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Charles de Basse Lotharingie dit Charles de Lorraine

lundi 15 avril 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 29 octobre 2011).

Charles de Basse Lotharingie dit Charles de Lorraine (953-991)

Duc de Basse Lotharingie de 977 à 991

Charles de Lorraine et son frère Lothaire (Chronique de saint Pantaléon, 12ème siècle).Né à Laon [1], fils de Louis IV d’Outremer, roi de France, et de Gerberge de Saxe. On le nomme également Charles de Lorraine, bien que la Lorraine corresponde à la Haute Lotharingie [2] alors qu’il était duc de Basse Lotharingie [3]. Mais les ducs de Lorraine descendants des Carolingiens par son intermédiaire le considèrent comme duc de Lorraine à part entière afin d’appuyer leurs prétentions. D’ailleurs, les ducs prénommés Charles par la suite, se numérotent à partir de lui.

Il est probablement investi de la puissance royale en Bourgogne [4], et doit régner conjointement avec son frère Lothaire, mais ce dernier le dépouille de ses fonctions dès sa majorité.

Il épouse en première noce vers 970 une fille de Robert de Vermandois, comte de Meaux [5] et de Troyes [6]. Il se remarie vers 975 avec une Adélaïde, d’origine obscure car fille d’un vassal de Hugues Capet.

Une troisième épouse lui est également attribuée, il s’agit de Bonne d’Ardennes, fille de Godefroi le Captif, comte de Verdun, et de Mathilde de Saxe

L’empereur Otton II ayant exclu de leur héritage paternel les comtes de Mons Régnier IV et Lambert 1er, son frère, Lothaire l’envoie, en 976, joindre avec une armée celle que Hugues Capet et Otton de Vermandois avaient fait marcher au secours des comtes.

Une grande bataille, qui reste indécise, est livrée devant Mons. Peu de temps après, Otton II ayant rendu Mons aux 2 comtes, Charles se trouva encore plus aigri.

En 977, il accusa l’épouse de Lothaire, la reine Emma d’Italie, d’infidélité avec l’évêque de Laon Adalbéron. Le concile de Sainte Macre réuni à Fismes [7] absout les accusés, faute de preuve, mais Charles, qui entretient les rumeurs, est chassé du royaume et se réfugie à la cour de son cousin l’empereur Otton II. Rendant hommage à l’empereur, ce dernier, tout en lui promettant de le couronner dès que Lothaire serait écarté du trône, lui donne le duché de Basse Lotharingie.

Au mois d’août 978, Lothaire monte une expédition contre Otton II, et prend Aix-la-Chapelle [8], mais ne peut s’emparer ni de Otton, ni de Charles.

En représailles, Otton II, accompagné de Charles, envahit la France en octobre 978, ravage les régions de Reims, Soissons et Laon. Lothaire doit s’enfuir, et Charles est proclamé roi des Francs à Laon par l’évêque Thierry 1er de Metz, cousin germain le l’empereur Otton 1er. Otton poursuit Lothaire jusqu’à Paris, où il se retrouve face à l’armée d’Hugues Capet. Le 30 novembre 978, Otton et Charles, incapables de prendre Paris, lèvent le siège de la ville et font demi-tour.

L’ost royal les poursuit, reprend Laon, et oblige Charles et Otton II à s’enfuir et à se réfugier à Aix la Chapelle.

A partir de ce moment Charles est de fait exclu de la succession du royaume de France. Sa participation aux entreprises d’Otton, le fait qu’il se soit reconnu son vassal sur des terres revendiquées par son frère, le font considérer comme un traître à sa lignée et indigne du royaume. De ce fait, à la mort de Lothaire en 986, les grands du royaume choisissent pour lui succéder son fils Louis V. À la mort de Louis V, Charles se pose comme candidat, mais c’est Hugues Capet qui est choisi.

Cependant, il continue à lutter contre le Capétien, et réussit même à lui reprendre les villes de Laon en mai 988 et Reims au début de l’automne 989. Le 29 mars ou le 2 avril 991, il est capturé d’une manière perfide par l’évêque Adalbéron de Laon. Ce dernier le livre à Hugues Capet qui le fait enfermer à Orléans, où il serait mort peu après.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail de la Lorraine/ Duc de Basse-Lotharingie

Notes

[1] Laon est une commune française, préfecture du département de l’Aisne. Ville fortifiée sur une colline, Laon possède de nombreux monuments médiévaux, des hôtels particuliers et des maisons des 16ème , 17 et 18ème siècles en grand nombre, notamment dans les rues Sérurier, Saint-Jean, Saint-Cyr ou Vinchon, véritables musées urbains.

[2] Le duché de Haute-Lotharingie deviendra le duché de Lorraine, mentionné comme tel en 1047. Les ducs (pour les descendants de Gérard d’Alsace et ceux des Maisons de Vaudémont et d’Anjou jusqu’en 1737) se succédèrent jusqu’en 1766, date de l’annexion par la France où le trône ducal fut occupé par Stanislas Leszczynski, souverain polonais détrôné profitant de la vacance du trône lorrain suite au mariage du dernier duc de la maison de Lorraine, François III, avec la future impératrice d’Autriche Marie-Thérèse.

[3] Le duché de Basse Lotharingie est la partie nord de la Lotharingie. Avec le temps, il sera appelé duché de Lothier. Ce duché est créé en 959, en même temps que la Haute Lotharingie, de la division du duché de Lotharingie. C’est Brunon de Cologne qui procède au partage et donne la Basse Lotharingie au vice duc Godefroy. La Basse Lotharingie telle qu’elle a été instaurée à cette époque n’empiétait pas au sud sur les territoires du diocèse de Trèves. L’ancienne Frise y était encore comprise. La Basse Lotharingie s’étendait donc de l’Escaut à l’Ems et de la mer du Nord jusqu’à l’extrémité méridionale de la province de Cologne.

[4] À partir de Charles Martel quand il unifie les Royaumes francs. Celui-ci divise le Royaume de Bourgogne (maintenant sans roi) en quatre commandements, ayant chacun son gouverneur : Bourgogne d’Arles, Bourgogne de Vienne, Bourgogne franque et Bourgogne alémanique. Avec Charlemagne, le royaume de Bourgogne se fond dans l’empire d’Occident, reconstitué en 800. Avec l’affaiblissement du pouvoir des rois carolingiens, plusieurs nobles vont se proclamer roi de Bourgogne, ou roi sur des terres de l’ancien royaume de Bourgogne. La Bourgogne Transjurane avec les Welfs et la Bourgogne Cisjurane et Provence avec les Bivinides. Après 905 et l’aveuglement de Louis III, le royaume fut administré par Hugues, comte d’Arles, qui le donna ensuite en 934 à Rodolphe II, roi de Bourgogne transjurane. L’union des deux royaumes fut dénommée royaume des Deux Bourgognes, royaume de Bourgogne ou royaume d’Arles et de Vienne .

[5] Meaux fut dès le 10ème siècle la possession des comtes de Champagne qui s’appelaient aussi comtes de Meaux ; elle revint à la couronne sous Louis X. En 1235, le capitulaire de Thibaut IV de Champagne (conservé à la médiathèque de Meaux) mentionne l’existence du canal Cornillon, qui sert à la fois de défense du marché de Meaux qui se tient sur la presqu’île formée par la boucle de la Marne, et aussi de passage pour les bateaux, leur évitant de passer sous le pont encombré par des moulins.

[6] La règle de droit public carolingien imposant de nommer un vicomte en cas de pluralité de détention de charges comtales, Troyes dispose d’un vicomte, tandis que le titulaire des droits comtaux reste effectivement un membre de la Maison de Blois. Vers 1100, il s’agit de la famille de Montlhéry, sans qu’on puisse savoir si la charge (en ce temps féodalisée) est advenue à Milon de Monthléry ou à la famille de son épouse Lithuise. Troyes devint ensuite une vicomté dépendant des comtes de Champagne. La vicomté de Troyes se fragmente très rapidement au 12ème siècle entre les nombreux descendants de la famille de Monthléry. Le siège de la vicomté est en bordure de l’enceinte Ouest (faisant face à Sens) de la nouvelle enceinte urbaine de Troyes.

[7] Fismes est une commune française située dans le département de la Marne et la région Champagne-Ardenne. Durant la première moitié du Moyen Âge, Fismes est plusieurs fois détruite, par les Normands, puis par les Hongrois, ce qui pousse l’agglomération à rejoindre les hauteurs de la rive gauche.

[8] Le roi franc Pépin le Bref bâtit un château à Aix. Le premier document écrit sur la ville (765) la mentionne comme Aquis villa. Son fils Charlemagne apprécia l’endroit et en fit son lieu de résidence et la capitale de l’empire, construisant un palais dont la magnifique chapelle allait devenir la cathédrale. C’est à Aix qu’arriva en 802 l’éléphant blanc, présent du calife de Bagdad Harun ar-Rachid et que Charlemagne appela Abul-Abbas. L’empereur fut enterré dans la chapelle palatine en 814. Plusieurs conciles régionaux se sont tenus à Aix-la-Chapelle de 799 à 861 (voir concile d’Aix-la Chapelle). En 936, le roi de Germanie, Otton 1er, fils de Henri 1er, fut couronné dans la cathédrale. Les empereurs du Saint Empire romain germanique furent couronnés à Aix pendant 600 ans, le dernier étant Ferdinand 1er en 1531. Au Moyen Âge, Aix était l’une des plus grandes villes de l’empire, mais elle n’eut ensuite qu’une importance régionale. Après la destruction de Dinant par Charles le Téméraire, en 1466, de nombreux dinandiers wallons, comme les familles Amya, Momma ou Byda, se sont réfugiés à Aix et y ont développé une industrie florissante.