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Baudouin V de Flandre dit le Pieux ou de Lille

samedi 31 octobre 2020 (Date de rédaction antérieure : 18 novembre 2011).

Baudouin V de Flandre dit le Pieux ou de Lille (vers 1012-1067)

Comte de Flandre de 1035 à 1067

Fils de Baudouin IV de Flandre et d’Ogive de Luxembourg. Marié à Adèle de France, fille du roi Robert II, il est donc beau-frère de Henri 1er de France.

Au 11ème siècle, la Flandre [1] est vassale du royaume de France et pour une petite part* ( [2]) du Saint Empire romain germanique.

Sous le principat du comte Baudouin V, le margraviat [3] d’Ename [4] est rattaché à cette région en 1056/1059. Son territoire possède un pouvoir équivalent à celui d’un royaume et ses souverains exercent une influence considérable sur les affaires politiques de l’Europe occidentale.

Baudouin fut régent de France de 1060 à 1066 pour son neveu par alliance le roi Philippe 1er.

Le futur Baudouin V est d’abord un fils turbulent, en révolte contre son père. Après son prestigieux mariage avec Adèle de France, il n’hésite pas à se mettre à la tête des barons flamands révoltés qui chassent Baudouin IV.

Ramené à la soumission après l’intervention du duc Robert de Normandie et le retour de son père, il devient, après la mort de ce dernier, l’un des plus puissants vassaux du roi de France.

Il entre tout d’abord en guerre contre Thierry IV de Hollande, qui lui conteste la Zélande [5], pourtant attribuée à son père par l’empereur Henri II. Baudouin envahit la Frise [6] et sort victorieux du conflit : la Zélande reste dans la mouvance du comté de Flandre.

En 1046, le comte prend parti pour Godefroid de Basse Lotharingie [7] dans la lutte qui l’oppose à l’empereur Henri III, qui a attribué la Haute Lotharingie [8] à Adalbert d’Alsace. À la suite de sa rébellion il perd le margraviat de Valenciennes [9]. Allié à Thierry IV de Hollande, il s’empare du château d’Ename [10] et reprend Gand [11] grâce au noble Lambert. Avec Godefroid, il se saisit même de Nimègue [12]. Cependant, Baudouin doit se replier face aux armées de l’empereur. Le comte de Flandre fait sa soumission en 1056 à Cologne [13].

En 1051, Richilde de Hainaut se retrouve veuve. Alléché par la perspective de placer le Hainaut [14] dans l’escarcelle de sa famille, Baudouin V enlève Richilde pour la destiner à son fils aîné.

L’évêque de Cambrai [15], Lietbert, fulmine naturellement l’excommunication pour consanguinité, mais le pape Léon IX accorde une dispense et lève la sanction après quelques années : l’aîné du comte de Flandre devient le comte Baudouin 1er de Hainaut, promettant l’unification des deux comtés.

La guerre avec l’empereur se rallume ensuite, mais cette fois-ci sans Godefroid IV. Baudouin prend Liège [16], détruit Thuin [17] et pousse jusqu’à Huy [18]. Henri III riposte en entrant en Flandre. Baudouin anime la résistance à Arques [19] d’où, d’après la légende, il fait construire en trois nuits un immense fossé [20]. Ce fossé neuf s’avèrera finalement inutile, puisque Henri III, aidé de l’ancien châtelain de Cambrai, Jean de Béthune, le franchit, ravage le pays et prend Tournai [21] en juin 1054, alors que Baudouin essuie un échec devant Anvers [22], défendue par Frédéric de Luxembourg en 1055.

C’est la mort, l’année suivante de Henri III qui permet l’arrêt du conflit. Lors de sa génuflexion à Cologne en 1056 et après les négociations de paix à Andernach en 1056 et 1059 la cession du margraviat d’Ename [23], du château de Gand, du pays de Waes [24] et des Quatre-Métiers [25], ainsi que des 5 îles de la Zélande, est confirmée au profit de Baudouin V. De plus, le mariage de Richilde de Hainaut et de Baudouin 1er est entériné, la ville de Tournai entrant sous son autorité.

En 1060, à la mort de son beau-frère Henri 1er, il devient tuteur du nouveau roi Philippe 1er, puis seul régent de France après le remariage de la reine Anne de Kiev. En tant que tel, il s’interdit d’accorder l’aide de la France à Guillaume le Bâtard, duc de Normandie [26], qui projette de conquérir l’Angleterre, mais lui accorde celle des Flamands, le futur Conquérant ayant épousé sa fille Mathilde.

Il avait marié en 1063 un autre de ses cinq enfants, Robert, à Gertrude de Saxe, lui attribuant la partie impériale du comté de Flandre.

Après sa mort, le plus puissant des comtes de Flandre fut inhumé au milieu du chœur de la Collégiale Saint-Pierre de Lille [27], ville dont il avait fait sa capitale et dont le plus ancien document écrit est une charte de dotation du comte à cette église, en tant que fondateur, par laquelle il lui donnait une ferme à Flers [28] et les deux tiers des revenus de l’église d’Annapes [29].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/Baudouin/Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Douxchamps, Cécile et José, Nos dynastes médiévaux, Wepion-Namur 1996, José Douxchamps, éditeur, ISBN 2-9600078-1-6

Notes

[1] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[2] le margraviat de Valenciennes

[3] Le titre de margrave était donné aux chefs militaires des marches (ou mark), dans l’empire carolingien, puis à certains princes du Saint Empire romain germanique. Le titre équivalent en français est marquis. Le margraviat est la juridiction sur laquelle il a autorité.

[4] entre l’Escaut et la Dendre

[5] La Zélande est une province maritime du sud-ouest des Pays-Bas, bordée à l’ouest par la mer du Nord, au sud par la frontière belge, à l’est par le Brabant et au nord par la Hollande-Méridionale.

[6] La Frise est l’une des douze provinces qui composent les Pays-Bas. Située au nord du pays, sa ville principale et capitale administrative est Leeuwarden. La Frise est une province agricole, mais le tourisme, principalement autour des lacs du sud-ouest de la province et des îles de la mer des Wadden, est une source importante de revenus. La région est aussi connue pour ses patineurs de vitesse et son circuit hivernal des onze villes (elfstedentocht), qui attire des dizaines milliers de touristes étrangers les années où il peut être organisé (si l’épaisseur de la glace est suffisante sur le parcours). Le frison occidental y est une langue officielle aux côtés du néerlandais.

[7] Le duché de Basse Lotharingie est la partie nord de la Lotharingie. Avec le temps, il sera appelé duché de Lothier. Ce duché est créé en 959, en même temps que la Haute Lotharingie, de la division du duché de Lotharingie. C’est Brunon de Cologne qui procède au partage et donne la Basse Lotharingie au vice duc Godefroy. La Basse Lotharingie telle qu’elle a été instaurée à cette époque n’empiétait pas au sud sur les territoires du diocèse de Trèves. L’ancienne Frise y était encore comprise. La Basse Lotharingie s’étendait donc de l’Escaut à l’Ems et de la mer du Nord jusqu’à l’extrémité méridionale de la province de Cologne.

[8] Le duché de Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine, mentionné comme tel en 1047. Les ducs (pour les descendants de Gérard d’Alsace et ceux des Maisons de Vaudémont et d’Anjou jusqu’en 1737) se succédèrent jusqu’en 1766, date de l’annexion par la France où le trône ducal fut occupé par Stanislas Leszczynski, souverain polonais détrôné profitant de la vacance du trône lorrain suite au mariage du dernier duc de la maison de Lorraine, François III, avec la future impératrice d’Autriche Marie-Thérèse.

[9] Valenciennes est une commune française, historiquement capitale du comté du Hainaut français et aujourd’hui sous-préfecture du département du Nord. Elle est située au confluent de l’Escaut avec la Rhônelle. En 1285, la monnaie du Hainaut fut remplacée par la monnaie de France : l’écu. Valenciennes est une ville en pleine activité, forte de ses nombreuses corporations. À l’abri de son enceinte, un grand nombre de couvents se développe, à l’instar des Dominicains. Au 14ème siècle Albert de Bavière fait construire la tour de la Dodenne, où encore aujourd’hui la cloche sonne en l’honneur de Notre-Dame-du-Saint-Cordon. Au 15ème siècle, le Hainaut, rattaché au duché de Bourgogne, perd de son autonomie, mais Valenciennes jouit d’une grande renommée grâce aux artistes qu’elle protège en ses murs. L’économie de la ville repose essentiellement sur la draperie et le commerce, principalement du vin et des céréales des campagnes environnantes.

[10] Ename (ou Eenaeme) est une section de la ville belge d’Audenarde située en Région flamande dans la province de Flandre-Orientale. En 974, l’abbaye d’Ename est fondée, et une ville se construit. Il ne reste aujourd’hui que des ruines de l’abbaye qui appartiennent au musée de la ville d’Ename.

[11] Gand est une ville belge néerlandophone, située en Région flamande au confluent de la Lys et de l’Escaut. C’est le chef-lieu de la province de Flandre-Orientale et depuis 1559 le siège de l’évêché de Gand. Capitale de l’ancien comté de Flandre, grande cité drapière et commerçante, puis ville natale de Charles Quint, elle connut à partir du 12ème siècle, et plus encore du 14ème au 16ème siècle, une période de floraison tant économique que culturelle. En 1500, Jeanne de Castille y donna naissance à Charles Quint, futur empereur romain germanique et roi d’Espagne. Quoique natif de Gand, celui-ci prit des mesures brutales pour réprimer la révolte de Gand en 1539, exigeant que les notables de la ville défilent pieds nus avec une corde autour du cou : depuis cette époque, les Gantois sont surnommés Stroppendragers (les « garrotés »). La congrégation de Saint-Bavon fut dissoute, son monastère rasé et remplacé par une caserne ducale. Seuls quelques édifices de l’ancienne abbaye échappèrent à la démolition. La fin du 16ème et le début du 17ème siècle se traduisirent par des bouleversements liés à la guerre de Quatre-Vingts Ans. Face à la menace des troupes espagnoles, des états généraux des Dix-Sept Provinces se tiennent à Gand en 1576. Il en résulte un acte de pacification qui affirme l’autonomie nationale contre les ministres et les troupes espagnoles. Don Juan d’Autriche est obligé d’accepter la pacification de Gand. Cependant, la minorité calviniste, organisée en un parti d’une grande efficacité, s’empare du pouvoir par la force. En 1577, les calvinistes s’appuient sur le programme du prince d’Orange qui promet la restauration des libertés communales. Les vieilles magistratures municipales retrouvèrent leurs prérogatives, les chartes confisquées réapparurent et les métiers siégèrent derechef à la Collace. Gand est pour un temps une république calviniste. Mais bientôt les Espagnols, conduits par Alexandre Farnèse, reprirent la ville, la convertissant définitivement au catholicisme. Les conflits de la guerre de Quatre-Vingts Ans mirent un terme au rayonnement international de Gand. La ville est prise en 1678 par Vauban

[12] Nimègue est une ville située dans l’est des Pays-Bas, près de la frontière allemande. Nimègue se situe au sud-est de la province de Gueldre, dont elle fait partie, et est proche de la frontière avec les provinces de Brabant-du-Nord et Limbourg. C’est la plus ancienne ville des Pays-Bas, ancien camp romain. Nimègue fait partie de l’eurorégion Rhein-Waal créée en 1973, et à cheval sur l’Allemagne et les Pays-Bas.

[13] La ville doit son nom de Cologne à l’impératrice romaine Agrippine, épouse de l’empereur Claude, qui éleva son lieu de naissance au rang de colonie en l’an 50, sous le nom de Colonia Claudia Ara Agrippinensium. Les Romains y tenaient une garnison et des axes routiers convergeaient vers un pont de bateaux sur lequel transitait un important commerce avec toutes les régions de la Germanie. En raison de son importance stratégique sur le limes du Rhin et de la présence de l’armée et de la clientèle germanique, l’endroit attira de nombreux marchands et devint un foyer d’artisanat et de commerce. Centre militaire, la ville fut la résidence de l’empereur gaulois Postume de 260 à 268, et le lieu de l’usurpation éphémère de Silvanus en 355. Les Romains introduisirent le christianisme à Cologne, qui devint siège épiscopal à partir du 4ème siècle. Des Francs se sont regroupés au cours de la seconde moitié du 5ème siècle pour fonder un royaume à Cologne, qui est intégré dans le royaume franc de Clovis. À partir du 7ème siècle, ils sont désignés sous le nom de Francs ripuaires.

[14] Le comté de Hainaut ou Hainau est un ancien comté qui relevait du Saint Empire romain germanique, qui se trouvait en bordure du royaume de France. Le traité de Meerssen en 870 attribue le comté de Hainaut à Charles le Chauve, qui en fait en 877 un fief héréditaire de la couronne de France. Il en confia probablement le gouvernement à un certain Enguerrand, probablement originaire de Flandre. La prise de possession de la Lotharingie par Louis le Jeune en 880 dut mettre fin à cet interim.

[15] Le diocèse puis archidiocèse de Cambrai est une circonscription de l’Église catholique de France dont le siège est à la cathédrale de Cambrai. C’est en 1094, à l’initiative d’Urbain II, au cours de la querelle des Investitures, que l’ancien diocèse d’Arras, uni pendant longtemps à celui de Cambrai, en fut séparé et considéré comme un ressort distinct. Le roi de France et le comte de Flandre avaient tous deux intérêt à se débarrasser de l’ingérence d’un évêque allemand. Le 12 mai 1559, la bulle Super universas érigea Cambrai en archevêché, avec quatre évêchés suffragants : Arras, Tournai, Namur, Saint-Omer. Mais la réorganisation des évêchés des Pays-Bas espagnols lui retira une partie importante de son territoire au profit des nouveaux diocèses de Malines et d’Anvers. Il ne conserva que quatre archidiaconés : Cambrai, Brabant, Hainaut et Valenciennes.

[16] La principauté épiscopale de Liège était un État du Saint Empire romain, compris dans le Cercle de Westphalie, ayant pour capitale la ville de Liège. C’est en l’an 985 que naît la principauté épiscopale. C’est à cette date que Notger, déjà évêque de Liège depuis 972, devient prince-évêque en recevant le comté de Huy. Cet État a existé pendant plus de 800 ans, jusqu’à la révolution liégeoise en 1789.

[17] Thuin est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d’arrondissement en province de Hainaut, au cœur de la Thudinie et au confluent de la Sambre et de la Biesmelle. Elle jouxte les communes de Beaumont, Fontaine-l’Évêque, Ham-sur-Heure-Nalinnes, Lobbes, Merbes-le-Château, Montigny-le-Tilleul et Walcourt. C’est également sur le territoire de l’entité, à Gozée, que se situent les vestiges de l’abbaye d’Aulne.

[18] Huy est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d’arrondissement en province de Liège. Huy est située sur la Meuse au confluent avec le Hoyoux à mi-chemin entre Namur et Liège. En 1066, l’évêque d’alors, Théoduin de Bavière, décide de reconstruire la collégiale Notre-Dame. Pour financer son projet, il demande aux Hutois la moitié de leurs biens meubles. En échange, il leur accorde la première charte de liberté d’Europe occidentale. Huy fut une des « Bonnes Villes » de la principauté de Liège de 985 à 1789.

[19] Arques est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais. La commune est célèbre pour sa verrerie-cristallerie qui est le premier producteur mondial de verrerie de table. En 1093, Robert 1er de Flandre (Robert le Frison) comte de Flandre confirme à l’abbé Jean 1er et aux religieux de l’abbaye de Saint-Bertin, la possession de la terre d’Arques et d’un marécage voisin, un droit de taxe exclusif sur le bétail pâturant dans la forêt de Ruhout (à Clairmarais) et des dîmes dans la châtellenie de Bourbourg. Le comte Baudouin V de Flandre avait confirmé cette possession en 1056 en ajoutant que la terre d’Arques a été donnée jadis à l’abbaye par le comte Walbert. Baudouin veut extirper les mauvaises habitudes introduites par les avoués dont il restreint les droits et prérogatives et il autorise l’abbé à prélever une taxe pour la paisson des bestiaux dans la forêt de Ruhout, donne à l’abbaye un marais voisin, et attribue encore d’autres avantages

[20] devenu depuis le Canal de Neufossé allant jusqu’à La Bassée

[21] Tournai est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne et en Flandre romane , chef-lieu d’arrondissement en province de Hainaut et siège de l’évêché de Tournai.

[22] Anvers est une ville belge dans la Région flamande, chef-lieu de la province d’Anvers et de l’arrondissement administratif du même nom, située au cœur de la Dorsale européenne. Sa véritable expansion ne remonterait selon l’historiographie classique qu’aux alentours de l’an 900, lorsque les habitants agrandissent le légendaire Aanwerp, terrain surélevé de la primitive jetée qui donne son nom à Anvers. En 970, une fois l’ordre ottonien imposé, Anvers n’est encore qu’un poste frontière de l’Empire germanique, on y construit des fortifications en bois, remplacées plus tard au 12ème siècle par un château fort en pierre (le Steen). L’extension de la ville se poursuit d’abord vers le sud, comme le prouve l’installation de l’ordre des Prémontrés, attiré par les milieux urbanisé ou péri-urbanisé avec la construction suite à des dons seigneuriaux, sous l’égide de saint Norbert, de l’abbaye Saint-Michel. Par la suite, les chanoines de la petite église se déplacent vers le nord et fondent une nouvelle paroisse, avec au centre l’église Notre-Dame, ancêtre de la cathédrale actuelle. Dans les décennies qui suivent, la ville continue à se développer en vagues concentriques créant une succession de remparts que l’on devine encore dans sa topographie.

[23] comté d’Alost

[24] Le pays de Waes est une région naturelle de Belgique située entre Anvers et Gand. Sa capitale est Saint-Nicolas-Waes. Durant l’ancien régime, le Pays fut une région administrative avec pour capitale Saint-Nicolas.

[25] Au Moyen Âge, on appelait Quatre-Métiers une région qui correspond approximativement à la Flandre zélandaise (Pays-Bas) et au nord de la province belge de Flandre-Orientale. Les Quatre-Métiers, désignaient les quatre localités d’Axel, Hulst, Boekhoute et Assenede. Les Quatre-Métiers formaient, avec la Zélande, le pagus Maritima. Au 18ème siècle, on utilisait l’expression Quatre Bailliages pour désigner le même territoire.

[26] Le duché de Normandie est un duché féodal du royaume de France qui a existé de 911 à 1469, d’abord comme principauté largement autonome, puis après sa conquête par le roi de France en 1204, comme partie du domaine royal ou comme apanage. Louis XI supprime le duché en 1469. Toutefois, il subsiste pour sa partie insulaire (les îles Anglo-Normandes) comme dépendance de la couronne britannique. Le duché de Normandie fait partie, comme l’Aquitaine, la Flandre ou la Catalogne, de ces principautés qui émergent au milieu du Moyen Âge avec l’affaiblissement du pouvoir royal carolingien.

[27] La collégiale Saint-Pierre était une ancienne grande église située dans le Vieux-Lille qui a rythmé la vie religieuse de Lille pendant près de 750 ans. Après avoir été sérieusement endommagée lors du siège de la ville par les Autrichiens en 1792, sa destruction commença en 1794.

[28] Flers-lez-Lille est une ancienne commune du Nord qui a formé en 1970 avec les villages d’Annappes et d’Ascq la ville nouvelle de Villeneuve-d’Ascq. Le comte de Flandre, installé à Lille, accapare le territoire de Flers avec le domaine d’Annappes. Tous les villageois sont désormais soumis au comte. En 1066, Baudouin V de Flandre donne, par la charte de dotation Saint-Pierre de Lille, une ferme à Flers. Le comte donne les terres de son domaine à ses vassaux. Ainsi en 1090, le seigneur du Breucq (Frumalde de Aqua) élève une motte (signe de puissance), un château et une basse-cour qui devient la cense du Breucq. Cette seigneurie était importante et occupait la forêt du Barœul depuis les abords de Lille jusqu’à Croix. Le pouvoir de la seigneurie du Breucq s’est étendu au cours des 12 et 13ème siècles de la Marque jusque Lille sur les paroisses de Fives, Flers et Marcq-en-Barœul. À cette époque, les marais séparaient et protégeaient les villages. Les seigneurs de Roques ascquois possédaient également des terres à Flers

[29] Ancienne seigneurie puis comté, Annappes est une ancienne commune du Nord de la France sur la Marque. Elle a fusionné en 1970 avec les communes d’Ascq et de Flers-lez-Lille pour créer la ville nouvelle de Villeneuve-d’Ascq. C’est aujourd’hui un quartier de la ville. En 1066, Baudouin V de Flandre donne, par la charte de dotation Saint-Pierre de Lille, les deux tiers des revenus de l’église d’Annappes. Cependant, on ne sait pas s’il y a un lien entre cette église et l’actuelle église Saint-Sébastien d’Annappes. À cette époque, Annappes entretient des relations étroites avec ses voisins, les villages d’Ascq et de Flers. En 1110, l’autel d’Annappes et de Lesquin est concédé au chapitre Saint-Pierre de Lille par Baudri, évêque de Noyon et Tournai. En 1144, le pape Célestin II conforme cette donation par une bulle. Au 12 et 13ème siècles, de nombreuses abbayes ont des biens à Annappes. Le comte Baudouin IX démembre une partie de son domaine de la mairie d’Annappes pour donner un fief à Gilbert de Bourghelles ; celui-ci y crée, vers 1200, son manoir, la maison forte de Quiquempois. Gilbert, marié à la veuve du châtelain de Lille, assure cette fonction militaire au début du 13ème siècle. Lors du départ du comte pour la croisade, Gilbert de Bourghelles, seigneur de Quiquempois est l’un des quatre bailli-procurateurs du comté de Flandre. Après la disparition de Baudouin IX, devenu empereur de Constantinople, en 1205, le seigneur de Quiquempois joue un rôle éminent auprès des héritières du comté. En 1214, c’est lui qui conseille le nouveau comte de Flandre, Ferrand de Portugal.