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AElfgyfu de Northampton ou AElfgyfu AElfhelmsdotter

mercredi 2 novembre 2016

AElfgyfu de Northampton ou AElfgyfu AElfhelmsdotter

Femme de la noblesse anglo-saxonne du début du 10ème siècle

Épouse more danico [1] de Knut 1er le Grand, roi de Danemark, d’Angleterre et de Norvège. Elle est issue d’une importante famille de l’ancien royaume de Mercie [2] et fille d’ AElfhelm , ealdorman [3] de York entre 993 et 1005 et de Wulfrun de Northampton. Son père est assassiné en 1005 ou en 1006 et ses frères Wulfheag et Ufgeat sont aveuglés en 1006 à Corsham [4] sur l’ordre du roi AEthelred II d’Angleterre .

En 1013, le roi Sven 1er de Danemark envahit l’Angleterre en représailles à un massacre de Danois ordonné par le roi AEthelred II et au cours duquel Gunhild, sœur du roi Sven, est tuée.

AEthelred II fuit vers la Normandie à Noël 1013 et Sven se proclame roi d’Angleterre, mais meurt le 3 février 1014. La succession est disputée entre Edmond II Côtes de fer, le fils aîné d’AEthelred et Knud le Grand, le fils cadet de Sven. Knut finit par l’emporter en battant Edmond en octobre 1016 à Ashingdon [5], lequel finit par mourir le 30 novembre 1016. C’est probablement durant cette période que Knut épouse more danico AElfgyfu, une sorte d’union pouvant être facilement rompue dans le cas où Knut devait contracter une alliance purement dynastique.

En juillet 1017, afin d’affermir sa prise de pouvoir en Angleterre, Knut épouse Emma AElfgyfu de Normandie, la veuve d’AEthelred II, mais aussi sœur du duc Richard II de Normandie. Pour Knut, cette alliance a le mérite de rallier à sa cause les partisans de l’ancienne dynastie et de conclure une alliance avec le duc de Normandie, qui autrement pourrait être tenté de soutenir la cause de ses neveux. Mais il ne semble pas que Knut se soit séparé pour autant d’AElfgyfu de Northampton qui continue de vivre à la cour.

Entre les deux épouses de Knut, la haine ne cesse de monter et, même si Emma a pris soin de faire promettre à Knut que le royaume d’Angleterre reviendrait à ses enfants issus de Knut, AElfgyfu de Northampton ne cesse d’intriguer pour que Knut désigne un de ses enfants comme héritier. Des rumeurs, probablement orchestrées par Emma, laissent entendre que Sven et Harold ne sont pas de Knut et d’AElfgyfu ainsi que le relayent la chronique anglo-saxonne.

Knut ne prête pas foi à ces rumeurs et pour apaiser ces discordes familiales, confie le royaume de Norvège, dont il a fait la conquête en 1028 à Svend, en instituant sa mère comme régente et le Danemark à Hardeknut ou Knut III de Danemark , le fils d’Emma.

Mais la régence d’AElfgyfu tourne rapidement à la catastrophe. Elle augmente les impôts et impose des lois danoises aux Norvégiens. Les jugements s’accompagnent de peines particulièrement sévères et les Norvégiens, n’appréciant pas d’être gouvernés par une femme étrangère et arrogante se révoltent et rappellent Magnus , le fils du roiOlaf II vaincu par Knut. Magnus rentre d’exil en 1035 et, soutenu par la population, n’a aucune difficulté à chasser Sven et sa mère de Norvège.

Atteint par la maladie, Knut n’a pas pu aider son fils et sa maîtresse, et meurt le 12 novembre 1035. Svend meurt peu après, en 1036. Hardeknut tient fermement le Danemark, mais le trône d’Angleterre reste vacant. AElfgyfu se rend en Angleterre avec son second fils Harold et deux factions, l’une soutenant Hardeknut, l’autre Harold se disputent l’Angleterre.

À partir de 1036, AElfgyfu n’est plus mentionnée par les chroniques. Harold se maintient cinq ans en Angleterre, pendant qu’Hardeknut, occupé à repousser une invasion norvégienne, ne peut pas intervenir en Angleterre. Il ne pourra prendre possession de l’Angleterre qu’en 1040, à la mort d’Harold.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Andrew Bridgeford (trad. Béatrice Vierne), 1066, l’histoire secrète de la tapisserie de Bayeux, Éditiond du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ 2004

Notes

[1] More danico signifie « à la manière danoise » en latin. Le mariage « more danico », ou la « danesche manere » en normand, désigne le mode de polygamie pratiqué par les Vikings implantés en Normandie après le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Leur conversion au christianisme, inégale selon les régions, ne les empêche pas de continuer à avoir plusieurs femmes comme auparavant en Scandinavie et en Islande. À la différence des chrétiens et de l’Église qui considèrent les frilla, les secondes épouses, comme des concubines, et leurs enfants comme des bâtards, les Normands les perçoivent comme parfaitement légitimes. C’est en raison, par exemple, du more danico du duc de Normandie Robert le Magnifique, que son jeune fils Guillaume « le Bâtard » est désigné en 1035 comme successeur de son père.

[2] La Mercie est l’un des sept royaumes de l’Heptarchie anglo-saxonne, avec Tamworth pour capitale. Entre 600 et 850, la Mercie fit quatorze fois la guerre au Wessex voisin, onze fois aux Gallois, et mena dix-huit campagnes contre d’autres ennemis - encore ne s’agit-il là que des conflits dont nous avons gardé la trace. Elle est fondée par les Angles rassemblés et menés un an auparavant, depuis les côtes marécageuses proches du Wash vers l’actuelle région des Midlands en Angleterre, par Creoda (ou Crida), premier roi connu des Merciens, peut-être en partie légendaire, qui accèda au pouvoir en 585. Ces Midlands (« terres du milieu ») regroupent les comtés actuels de Gloucester, Worcester, Leicester, Northampton, Bedford, Buckingham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, Chester et Lincoln.

[3] Un ealdorman est la personne qui dirige un comté dans l’Angleterre anglo-saxonne entre le 9ème siècle et le règne de Cnut le Grand (1016-1035). C’est un officier royal et un magistrat de haut rang, qui commande également l’armée de son comté en temps de guerre. Dans certaines chartes du Wessex, le terme est traduit par le latin dux ou præfectus.

[4] Corsham est une ville médiévale du Nord-Ouest du Wiltshire dans le sud-ouest de l’Angleterre. Elle est située entre Bath (12 km) et Chippenham (7 km).

[5] Essex