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Adalbéron de Laon dit Ascelin

jeudi 12 août 2021 (Date de rédaction antérieure : 4 décembre 2011).

Adalbéron de Laon dit Ascelin (mort vers 1031)

Évêque de Laon de 977 à 1030

Armes de l'évêché de LaonFils de Régnier, comte de Bastogne, et neveu de Godefroi le Captif, comte de Verdun [1] et d’Adalbéron archevêque de Reims [2]. Après avoir commencé ses études à Gorze [3], il est de 969 à 974 l’élève à Reims de Gerbert d’Aurillac, le futur pape Sylvestre II.

Lothaire, le nomme évêque de Laon [4] le 16 janvier 977, après la mort de Roricon survenue le 20 décembre 976. Le 1er avril 977, son oncle l’archevêque Adalbéron de Reims lui donne la consécration épiscopale en la cathédrale de Laon [5].

Peu après son accession au siège épiscopal, des bruits d’adultère courent au sujet d’une liaison qu’il entretient avec la reine Emma d’Italie, épouse de Lothaire. Afin de connaître la vérité, son oncle l’archevêque de Reims convoque un synode qui finalement innocente la reine ainsi que l’évêque Ascelin. Le frère du roi Lothaire, Charles de Lotharingie, qui a encouragé ces rumeurs, est exilé.

Après la mort de Lothaire et de son fils Louis, il se range cependant du côté de son oncle l’archévêque Adalbéron de Reims parmi les artisans du changement de dynastie. Le 29 mars ou le 2 avril 991, il livre d’une manière perfide Charles de Lorraine, dernier représentant et héritier légitime de la dynastie carolingienne*, à Hugues Capet. Complotant ensuite en 993 avec Eudes 1er de Blois en vue de livrer Hugues Capet et son fils Robert, le futur Robert II le Pieux à Otton III, il est déposé au synode de Pavie [6] en 998.

Il est l’auteur du “Poème au roi Robert” écrit entre 1027 et 1030 dans lequel il s’en prend au monachisme clunisien [7] et y formule, l’un des premiers avant Gérard de Cambrai, l’idée d’une société médiévale composée de trois ordres à l’image de la Cité de Dieu chez saint Augustin. Il est inhumé en l’église abbatiale de Saint-Vincent de Laon [8].

Notes

[1] L’existence de l’agglomération verdunoise remonte à l’Antiquité où les Celtes fondent un oppidum surplombant un méandre de la Meuse. Devenue chef-lieu de la Civitas Verodunensium, la ville est l’une des quatre cités de la province romaine de Belgique première. En 843, le traité de Verdun qui partage l’Empire carolingien en trois royaumes y est signé. Ville du Saint Empire romain germanique depuis le 10ème siècle, Verdun est soumise par la France en 1552, au cours du « Voyage d’Austrasie ». Elle forme avec les autres villes libres d’Empire, Metz et Toul, la province des Trois-Évêchés, qui se voit définitivement rattachée au Royaume de France en 1648 par le Traité de Münster. Forteresse de l’Est de la France, la ville est le théâtre de plusieurs batailles, telles que celle de 1792 lors des guerres de la Révolution française, et celle de 1870 lors de la guerre franco prussienne. Mais c’est surtout la bataille de Verdun de 1916, au cours de la Première Guerre mondiale, qui rend à jamais célèbre la ville dans le monde entier.

[2] Le diocèse de Reims a été érigé au 3ème siècle et a été élevé en archevêché dès le 4ème siècle. Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l’huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims, de Henri 1er à Charles X, trente rois de France furent sacrés en ces lieux.

[3] L’abbaye Saint-Gorgon de Gorze est une abbaye bénédictine fondée à Gorze près de Metz, vers 747. À partir de 933, elle est à l’origine d’une réforme de la règle bénédictine qui va se diffuser à tout le Saint Empire.

[4] L’évêché de Laon a été fondé au 4ème siècle. C’est l’un des diocèses les plus prestigieux jusqu’à la Révolution française. Il englobe le nord du département sauf le Vermandois qui appartient au diocèse de Noyon. Avant sa fondation, le diocèse de Laon a été évangélisé par Saint-Bienheuré envoyé en tant que missionnaire à une date inconnue. Le diocèse a été créé à partir d’une partie de l’archidiocèse de Reims en 487 par Saint Rémi qui confie le diocèse à l’un de ces neveux, Saint Génebaud. L’évêque de Laon est un pair de France en l’an 1300 et il est à la tête d’un duché-pairie. Lors des sacres des rois de France, il a une fonction importante car c’est lui qui porte la Sainte Ampoule.

[5] La cathédrale Notre-Dame de Laon est une église cathédrale située à Laon, dans le département de l’Aisne. Elle est l’un des premiers édifices majeurs de style gothique en France. Construite après l’abbaye de Saint-Denis et la cathédrale Notre-Dame de Noyon, elle est antérieure à Notre-Dame de Paris.

[6] Pavie est une ville de la province de même nom en Lombardie (Italie). Pavie est située sur les rives du Tessin, à une dizaine de kilomètres en amont de son confluent avec le Pô. Milan, au nord, est distante de 35 km ; Gênes, au sud, de 90 km ; Turin, à l’ouest, de 110 km.

[7] L’ordre de Cluny (ou ordre clunisien) est un ordre monastique de l’Église catholique créé au 10ème siècle et supprimé à la fin du 18ème siècle, suivant la règle de saint Benoît.

[8] L’abbaye Saint-Vincent de Laon est une abbaye colombanienne de moines, fondée à Laon vers 580. Elle a adopté la règle bénédictine en 948