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Otte-Guillaume 1er de Bourgogne ou Otte-Guillaume de Mâcon

dimanche 13 février 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 6 décembre 2011).

Otte-Guillaume 1er de Bourgogne ou Otte-Guillaume de Mâcon (vers 962-1026)

Comte palatin de Bourgogne de 982 à 1026-Comte de Mâcon

Les pagi bourguignons au ixe siècleFils du roi Aubert 1er d’Italie un descendant d’Amédée d’Oscheret comte d’Oscheret [1] et de Gerberge de Chalon fille du comte Lambert de Chalon et d’Autun.

Son père fait partie des rois français qui se partagent et règnent sur l’ancien empire carolingien de Charlemagne et à ce titre, il lui constitue, au moment de la féodalisation et du découpage de l’ancien empire de Charlemagne en duché et en comtés féodaux, le comté de Bourgogne [2] autour de Dole dans le Jura en Franche-Comté. Comté de Bourgogne vassal du Duché de Bourgogne [3] constitué en 858.

Il devient comte de Mâcon [4] en épousant Ermentrude de Roucy fille de Renaud de Roucy, comte de Reims [5] et de Roucy [6], et d’Albérade de Hainaut. Ermentrude de Roucy était l’héritière du comté de Mâcon par son premier mariage sans postérité avec Aubry II de Mâcon.

En 982 il devient premier comte palatin de Bourgogne de la maison d’Ivrée [7] du comté de Bourgogne par le domaine franc-comtois de son père et par le titre de comte palatin de Bourgogne donné par son beau père le duc de Bourgogne.

En 995 il associe son fils Guy 1er de Mâcon à l’age de 20 ans au pouvoir de comte. En 1002 il lègue le comté de Mâcon à son fils Guy 1er de Mâcon alors âgé de 27 ans.

La même année, à la mort de son beau père le duc Henri 1er de Bourgogne sans héritier, il prétend sans aucun lien de filiation direct à la succession du duché de Bourgogne. Il se considère alors comme duc de Bourgogne pendant 2 ans.

En 1004 le duché de Bourgogne est annexé par le roi Robert II de France au royaume de France qui le donnera en 1032 à son troisième fils Robert 1er de Bourgogne.

En 1006 à lieu le décès prématuré de son fils Guy Ier de Mâcon à l’âge de 31 ans sans avoir succédé à son père à la tête du comté de Bourgogne. Otton II de Mâcon, le fils de Guy Ier de Mâcon, hérite du comté de Mâcon.

En 1016 il épouse peut être en secondes noces Adélaïde d’Anjou. Le roi Rodolphe III de Bourgogne reconnaît son neveu, l’empereur germanique Henri II du Saint Empire comme suzerain protecteur et héritier de son royaume dont dépend le comté de Bourgogne. Otte-Guillaume et d’autres seigneurs Français se révoltent alors contre l’autorité de suzeraineté sur le Royaume de Bourgogne et sur le comté de Bourgogne légitimement revendiqué par l’empereur germanique.

Il décède le 21 septembre 1026. Il fut inhumé au monastère de Saint Bénigne de Dijon [8]. Son fils Renaud 1er de Bourgogne lui succède comme comte de Bourgogne.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, « Les origines maternelles du comte de Bourgogne Otto-Guillaume - Nouvelle synthèse », Annales de Bourgogne, t. 66, nos 261-263,‎ 1994

Notes

[1] Le Pays d’Oscheret est un ancien pagus des Lingons couvrant la basse vallée et la plaine de l’Ouche en Côte-d’Or. Au Moyen Âge, on identifie un comté ainsi qu’un archidiaconé d’Oscheret dans le royaume de Bourgogne.

[2] Le comté de Bourgogne, appelée aussi Franche Comté de Bourgogne était un important comté fondé en 986 par le comte Otte-Guillaume de Bourgogne et dont le territoire correspond aujourd’hui approximativement à l’actuelle région de Franche-Comté. Il avait pour capitale Dole (château de Dole) et était gouverné du 10ème au 17ème siècle par les comtes palatins de Bourgogne. Ce comté est formé par la réunion des quatre circonscriptions administratives carolingiennes (pagi bourguignons) : l’Amous (région de la Saône, de l’Ognon et du Doubs), l’Escuens (région de Château-Chalon), le Portois (région de Port-sur-Saône) et le Varais (région enserrée dans le « M » que forme le tracé de la rivière le Doubs).

[3] Le duché de Bourgogne est fondé en 880 à partir du royaume de Bourgogne, par les rois carolingiens Louis III et Carloman II et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité. Ils féodalisent tous les royaumes carolingiens de France en duchés et comtés vassaux des rois de France. Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III.

[4] Le comté de Mâcon rattaché à la ville de Mâcon en Saône-et-Loire (Mâconnais) dans la partie sud-est de la Bourgogne au Moyen Âge. À l’époque carolingienne, le pagus devient un comté. Sans postérité, le dernier comte, Jean de Dreux et de Braine, et sa veuve, Alix, comtesse de Mâcon et de Vienne, vendent le comté au roi de France, Saint Louis, qui l’incorpore au domaine royal, tandis que le titre de comte de Vienne reste aux oncles d’Alix. Rendu au duché de Bourgogne en 1435 dans le cadre du traité d’Arras, le comté de Mâcon est définitivement annexé au royaume avec l’ensemble de la Bourgogne après 1477, année de la défaite et de la mort du duc Charles le Téméraire vaincu par Louis XI. Jusqu’à la Révolution française, le Mâconnais, rattaché à la Bourgogne avec le statut de comté adjacent, disposait de ses propres États : les États particuliers du Mâconnais.

[5] Reims est une commune française qui se situe dans le département de la Marne. Le christianisme apparaît au milieu du 3ème siècle grâce à l’évêque Sixte et une première cathédrale est élevée au 4ème siècle mais ce n’est qu’au 5ème siècle que l’emplacement actuel commence à être occupé par l’Église qui y installe d’abord un ensemble épiscopal puis plusieurs cathédrales qui se succèdent jusqu’à celle qui existe aujourd’hui

[6] située entre Reims et Laon

[7] La maison d’Ivrée, appelée aussi famille des marquis d’Ivrée, parfois Bourgogne-Ivrée, maison des comtes palatins de Bourgogne ou encore Anscarides, est une famille de seigneurs originaires du comté d’Oscheret du royaume de Bourgogne. De cette famille furent notamment issus pendant plusieurs siècles les comtes de Bourgogne et les rois de Castille.

[8] L’abbaye Saint-Bénigne de Dijon est une ancienne abbaye de moines bénédictins, fondée au 9ème siècle. Elle est située au centre de Dijon. L’abbatiale est dédiée à saint Bénigne de Dijon, qui était considéré comme un martyr chrétien du 2ème siècle. Elle est devenue en 1792 la cathédrale du diocèse de Dijon. En partie détruite, l’abbaye conserve actuellement les restes d’une aile romane édifiée au 11ème siècle, qui compte parmi les plus anciens bâtiments conventuels existant en France. Elle héberge depuis 1930 le musée archéologique de Dijon.