Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > De 100 av.jc à 1 de notre ère > Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en 32 av. jc)

Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en 32 av. jc)

vendredi 19 août 2022, par ljallamion

Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en 32 av. jc) (mort en 31 av. jc)

Homme politique et militaire de la fin de la République romaine-Consul en 32 av. jc.

Fils de Lucius Domitius Ahenobarbus, consul en 54 av. jc et mort à la bataille de Pharsale [1] et de Porcia, sœur de Caton le Jeune.   À partir de février 49, il accompagne son père dans les premières grandes batailles de la guerre civile [2] dans le camp opposé à Jules César.   Ce dernier capture le père et le fils à l’issue du siège de Corfinium [3] mais le dictateur se montre généreux et finit par les amnistier. Ahenobarbus ne suit pas son père lorsqu’il part pour Massalia [4] mais se rend à Formies [5] puis à Naples [6] où il rend visite à sa mère.   Malgré la clémence dont César a fait preuve à son égard, il se rallie à Pompée dans sa lutte pour le pouvoir. Ahenobarbus revient en Italie après la défaite de Pompée, sans s’être réconcilié avec César.   En 46, l’orateur et homme politique Cicéron lui conseille dans une lettre de faire la paix avec César, apparemment sans réussir à le convaincre. En 45, Cicéron lui fait parvenir un éloge de sa mère Porcia.   Ahenobarbus ne semble pas avoir participé à la conjuration qui aboutit à l’assassinat de Jules César. Pourtant, Cicéron le cite parmi les conspirateurs dans ses Philippiques et il est condamné par la lex Pedia [7] en 43 à l’instigation d’Octavien, ainsi que tous les meurtriers de César   Peu après la défaite de Lucius Antonius au début de 40 lors de la guerre de Pérouse [8] contre Octavien, Ahenobarbus se réconcilie avec Marc Antoine grâce à la l’intervention de Caius Asinius Pollio. Antoine démontre immédiatement sa confiance en ne se présentant qu’avec 5 navires de sa flotte et en l’accueillant chaleureusement.

Ahenobarbus fait débarquer ses troupes terrestres, probablement en Épire [9], et les place sous le commandement de son nouveau chef. L’annonce de cette réconciliation irrite Octavien pour qui Ahenobarbus est impliqué dans le meurtre de son père adoptif et parce qu’il est à l’origine de revers militaires. Octavien exprime son mécontentement lors de la négociation de paix à Brindes [10] mais Ahenobarbus, nommé gouverneur de Bithynie [11], voit malgré tout sa condamnation par la lex Pedia annulée.   Après la défaite à la bataille de Philippes [12], il se range du côté de Marc Antoine qui l’aide à obtenir le consulat. Il tente alors, en vain, de réduire l’influence de Cléopâtre sur Antoine. Peu de temps avant la défaite d’Actium [13], il se rallie à Octavien mais il meurt de fièvre peu avant la bataille.   Parmi ses descendants, le plus célèbre est son arrière-petit-fils, Néron, empereur romain de 54 à 68.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean-Michel Roddaz, « Chapitre XIX - Les chemins vers la dictature / Chapitre XX - L’héritage », dans François Hinard (dir.), Histoire romaine, t. I : Des origines à Auguste, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 2-213-03194-0)

Notes

[1] La bataille de Pharsale est un affrontement se déroulant en Thessalie, près de la ville du même nom, le 9 août 48 av. jc, pendant la guerre civile romaine. Il oppose les troupes de César à celles de Pompée. En gagnant cette bataille avec des troupes très inférieures en nombre, Jules César prit un avantage décisif sur le camp adverse.

[2] La guerre civile de César, appelée aussi guerre civile romaine de 49 av. jc ou guerre civile entre César et Pompée, est un des derniers conflits intérieurs de la République romaine, et fait partie de la liste des nombreuses guerres civiles romaines. Elle a consisté en une série de heurts politiques et militaires entre Jules César, ses alliés politiques et ses légions d’une part, et la faction conservatrice du Sénat romain, appelée aussi optimates, épaulée par les légions de Pompée d’autre part.

[3] Corfinium (ou Italica à partir de la guerre sociale) est un site archéologique d’une ville de la Rome antique, situé en Italie, près de Corfinio dans la province de L’Aquila. Elle se trouve à proximité de la rivière Aterno et à 345 mètres au-dessus du niveau de la mer. La route principale pour l’atteindre était la via Valeria, sorte de prolongement de la Via Tiburtina et elle reliait Rome et Pescara.

[4] Marseille

[5] Formia est une ville de la province de Latina dans le Latium en Italie.

[6] Naples est une ville d’Italie, chef-lieu de la région de Campanie. L’histoire de Naples s’étend sur plus de 28 siècles. Sous le nom de Parthénope, elle fut fondée durant l’Antiquité par la cité voisine de Cumes. Elle s’étend ensuite rapidement jusqu’à devenir un des principaux centres commerciaux, culturels, philosophiques et politiques de la Grande-Grèce puis de l’Empire romain. Après avoir été brièvement dépendante de l’Empire byzantin, elle devient autonome au sein du duché de Naples. Dès le 13ème siècle et pour ensuite plus de 600 ans, elle devient successivement la capitale du royaume de Naples puis du royaume des Deux-Siciles. Elle reste alors un des principaux centres de développement économiques et technologiques d’Europe jusqu’à son annexion au royaume d’Italie en 1860, date à laquelle elle entame un relatif déclin socio-économique.

[7] La lex Pedia est une loi votée au milieu de l’année 43 av. jc et qui déclare ennemis publics tous les meurtriers de César et les condamne à mort, du nom du consul collègue et parent d’Octavien, Quintus Pediusa. C’est la première mesure du consulat d’Octavien, qui a fait céder le Sénat et est devenu consul à l’âge de 20 ans, après avoir marché sur Rome plutôt que sur les ennemis publics Marc Antoine et Lépide au lendemain de la guerre civile de Modène. Il obtient sans difficulté l’adoption de ce texte. Sextus Pompée, pourtant non présent à Rome lors de l’assassinat de Jules César, est inclus parmi les condamnés. Octavien rencontre ensuite Antoine et Lépide et ils fondent ensemble le second triumvirat

[8] La guerre de Pérouse (conflit aussi appelé guerre civile fulvienne) est une guerre civile qui se déroule en 41 et 40 av. jc. Elle oppose l’épouse de Marc Antoine, Fulvie, et son frère, Lucius Antonius, à son ennemi politique, Octavien, et aux généraux de celui-ci, Quintus Salvidienus Rufus et Marcus Vipsanius Agrippa.

[9] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.
- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[10] Le 5 ou 6 octobre 40 av.jc la Paix de Brindes attribue la Gaule transalpine, la Narbonnaise et l’Occident à Octave, l’Orient à Antoine et l’Afrique à Lepidus.

[11] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie. Située au bord du Pont-Euxin, elle était limitée par la Paphlagonie à l’est, la Galatie et la Phrygie au sud, la Propontide et la Mysie à l’ouest. Les Bithyniens sont, selon Hérodote et Xénophon, d’origine thrace. Ils forment d’abord un État indépendant avant d’être annexés par Crésus, qui ajoute leur territoire à la Lydie. Ils passent ensuite sous domination perse, où la Bithynie est incluse dans la satrapie de Phrygie. Mais dès avant Alexandre le Grand, la Bithynie retrouve son indépendance. Nicomède 1er est le premier à se proclamer roi. Durant son long règne de 278 à 243av jc, le royaume connaît la prospérité et jouit d’une position respectée parmi les petits royaumes d’Asie Mineure. Cependant, le dernier roi, Nicomède IV, échoue à contenir le roi Mithridate VI du Pont. Restauré sur le trône par l’Empire romain, il lègue par testament son royaume à Rome en 74 av jc. La Bithynie devient alors province romaine. Sous Auguste elle devient province sénatoriale en 27av jc puis province impériale en 135.

[12] La bataille de Philippes (septembre-octobre 42 av. jc) voit, au cours de deux affrontements successifs, les triumvirs Octave et Antoine vaincre les Républicains Brutus et Cassius dans la plaine à l’ouest de Philippes, en Macédoine orientale. Cette défaite sonne le glas des espoirs du Sénat de préserver le régime républicain.

[13] Le 2 septembre de l’an 31 av. jc pendant la guerre civile romaine qui suit l’assassinat de Jules César, une grande bataille navale se déroule près d’Actium, sur la côte occidentale de la Grèce, dans le golfe Ambracique, au sud de l’île de Corfou. Elle met aux prises les forces d’Octave et celles de Marc Antoine et Cléopâtre. Elle marque la fin de la guerre civile, et la victoire d’Octave. Par son ampleur et ses conséquences, elle est généralement considérée par les historiens comme l’une des batailles navales les plus importantes de l’histoire.