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Janus de Savoie ou de Genève

dimanche 26 décembre 2021, par ljallamion

Janus de Savoie ou de Genève (1440-1491)

Né à Genève [1], membre de la maison de Savoie [2], comte apanagiste de Genevois [3], baron de Faucigny [4] et de Beaufort [5] de 1460 jusqu’à sa mort.

3ème fils de Louis 1er de Savoie, second duc de Savoie, prince de Piémont [6], comte d’Aoste [7] et de Maurienne [8], et de Anne de Lusignan ou de Chypre , fille de Janus roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem [9].

Il est élevé à la cour du duc Charles d’Orléans.

Son frère aîné, Louis dit de Genève , abandonne le titre de comte de Genève pour devenir roi de Chypre [10]. Janus reçoit l’apanage du Genevois le 13 février 1460, à Chieri [11], devenant également baron de Faucigny et de Beaufort, seigneur d’Ugine [12], de Faverges [13] et de Gordans.

Son père, par deux actes en date du 27 septembre 1463, lui permet de recevoir les hommages des vassaux ainsi qu’une pension de 6000 florins. Janus obtient le pouvoir politique et financier sur son apanage.

Lorsque son père meurt, en 1466, il reçoit pleine possession de sa principauté et peut la gouverner directement. C’est à cette période que son frère aîné, Louis, n’ayant pu maintenir son titre de roi de Chypre, tente de contester l’héritage de son cadet.

Un contrat de mariage est signé le 2 mars 1465 au château de Beaurevoir [14] afin d’épouser Hélène, la fille de Louis de Luxembourg, connétable [15] et comte de Saint-Pol [16]. Ils se marient l’année suivante, à Genève.

Lors du conflit opposant le roi de France, Louis XI, à Charles le Téméraire, en 1468, il prend le parti de la France, tandis que son frère Philippe II dit sans Terre est aux côtés des Bourguignons.

Ce positionnement lui fait d’ailleurs prendre un rôle majeur en accueillant dans son château d’Annecy [17] les pourparlers entre les Suisses, alliés du roi de France, et les diplomates du duc de Savoie, son petit-neveu Philibert 1er, qui s’était rangé aux côtés du duc de Bourgogne. En position de faiblesse, les Savoyards doivent renoncer ainsi à certaines positions en pays de Vaud et bas Valais [18].

Durant son règne, il réside non seulement au château d’Annecy, ancienne capitale du comté, mais aussi dans les châteaux comtaux de Duingt [19], acquis en 1462, de Clermont [20] et de Bonneville [21], qui fait figure de seconde capitale.

En 1471, il fonde un couvent de cordeliers à Cluses [22]. La ville sera détruite par les flammes en 1478.

Hélène de Luxembourg décède. Sa fille, Louise, épouse en 1487 François de Luxembourg, vicomte de Martigues. Janus de Savoie épouse en secondes noces, en 1488, Madeleine de Brosse dite de Bretagne, fille de Jean III , comte de Penthièvre [23]

Janus établi son testament le 22 avril 1491 au château d’Annecy. Sa fille Louise, est son héritière universelle, dans le cas où il n’aurait pas de descendance mâle avec sa seconde épouse.

Il meurt la même année à Genève. Il est inhumé dans l’église du couvent des dominicains d’Annecy [24], dans la chapelle Notre-Dame de Pitié et Saint-Michel, au côté de son épouse Hélène de Luxembourg décédée en juin 1488. Cette chapelle avait été édifiée à sa demande le 23 mai 1478. Sa sépulture est réalisée en marbre noir et ne porte aucune inscription.

L’apanage du Genevois, Faucigny et Beaufort revient au domaine ducal.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Janus de Savoie/ Portail de l’histoire de la Savoie/ Catégories : Comte de Genève/ Baron de Faucigny/ Maison de Savoie

Notes

[1] Genève, ville suisse située à l’extrémité sud-ouest du Léman. Elle est la deuxième ville la plus peuplée de Suisse après Zurich. Elle est le chef-lieu et la commune la plus peuplée du canton de Genève. Dès 1526, des marchands allemands propagent à Genève les idées de la Réforme luthérienne parmi les commerçants genevois ; la même année, Genève signe un traité de combourgeoisie avec Berne et Fribourg. Sous l’influence de Berne, Genève accepte de laisser prêcher des prédicateurs dans la ville, dont Guillaume Farel en 1532. Le 10 août 1535, la célébration de la messe catholique est interdite et, le 26 novembre, le Conseil des Deux-Cents s’attribue le droit de battre monnaie à sa place alors que la ville est à nouveau menacée par la Savoie. La Réforme est définitivement adoptée le 21 mai 1536 en même temps que l’obligation pour chacun d’envoyer ses enfants à l’école. Genève devient dès lors le centre du calvinisme et se trouve parfois surnommée la « Rome protestante »

[2] La maison de Savoie est une dynastie européenne ayant porté les titres de comte de Savoie (1033), puis de duc de Savoie (1416), prince de Piémont, roi de Sicile (1713), roi de Sardaigne (1720) et roi d’Italie (1861). Elle est l’héritière de la dynastie des Humbertiens, nom donné par l’historiographie moderne, aux premiers souverains, comtes en Maurienne issu du comte Humbert. L’origine de la maison de Savoie remonte vers 1032 lorsque le territoire qui aujourd’hui correspond à la Savoie est intégrée avec le second royaume de Bourgogne, au Saint Empire romain germanique. Loin de l’empereur allemand, les seigneuries se créent au hasard des guerres, des mariages et des donations.

[3] Le comté de Genevois désignait autrefois l’une des principautés du Saint Empire. Son territoire s’étendait aux terres autour de la cité de Genève, correspondant approximativement au canton homonyme et à la province actuelle du Genevois. Le comté est acheté, en 1401, par le comte voisin, Amédée VIII de Savoie.

[4] La famille des sieurs de Faucigny est une famille noble du 10ème et 11ème siècle qui a donné son nom à un château, à une commune et à une ancienne baronnie puis province du duché de Savoie. Famille très probablement vassale des comtes de Genève, les sires de Faucigny contrôlent la vallée de l’Arve et le Beaufortain jusqu’à ce que la branche principale s’éteigne en s’alliant au 13ème siècle à la Maison de Savoie puis aux Guigonides, dauphins de Viennois.

[5] Beaufort (nommée également Beaufort-sur-Doron localement et par les services postaux) est une commune française située dans le département de la Savoie

[6] Au cours du Moyen Âge, se constitue autour de Turin la principauté de Piémont, gouvernée par une branche de la maison de Savoie, la lignée de Savoie-Achaïe. En 1418, à la mort de Louis de Savoie-Achaïe, la principauté du Piémont revient au duc de Savoie, qui a la faveur de l’empereur en tant que membre du parti gibelin. À partir de 1494, le Piémont est embrasé par les guerres d’Italie : dans la première moitié du 16ème siècle, le pays devient un théâtre d’opérations d’armées étrangères, ce qui bloque la vie culturelle. En 1563, le duc de Savoie et prince de Piémont décide de faire de Turin sa principale capitale, au détriment de Chambéry.

[7] Le comté d’Aoste est une ancienne entité territoriale créée au 11ème siècle à l’intérieur du royaume de Bourgogne, sous la domination duquel il se trouvait déjà à partir de 904 et abolie en 1302 et qui occupait le territoire de l’actuelle Vallée d’Aoste.

[8] Le comté de Maurienne est un comté issu de la partition de la Sapaudie et du comté de Vienne aux 10/11ème siècles. Le territoire du comté de Maurienne s’étend le long de la vallée de l’Arc correspondant approximativement à la province de Maurienne actuelle, mais aussi sur les vallées intra-alpines qui comprenaient alors le val de Suse et de Briançon.

[9] Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu’ils s’emparèrent de la ville. C’est l’un des États latins d’Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099-1187 et 1229-1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n’appartient pas aux soldats croisés. Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville et ne disparut réellement qu’avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.

[10] Le royaume franc (ou latin) de Chypre est l’État latin d’Orient le plus récent quant à sa création, et celui qui subsista le plus longtemps (de 1192 à 1489), grâce à sa situation insulaire.

[11] Chieri (en français Quiers) est une ville italienne située dans la ville métropolitaine de Turin, dans la région Piémont, dans le nord-ouest de l’Italie. De cette ville sont originaires la maison de Crillon, dont l’un des représentants vint s’installer au Moyen Âge dans le Comtat Venaissin, de même que la maison de Broglie, immigrée en France au 17ème siècle.

[12] Ugine est une commune française située dans le département de la Savoie. Ugine relève du comté de Savoie dès le 11ème siècle. La cité est l’objet de convoitises du fait de sa position stratégique entre le comté de Savoie et le comté de Genève, mais aussi avec le Faucigny, en contrôlant le débouché du val d’Arly. Au 13ème siècle, Ugine bénéficie d’une suzeraineté exceptionnelle : le prince Boniface de Savoie, fils cadet du comte Thomas 1er de Savoie et de Béatrice de Genevois, vient de recevoir ce fief en apanage en 1233. Il va s’y installer à demeure et beaucoup s’y investir en faveur de la population, tout en faisant face à ses obligations extérieures. Il fut évêque de Belley, puis occupa le siège d’archevêque de Cantorbery.

[13] Faverges est une ancienne commune française située dans le Sud du département de la Haute-Savoie. Faverges est une cité qui voit le jour à l’époque romaine avec le développement de deux pôles le long d’une voie romaine reliant Turin à Genève. Plus tard, au Moyen Âge, le centre urbain se recentre dans la plaine en dessous du contrefort nord du Crêt de Chambellon, sur lequel s’est installé le château au 13ème siècle. Malgré sa position stratégique, à la frontière avec le comté de Genève, le bourg ne joue pas de rôle particulier dans l’histoire de la Savoie.

[14] Le château de Beaurevoir est un ancien château fort, cité dans la seconde moitié du 12ème siècle, dont les ruines se dressent sur la commune de Beaurevoir dans le département de l’Aisne. Le château fut la possession de la famille des comtes de Luxembourg-Ligny. Jean II de Luxembourg y emprisonnera Jeanne d’Arc après sa capture en 1430 avant de la vendre aux anglais.

[15] Le connétable sous l’Ancien Régime apparaît dès la dynastie mérovingienne. Son rôle se cantonnait à la gestion des écuries royales. Mais suite à l’effritement du pouvoir royal, ce dernier prend de l’ampleur envers tous les corps d’armée. Sous les Capétiens, le connétable de France est le « chef souverain des armées de France ».

[16] Le comté de Saint-Pol est un territoire féodal correspondant au pays du Ternois, région comprise dans le département du Pas-de-Calais entre l’Artois et la Picardie. Au cours de son histoire, il a été acteur et objet de plusieurs conflits entre les grands États voisins : Royaume de France, Royaume d’Angleterre et Saint Empire.

[17] Le château d’Annecy est un ancien château fort, du 12ème siècle, remanié à plusieurs reprises, notamment par les ducs de Savoie entre 1430 et 1487 et entre 1533 et 1571 par les Savoie-Nemours, qui se dresse sur la commune d’Annecy dans le département de la Haute-Savoie. Ancienne résidence des comtes de Genève puis des ducs de Savoie-Nemours, le château d’Annecy est depuis 1953 la propriété de la ville

[18] Le Bas-Valais est une région du canton du Valais. Il forme, avec le Valais central, la partie francophone du canton et est divisé en 4 districts : Monthey, Saint-Maurice, Martigny, et Entremont, eux-mêmes divisés en 36 communes. Traditionnellement (et jusqu’à la Constitution du 3 août 18391), il s’étendait à l’est jusqu’à la Morge (depuis 1392) et comprenait ainsi le district de Conthey. Le nom de « Morge » était donné à une rivière délimitant un territoire, comme la Morge de Saint-Gingolph sert d’ailleurs au Bas-Valais de frontière occidentale depuis 1569 et le Traité de Thonon

[19] Le château de Duingt (Duyn), appelé aussi Châteauneuf, château de l’Esplanade ou encore château du Roc, est un ancien château fort, remanié au 14 ou 15ème siècle, dont les ruines se dressent sur la commune de Duingt dans le département de la Haute-Savoie

[20] Le château de Clermont dit château vieux par commodité, est un ancien château fort, du 11ème siècle, siège d’une châtellenie, dont les vestiges se dressent sur la commune de Clermont dans le département de la Haute-Savoie

[21] Le château de Bonneville, dit aussi des Sires de Faucigny ou de Beatrix de Faucigny, est un ancien château fort, du 13ème siècle, restauré au 16ème siècle, dont les vestiges se dressent sur la commune de Bonneville dans le département de la Haute-Savoie. Au 13ème siècle il est le siège d’une châtellenie

[22] La paroisse accueille un couvent des Cordeliers vers 1471, à la suite d’une bulle papale. L’église du couvent est consacrée en 1485. Durant l’occupation du duché de Savoie, lors de la période révolutionnaire française, le clocher est démantelé.

[23] Le comté de Penthièvre est le nom d’un fief breton situé au nord du duché, entre Saint-Malo et Saint-Brieuc. Le duc Alain III de Bretagne donna le comté en apanage à son frère Eudes en 1035, qui forma ainsi une branche cadette de la maison souveraine de Bretagne.

[24] L’église Saint-Maurice, anciennement église Saint-Dominique, est une église catholique située à Annecy. Cette église est l’ancienne chapelle d’un couvent dominicain, la construction est engagée le 22 mars 1422. Sa construction est voulue par le cardinal de Brogny. L’église se trouve alors « en bordure des murs de la ville, le long d’un petit canal qui unit le Thiou au Vassé ». L’édifice est consacré le 14 septembre 1445, même s’il n’est pas entièrement terminé. Il est placé sous le vocable de saint Dominique. Toutefois, son nom change à la suite de la destruction de l’ancienne église dédiée à Saint-Maurice, qui était située à côté du château. Saint-Maurice (Maurice d’Agaune) étant le saint patron protecteur de la Savoie. Les voutes sont édifiées en 1491. Durant la Révolution Française, elle a été pillée, est devenue un marché aux grains, puis une écurie.