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Léonnatos ou Léonnat

dimanche 19 janvier 2020 (Date de rédaction antérieure : 25 juillet 2011).

Léonnatos ou Léonnat (356-322 av. jc)

Sômatophylaques et diadoque d’Alexandre le Grand

Né dans la famille royale de Lynceste [1], un petit royaume frontalier de la Macédoine soumis par Philippe II.

Compagnon d’enfance de Alexandre, il prend part à la conquête de l’empire perse et devient l’un des sept sômatophylaques [2] en 331. Il prend de l’importance lors de l’expédition en Inde, où il seconde Alexandre pendant la descente de l’Indus [3] en 325. En août 325, il est chargé de pacifier la région de l’embouchure de l’Indus et de préparer le ravitaillement de la flotte de Néarque, tandis qu’Alexandre et Héphaistion soumettent les 2 peuples de la région [4], avant de s’enfoncer dans le désert de Makran [5] en Gédrosie [6]. Il achève la soumission de la région et bat définitivement les Orites en automne 325. Mais la région reste peu sûre et Néarque fut contraint de retarder son départ.

À la mort d’Alexandre à Babylone [7] en juin 323, le Conseil des Sômatophylaques et des Philois [8], désigne Léonnatos, en compagnie de Perdiccas, tuteur provisoire de l’enfant à naître de Roxane, le futur Alexandre IV. Lors du partage de l’empire qui suit, il abandonne la prostasie à Cratère et reçoit la Phrygie hellespontique [9].

Dans le cadre des accords de Babylone [10], Perdiccas lui demande de mener avec Antigone le Borgne la conquête de la Cappadoce [11] au profit d’Eumène de Cardia. Au titre de commandant de l’armée de Cappadoce, il accompagne Eumène de Babylone jusqu’en Phrygie, atteinte au printemps 322, et s’installe à la tête de sa satrapie [12].

Mais au moment de mener campagne en Cappadoce, Antipater, enfermé dans Lamia [13] en Thessalie [14], lui envoie un appel afin que celui-ci vienne à son secours face à l’offensive athénienne. La guerre lamiaque [15] lui apparaît comme une aubaine. Elle lui donne en effet l’occasion de remporter un succès militaire dont il espère profiter pour remplacer Antipater à la régence et peut-être se proclamer roi de Macédoine. Il informe Eumène de ses projets et tente de le convaincre, mais l’ancien chancelier d’Alexandre s’enfuit et prévient Perdiccas dont il devient le principal allié.

Il détourne donc une grande partie de l’armée destinée à la conquête de la Cappadoce et intervient pour secourir Antipater. Il dispose de 25 000 fantassins et de 2 500 cavaliers pour faire face aux troupes grecques commandées par Antiphile. Sa cavalerie thessalienne faisant défection, il est vaincu et tué lors d’un engagement aux pieds des remparts de Lamia, néanmoins l’essentiel de ses fantassins parvient à rejoindre Antipater.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail de la Grèce antique/ Diadoques

Notes

[1] Lyncestie (Lynkos) un royaume de la haute Macédoine situé à la frontière de l’Illyrie et gouvernée par des rois, seigneurs indépendants ou semi-indépendants

[2] Les Sômatophylaques constituent la garde rapprochée du roi de Macédoine. Ils sont choisis parmi la noblesse macédonienne. Sous le règne d’Alexandre le Grand, période pendant laquelle cette institution est la mieux connue, leur nombre est fixé à sept

[3] L’Indus connu sous le nom de Sindh ou Sindhu dans l’Antiquité est un fleuve d’Asie qui a donné son nom à l’Inde. Il coule depuis l’Himalaya en direction du sud-ouest et se jette dans la mer d’Arabie. L’Indus fait partie des sept rivières sacrées de l’Inde.

[4] Arabites et Orites

[5] Le Makran ou Mékran est la région située au sud du Baloutchistan, en Iran et au Pakistan.

[6] La Gédrosie est le nom antique d’une région qui correspond aujourd’hui au Balouchistan pakistanais. Elle est située au sud de l’Arachosie et de la Drangiane, à l’est de la Carmanie et à l’ouest de l’Indus. La Gédrosie a été une satrapie de l’empire perse achéménide, avec pour capitale Pura, site de l’actuel Iranshahr. En 325 av. jc, Alexandre le Grand, de retour d’Inde, a traversé la Gédrosie par le désert côtier du Makran, région particulièrement inhospitalière, couverte de marécages salés et comptant peu d’oasis. Cette terrible traversée, qui dure deux mois de la vallée du Purali jusqu’à Pura, aurait tué la moitié de ses effectifs soit 6 000 personnes. Les combats contre les habitants de la région sont d’une violence extrême. Alexandre divise ses troupes en trois corps, un dirigé par Ptolémée, un autre par Léonnatos et le troisième par lui-même, et ravage la région.

[7] Babylone était une ville antique de Mésopotamie. C’est aujourd’hui un site archéologique majeur qui prend la forme d’un champ de ruines incluant des reconstructions partielles dans un but politique ou touristique. Elle est située sur l’Euphrate dans ce qui est aujourd’hui l’Irak, à environ 100 km au sud de l’actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla. À partir du début du 2ème millénaire av. jc, cette cité jusqu’alors d’importance mineure devient la capitale d’un royaume qui étend progressivement sa domination à toute la Basse Mésopotamie et même au-delà. Elle connaît son apogée au 6ème siècle av. jc durant le règne de Nabuchodonosor II qui dirige alors un empire dominant une vaste partie du Moyen-Orient. Il s’agit à cette époque d’une des plus vastes cités au monde

[8] Amis

[9] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[10] Les accords de Babylone ou partage de Babylone ou partition de Babylone désignent l’attribution des territoires d’Alexandre le Grand à ses généraux après sa mort en juin 323 av. jc.

[11] La Cappadoce est une région historique d’Asie Mineure située dans l’actuelle Turquie. Elle se situe à l’est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir.

[12] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[13] Lamía est une ville de Grèce. Le site de Lamia fut peuplé dès le 5ème millénaire av. jc, mais la ville n’est mentionnée qu’après le tremblement de terre de 424 av.jc, alors qu’elle était une importante base militaire de Sparte. Lors de la guerre lamiaque, le diadoque Antipater, régent de Macédoine, s’y réfugia en 322 av.jc contre les athéniens. La ville fit ensuite partie de la Ligue étolienne, jusqu’au jour où Manius Acilius Glabrio prit la ville en 190 av.jc.

[14] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[15] La guerre lamiaque ou guerre hellénique est un conflit qui se déclenche en Grèce à la mort d’Alexandre le Grand en juin 323 av. jc. Il oppose des cités grecques révoltées, parmi lesquelles Athènes, aux Macédoniens menés par Antipater. La guerre est finalement remportée par ce dernier en 322 et les cités rebelles doivent se soumettre.