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Lucius Antonius ou Lucius Antoine

dimanche 12 juin 2022, par ljallamion

Lucius Antonius ou Lucius Antoine (81 av. jc-40 av. jc)

Homme politique de la fin de la République romaine-Consul en 41 av. jc

Il est le frère du triumvirMarc Antoine. Issu de la gens plébéienne des Antonii [1], Lucius est le troisième fils de Marcus Antonius Creticus et de Julia, la fille de Lucius Julius Caesar.

Il passe son enfance et sa jeunesse à Rome. En raison de l’absence de contrôle parental après la mort de leur père après sa défaite en Crète, Lucius et ses frères mènent une vie de débauche où les fêtes, les scandales et les jeux de hasard sont monnaies courantes. Il reçoit très probablement, à l’instar de Marc Antoine, une excellente éducation comme tous les jeunes romains d’une famille aristocratique.

En 50 et 49 av. jc, il est questeur [2] en Asie [3] sous les ordres de Minucius Thermus puis pro-questeur sous le nouveau proconsul [4] Caius Fannius.

Dès lors, comme ses frères et les autres membres de la famille Antonia, il commence à gravir les marches du Cursus honorum [5]. En 44 av. jc, il est tribun de la plèbe [6] alors que Marcus est consul et que Caius deviendra de facto préteur [7] urbain après l’assassinat de Jules César. Avant cet événement, il avait fait voter un plébiscite permettant au dictateur [8] de nommer les consuls et la moitié des magistrats pour les années 43 et 42 av. jc.

Octave arrive à Rome en mai alors qu’Antoine est en Campanie [9], ayant laissé Rome sous le contrôle de ses deux frères. Ceux-ci ne peuvent lui refuser le droit de réclamer l’héritage de son père. Son frère Marc Antoine promulgue une loi agraire en faveur des vétérans de César, leur attribuant des terres en Italie, et lui confie la direction d’une commission de7 membres chargés de l’application de cette loi.

En 43 av. jc, il réprime avec cruauté la révolte des habitants de Parme [10] contre Antoine en livrant la ville au pillage.

En 41 av. jc, Lucius est consul, désigné à cette magistrature par les triumvirs [11]. Il inaugure l’année par la célébration le premier janvier d’un triomphe sur des peuples des Alpes.

Octave se retrouve à la tête de l’Italie avec pour mission d’assigner des terres aux vétérans des guerres civiles. Cette mission est très délicate et il se retrouve rapidement avec une partie de la noblesse contre lui.

Fulvie, l’épouse de Marc Antoine, désire fortement que son mari gouverne seul Rome au lieu de partager le pouvoir avec Lépide et Octave. Aidée de Lucius qui semble plus sincère dans ses intentions, elle encourage la colère des sénateurs et de tous les italiens indisposés par les distributions de terres faites aux vétérans.

Octave doit alors abandonner au consul Antonius la charge de la distribution de terres. Mais les deux hommes ne s’entendent pas et se menacent l’un l’autre. Malgré plusieurs médiations, notamment voulues par leurs propres soldats, qui souhaitent que les distributions soient effectuées, le conflit éclate entre les deux hommes. Les autres généraux d’Antoine hésitent et laissent le champ libre à ceux d’Octave. Antoine, embarrassé et occupé en Orient, ne donne aucune consigne.

Lucius se retrouve assiégé dans Pérouse [12], mais est obligé de se rendre après un long siège, et n’obtient son pardon d’Octave qu’en abandonnant les habitants de Pérouse à la vengeance du vainqueur.

Sa vie est donc épargnée et il est envoyé gouverner les provinces d’Hispanie [13], Octave se montrant généreux.

Après ces faits, il n’est plus mentionné dans les sources antiques. On ne sait rien des circonstances ou de la date de sa mort. Certains historiens en déduisent donc qu’il meurt peu après son arrivée en Hispanie, en l’an 40 av. jc.

Cicéron, dans ses Philippiques [14], motivé dans une large mesure par une animosité personnelle, donne une vue très défavorable du caractère de Lucius

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Lucius Antonius/ Portail de la Rome antique/ Catégories :. Consul de la République romaine

Notes

[1] Les Antonii sont les membres de l’une des plus importantes familles plébéiennes romaines, la gens Antonia. Le nomen Antonius pourrait être traduit par « inestimable ». Selon Tite-Live, la branche des Antonii Merendae est patricienne. Toutefois, le nomen Antonius n’a été porté jusque-là que par des plébéiens, ce qui n’est pas incompatible avec le fait qu’un de ses membres ait pu intégrer le décemvirat à pouvoir consulaire de composition mixte

[2] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[3] La province romaine d’Asie comprenait la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade.

[4] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur. Étymologiquement, ce terme vient du préfixe latin pro, à la place de, et consul. Le premier cas de proconsulat historiquement cité par Denys d’Halicarnasse date de 464 av. jc, lorsque Titus Quinctius Capitolinus Barbatus reçut le pouvoir de diriger une armée (imperium) pour aller au secours d’un consul assiégé. Il s’agit alors d’une solution improvisée sous la pression des événements. La fonction réapparaît avec l’agrandissement de la République romaine au 4ème siècle av. jc, lorsqu’un consul doit finir une campagne militaire ou doit gouverner un territoire au-delà de la durée normale de son mandat de consul (un an). Son pouvoir (imperium consulaire) est alors prolongé, en général pour une durée d’un an et toujours sur un territoire précis, le plus souvent une province. Le terme « proconsul » tient au fait que son titulaire exerçait un pouvoir consulaire ; cependant, tous les proconsuls n’étaient pas forcément d’anciens consuls

[5] Le cursus honorum est l’ordre d’accès aux magistratures publiques sous la Rome antique. Défini très tôt à une époque mal déterminée, il n’est formalisé que par la lex Villia Annalis en 180 av. jc. Cet ordre est obligatoire et permet de gagner des compétences et d’avoir pour magistrats suprêmes des hommes mûrs et expérimentés.

[6] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[7] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[8] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[9] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[10] Parme est une ville italienne de la province de Parme, dans la région d’Émilie-Romagne. Située entre la chaîne des Apennins et la plaine du Pô, la ville est divisée en deux par la rivière Parma, affluent du Pô.

[11] Triumvirat est un terme qui à l’origine désignait une fonction de la magistrature romaine composée de trois hommes. Ensuite il fut utilisé pour décrire l’alliance secrète ou publique de trois personnalités (politiques ou militaires) de poids égaux qui s’unissent pour diriger

[12] La guerre de Pérouse (conflit aussi appelé guerre civile fulvienne) est une guerre civile qui se déroule en 41 et 40 av. jc. Elle oppose l’épouse de Marc Antoine, Fulvie, et son frère, Lucius Antonius, à son ennemi politique, Octavien, et aux généraux de celui-ci, Quintus Salvidienus Rufus et Marcus Vipsanius Agrippa.

[13] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan

[14] Les Philippiques sont une série de 14 discours prononcés par Cicéron en 44 et 43 av. jc, attaquant de plus en plus violemment Marc Antoine, qui se pose en successeur de Jules César. Il les nomme ainsi en avril 43 en l’honneur des Philippiques de Démosthène, qu’il admirait beaucoup. Toutefois sous l’Empire, les rhéteurs continuent à les désigner sous leur appellation initiale Antonianae