend le pouvoir en Angleterre, et règne jusqu’à sa mort en 1040, après quoi les deux couronnes sont brièvement réunies à nouveau sous le règne de Knut le Hardi.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Mike Ashley, British Kings & Queens, Robinson, Londres 1999 (ISBN 1841190969).

Notes

[1] conseil des sages

[2] aujourd’hui Ashingdon ou Ashdon, dans l’Essex

[3] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[4] L’Est-Anglie, ou royaume des Angles de l’Est, est un royaume anglo-saxon établi au cours du Haut Moyen Âge sur les actuels comtés anglais du Suffolk et du Norfolk. Sa fondation légendaire, vers le milieu du 6ème siècle, aurait été le fait d’envahisseurs germaniques appartenant à la tribu des Angles. Il disparaît comme entité indépendante après les invasions vikings du 9ème siècle, mais le titre de comte d’Est-Anglie continue à être donné au sein du royaume d’Angleterre jusqu’à la fin du 11ème siècle, et la région conserve le nom d’Est-Anglie à ce jour.

[5] La Mercie est l’un des sept royaumes de l’Heptarchie anglo-saxonne, avec Tamworth pour capitale. Entre 600 et 850, la Mercie fit quatorze fois la guerre au Wessex voisin, onze fois aux Gallois, et mena dix-huit campagnes contre d’autres ennemis - encore ne s’agit-il là que des conflits dont nous avons gardé la trace. Elle est fondée par les Angles rassemblés et menés un an auparavant, depuis les côtes marécageuses proches du Wash vers l’actuelle région des Midlands en Angleterre, par Creoda (ou Crida), premier roi connu des Merciens, peut-être en partie légendaire, qui accèda au pouvoir en 585. Ces Midlands (« terres du milieu ») regroupent les comtés actuels de Gloucester, Worcester, Leicester, Northampton, Bedford, Buckingham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, Chester et Lincoln.

[6] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme nicéen dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud.

[7] Le jarl est en langue scandinave l’équivalent de comte

[8] Les housecarls sont une garde personnelle des seigneurs et rois vikings, ainsi que des rois anglo-saxons.

[9] Le duché de Schleswig a existé en tant que vassal du Danemark jusqu’à la guerre des Duchés, en 1864. La capitale était Schleswig. Durant le bas Moyen Âge, ce duché était nommé Jutland-du-Sud. Politiquement, le Schleswig était un duché vassal du roi du Danemark depuis le 12ème siècle. À partir du 14ème siècle, une liaison plus étroite se développa avec le Comté de Holstein, qui faisait partie du Saint Empire romain germanique. C’est ainsi que la noblesse du Holstein acquit de grandes possessions au Schleswig. Les Schauenburger, qui avaient reçu le Holstein en fief au 12ème siècle, purent s’établir comme ducs de Schleswig et comtes de Holstein, jetant ainsi les bases d’une seigneurie commune. Le duché de Schleswig resta cependant un vassal danois, tandis que le comté de Holstein demeurait un vassal de l’Empereur. À la mort d’Adolphe VIII en 1459, la lignée des Schauenbourg de Holstein s’éteignit ; le Schleswig et le Holstein étaient si liés qu’il fut naturel aux nobles des deux entités de se doter d’un seigneur commun. Elles choisirent le roi Christian 1er de Danemark, un neveu d’Adolphe VIII. Dans le traité de Ribe de 1460 signé avec Christian 1er figurait le fait que les deux entités devaient rester liées pour l’éternité. Bien que cela n’eût alors rien à voir avec une unité territoriale, ce paragraphe fut la base du mouvement de Schleswig-Holstein du 19ème siècle, qui demandait une séparation du Danemark et l’intégration du Schleswig germanophone à la Confédération germanique. Les danophones demandaient, eux, le rattachement pur et simple du Schleswig et du Holstein au Danemark.

[10] La Poméranie est une région côtière au sud de la mer Baltique dans le nord-ouest de la Pologne et le nord-est de l’Allemagne. Elle comprend les estuaires de la Vistule et de l’Oder atteignant la rivière Recknitz à l’ouest et s’étend sur environ 200 kilomètres à l’intérieur des terres. La limite orientale fait l’objet de plusieurs interprétations dans la terminologie polonaise et allemande : en Pologne, la Poméranie orientale (Pomorze Gdańskie) correspond au territoire le long de la baie de Gdańsk jusqu’à la Pomésanie sur la rive droite de la Vistule, alors que les termes allemands de la Poméranie antérieure et postérieure se réfèrent à l’ancien duché de Poméranie et à la province de Poméranie au sein de l’État de Prusse.

[11] Shaftesbury est une ville du Dorset, en Angleterre. Elle est située dans le nord du comté, près de la frontière du Wiltshire, à 32 km à l’ouest de Salisbury. En 880, Alfred le Grand fonde un établissement fortifié destiné à se protéger contre les envahisseurs danois, puis une abbaye de femmes en 888. Le roi Aethelstan y installe trois ateliers monétaires. En 981, les reliques d’Édouard le Martyr sont transférées dans l’abbaye, qui devient alors un des grands lieux de pèlerinage d’Angleterre. Knut le Grand meurt en 1035, à Shaftesbury, et est enterré à Winchester.

[12] e Dorset est un comté en grande partie rural dans le sud-ouest de l’Angleterre, situé sur la Manche. La capitale est Dorchester. Le comté occupe une superficie de 2 652 km². Le Dorset touche le Devon à l’ouest, le Somerset et le Wiltshire au nord et le Hampshire à l’est.

[13] Winchester est la ville capitale du comté de Hampshire, dans le Sud de l’Angleterre. Située sur le fleuve Itchen, cette ville modeste du Royaume-Uni a le statut de cité. L’antique Venta Belgarum, au carrefour de six voies romaines, a laissé la place à une ville prestigieuse au milieu d’une région champêtre. Elle devient la grande capitale du royaume du Wessex du 6ème siècle au 9ème siècle, puis d’Angleterre jusque sous les premiers rois normands au 11ème siècle. Elle reste une des résidences principales des rois jusqu’à George 1er, début 18ème siècle.